Faire tomber la pluie en période de sècheresse

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Faire tomber la pluie en période de sècheresse

Message par obsidienne le Ven 9 Sep - 20:56

http://martheknockaert.unblog.fr/category/fontaines-sacrees/pour-faire-venir-la-pluie/

SAINT NIC

Fontaine Saint Côme et Saint Damien. XVIIe

Saint Côme et Saint Damien possédaient des dons de médecins et chirurgiens, on peut voir dans la chapelle la christianisation d’un antique lieu de guérison pré-chrétien.

Il faut emprunter  la route de Pentrez plage. La fontaine est à 400 m plus bas que la chapelle, à gauche au milieu d’un champ.

La fontaine possède ses deux saints mais en mauvais état. Après subit des vandalismes, elle vient d’être remise en état. La restauration des statues a été faite en juillet 2016 . Saint Côme et Saint Damien ont retrouvé  leurs têtes et Saint Damien son buste.


Elle a un toit en bâtière et niche en plein cintre.

En buvant l’eau on attendait la guérison des souffrances et en particulier des maux de tête.  On vient encore y prélever de l’eau dans un but de guérison.

Pour faire tomber la pluie en période de sècheresse, il faut que trois femmes  prénommées marie, viennent de trois directions différentes pour nettoyer la fontaine sans échanger un mot.

Venus d’Arabie, ils exerçaient la médecine gratuitement en Syrie principalement. On les appelle « anargyres » et ils sont représentés en médecins arabes, portant la toge à rabat comme les ecclésiastiques, et le bonnet carré. En général, ils tiennent des objets rappelant leur métier : boîtes à onguents, mortier, etc …  Les deux Saints sont des frères jumeaux, médecin et chirurgien.  Chrétiens d’origine arabe, martyrs en Syrie sous Dioclétien, ils disaient à leurs patients : « Tout vient du Seigneur, un seul est le vrai Dieu et lui seul, non pas nous, guérit ta blessure, rend la vie à tes yeux, apaise la fièvre. Nous ne sommes que ses instruments. En lui tu dois croire et par lui guérir. » Les deux Saints réalisèrent un nombre infini de guérisons.

***

HANVEC

Fontaine saint Conval XVIe.

On la trouve dans la  forêt du Cranou, près de la chapelle de Saint-Conval,

Elle possède une ouverture en ogive accostée de murets et un pignon tronqué.

Les fidèles venaient y jeter des pièces dans l’espoir d’obtenir des miracles et jetter de l’eau à la figure du Saint pour obtenir de la pluie.


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Message par obsidienne le Ven 9 Sep - 20:57

Fontaine de la Madeleine

HANVEC

Elle est près du bourg,traverser la départementale et par un chemin creux, descendre à la fontaine de Ste Madeleine.

La fontaine abrite une statue de Sainte madeleine, invoquée pour faire venir la pluie lorsque la sécheresse menace les cultures.

Deux autres niches abritent les statues représentant peut-être saint Jean, saint Pierre et la Vierge provenant d’un ancien calvaire.

Face à la fontaine s’étend le lavoir, lieu de commérages où les jeunes lavandières devaient le plus souvent laisser la place aux anciennes. D’après la tradition, lorsque l’averse tant attendue tardait à venir, les femmes, au lavoir, aspergeaient la statue de  sainte  Madeleine, en guise de représailles.


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Message par obsidienne le Ven 9 Sep - 20:58

QUIMPER

Fontaine saint Alor à Ergué-Armel.

Elle se trouve rue Saint Alor à 100 m de l’église.

Pour implorer saint Alor de faire tomber la pluie, on priait et on jetait des pièces dans le bassin.

Les jeunes filles y venaient aussi : elles y laissaient tomber une épingle. Si elle tombait à pic, la jeune fille était persuadée de se marier dans l’année.

C’est une fontaine à mur pignon à corbelets avec grande niche et un jambage étroit, un mur d’enclos encaissé de six marches et un bassin.

Chaque chapelle possède sa fontaine sacrée et est un lieu privilégié lors des pardons. Ici à st Alor, les pèlerins viennent s’y abreuver, tandis qu’une lavandière, au lavoir termine sa lessive.
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Message par obsidienne le Ven 9 Sep - 20:59

TREFFIAGAT

Fontaine saint Fiacre XVe

La fontaine est située contre le chevet plat de la chapelle côté sud, côté est, ce qui est assez rare. Elle témoigne de la christianisation d’un site religieux païen. On y pratiquait un rite lié au soleil. Quelques marches descendent vers la fontaine. Elle es adossée à un pignon.La niche est en plein cintre et possède un bassin profond.Des murets latéraux forment une petite enceinte.

