Vérités des mystère : La naissance des entités nationales de l'Europe . Rudolf STEINER

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Vérités des mystère : La naissance des entités nationales de l'Europe . Rudolf STEINER

Message par obsidienne le Sam 17 Déc - 0:08

Extrait du livre de Rudolf Steiner :

Vérités des mystères et leur nécessaire expansion dans la civilisation actuelle.  La nouvelle légende d’Isis. Editions Triskel.


Sixième conférence – Dornach le 17 janvier 1918

Les choses que je vais relater dans cette dernière conférence de façon assez prosaïque par rapport aux grandes perspectives que nous venons de tisser ont pourtant un certain lien interne avec toutes nos réflexions et aussi avec le temps présent. Et en un certain sens, j’avais besoin, ne serait-ce que sous forme d’aphorismes de débattre encore une fois de ces choses avec vous. De même que nous avons essayé de comprendre l’époque qui a culminé au VIIIe siècle, nous voulons aujourd’hui faire la même chose pour l’époque suivante qui a, en un certain sens, atteint son apogée au XVe siècle dans la vie européenne.

Ce XVe siècle est extraordinairement intéressant, surtout vu la manière dont il émerge des conditions de vie européennes des siècles précédents. Ce siècle est important car, à vrai dire, c’est seulement au XVe siècle que se sont formées en Europe les conditions dans lesquelles nous vivons actuellement. Les hommes pensent que la manière dont ils vivent durera toujours. Mais ce n’est pas le cas. Les conditions de vie sont soumises à des métamorphoses. Et si on essaye de se remettre dans l’esprit particulier des temps anciens, notamment du point de vue pratique, alors on en arrive à constater que les temps ont changé de façon tout à fait radicale.

Bien entendu on trouve aussi certains traits humains qui ont été partout les mêmes, quand on considère les choses de façon abstraite.

Avant toutes choses les hommes  de notre époque et vraiment pas seulement des hommes des milieux les plus divers, mais justement les hommes de premier plan, de tout premier plan, considèrent tout ce qui a trait à la nation en Europe et surtout dans le monde cultivé comme si ces situations nationales devraient durer éternellement. Cette forme de ressenti qui résulte par exemple de l’élément national pour l’homme d’aujourd’hui, elle est entièrement dépendante de ce qui s’est formé au XVe siècle car auparavant, l’Europe était justement tout à fait différente en ce qui concerne ces choses.

Ce que l’on appelle aujourd’hui les entités nationales qui se cristallisèrent sous forme d’Etats, cela remonte seulement au XVe siècle. Et ce qui existait en Europe avant, cela ne peut absolument pas être comparé avec ces constructions nationales.

Si toutefois on ne remonte pas plus loin dans le passé qu’au XVe siècle, alors il pourrait se faire que quelqu’un exprime des jugements sur le temps présent comme s’ils étaient des vérités éternelles. Imaginons par exemple qu’une entité étatique telle qu’il n’y en a pas eu en Europe avant le XVe siècle, avait pu être fondée selon des idées européennes sur un territoire qui ne s’est fait connaître qu’après le XVe siècle, qui n’a donc pas un passé comme l’Europe, où on ne peut penser que sur quelques siècles et où on tient cette pensée pour éternelle ; et bien, si on devait développer avec une pensée de ce genre des idées d’Etat ou même des idées de peuple, alors les Européens devraient au moins savoir que de telles idées ne peuvent pas mener bien loin.

Il s’est aussi produit quelque chose au XVe siècle qui est en rapport avec les débuts de l’évolution chrétienne en Europe, nommément dans le vaste Empire romain. J’ai déjà indiqué que l’Empire romain avait dû son déclin à toutes sortes de forces, mais il faut compter parmi ces forces qu’une incroyable fuite d’or a eu lieu vers l’Orient, que le vaste Empire romain est devenu pauvre en or, très pauvre en or. Cela n’a pas du tout été du goût des Romains. Et cela a mené à la décadence.

Mais cela a été du goût des peuplades qui ont déferlé en masse venant du nord. Elles étaient organisées, de par les différentes circonstances que nous avons évoquées la dernière fois, justement sur la base d’une économie d’échange directe. Et ce qui est curieux, c’est que, bien que certains conquérants, dont nous avons parlé, se soient répandus sur des régions qui vivaient auparavant en paix, une certaine sédentarité s’est instaurée avec la cohabitation entre les populations conquises et les conquérants. Et il est ressorti de cet événement que l’on appelle habituellement les « grandes invasions » ce que l’on peut appeler des conditions favorables à l’économie d’échanges directs, par opposition à l’économie monétaire.

L’Europe avait peu à peu évolué de telle manière que les Carolingiens s’étaient retrouvés dans la nécessité de s’organiser de façon à se passer d’une grande circulation d’argent.
Les Carolingiens et déjà les Mérovingiens, ces dynasties de souverains, ne jouaient en fait souvent en réalité pour peu dans la marche interne des événements. Et quand il se trouve dramaturges qui montent en épingle autour de Louis le Pieux des querelles de famille comme des affaires d’état sensationnelles, c’est d’une bêtise qui peut éventuellement intéresser des esprits enfantine assis dans un théâtre ; mais cela n’a absolument rien à voir avec l’histoire et se trouve à des mondes de distance d’une histoire réelle.

Du bouillonnement des grandes invasions naît peu à peu une humanité sédentaire partout en Europe. Ce côté sédentaire est une caractéristique particulière des Saxons en Europe centrale qui s’est ensuite transféré en Angleterre, dans les ïles britaniques, c’était un trait de caractère commun des peuples germaniques – à l’époque des Carolingiens après que les grandes invasions aient faibli. La sédentarité associée à la dépendance à la Terre que l’on cultive, donc une population paysanne, administrée par le clergé, une population aux alentours des villes, administrée par les évêchés dans les villes. Dans les régions qui entrent en ligne de compte avant tout pour la vie médiévale, on avait à faire à la sédentarité. Et la conséquence en était que l’on n’était pas en mesure d’administrer, de gérer comme on avait l’habitude de le faire sous l’Empire romain.

On avait, il est vrai, repris des traditions, on avait appris auprès des gens cultivés qui savaient ce qui se faisait dans l’Empire romain. Mais cela n’était pas applicable aux différentes situations qui s’étaient créés dans toute l’Europe. Car, après avoir atteint une certaine grandeur, l’Empire romain tout entier était en fait bâti sur la force de son armée, sur sa propre entité guerrière. L’Empire romain n’est pas pensable dans sa grandeur sans la possibilité d’envoyer des soldats partout jusqu’à ses confins. Les soldats devaient être rémunérés.

J’ai déjà évoqué la dernière fois que pour cela la circulation de l’or était indispensable. Et lorsqu’elle s’est tarie, plus rien n’a marché. Et tandis que ces conditions se formaient, tandis qu’un empire était en formation, tout entier dépendant de sa solidité intérieure, de la possibilité de son agrandissement interne, de la possibilité de s’administrer, de se développer, toutes les conceptions qui se formaient étaient telles que tout reposait sur l’entité guerrière. Mais on ne pouvait appliquer l’art administratif bâti sur l’entité des légions quand il fallait l’appliquer dans toute l’Europe et même jusqu’en Italie – car cette situation s’était formée partout – là où on avait à faire à des paysans sédentaires. Cela a eu pour conséquence parmi les populations, que peu à peu s’est formé quelque chose de tout à fait différent, un élément tout à fait autre que les légions dans l’Empire romain.

