Annick de Souzenelle Le symbolisme du corps humain

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Annick de Souzenelle Le symbolisme du corps humain

Message par obsidienne le Mer 4 Jan - 1:28



Dernière édition par obsidienne le Mer 4 Jan - 1:38, édité 1 fois
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Re: Annick de Souzenelle Le symbolisme du corps humain

Message par obsidienne le Mer 4 Jan - 1:36

Annick de Souzenelle : Arbre de vie et schéma corporel

http://www.revue3emillenaire.com/blog/arbre-de-vie-et-schema-corporel-par-annick-de-souzenelle/



(Revue Énergie Vitale. No 2. septembre/Octobre 1980)

L’homme du XXème siècle, coupé de ses profondeurs, aliéné par rapport à son être, est atteint de « la maladie », dont nos maladies physiques et psychiques sont les symptômes. Guérir, c’est aller au cœur de « la maladie », c’est « relier l’homme à lui-même ».

« Va vers toi… » ordonne Dieu à Abraham[1].

Aller vers notre terre des profondeurs, tel est l’ordre que nous recevons tous pour réaliser la vocation finale : atteindre à l’unité.

Quel est cet homme promis à ce royal destin ? L’Adam[2], chacun de nous. Les Hébreux appellent le Dieu Créateur, Élohim, « l’homme d’en haut », et Adam, « L’homme d’en bas ». Adam est symbole d’Élohim en tant qu’il est son image, et qu’il est appelé à sa ressemblance. La fonction d’Adam est essentiellement reconductrice à Celui qu’il symbolise et dont il reçoit pour ce faire la totale information, la totale énergie.

Le moindre élément de la création est symbole, en tant qu’il est l’image de son homologue « en haut », énergie divine ainsi manifestée ; il est aussi appelé à rejoindre cette énergie dans la marche vers la ressemblance.

L’Adam récapitule toute la création : il contient, il « est », totalité des énergies créées. Il est appelé à intégrer celles-ci, peu à peu, au fur et à mesure de son évolution, de sa marche vers la ressemblance. C’est cela, « se relier à lui-même », là est le sens de sa vie, de son histoire. Le temps lui est donné pour intégrer ses espaces intérieurs. Entre sa naissance et sa mort, ces deux pôles connus de la vie, les temps diffèrent selon les qualités des espaces intérieurs — champs de conscience — qu’il aborde.

La montée de ces « espaces-temps » est symbolisée chez l’Adam total (humanité) par l’échelle de Jacob ; chez l’Adam qui est chacun de nous, par sa colonne vertébrale.

L’arbre des énergies divines

L’évolution de l’humanité s’inscrit sur sa colonne cosmique. Les événements sociaux et politiques qui remuent l’histoire ponctuent cette évolution qu’il est certainement possible de déchiffrer sur le grand corps de l’humanité si nous savons extrapoler ce qui se passe au niveau de notre propre corps. Car chaque instant de notre vie s’inscrit sur lui. Sachons le lire.

Le corps est un langage

Il tient sa forme de son archétype même qui l’« informe », de celui que les Hébreux appellent le « corps divin ».

Dans la douleur ou dans le plaisir, dans la moindre de nos sensations, il nous envoie des messages à côté desquels nous passons, sourds et aveugles au monde des réalités profondes qui déjà s’expriment et nous sollicitent bien avant que nous ayons pris conscience d’elles. Ce monde encore inconnu de celui qui s’ignore est analogue au féminin qui tend ses charmes et ses exigences jusqu’à ce que le masculin le prenne en considération. Notre corps se rappelle-t-il à nous dans la douleur ? Nous effaçons son langage au plus vite sans savoir que cela en est un. (Le dieu Hasard est tout-puissant).

Nous sollicite-t-il dans le plaisir ? Un code moral en vigueur jusqu’ici, mais ayant encore, hélas ! quelque autorité, le tient alors pour Mal en personne ! Et si nous y prenons réellement du plaisir, nous ne soupçonnons pas pour autant sa dimension signifiante. Si, usant de la langue verte, nous disons « c’est le pied », nous ne savons pas ce que cette partie du corps vient faire dans l’histoire. Et pourtant, elle y est intimement liée.

Qu’est ce « corps divin » dont les hébreux, dans leur courant mystique le plus ancien, nous transmettent le destin ? Il est l’Arbre des Énergies Divines, ou plus exactement « Arbre des récipients » de ces Énergies. Tel est l’Arbre des Séphiroth.

« L’homme d’en haut » selon cette tradition est fait des énergies se distribuant selon un tracé rigoureux à partir de ces « récipients », eux-mêmes rigoureusement décrits. L’« homme d’en bas » créé à son image, est un arbre.

Il est construit sur trois triangles, dont le premier constitue la tête, et dont les deux autres sont la réflexion de ce premier, l’un au niveau de la poitrine, l’autre au niveau du complexe urogénital. Ces trois triangles déterminent trois étages de notre corps, et aussi trois étapes de notre vie.