La fontaine est fréquentée pour la guérison de la coqueluche, pour laquelle est invoqué Saint Fiacre.

Cette fontaine possède aussi une singularité ponctuelle. Pour faire venir la pluie, il convient de balayer devant la fontaine selon la direction d’où la pluie doit venir et en jetant la poussière dans le sens du vent souhaité.

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Message par obsidienne le Ven 9 Sep - 21:06

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Re: Faire tomber la pluie en période de sècheresse

Message par obsidienne le Ven 9 Sep - 21:13

Les fêtes druidiques contemporaines :

http://calendrier.celtique.free.fr/

L'équinoxe d'automne se situe vers le 21 septembre. Ce temps où l'année bascule entre l'été et l'hiver est est représenté par l’alternance de Lug et de Taranis. Il nous incite à bénéficier de la lumière solaire encore présente, mais sans refuser le tonnerre, le vent et la brume qui deviendront prédominants. Ils sont ainsi une invitation à accepter en nous notre Lumière spirituelle sans renier notre aspect destructeur pour nous-même et pour les autres, ils nous invitent à concilier toutes les facettes de notre être. C’est un jour de remerciement à la Déesse-Mère pour les cadeaux de la moisson et les fruits de la terre qu’elle nous a procurés. Ce remerciement se fait sous forme d'offrandes au cours du rituel. Offrandes à la Déesse et partage des derniers fruits de l'année entre les participants.

C’est aussi un moment de préparation à la pénombre de l’hiver, une période qui favorise l’évocation, la réflexion, la synthèse de l’expérience de l’été. Nous accordons alors notre humeur avec la course descendante du soleil et le rougeoiement des feuilles de l’automne. C’est une période propice à la chaleur du souvenir, au retour sur l’année écoulée et sur l’ensemble de notre vie. Le temps est venu de franchir dans l'autre sens la Porte que nous avons franchi lors de l'équinoxe de printemps. Il nous faut passer du temps extérieur au temps intérieur; accueillir de nouveau la Déesse qui viendra doucement nous guider dans le silence de la nuit.


Cette période est associé à la maturité, à la période de 50 à 70 ans. Le maître mot de cette période est "Évocation".

AUTOMNE: associé à l'élément Eau - C’est le temps des récoltes des fruits de l’année. La terre et la végétation entrent en sommeil. Les graines n’ont plus de vie active. L’être humain doit aller à l’essentiel pour éviter les déperditions inutiles d’énergie. Il doit passer de l’avoir à l’être et sacrifier tout ce qui n’est pas indispensable au maintient de la vie. Chacun de nous prépare alors son "sol" pour abriter les graines reçues, pour que la terre soit meuble et souple; ainsi elle pourra donner la Chaleur et l’Humidité nécessaire à l'éclosion future. Il est de notre responsabilité de faire fructifier les graines que nous avons reçues: personne d’autre ne pourra le faire à notre place.

L'équinoxe d'automne est une période de réflexion et d’intériorisation. Il y a un bilan à faire... ce bilan est symbolisée par le premier signe de l’automne, la Balance, qui marque le point du juste milieu autour duquel tout oscille. Cette période où le jour et la nuit s’équilibrent témoigne du balancement entre un automne extérieur et l’aurore d’un printemps intérieur.

Notre société occidentale, héritière du christianisme qui a imposé l'image d'un dieu extérieur à la création, a fini par désacraliser la Nature et la Terre. Le couple production/consommation est devenu la nouvelle religion, avec son dogme et sa logique suicidaire du profit à court terme. Logique allant jusqu'au mépris de la vie elle-même: si la mort est plus rentable que la vie, alors on choisi la mort. Cela a engendré le matérialisme effréné auquel nous assistons et une insensée fuite en avant dans laquelle l'homme d'aujourd'hui, faute d'avoir perdu ses repères naturels, se sent désemparé et a le sentiment d'être emporté dans un tourbillon qu'il ne contrôle plus. La société de consommation a, quand à elle, désacralisé le temps: on veut s'affranchir des saisons, des rythmes naturels indispensables à la vie. On s'étonne qu'il neige en hiver, on rêve d'un perpétuel été sans se demander comment les fruits pourraient venir s'il n'y avait pas de printemps; on veut des fraises à Noël que l'on fait venir à grand frais depuis l'autre coté de la planète (un petit exemple?). Fruits hors saisons pour un homme "moderne" complètement coupé de son corps, de ses ressentis et de sa dimension spirituelle. Un consommateur anésthésié par la propagande commerciale, et qui ne sent plus que sa nourriture, la plupart du temps industrielle, sous une apparence alléchante et un packaging efficace, ne lui apporte plus grand chose en matière nutritive, quand elle ne lui procure pas des maladies nouvelles. Homme moderne devenu de plus en plus factice et artificiel qui, par ignorance, s'est détourné de son Etre authentique en étant de plus en plus obnubilé par son apparence afin de toujours mieux "se vendre"... pour être au final jeté au rebut lorsqu'il devient moins rentable.