Il s’est formé au cours des siècles qui ont suivi l’époque Carolingienne ; des personnes qui étaient des propriétaires terriens qui ont attiré peu à peu des gens qui sont entrés à leur service, et qui dépendaient d’eux. C’était la plupart du temps des gens qui étaient en surnombre dans le vaste champ de l’économie d’échange. Et ces gens, on pouvait les regrouper autour de soi quand on voulait entreprendre des expéditions ou des campagnes guerrières. Ces gens, soit ils étaient en trop à cause de la surpopulation ici ou là, soit parce qu’ils faisaient travailler d’autres pour eux, en tous cas ils étaient ces hommes qu’on a recrutés progressivement partout en Europe, ceux qu’on a décrits à partir du Moyen-âge comme les chevaliers ; la chevalerie, qui exécutaient ce qu’ils faisaient au service de ce seigneur ou d’un autre, pour l’amour de ce travail. C’est donc en même temps un peuple guerrier particulier qui s’est développé avec la chevalerie, qui est devenu un ordre social partout en Europe.


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Message par obsidienne le Sam 17 Déc - 0:10

Et par là on voit qu’il s’agit de toute autre chose que d’une conséquence nécessaire : Il se trouvait que, d’une certaine manière, il existait deux groupes ayant des intérêts différents. Si on n’envisage pas ces deux groupes, on ne peut pas comprendre le Moyen-âge. Il y avait de vastes groupes à qui il était complètement égal que ces chevaliers ou leurs chefs entreprennent ceci ou cela, qui ne voulaient rien d’autre que cultiver leur terre et faire leur commerce ou pratiquer leur artisanat dans un rayon proche. Ce groupe qui a peu à peu fait apparaître une nouvelle mentalité en Europe qui n’était pas encore présente lors des grandes invasions, mais qui s’est imposée plus tard notamment dans l’artisanat des villes : l’esprit bourgeois. Celui qui s’est répandu à l’intérieur d’une couche de la population et l’esprit chevaleresque qui était fondé sur l’apprentissage de la guerre.

Ceux qui se sont élevés progressivement grâce aux circonstances, depuis leur fief en inféodant tout leur environnement. Toute l’entité mérovingienne ne s’est pas formée autrement : de grands propriétaires terriens ont étendu largement leurs filets et ont inféodé énormément de gens ; car lorsqu’on parle d’un « Etat » mérovingien, c’est un non-sens !

Ce que nous appelons de nos jours « Etat » ne commence qu’au XVe siècle.
Les Mérovingiens qui s’étaient ainsi élevés, n’avaient d’abord à faire, d’une certaine façon, qu’avec les hommes qui les avaient rejoints de cette façon en tant que chevaliers, en tant qu’exclus par la surpopulation, et qui vivaient leurs aventures et, comme le territoire était commun à tous, ils avaient continuellement les autres groupes, soit contre eux, ou bien ils avaient à côté d’eux et ne savaient pas comment agir de façon juste avec eux. Il n’est absolument pas question, à cette époque ancienne, d’une véritable compréhension, d’une administration étatique qui se saisit de tous les aspects de la vie. Lorsqu’on parle de princes à cette époque reculée, ces princes n’ont au fond qu’une influence sur ceux qui se sont joints à eux. Celui qui était assis sur sa terre se considérait comme le seul maître de celle-ci.

Si on regarde l’époque de Louis le Pieux, il ne faut pas interpréter l’histoire comme si le « royaume » qu’on a l’habitude de lui attribuer aujourd’hui, l’aurait été parce qu’il aurait soi-disant « gouverné » comme on gouverne un Etat à notre époque. Ce n’est pas du tout le cas. Il faut considérer ces choses bien concrètement. Et on peut alors dire que se sont révélés des groupes sociaux stables, variés et fortement différenciés. Il faut envisager cela bien spécifiquement parce que c’est toute la vie historique du Moyen-Age qui ressort de ces choses.

Le XVe siècle est remarquable du fait que l’or réapparaît progressivement en Europe, grâce notamment à l’exploitation de mines à grande échelle, et, plus tard grâce aux grandes découvertes ; si bien que depuis le XVe siècle, sont apparues des conditions fondamentalement différentes des précédentes. Et c’est pourquoi ce siècle que nous pouvons appeler aussi l’époque de Christian Rose-croix, est celui grâce auquel on s’est dirigé vers l’économie monétaire. Il y a aussi dans ce contexte une césure très nette. Les derniers temps de la quatrième époque post-atlantéenne ont été en Europe des temps sans argent, ceux de l’économie d’échange. C’est ce qu’il faut bien garder à l’esprit. Et alors s’est développé pendant cette époque par toutes les fissures de ce que j’ai décrit, ce qui a provoqué, à partir du XVe siècle, une transformation progressive de la situation qui nous permet de parler de nationalités compactes, séparées en Etats.

Parler d’une telle différence entre Allemands et Français, comme on peut le faire depuis le XVe siècle, est tout simplement impossible pour le temps qui précède le XVe siècle, c’est même un non-sens. Ce qu’on peut appeler la nation française s’est justement formé très lentement et progressivement. Certes les Francs étaient différents des Saxons ; mais le caractère franc n’était pas plus différent du saxon que ce que j’ai décrit la dernière fois. C’était des différences de tribus, et non pas des différences de peuples ou même de nations, les différences n’étaient pas plus grandes que celles qui existent aujourd’hui entre les Prussiens et les Bavarois, peut-être même moindres à maints égards.

Mais tout ce qui s’est développé là, cela est encore en relation avec les conditions de vie que nous venons de décrire. Car ce qui est devenu plus tard un royaume français sortait vraiment d’un conteste de propriétaires terriens. Et la grande différence dans la formation de la nation française fermée et de la soi-disant nation allemande ouverte de tous côtés au milieu de l’Europe, repose pour l’essentiel sur le fait que les membres français des Mérovingiens, Carolingiens et autres pouvaient d’abord, de par leur caractère tribal, aplanir plus facilement les différences entre eux-mêmes et les autres ; ils savaient mieux gérer les éléments rebelles. Car ceux qui étaient propriétaire de leur terre, les sédentaires, ne voulaient rien savoir d’autre, et même pas saluer le chapeau de bailli. C’était devenu monnaie courante dans toute l’Europe de ne pas saluer le bailli.

Même ceux qui étaient devenus chevaliers cherchèrent aussi peu à peu à s’installer ici ou là. Evidemment, après avoir acquis tout d’abord une certaine position sous la protection de tel ou tel prince, ils devinrent peu à peu très tentés de devenir eux-mêmes indépendants. Pourquoi ne pourrait-on pas devenir aussi puissant que celui sous la protection duquel on est devenu puissant ?

Mais cela induit que celui qui était comme un souverain a eu bientôt maille à partir avec des éléments rebelles. Et le temps des IXe, Xe, XIe, XIIe et XIVe siècles a vu se développer des conflits permanents entre les éléments rebelles et ceux qui voulaient les dominer.

On peut se demander alors : comment se fait-il que, dans ce qui est devenu plus tard la France, il ait pu se former si tôt une nation fermée ? C’est en un certain sens pour l’observateur historique une sorte de mystère qui saute aux yeux et il faut essayer de le résoudre. Car avec les discours habituels : les nations se forment comme ceci ou comme cela, on n’arrive à rien. Sur chaque coin de la terre, les nations se forment différemment, même si plus tard on les désigne toutes par « nation ». Comment se fait-il que, depuis l’époque mérovingienne jusqu’au XVe siècle, cette nation française compacte ait pu ainsi se former ?

Cela tient en fait à d’autres circonstances plus anciennes. Alors que l’Empire romain était encore puissant, des habitants, des individus de cet Empire furent envoyés en bien plus grand nombres vers la future France que vers la future Allemagne. Les régions occidentales de l’Europe ont été très, très imprégnées, dès l’Empire romain par l’élément latin. Et j’ai dit que maintes choses se sont immiscées dans le tissu social. Tout le reste n’est au fond pas différent dans la France d’aujourd’hui, sauf que beaucoup d’éléments latin se sont introduits dans le reste de la population – des personnalités latines avec des idées latines, avec des intérêts, des désirs latins, en somme des restes de l’ancien Empire romain. Et le christianisme s’était peu à peu transporté, peut-on dire, sur les ailes de l’ancien Empire romain partout en Europe.