Les trois germes

Nous arrivons au monde symboliquement au niveau des pieds. Ceux-ci ont la forme d’un germe.

L’enfant est un germe riche de promesses. Il se développe jusqu’à l’âge adulte, symboliquement jusqu’à la base du premier triangle inversé que sont les hanches. Devenu adulte, il passe la porte dite « porte des hommes » et assume alors la seconde étape de sa vie en s’appuyant sur ses reins.

Les reins ont la forme d’un germe. L’homme adulte est le germe du dieu en devenir. La véritable incarnation commence au seuil de cette porte. Auparavant, l’enfant a construit dix vertèbres (cinq sacrées, cinq lombaires). Maintenant, l’adulte construit ses douze vertèbres dorsales. Le nombre douze est celui des structures cosmiques. Douze mois de l’année, douze heures du jour et de la nuit, etc… Les douze travaux d’Hercule rendent compte de cette construction. Quand elle est achevée, l’homme passe la « porte des dieux », fermée par les clavicules (clefs) et que nul ne peut passer s’il n’a atteint cette dimension. La tête est le lieu de nos différents champs de conscience. La montée progressive de l’Arbre nous oblige à « changer de tête », jusqu’à mettre finalement sur nos épaules celle qui est totalement connaissante. C’est en ce sens que l’écoute est la base de cet étage, et que nos oreilles s’ouvrent peu à peu à la totale information. Elles ont la forme d’un germe, dernière promesse de l’homme qui, à cette dimension, devient verbe. L’écoute et la parole sont inséparables.

La croissance de l’arbre

La « poussée de sève » de notre arbre, se fait à partir du contradictoire, à partir de ces deux pôles de la dualité que comporte tout élément du monde créé. Ces deux pôles sont représentés par les deux axes latéraux du corps. L’axe central, notre colonne vertébrale, se constitue selon la façon dont nous intégrons nos dualités, ce contradictoire. Milieu de l’être, « lieu du Mi »[3], la colonne vertébrale est le chemin du retour de l’Adam à l’Élohim.

Dans la première étape de la vie, l’enfant est modelé par cette dualité. Il vient au monde entre le père et la mère, se rythme dans l’alternance des jours et des nuits, des hivers et des étés, etc…, et prend peu à peu conscience de lui-même par rapport à l’autre. Lorsque les parents rendent compte dans leur comportement d’une unité vers laquelle ils tendent, lorsque les structures parentales (scolaires, religieuses, etc…) savent être au service de la vie qui leur est confiée au lieu de l’asservir, comme cela a lieu hélas ! couramment, l’enfant a quelque chance d’entrer — à l’âge de l’adolescence — dans l’expérience du premier triangle, avec les atouts nécessaires pour affronter le grand jeu de sa première « gestation ». Il entre en contact avec ses futures structures d’adulte (par les deux côtés de ce triangle) et commence alors à contester, voire rejeter les structures parentales, ses béquilles.

Il construit ses deux premières vertèbres en affrontant ses contradictions dans le désordre le plus douloureux, l’ignorance la plus désécurisante, l’absurdité, la servitude, l’angoisse.

Le monde extérieur qui, aujourd’hui, ne lui renvoie qu’une image encore infantile, contribue peu à faire de lui un adulte. Toutes les structures sociales confortent ses béquilles ; le monde s’entredéchire dans des rapports de force, ayant oublié l’unité qui le constitue et qui forgerait sa vraie sécurité s’il y donnait foi.

Quel drame s’est-il passé qui ait inscrit l’oubli au cœur des êtres ? La mémoire des peuples transmet, sous des formes différentes, l’histoire d’une « chute » qui, dans notre tradition judéo-chrétienne, se traduit par une blessure. Ève, l’humanité dans ses fonctions féminines (et non la femme par rapport à l’homme), donc toute l’humanité, arrive au monde blessée au pied. A la racine même de l’Arbre, dans son germe, les énergies s’écoulent et se perdent, compromettant la croissance. Une nature aliénée, en chacun de nous, obéit à des pulsions de mort. Une autre, écrasée derrière celle-ci, oubliée, fait connaître ses exigences de croissance comme elle le peut.

Jacob, dans le mythe biblique, sera celle-ci par rapport à Ésaü, nature en chute qui joue le rôle d’aînesse, il confirmera sa volonté d’assumer les énergies dans le sens de la croissance de l’Arbre.

Jacob se souvient. Nombreux sont ceux qui, parmi nous, ne se souviendront jamais. La Tradition est la mémoire collective, remplaçant notre mémoire personnelle. Il est urgent de l’interroger. Dans son mystère elle se révèle. Lorsque notre « Jacob » est trop faible et qu’Ésaü, l’homme-animal en nous, l’homme identifié à ses énergies inconscientes est fort — et nos civilisations déploient tous les moyens de ne faire appel qu’à celui-là — l’exigence de la croissance ne se fera pas sentir.