La technologie, nous promettant sans cesse le bonheur pour un avenir proche, et ce depuis soixante ans, n'a fait qu'aboutir à une montagne de déchets et à mettre en péril l'avenir de l'humanité. Soyons conscient de notre complicité dans cet auto-conditionnement collectif qui finit par nous faire croire que le but de la vie est de pousser des chariots dans les supermarchés. Conscient de notre complicité de la notion de développement économique à tout prix érigé en dogme absolu; alors qu'il n'est qu'un appât destiné à rendre l'homme prisonnier de son corps, à le rendre dépendant en lui créant des frustrations sans fin pour, finalement, le couper de la spiritualité qui constitue une valeur fondamentale, car elle représente notre spécificité intangible: notre humanité.

En re-sacralisant le temps, nous replaçons le travail à sa juste place de simple instrument de notre bien-être, et non pas comme un but en soi, but qui serait l'objectif unique de toute la société et auquel chacun devrait se soumettre, fut-ce au détriment de son équilibre et de sa santé. Ce n'est pas par hasard que les religions ont instaurés un jour de repos hebdomadaire, un jour de repos collectif et non pas individuel, afin d'éviter une allienation de l'humain ainsi qu'une désagrégation de la société par un individualisme forcené. Un jour de repos collectif afin de pouvoir vivre en famille ou en groupe, d'indispensables et uniques moments enrichissants; des moments d'échange, de partage et d'amitié. Des temps profondément humains où l'argent n'a pas sa place, mais qui sont une totale abérration pour les gourous du productivisme qui n'ont qu'un seul rêve: nous faire travailler sept jours sur sept à leur unique profit et qui ont pour devise:

"Tondre les moutons et leur vendre la laine"

C'est pour cela que j'invite ceux qui trouvent "tellement pratique" de faire leurs courses le dimanche à être conscients de leur responsabilité, et surtout de bien en profiter car à terme ils seront eux aussi contraints de travailler le dimanche. Face à ce constat indéniable, beaucoup se sentent impuissants individuellement. A ceux-ci, je citerais Confucius:

"Un flocon de neige ne pèse rien; des milliers de flocons font plier la branche"

Le matérialisme ayant prouvé ses limites, nous ne pourrons trouver le bonheur et assurer un avenir à l'humanité que par un retour vers la spiritualité. Une des voies possibles est celle des Druides, car, de tout temps, la Nature dans laquelle l'Incrée nous a placé, a nourri et inspiré les hommes dans leur quête intérieure. Aujourd'hui comme hier, nous pouvons nous harmoniser avec la Nature et ses rythmes, retrouver les Chemins des Anciens Druides et honorer les Dieux et Déesses de Celtie afin de trouver en nous la paix intérieure. Nous pouvons favoriser ainsi notre évolution spirituelle et contribuer à la sauvegarde de notre environnement.

Après plusieurs siècles de persécutions, les Druides se rassemblent à nouveau. Des hommes et des femmes se retrouvent pour former le Cercle et vivre leur spiritualité au coeur des forêts ou près d'une source; sous le regard bienveillant de la Lune ou aux premières lueurs d'un jour naissant; sous un soleil radieux ou bien dans la fraîcheur de la rosée du matin. Des hommes et des femmes se retrouvent dans l'intimité des Clairières pour échanger, travailler, honorer les Dieux, vivre dans le souffle de l'Awen au coeur des Forêts du Partage.
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Re: Faire tomber la pluie en période de sècheresse

Message par obsidienne le Ven 9 Sep - 21:35

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Message par obsidienne le Ven 9 Sep - 23:01


Etudes de magie musicale LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS.

JULES COMBARIEU.

http://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/cgi-bin/bluemtn?a=d&d=bmtnabj19080615-01.2.1.1&e=-------en-20--1--txt-IN-----

PI-

Le chant magique che\ les Mexicains, les tribus indiennes de VAmérique du Nord, les Chinois, les Hindous, les Egyptiens, les Gréco-Latins.

La magie musicale est fondée, comme la magie manuelle, sur le principe de l'imitation; et elle est appliquée à toutes les circonstances de la vie par les primitifs. Je l'examinerai dans deux cas, indiqués par le titre de cette étude.