Le christianisme est venu en France avec la culture latine de la même manière qu’il s’est imposé dans l’Empire romain. Dans ce domaine il était avantageux pour ceux qui voulaient régner là, de s’en tenir aux survivances romaines. Car les sédentaires et les chevaliers, ils avaient tous une particularité, c’est-à-dire qu’ils ne paraissaient pas très doués pour administrer des personnes différentes d’eux. En Europe du centre des gens venaient d’une certaine région après s’être donné le mot pour assister à ce qu’on appelait un « thing » (assemblée) qui était organisée de temps en temps. Et là, on discutait, avec des idées qui venaient encore de l’ancienne clairvoyance atavique, de la manière dont il fallait punir celui-ci ou celui-là qui avait quelque chose sur la conscience. Cela était fait oralement et il était en fait assez courant dans toute l’Europe centrale, de convenir oralement de ces choses.

Il y avait peut d’écrits car justement les paysans sédentaires ainsi que les chevaliers avaient la particularité de ne pas savoir lire ni écrire. Vous savez peut-être que wolfram von Eschenbach, le célèbre poète du Moyen-Age, ne savait pas lire ni écrire la moindre lettre. En revanche les éléments latins qui avaient afflué en Europe de l’ouest savaient cela. Ils étaient déjà, dans toute l’acception du terme, des gens cultivés. Par la suite, ceux qui voulaient régner se sont bien entendu servis de ces gens « cultivés », mis à part le fait que le clergé était évidemment recruté dans cette classe. En revanche cela a créé un lien entre les fonctionnaires de l’administration et le clergé qui se composait en grande partie d’éléments latins venus en masse.
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Message par obsidienne le Sam 17 Déc - 0:13

Mais ainsi et avec en même temps l’Eglise qui était donc issue de la population latine, il se trouva que l’élément de la parole a commencé à jouer un rôle extraordinaire. Et pour résoudre le mystère que j’ai évoqué, il suffit de se faire une idée de l’énorme signification suggestive de la parole. Avec la langue latine qui s’est transformée en Europe de l’ouest mais qui a conservé le caractère latin, si je peux dire ainsi, avec cette langue ce n’est effectivement pas seulement une langue, mais tout un esprit qui a été transposé. Car dans la langue vit un esprit avec une force de suggestion extraordinaire. Et cet esprit a œuvré de façon grandiose. L’entrée de l’esprit latin sur les ailes de la langue latine s’est donc effectué à partir de l’époque carolingienne jusqu’au XVe siècle.

Et là apparaît cette particularité à savoir que maintenant l’Europe de l’ouest a une situation tout à fait différente de celle de l’Europe centrale. En Europe de l’ouest, la transformation qui s’est opérée progressivement à partir de l’élément latin et qui a agi de façon suggestive dans les âmes humaine, cette transformation est bel et bien terminée. Cette faculté d’âme que possédaient les paysans sédentaires –je viens de décrire cela – cette ancienne clairvoyance atavique persistant qui même si ces gens étaient devenu chrétiens – agissait non pas comme croyance, mais comme vision directe des mondes spirituels, cette clairvoyance n’a pas du tout été perçue par les gens qui régnaient et administraient tout en haut. Mais justement une classe supérieure s’est formée en Europe de l’ouest qui a œuvré aussi de façon suggestive vers le bas tout en forgeant la langue.

Nous n’avons pas besoin de considérer cette classe supérieure selon sa manière d’administrer et selon ce qui se constituait là comme règles de droit et de gestion ; mais nous devons la considérer comme une classe de fonctionnaires et de spécialistes de la langue qui a introduit la langue dans la classe inférieure et, avec la langue tout cet élément suggestif qui s’est répandu de façon uniforme sur un certain territoire avant que le peuple réagisse d’en bas et se dresse contre ce qui s’était formé comme une classe dominante. Car, jusqu’au XVe siècle, nous voyons ce qui s’était constitué comme classe dominante. Ce qui était en bas, on ne s’en occupait pas. Ce qui domine a bien la tendance, n’est ce pas, de tirer toujours plus à soi.

Jusqu’à ce que le pays en vienne à ce que la paysannerie, la population d’origine, réagisse. C’est l’élément de la parole avec sa force suggestive qui avait été à l’œuvre de façon énergique. Et vous pouvez le trouver justement en Europe de l’ouest de façon originelle et voir comment la vaste masse populaire a réagi, elle qui vivait encore dans son ancienne spiritualité, sa spiritualité atavique.

Le messager, le bon génie de cette masse populaire c’est la Pucelle d’Orléans. Avec elle paraît ce qui, après que la langue ait fait son œuvre par sa force de suggestion, est en fait une réaction du peuple d’en bas qui va forcer la royauté française à tenir compte de lui. Vous voyez, jusqu’au XVe siècle, jusqu’à l’apparition de la Pucelle d’Orléans qui, à proprement parler fait, la France en tant que France, il y a un déferlement latin, puis apparition du messager populaire. Si bien que se manifestent à travers cette apparition les forces ataviques du peuple par le biais de la vision clairvoyante de Jeanne d’Arc. Ces forces qui vivent encore dans la population remontent à la surface et deviennent de l’ « Histoire » à proprement parler.

Des Pucelles d’Orléans – c’est-à-dire pas seulement avec la force d’action mais aussi la force de vision -, il y en a eu partout en Europe au cours de ces siècles. Et le fondement sur lequel a bâti la Pucelle d’Orléans, c’était justement cet élément réparti sur toute la vaste paysannerie et sur l’immense masse du peuple. Simplement cela a germé chez la Pucelle. Mais cela, on ne le dit pas aux gens. On codifie en tant qu’ «Histoire » tout ce que Louis le Pieux et ses conseillers ont écrit, tout ce fatras qui se trouve dans les chroniques, et on fait croire aux gens que ces grands propriétaires terriens géraient des Etats et ainsi de suite. Mais cela se trouve bien, au fond, en-dehors de la vie concrète. Mais cette véritable vie concrète était imprégnée de ce qui affleurait à la surface du génie de la Pucelle d’Orléans et qui pénétrait dans l’entité française à une époque où on exerçait la force suggestive de la parole. Et par là ce qui était la force du peuple a coulé à flots du bas vers le haut dans l’entité française.

Il n’en était pas de même en Europe centrale. Aucune langue n’y exerçait une telle puissance suggestive. Toutes les autres conditions y étaient semblables mais il n’y avait rien qui aurait pu souder un grand nombre de tribus afin de transformer la force suggestive de la parole en une force populaire.

C’est pour cela que du point de vue de la nation, L’Europe centrale reste une masse fluide et se laisse facilement coloniser, ce qui est vraiment curieux. Mais la colonisation qui est faite avec la population d’Europe centrale est différente de celle qui se fait aujourd’hui. Quand on colonise aujourd’hui il s’agit essentiellement de territoires étrangers que l’on conquiert. Mais autrefois on envoyait des gens dans des régions étrangère – ils étaient particulièrement nombreux à être appelés – et ils apportaient dans ces régions étrangères ce qu’ils avaient acquis dans leur propre pays.

Cela s’est passé ainsi dans l’Est de l’Europe dans une vaste mesure. Mais il est resté une masse fluide. Et tandis qu’à l’Ouest la force suggestive de la langue était avant tout à l’œuvre, régnait encore en Europe du Centre les bagarres, les disputes, les différences d’intérêts que j’ai décrits, et, avant tout, la fronde contre ceux qui voulaient régner ce qui a eu conséquence qu’il a été impossible qu’une vaste nation, uniforme, se forme comme à l’ouest. Il manquait quelque chose comme la puissance suggestive de la langue. C’est pourquoi, à partir des conditions anciennes, s’est imposée la montée de ce qui était justement le plus fort. D’où les principautés territoriales qui ont perduré encore au-delà du XVe siècle et qui se sont imposées essentiellement parce qu’il n’existait pas une puissance suggestive semblable à celle de la langue à l’ouest.