Comment l’adolescent peut-il émerger de ce triangle et naître ? La plupart meurent « in-utero », s’identifiant au monde extérieur et à ses valeurs. Seul celui qui prend conscience de la relativité de ces dernières et qui cherche s’il n’y a pas une lumière, un sens quelque part, après une longue déambulation labyrinthique, trouve une issue : le « col de l’utérus ». Auparavant, il a économisé une somme d’énergie en ne la dissipant pas inutilement à cet étage. Alors une somme d’énergie inconnue jusque-là se révèle. Dans le mythe, Jacob rencontre l’Ange avec lequel il se bat toute une nuit. A l’aube, l’Ange le quitte ; Jacob est vainqueur de lui-même. Son nom (somme d’énergie) change. Il est appelé Israël[4]. Mais il est aussi blessé à la hanche, blessure initiatique en regard de laquelle on peut se demander si la fracture du col du fémur de nos vieillards n’est pas la sollicitation à une montée de sève urgente avant la mort.

L’homme (homme ou femme) qui, avec Jacob, est vainqueur de ce premier seuil et passe la « porte des hommes » devient alors un homme. Il va construire douze vertèbres. Ramassant ses énergies autour de ses reins (le ceinturon du guerrier) l’homme se fait guerrier de lui-même, pour conquérir la totalité de sa réserve d’énergies intérieures — sa « femme intérieure » — encore inconnue.

A cet étage, les deux pôles de la contradiction ne sont plus constitués par le bien et le mal, mais par ce qui est lumière et ce qui est encore dans les ténèbres. L’adulte ne grandit que dans ces épousailles (nécessaires) successives de lui-même avec lui-même, épousailles de la lumière et de la ténèbre.

L’ombilic est le pôle lumière. Le cœur est le pôle ténèbre.

En hébreu, l’ombilic est le mot Thabor. Et les mystères chrétiens nous révèlent que sur le mont Thabor s’est expérimenté le principe même de la lumière. Comme les disciples témoins voulaient s’y installer, Jésus lia immédiatement cette expérience à celle des ténèbres qui allaient suivre.

Symboliquement, c’est le fond d’une forge qui assume ce travail de transformation de lumière en ténèbre, ou encore de plomb en or, disent les alchimistes.

Le corps humain à cet étage est une petite forge, dont l’estomac est le fourneau, les poumons le soufflet, le cœur, le centre vital qui actionne le soufflet. Le foie engrange l’énergie devenue lumière, et chacun des autres organes assure un maillon de la chaîne opérative de cette grande alchimie. C’est une épreuve de feu.

Si le premier triangle rencontré à l’âge de l’adolescence oblige à un baptême d’eau, ce triangle centré sur le cœur oblige au baptême de feu. C’est le mystère des épousailles.

Mystère accompli par Noé dans l’arche, par Job sur son lit de douleur, par tout homme qui aborde ses enfers et descend dans les profondeurs de lui-même avant de monter dans les plus grandes hauteurs. Il montera autant de fois qu’il sera descendu. Symboliquement douze fois. Lorsque la ténèbre est totalement devenue lumière, que l’homme est devenu énergie pure, il passe la porte appelée « porte des dieux », après avoir été vérifié par l’aigle, qui seul a les clefs de la connaissance. Nos « clavicules » (petites clefs) le confirment. Nos mains sont connaissantes. Autant de fois qu’il sera descendu, l’homme aura mis sur ses épaules, symboliquement aussi, une nouvelle tête. Une tête à chaque fois plus connaissante, ouverte à la conscience d’une plus totale information. Ce sont les oreilles qui prennent en charge cette écoute. Elles sont les pieds et les reins de ce nouvel étage. Leur force déterminera la qualité du verbe émis, car l’homme ne parle qu’en tant qu’il entend. Il n’est aussi procréateur par le sexe qu’en attendant de devenir créateur par le verbe. Devenir verbe est toute sa vocation.

La langue est le symbole de cette épée-verbe, pierre d’angle de l’édifice dont les dents sont les pierres de fondation. Le nez répète à cet étage la colonne vertébrale. Les yeux répètent les poumons et les mains. Entre les deux yeux, un centre de connaissance, troisième œil, s’ouvre sur les plus grands mystères. Nos cheveux, rayons de lumière, racines célestes, sont notre force. (Histoire de Samson, Juges, chap. 14, 15, 16).

Les Chinois disent que « les reins fleurissent dans les cheveux ». Lorsque l’homme met sur ses épaules sa « dernière tête », celle qui est totalement informée, l’homme est totalement unifié.

Il est totalement dieu, l’Élohim promis par Isaïe et dont le Christ vient confirmer la vérité.

« J’ai dit, vous êtes des Élohim ». (Jean X, 34)


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