Au milieu de tout ce contexte s’impose un autre élément : l’élément religieux qui s’est peu à peu formé à Rome à partir de l’Empire romain. On appelle dans les cercles occultes cet élément religieux l’ombre grise de l’Empire romain parce qu’on a pris de l’Empire romain ce qui est façon de penser l’administration et d’autres choses et on l’a utilisé dans le contexte religieux. Ces efforts de l’Eglise avaient comme but de s’intégrer de façon différenciée dans ce qui était en train de se former en Europe. Et je vous ai déjà fait quelques remarques à ce sujet sur la manière dont on savait tenir compte des réalités à Rome.

A partir du IXe siècle jusqu’à la fin du Xe et même jusqu’au début du XIe siècle, on savait admirablement tenir compte des réalités, dans la mesure où on s’efforçait de faire entrer ce qu’on appelait le christianisme dans un moule administratif qui correspondait aux réalités de l’époque. Partout où il était possible de transformer une ville en siège épiscopal, on le faisait ; partout où il y avait un groupe de fermes que l’on voulait gagner, on lui édifiait une église afin que les fermes se regroupent autour d’elle ; s’il y avait quelque part un seigneur, on essayait de le remplacer en douceur par un religieux en éduquant son fils ou autre. L’Eglise exploitait toutes les situations. Et dans les faits l’Eglise n’a jamais eu autant dans ces siècles et n’aura jamais plus tard la possibilité de devenir une puissance européenne universelle. Le processus que l’Eglise a mis en route aux IXe, Xe et XIe siècles, est d’une importance capitale parce qu’il consiste à exploiter toutes les situations concrètes. Il ne faut pas perdre cela de vue.

Les gens qui étaient dans le temps des dirigeants religieux catholiques ou bien des prêtres, n’étaient pas assez fous pour croire que les esprits dont les hommes parlaient à partir de leur clairvoyance atavique, n’étaient pas des esprits ; ils en tenaient bel et bien compte, mais ils essayaient de trouver les moyens adaptés pour les combattre. Alors que les princes n’arrivaient absolument pas à en venir à bout. L’Eglise a pu peu à peu gratifier ces représentations – qu’ils tenaient pour justifiées – d’une nomenclature. On savait bien à Rome, n’est-ce-pas : ce ne sont pas que des diables, dont parle la clairvoyance atavique mais ces démons sont nos adversaires que nous devons combattre.
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Message par obsidienne le Sam 17 Déc - 0:15

Un moyen de les combattre était qu’on les estampillait comme diables, donc on leur donnait une étiquette. C’était une lutte tout à fait réelle contre le monde spirituel qu’on menait là, et au XVe siècle on n’avait plus aucune conscience des forces spirituelles agissantes. Déjà au XIe et au XIIe siècle le processus était jusqu’à un certain degré, achevé. On peut à cet égard considérer les Arts libéraux.

C’était des arts très importants. Au IXe siècle, par exemple sous le pape Nicolas 1er, l’importance des puissances spirituelles étaient connue, le peuple le savait par la clairvoyance atavique. Mais au XIe et XIIe siècle ces arts étaient épuisés. Bien sûr on continuait de les exercer mais tout ce qui se passe se met au service de ce gigantesque combat des esprits. Car même ce qui semble donner le ton, apparemment, la fondation de l’Empire romain germanique, qui s’étend, n’est ce pas de l’ouest vers l’Europe du centre sous les empereurs saxons, ce couplage de l’Europe du centre avec l’Italie, cela passe plus ou moins à l’arrière-plan par rapport à la puissance extraordinaire que représente l’Eglise : elle déverse à cette époque là un élément international sur l’Europe qui ne deviendra un élément national qu’au XVe siècle. Ce n’est qu’à partir du XVe siècle que se développent les conditions qui sont le fondement de l’Europe dans laquelle nous vivons aujourd’hui, même en ce qui concerne les peuples d’Europe centrale. Il ne faut pas cesser de le souligner, car qu’y avait-il à la base de ce qui s’est joué continuellement entre les empereurs romains germaniques et les papes ?

Vous pouvez spécialement étudier cela si vous lisez les descriptions de l’Empereur germanique Henri IV qui était politiquement très intelligent. Ce qu’il y avait toujours à la base dans ces choses, c’est qu’il était indispensable pour ceux qui voulaient régner, qui devaient régner, d’apprivoiser les rebelles. L’église en train de s’étendre était bien évidemment un bon moyen pour combattre les rebelles. D’où les liens continuels qui se sont créés entre la puissance temporelle et la puissance religieuse. Ce qui ne pouvait être atteint à l’époque que par un certain rapport entre ceux qui étaient élus en Europe centrale et qui justement grâce à ce qu’ils obtenaient avec cette élection n’avaient pas grand-chose d’autre de leur souveraineté que les forces des rebelles, les forces de ceux qu’ils ne voulaient en fait pas avoir.

Les rois étaient élus. Ils étaient élus par les sept princes électeurs dont trois étaient des princes religieux de l’Eglise. Ces derniers, avec l’aide des moyens de l’Eglise, comme je viens de l’indiquer, étaient puissants. Les archevêchés de Mayence, Cologne, Trêves avaient trois voix parmi les sept qui entraient en ligne de compte. A cela s’ajouta en fait le puissant comte palatin du Rhin ; dans les circonstances telles qu’elles s’étaient formées il pouvait encore tenir ses vassaux – plus tard on les appela ses sujets. Mais des trois autres princes électeurs, dits princes électeurs, l’un était le roi de Bohême qui était lui-même un rebelle ; les deux autres régnaient sur des régions encore très slaves à l’époque, sur l’Elbe avec une population très slave. La royauté n’avait alors vraiment pas plus de sens qu’elle n’en avait eu pour les Carolingiens ; la seule différence était que les Carolingiens venaient plus facilement à bout des aspirations qui apparaissaient à la surface parce qu’ils avaient la puissance suggestive de la langue. Ce qui n’était pas le cas en Europe centrale.

Il faudrait que je raconte encore beaucoup de choses sur la manière dont les choses se sont développées en se différenciant individuellement ; mais vous pourrez trouver cela dans tous les livres d’histoire et si vous poursuivez certains points de vue comme nous le pratiquons ici, vous arriverez à lire l’histoire avec d’autres yeux.

Lorsqu’ensuite les liens qui s’étaient forgés progressivement entre la papauté et l’empire se sont quelque peu affaiblis, l’élément ecclésiastique était devenu si fort qu’il a voulu faire de la politique de façon indépendante. C’était le cas essentiellement aux XIe et XIIe siècles. Et il est intéressant que le pape Innocent III ait alors administré à partir de Rome la situation en Italie, qui était en fait anarchique jusque-là, - en un certain sens c’est là que l’Eglise avait le plus de difficultés -. En fait Innocent III est, en tant que puissance humaine et spirituelle vu tout ce qui est sorti de lui, le créateur d’une conscience nationale des futurs Italiens. Innocent III est un descendant des Lombards, mais on peut dire que ce qui est sorti de lui a, au fond, fait la nation italienne qui, à proprement parler, est devenue une nation grâce aux impulsions qu’il a données. C’est vers le XVe siècle que le processus de formation nationale s’est achevé. C’est donc l’Eglise elle-même qui pour l’essentiel a créé l’élément national. Si bien qu’on doit chercher en rapport avec la formation de la nation française justement à cette époque la puissance suggestive de la langue, et, dans la nation italienne directement l’élément ecclésiastique. Ces choses ne font que confirmer ce qu’on trouve concrètement grâce à la science de l’esprit, ce que nous avons déjà considéré pour les différentes nations.

Il est tout à fait caractéristique d’Innocent III qu’il ait donné des tâches bien précises à l’église catholique. Et on pourrait se demander : en quoi consiste maintenant à proprement parler la tâche que la papauté s’est donnée après la grande époque dont j’ai parlé, c’est-à-dire les Xe, XIe et XIIe siècles ; en quoi consiste donc la mission de la papauté ? Elle consiste essentiellement à empêcher l’Europe de reconnaître ce qu’est en réalité l’impulsion christique. Il s’agit, plus ou moins consciemment, de fonder une église qui s’est donné comme tâche de méconnaître complètement la véritable impulsion du Christ et de ne pas laisser venir jusqu’aux hommes ce qu’est vraiment l’impulsion du christianisme. Car partout où on essaye de mettre au premier plan un élément qui s’approche de l’impulsion christique, -la figure de Saint François d’Assise en est un exemple –cela est bien reçu, mais n’est pourtant pas intégré dans la structure proprement dite de l’Eglise.
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Re: Vérités des mystère : La naissance des entités nationales de l'Europe . Rudolf STEINER

Message par obsidienne le Sam 17 Déc - 0:16

La situation européenne s’est formé de telle sorte que les hommes en Europe ont peu à peu accepté un Christianisme qui n’en est pas un. Le Christianisme doit être à nouveau connu grâce à la découverte de la science de l’esprit. Du fait que les Européens ont accepté un christianisme qui n’en est pas un, cela conditionne totalement le fait qu’il est absolument impossible aujourd’hui de parler des mystères chrétiens. Car il ne s’agit pas d’employer le nom du Christ mais plutôt de pouvoir envisager l’essentiel de ce qu’est le Christianisme de façon juste. Mais cela justement devait être caché, refoulé par ce que les papes du genre d’Innocent III ont fait.

Déjà les conditions extérieures telles qu’Innocent III les a formées, étaient curieuses. Car il ne faut pas oublier qu’autrefois une curieuse victoire avait été acquise du côté papal ; Il y avait – comme vous le savez par l’histoire officielle – un double courant en Europe du centre, l’Europe du sud et l’Europe de l’ouest : un courant plus proche du Pape, le courant Hohenstaufen. Les Hohenstaufen on toujours été plus ou moins en conflit avec les Papes. Mais cela n’a pas empêché Innocent III de vaincre les Anglais et les Guelfes avec l’aide des Français et des Hohenstaufen. Car c’en était déjà au point que du côté papal on tenait compte à présent d’une situation qui est devenue par la suite politique. L’Eglise ne pouvait pas encore – dans sa période ascendante – affronter une situation politique ; elle ne pouvait agir que dans le concret.

Cela vous donne une image de la configuration de l’Europe et de l’intégration progressive, l’intégration de l’Eglise universelle, de par elle-même dans cette configuration. Mais nous ne devons pas oublier qu’il s’agissait essentiellement pour l’Eglise de venir à bout de l’ancienne clairvoyance. C’était l’un des côtés. Mais l’ancienne clairvoyance s’est développée malgré tout et vous pouvez voir partout où puissance terrestre et puissance religieuse font des compromis, qu’il est question ici ou là que les princes ou bien les papes doivent combattre les hérétiques. Pensez un peu aux Vaudois et autres, aux Cathares ; on trouve partout des éléments de ce genre. A partir d’eux s’est formé progressivement quelque chose ; c’était des gens qui ont examiné peu à peu le christianisme de leur propre chef. Et ce qui est curieux c’est que , peu à peu du milieu des hérétiques, se sont dressés des gens qui ont examiné le christianisme de leur propre chef et ont pu constater que ce qui vient de Rome est bien quelque chose d’autre que le christianisme. C’est un élément nouveau de la lutte qui vous indignera particulièrement, si vous suivez la lutte que les rois de France, alliés avec le pape, ont menée contre le comte de Toulouse qui était le protecteur des hérétiques au Sud de la France. Et on trouve des choses de ce genre dans tous les domaines. Mais ces hérétiques ont examiné le christianisme et ne pouvaient pas être d’accord avec le christianisme politique qui émanait de Rome. Si bien que, tandis que se formaient les conditions décrites, il y avait des hérétiques partout qui étaient à proprement parler des Chrétiens qui étaient violemment hostiles, qui se tenaient souvent silencieux, et on fondé toutes sortes de communautés, tout en gardant le secret. Les autres étaient puissants ; mais eux aspiraient à un Christianisme particulier.

Maintenant il serait intéressant d’étudier comment, d’un côté, les offensives incessantes venant d’Asie ont mené à ce qu’on appelle les croisades. Mais pour la papauté l’appel pour les croisades fait par Pierre d’Amiens et d’autres sur l’ordre du Pape, était en même temps une sorte de moyen de « s’en sortir ». La papauté avait déjà besoin à cette époque lointaine d’une sorte de régénération. Ce qui était devenu purement politique avait besoin d’éveiller un enthousiasme factice et la manière dont les Croisades ont été gérées du côté papal, a été pour l’essentiel destinée à instiller chez les gens un enthousiasme nouveau. Mais alors il s’est trouvé des gens qui sortaient en fait des rangs des hérétiques et qui étaient dans la droite ligne d’évolution des hérétiques.

Une personnalité tout à fait caractéristique et représentative de ces hérétiques qui avaient examiné de près le christianisme, était Godefroy de Bouillon ; car on dénature toujours Godefroy de Bouillon dans l’histoire. Il est toujours représenté comme si Pierre d’Amiens et Gautier Sans-Avoir étaient partis les premiers, n’avaient rien pu faire de bien et qu’ensuite Godefroy de bouillon était parti avec d’autres au Proche-Orient sur la même lancée ; ils auraient voulu poursuivre ce que Pierre d’Amiens et Gautier Sans –Avoir auraient dû faire. Mais il n’est absolument pas question de cela. Car cette soi-disant première croisade organisée est quelque chose tout à fait différent.

Godefroy de Bouillon et les autres qui étaient alliés avec lui, étaient essentiellement sortis des rangs des hérétiques, même s’ils ne le montraient pas extérieurement pour les raisons que j’ai exposées. Et pour eux leur but était essentiellement chrétien : ils voulaient à l’aide des croisades, installer un véritable christianisme à la place de celui de Rome en fondant à partir de Jérusalem un nouveau centre contre Rome.

Les croisades étaient dirigées contre Rome, pour ceux qui, d’une certaine manière, étaient initiés à leurs propres mystères. Et le mot de passe secret des Croisés était : Jérusalem contre Rome, pour ceux. Cela est très peu évoqué dans les livres d’histoire, mais c’est ainsi.

Ce que le christianisme hérétique voulait à l’inverse du christianisme politique romain, il voulait l’atteindre par le détour des croisades. La papauté était encore trop puissante. Mais ce qui s’est passé c’est un élargissement de l’horizon. Il n’est besoin que de se souvenir combien l’horizon s’est réduit déjà du temps de Saint Augustin, ici en Europe. Vous trouverez dans mon livre « Le Christianisme et les Mystères antiques » la citation de Saint Augustin qui avait déjà été faite par Grégoire de Naziance dit « le jeune » et d’autres : oui, il y a certaines choses qu’on ne peut relier à la raison, mais l’Eglise catholique les prescrit, alors je les crois -. Mais cette version, cette information funeste qui était à maints égards nécessaire pour l’Europe, avait amené avec elle le fait qu’on fuyait les grands points de vue, ceux qui étaient propres à être reliés à de grands sentiments, à de grandes visions du monde.

Lisez les confessions de Saint Augustin et voyez comme il fut devant les Manichéens. Et la raison est qu’il voit dans l’enseignement manichéen une vision du monde. On a peur de cela, on le craint, on recule devant. Mais de l’autre côté, en Asie, s’épanouissait l’enseignement perse qui a connu un grand essor, et cela grâce à ce que j’ai décrit de façon tout à fait matérielle comme un afflux d’or en Orient. Les Croisés élargirent beaucoup leurs connaissances, purent renouer avec ce qui avait été en fait renversé et eurent connaissance par-là de maints secrets qu’ils gardèrent précieusement. Par la suite, comme ils n’étaient pas assez puissants pour accomplir de « Jérusalem contre Rome », ils durent conserver ces choses comme des secrets. Ce qui donna naissance à des Ordres, toutes sortes d’associations qui sauvegardaient certaines choses chrétiennes sous un autre habit car l’Eglise était puissante, mais ils étaient en fait contre l’Eglise.

C’est à cette époque que se sont formées ces différences qui ne vous sautent aux yeux actuellement que lorsque vous visitez une église quelque part, disons en Italie, et que vous y voyez quelqu’un en train de prêcher contre les Francs-maçons : on voit là des gens à qui les Francs-maçons sont évidemment complètement indifférents ; ils n’en connaissent pas un seul mais le prêtre fulmine sur la chaire contre les Francs-maçons. Ce contraste entre l’Eglise et la Franc-maçonnerie – qui s’est malgré tout développée à partir de l’hérésie – il s’est façonné essentiellement autrefois.
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Message par obsidienne le Sam 17 Déc - 0:19

On pourrait citer un grand nombre d’autres phénomènes si l’on voulait vraiment comprendre concrètement et en détails ce qui s’est en fait passé autrefois dans la réalité. Et vous aurez vu à partir de tout cela que la vie est en partie multiple et variée, mais que les milieux spirituels les plus divers ont interagi de façon désordonnée. Les gens voyaient de leurs yeux des contrastes tels que celui entre les hérétiques dont faisaient partie en fait de nombreux chrétiens, dans le meilleur sens du mot, et les Chrétiens d’Eglise.

On pourrait encore citer maintes autres choses qui ont ensuite par exemple en Allemagne conduit à la Réforme, entre autres. On pourrait dire que la politisation de l’Eglise lu a fait perdre de plus en plus de pouvoir, alors que, dans le temps, il aurait été encore tout à fait impensable que l’Eglise ne puisse pas trouver la possibilité d’imposer ce qu’elle voulait. Il faut pourtant dire que dans certains domaines – bien que l’Eglise ait été grâce au concile de Constance dans la position de brûler Jan Hus : le hussisme s’est maintenu et il est devenu une force qui a eu une certaine importance.

Mais maintenant en quoi consiste la marque propre de ces lettrés du Moyen-Age ? N’est-il pas vrais qu’un mouvement religieux s’est répandu qui a fini par prendre une forme purement politique. Dommage que le temps soit si court ; il y aurait encore beaucoup de choses intéressantes à mettre en relation avec cela. Ce mouvement religieux a pris un caractère universel. Les autres conditions en Europe conduisent peu à peu à la formation des nations. Pensez donc que le Christianisme a apporté des idées qui se sont enracinées en Europe, comme celle de la chute originelle si bien qu’elles ont été l’origine de pièces comme le « Jeu du paradis » qui a été joué justement au XIIe siècle, dans de vastes régions partout en Europe. Cela est descendu jusque dans les situations individuelles les plus élémentaires. Ces idées, implantées profondément dans les cœurs et dans les âmes se sont répandues largement ; elles montrent ce que l’homme aurait pu être d’après – si l’on peut dire – la volonté originelle de Dieu et ce qu’il est devenu.

Cela a créé une atmosphère et peut-être jamais, certainement pas à notre époque, on n’a cessé de se poser une question aussi sensible dans un espace aussi vaste, la question qui se réfère à la différence entre le monde ici-bas et le monde du Paradis qui peut rendre l’homme heureux. Cette question avec ses variantes les plus diverses régnait déjà en maître dans de vastes cercles. Et des gens qui étaient intelligents, dont les aspirations étaient intellectuelles, en venaient souvent, à cause de cela, à diriger leur désir – tantôt de façon naïve, tantôt de façon réaliste – vers de telles énigmes. Considérez donc toute la configuration de l’époque. Avec l’Empire romain l’Europe a perdu son or. Elle est devenue l’économie d’échange. Avec cette économie-là se sont introduites peu à peu des situations – Il vous suffit de penser au « droit du plus fort » en usage au Moyen-Age, aux mariages consanguins entre familles régnantes, etc – qui n’avaient pour peuple rien de paradisiaque. L’Eglise s’était étendue pour beaucoup si bien qu’ils se disaient : ce n’est pas le Christianisme, c’est un déguisement du christianisme, cela donne une idée plus fausse que juste du Mystère du Christ.

Mais tout cela fait que nous ne sommes pas heureux. – La question : pourquoi l’homme sur Terre n’est-il pas heureux ? – oui, on peut dire que cette question a peu à peu occupé les hommes aux XIIIe, XIVe et XVe siècles plus que le boire et le manger, surtout ceux qui ont ressenti de façon juste quelque chose à propos du Mystère du Golgotha. Ce qui a bien évidemment une signification profonde, une autre signification, cela se reliait pour les hommes à la question : pourquoi ne sommes-nous pas heureux ? A quelle condition l’homme peut-il donc être heureux sur Terre ?

Par ce Biais-là s’est formé quelque chose – la forme dans laquelle cela s’est formé est à ramener à cette cause que je vais maintenant citer -, que vous comprendrez grâce aux descriptions que j’ai faites. L’Europe n’avait pas d’or ; l’économie d’échange était la raison pour laquelle s’était formée une humanité malheureuse. La papauté romaine a déguise le Christianisme. Mais les hommes doivent pourtant aspirer à un but vraiment humain. Et c’est ainsi que s’est formée une opinion, si on veut dire la chose brièvement et même si elle semble paradoxale, dans de vastes cercles, justement ceux qui venaient de l’hérésie : oui nous sommes devenus pauvres en Europe, l’influence latine nous a progressivement appauvris. Et on a compris que seuls ont émergé ceux qui ont employé la même méthode qui a fait la grandeur de l’Empire romain et qui permet d’avoir de l’or.

Comment peut-on contrecarrer cela ? Comment peut-on contrecarrer la puissance de l’or ? En faisant de l’or !

C’est ainsi que l’expérimentation et les essais pour faire de l’or, les plus répandus sont en lien avec des situations tout à fait concrètes à l’époque où on était pauvres en or, et où, seuls, quelques-uns pouvaient s’en procurer et ainsi tyranniser les autres avec cet or. Les gens n’avaient qu’une envie : faire la même chose. Car ils savaient : si tout le monde fait de l’or, l’or n’aura plus de valeur. Cela devint un idéal de pouvoir faire de l’or. Ils se disaient : de toute façon on ne peut être heureux que dans un monde dans lequel on peut faire de l’or. Et il en va de même avec la question de la « pierre philosophale » et avec celle de l’ »Homonculus ».

Là où les intérêts se présentent tels qu’ils se présentaient par les liens familiaux – on l’a vu aux partages faits par les Carolingiens entre autres – les hommes ne peuvent pas être heureux. Mais cela est en relation avec la reproduction naturelle de l’homme. En tout cas, quand un Paradis est impossible, c’est quand on fait des « homonculus » plutôt qu’en perpétrant la reproduction naturelle avec toutes les complications familiales.

Ces choses qui de nos jours, ont une résonance paradoxale et tordue, elles agitaient autrefois bon nombre d’esprits. Et on ne comprend pas cette époque si on ne sait pas qu’elle était agitée par des questions de ce genre.

Et puis vint le XVe siècle et, tout naturellement, cela mit fin d’abord à la chasse à l’or parce qu’on avait découvert l’Amérique et qu’on apportait de l’or de là-bas. Et alors ce que je viens de caractériser s’est écroulé. Rassembler de façon universelle tous les éléments qui ont été à l’œuvre dans les croisades, s’être plongé pendant les Croisades, rassembler toutes les aspirations présentes au Moyen-Age – l’art de faire de l’or, de créer l’Homonculus -, rassembler tout cela d’une manière vraiment spirituelle (conforme à la spiritualité) et l’essentiel la mission que s’étaient donnée les compagnons de Christian Rose-Croix. Pour ce faire, il fallait en venir à toutes les choses qui se sont développées jusqu’au XVe siècle.

Le temps n’était pas encore venu d’aller chercher de nouvelles vérités dans l’Esprit et c’est pourquoi, en fin de compte, les impulsions de Christian Rose-croix ainsi que les efforts de Johan Valentin Andréas sont restés vains. En quoi consistaient-ils ? Ils allaient dans le sens – et je vous prie de bien écouter et considérer ce que je vais vous dire maintenant- se se dire : l’Europe se différencie et donc, de ce qui a prévalu ici auparavant sont nées des entités différenciées.
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Re: Vérités des mystère : La naissance des entités nationales de l'Europe . Rudolf STEINER

Message par obsidienne le Sam 17 Déc - 0:21

Il serait encore intéressant, mais nous n’avons plus assez de temps pour cela, que je vous raconte comment la nation britannique s’est formée d’une façon analogue. A l’Est aussi la nation russo-slave s’est formée dans des conditions semblables. On pourrait décrire tout cela. Partout cela a commencé avec une réaction venant d’en bas, mais elle a pris en France une importance particulière car le Génie d’en bas a eu un impact direct en s’incarnant dans Jeanne d’Arc.

Faire quelque chose de vraiment universaliste vis-à vis de ces différenciations – car l’esprit latin ne rime pas avec l’universalisme : c’est ce qu’Innocent III avait bien montré en fondant la nation Italienne ; donc l’Eglise n’est plus universaliste ; trouver une impulsion spirituelle qui soit assez forte pour surmonter toutes ces différenciations afin de faire vraiment un tout de l’humanité, c’était pour l’essentiel le fondement du Rosicrucianisme. Et l’humanité n’était évidemment pas mûre pour prendre les moyens et les chemins pour y arriver. Mais c’est toujours resté un idéal. Et aussi vrai que l’humanité est un tout, une unité, aussi vrai doit-on reprendre un tel idéal, même sous une forme différente pendant un temps. Et l’histoire elle-même, dans sa façon de converger vers le XVe siècle, vu la manière dont elle façonne la configuration particulière du XVe siècle, en est la preuve la plus vivante. Point n’est besoin de réchauffer l’ancien Rosicrucianisme, mais l’idéal qui en est à la base, il faut le reprendre.

Pour terminer, je voulais encore vous faire quelques remarques en forme d’aphorismes ; ce sont vraiment plus des suggestions que je voudrais vous donner, plutôt que quelque chose de détaillé et d’exhaustif, au moment où je dois prendre congé de vous pour quelque temps. Au cours de cette année, il a été de plus en plus difficile de se dire adieu, si je peux dire ainsi, car cela se passait sous les auspices de moins en moins favorables. Bien sûr je n’ai pas besoin de vous assurer que je considère ce bâtiment et tout ce qui va avec, en toute honnêteté et sincérité, essentiellement comme un facteur véritable tout à fait en lien avec les aspirations de notre temps qui devraient être celles du plus grand nombre. Je n’ai jamais vu seulement dans ce bâtiment un violon d’Ingres ou quelque chose de ce genre de la part de tel ou tel groupe, mais j’y ai toujours vu, sachant d’où il vient et sur quelle base il a été construit, quelque chose qui doit être le ferment culturel de notre époque et particulièrement celui de l’avenir.

C’est pourquoi on peut déjà dire que beaucoup de choses dépendent du fait que ceux qui se sont battus pour reconnaître l’importance de ce bâtiment, la comprennent véritablement et portent le message avec vigueur et sérieux et en toute dignité. Bien sûr ce bâtiment est, dans tous les sens du mot, un premier essai. Mais si l’humanité doit en revanche être rachetée en l’homme, si ce qui est de nos jours refoulé aux pieds, doit être de nouveau cultivé dans l’humanité, alors des forces seront nécessaires qui sont de la même nature que celles qui constituent notre bâtiment et que ce qui est en lien avec lui.
Et si on ne pensait pas à la grande mission de notre mouvement de science spirituelle, les difficultés qu’il a, la distance qui sépare ce qui doit être atteint de ce qui est déjà là ; et si en fin de compte, sans devenir niais d’un côté, on peut, de l’autre, voir sans sous-estimer les choses, ce qui se développe - on peut bien voir une fois le bon côté des choses -, et bien cela existe bel et bien ! Les choses vont donc de l’avant. Si vous suivez par exemple avec un sentiment avisé comment cette chose particulière qu’est l’art de l’eurythmie s’est développée au cours des dernières années, - je crois qu’on peut le remarquer -, on peut dire, je crois qu’il n’y a pas d’inertie dans nos rangs. Et celui qui regarderait les progrès plus intimes qui se produisent justement au cœur de la construction de ce bâtiment, celui-là peut parler d’un certain progrès. Je peux dire cela aujourd’hui que je vais prendre congé de vous pour quelques temps, avec une certaine émotion de cœur.

Dans les premiers temps de la construction de ce bâtiment, il fallait tout d’abord en tracer les grandes lignes, activer ceci ou cela. Mais quand nous fixons avec une profonde douleur notre attention et que nous devons le faire, sur ce que ce bâtiment a souffert de la situation générale catastrophique de l’humanité, on peut dire aussi la chose suivante : la situation a voulu – c’était nécessaire – que j’ai pu travailler ici ou là de façon encore plus intensive sur les détails concrets qui apparaissent dans ce bâtiment. Et c’est pourquoi je peux dire avec émotion que ce qui est en devenir dans le bâtiment exprime de façon de plus en plus visible et intime son rapport avec les impulsions les plus hautes de l’humanité. Je vous ai raconté par exemple récemment la nouvelle légende d’Isis qui est justement caractéristique pour toutes l’histoire du bâtiment c’est-à-dire, et c’est ce que je voulais exprimer, que ce bâtiment doit être une sorte- laissez-moi employer cette expression philistine – de nouvelle étape qui en finit avec un état ancien, qui doit enfin comprendre qu’il appartient au passé et qu’il doit céder la place à un état nouveau qui doit advenir si l’humanité ne veut pas tomber dans des situations toujours plus catastrophiques. Il viendra bien le temps où on regrettera de s’être moqué de ce bâtiment en le traitant maintes fois de folie. Car cette catastrophe de l’humanité aura aussi pour conséquence qu’on ouvrira les yeux sur maintes choses qu’on n’aurait pas vues sans cette catastrophe. Il y a de nombreux signes très parlants. L’humanité peut être délivrée par des impulsions humaines comme celles qui viennent de ce bâtiment : beaucoup de choses qui peuvent y être observées parlent en ce sens.

Il est pour moi tout à fait important cette fois-ci de dire à tous ceux qui consacrent leur travail, leurs forces vitales, leurs pensées à ce bâtiment, qui veulent travailler avec nous pour mener cet ouvrage à bien, de leur dire à tous, non seulement un remerciement extérieur, mais aussi de leur dire que je ressens très, très profondément ce que cela veut dire que les hommes se sont trouvés qui veulent travailler ici à cet ouvrage d’art. Et à partir de ce sentiment qui relie encore plus profondément dans des temps où l’homme est tellement lié comme ces temps-ci, je vous dis aujourd’hui, alors que nous sommes à la fin de ces conférences, tout d’abord une sorte d’adieu. Nous restons tous reliés en pensée les uns avec les autres. Les circonstances physiques ne peuvent pas nous séparer. Mais ce qui nous reliera le mieux, ce sera la force qui reste vivante en nous qui veut être construite, façonnée, afin de se développer en paix pour l’humanité dans ces temps de chaos.

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Re: Vérités des mystère : La naissance des entités nationales de l'Europe . Rudolf STEINER

Message par obsidienne le Dim 25 Déc - 17:24

Extrait du livre : Eléments d’ésotérisme – Rudolf Steiner. Editions Triades.

La nouvelle incarnation de l’homme n’a un sens que si l’homme, dans cette nouvelle incarnation, rencontre des états de fait essentiellement différents des états de fait antérieurs. Normalement, l’homme revient lorsque les conditions sont si différentes qu’il en trouve de toutes nouvelles, de sorte qu’il ajoute des éléments de construction complètement nouveaux. Cela se fait pendant la période cosmique où le Soleil est passé d’une constellation à la suivante. Par exemple, vers 800 av.J.-C., le Soleil était au printemps d’abord dans la constellation de l’agneau (bélier) jusqu’à environ 1800 ap. J.-C..Maintenant, il est au début du printemps dans celle des Poissons. Deux mille six cents ans passent avant qu’il avance d’une constellation à l’autre. Pendant ce temps, les conditions changent considérablement. La réincarnation est liée à ces périodes. Pendant ce temps, l’être humain est généralement incarné une fois comme individu masculin, une fois comme individu féminin. Pendant une incarnation, on n’est au fond un être humain qu’à moitié. Une incarnation masculine et une incarnation féminine vont ensemble.

Etant donné que les conditions physiques ont complètement changé sur la terre, une nouvelle incarnation prend alors tout son sens. Si l’incarnation d’un homme a, par exemple, eu lieu à l’époque d’Homère (constellation du Bélier, ou agneau, Jason, la Toison d’or), il est alors passé par tout à fait autre chose que ce par quoi il passerait maintenant.

Ces incarnations pourraient sembler, en soi, un processus entièrement mécanique. Mais il n’y a rien d’extérieur qui ne soit suscité par l’intérieur. Il faut s’habituer à parler partout de l’esprit concret, le rechercher et voir ce qui se passe réellement.

Si l’on regarde la flore et la faune d’Europe, on doit distinguer trois ceintures pendant notre période cosmique : une occidentale, une centrale et une orientale. La ceinture orientale coïncide avec le peuple slave, la centrale avec le peuple germanique, et l’occidentale, avec le peuple roman.

Le matérialiste croit que les hommes se sont adaptés aux conditions, mais il n’en est pas ainsi. Les peuples se sont eux-mêmes créé les états physiques dans lesquels ils vivent.

L’esprit du peuple contribue d’abord, par son travail, à former le sol, les plantes et les animaux, parmi lesquels il se situe. Le sol de l’Europe occidentale a été préparé par les peuples romans, le sol de l’Europe médiane par les peuples germaniques, celui de l’Europe orientale par les peuples slaves. Ainsi les hommes se construisent-ils d’abord la maison dans laquelle ils prendront place ensuite. Demandons-nous à présent : Quand l’homme travaille-t-il sur la configuration extérieure de la Terre ? De la même façon que tout le reste, sur la Terre, est un destin préparé par l’homme, c’est aussi partiellement le cas ici.
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Re: Vérités des mystère : La naissance des entités nationales de l'Europe . Rudolf STEINER

Message par obsidienne le Jeu 29 Déc - 14:37


http://eurythmiste.com/index.php/oeuvre-de-rudolf-steiner/95/verites-des-mysteres-detail

Vérité des Mystères et leur nécessaire expansion dans la civilisation actuelle

La nouvelle légende d'Isis  

Rudolf Steiner

Première conférence, Bâle, le 23 décembre 1917

« Et incarnates est ». Les présents des trois rois Mages (l'or, l'encens et la myrrhe) et leur signification. La vision matérialiste au XIXe siècle de l'évènement christique ; les tentatives infructueuses d'Ernest Renan, d'Henri Heine et de Paul Heyse. Le rythme de trente-trois ans. La nouvelle astrologie Li. La vie sociale de l'humanité. L'impérialisme du début des années quatre-vingt du XIXe siècle et l'année 1914. L'authentique christianisme et l'action continuelle du monde spirituel.

Deuxième conférence, Dornach, 24 décembre 1917

La signification de Pallas Athéna et de la Vierge. La Maïa. La Vierge d'où surgit l'impulsion cosmique. Regard rétrospectif sur les modifications survenues dans l'âme humaine au cours de l'évolution. Le secret des Mages.

Troisième conférence, Dornach, 25 décembre 1917

La perte de la compréhension des Mystères dans le dernier tiers du XVIIIeme siècle. Louis Claude de St Martin. Dupuis et son écrit : « L'origine de tous les cultes ». Exotérisme et ésotérisme dans les Mystères. La science, la technologie et le sceau du secret dans les Mystères. La naissance d'êtres élémentaires lucifériens dans les temps passés et la nécessité du secret. La magie dans l'antiquité. La création actuelle d'êtres élémentaires ahrimaniens. Le retournement des moyens nécessaires pour lutter contre le démoniaque. La lutte du Logos vis-à-vis de la séparation de l'humanité par les langues différentes.

Quatrième conférence, Dornach, 26 décembre 1917

Les Mystères anciens. L'action dans la vie sociale du rythme des trente-trois ans. Le mûrissement des pensées. Nouvelle conception de l'Immaculée conception : le Goethéanisme. La contemplation virginale des phénomènes types.

Cinquième conférence, Dornach, 29 décembre 1917

Les deux portes du monde invisible : la naissance et la mort. Les Mystères du feu ou de la naissance et les Mystères de la lumière ou de la mort. Le dépassement de l'opposition entre la religion et la science et la science spirituelle.

Sixième Conférence, Dornach, 30 décembre 1917

L'étude des sens. Les zones des sens et le monde extérieur. Les sphères sensorielles et les hiérarchies à l'oeuvre derrière les sens. Les Mystères de Perséphone. Bernardus Silvestris, Alanus ab Insulis, Brunetto Latini, Dante.

Septième conférence, Dornach, 31 décembre 1917

La paresse de la pensée et l'indifférence comme obstacles à l'ouverture de nouveaux chemins. L'Homme, solution de l'énigme cosmique.

Huitième conférence, Dornach, 4 janvier 1918

Les mythes. Le mythe d'Osiris-Isis. Les mythes grecs. Imagination, Inspiration et Intuition. Les processus naturels et les principes sel, mercure et souffre au Moyen Âge. La génération des dieux grecs.

Neuvième conférence, Dornach, 5 janvier 1918


La profonde signification du mythe d'Osiris. Les changements au moment de l'adolescence dans les temps passés pour les garçons et pour les filles. Les hiéroglyphes sacrés et le développement abstrait de l'écriture. Les Imaginations et l'air. Les modifications de l'air au cours du temps.

Dixième conférence, Dornach, 6 janvier 1918

Différence entre la doctrine des dieux des égyptiens, des grecs et celle de l'ancien testament. La nouvelle légende d'Isis. Till l'Espiègle comme tonalité de notre époque.

Onzième conférence, Dornach, 8 janvier 1918

La science et la vie dans le principe d'hérédité. La vieille inscription d'Isis et le complément pour le présent et l'avenir.

Douzième conférence, Dornach, 11 janvier 1918


Le développement des facultés physiques, animiques et spirituelles de l'homme. Le rajeunissement de l'humanité. Espoirs et illusions. Friedrich Schlegel. Le rajeunissement du corps éthérique.

Treizième conférence, Dornach, 12 janvier 1918

Les concepts abstraits. La dualité de la forme humaine. Le savoir de la tête et celui du coeur. La transformation de la science de la tête en science du coeur. L'éducation et l'enseignement. L'origine occulte du tsarisme.

Quartorzième conférence, Dornach, 13 janvier

La tête humaine et le ciel étoilé. L'organisme et les forces héréditaires. Les courants de la substance aurique. La polarité entre la vie de la tête et celle du coeur. La respiration de la substance (aurique) spirituelle de la terre. Le devoir futur de la science de l'éducation. Similitude entre la septième et dernière période de la Lémurie et notre époque. La différence de la Première Guerre mondiale avec les guerres antérieures.

Quinzième conférence, Dornach, 14 janvier 1918


Le déclin de l'Empire romain et la pénurie de l'or. L'épanouissement de l'Arabisme. Les grandes invasions. Le lien du Christianisme romain avec l'élément conquérant des Francs. Début de la séparation du Christianisme oriental avec le Christianisme occidental.

Seizième conférence, Dornach, 17 janvier 1918

L'histoire de l'Europe jusqu'au XVe siècle. La sédentarisation de l'humanité européenne. Economie monétaire et économie d'échange (troc). Chevalerie et bourgeoisie. L'apparition des nations européennes. La Pucelle d'Orléans. Papauté, hérésie et croisades. L'intention secrète des Templiers vis-à-vis de Rome. L'alchimie. La quête du bonheur.
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