I

Nous voici dans un pays brûlé de soleil, au Mexique ( Sierra Madra occidentale). Les pluies y sont bien abondantes ; mais l'altitude audessus de la mer est très considérable (2.07 g 111 • a Mexico) et l'évaporation est extrêmement rapide ; d'autre part, le sous-sol est poreux et laisse s'infiltrer les eaux. De juin à octobre environ, les cultures sont menacées d'un fléau : la sécheresse. Et l'alimentation populaire repose sur la prospérité de ces cultures. Pour les indigènes, encore au premier stade de la civilisation, il y a un bien plus précieux que l'argent et l'or: c'est l'eau du ciel. Le dispensateur de la pluie est considéré comme un esprit, un dieu tantôt bienveillant, tantôt avare. Ce dieu occupe la première place dans chaque panthéon local où il est honoré, comme

chez les Otomites, avec le dieu de la chasse ( Mi^coatl ) ou, comme chez les montagnards du sud, Yapis ou autres, avec un dieu métallurgique (Xipe) ( i ). Pour fléchir le dieu de la pluie, il y a un moyen traditionnel : le chant magique. Dans les deux élégants volumes qu'il a publiés à New-York en 190?, et où il raconte un séjour de cinq années au Mexique (2), l'ethnographe Scandinave Lumholtz nous donne la mélodie à l'aide de laquelle on s'efforce d'obtenir la pluie. Elle se trouve au tome second de son Record , p. 18. La voici :

Cette mélodie, au point de vue du rythme et de la forme du dessin mélodique, paraît fort bien appropriée à son objet. Voilà bien une incantation, un carmen , ou une àouhrj. Les octaves du début, avec leurs points d'orgue, sont un appel, suivi d'attente et d'angoisse, aux choses d 'en haut. La première idée mélodique, répétée trois fois (en matière de magie, ce nombre a une importance capitale), est une sorte de prière obstinée, presque impérative. La seconde idée—arpège dant a ce qu'on appelle aujourd'hui une valeur « descriptive » ou imitative. Mais ce mot n'a pas pour un primitif le même sens que pour nous. Le musicien donne ici un schéma très rudimentaire de la chose qu'il veut obtenir. Désirant la pluie, il fait un arpège descendant, lequel est un geste signifiant une chose qui tombe. Ce geste, le chanteur le répète deux fois ; puis il reprend la formule de la prière initiale, encore reproduite trois fois. Il y a là un langage, très expressif et très net, avec des types de forme qui, en matière de magie, ont toujours été d'usage très important : ils veulent agir par le semblable sur le semblable.

En donnant au dessin mélodique cette direction :

le musicien obéit (bien que son état d'esprit soit différent) au même instinct que les compositeurs modernes : par exemple Bach, commençant ainsi le premier récitatif de la cantate Gleich wie der Regen :

ou dans la Passion selon saint Jean :

ou encore, dans la Passion selon saint Matthieu :

Au point de vue de la composition, cette mélodie offre un exemple de ce que les théoriciens ont appelé, dans la musique savante, le Rondo de première espèce (un thème suivi d'un épisode, puis de la reprise du thème en forme de refrain :A B A'). Le document publié par Lumholtz a été recueilli par les populations actuelles du Mexique ; mais il peut être rapproché, en vue d'une comparaison curieuse, des monuments figurés que nous possédons sur les Mexicains de l'époque pré-colombienne. Dans toute la région élevée qui s'étend autour du bassin lacustre dont Mexico tient le centre, puis à l'est vers la mer et au sud vers l'isthme de Téhuantépec, a dominé le culte des dieux Tlaloques, c'est à-dire des dieux météorologiques qui accordent la pluie, et qui ont pour chef Tlaloc. Il y a même sur le littoral oriental une tribu, celle des Nonoalcas, qui porte l'un des noms antiques du dieu de la pluie, Nonoalcalt » Les images de ces dieux, décrites en détail parle D r Hamy(i), ont le caractère saisissant des habitudes de la magie, car elles paraissent constituées d'après le même principe que la mélodie qui vient d'être citée : elles sont, elles aussi, une imitation . Ainsi, dans certaines représentations monstrueuses de l'idole, les dents perdent leur dessin naturel, s'amincissent et se multiplient « au point de pouvoir passer pour la striation de la pluie qui tombe». (Croix de la pluie, Cru\ de la Lluvia, à Téotihuancan.) Un dessin qui est aujourd'hui à la Bibliothèque nationale (collection Goupil) nous montre le dieu Tlaloc tenânt dans sa main un sceptre en bois,

ondoyant à la façon de l'éclair dans la nue ; il a à la main, ou sur la poitrine, un vase ou bassin qui est censé contenir la pluie ; il est peint en vert ; on lui donne tantôt comme épouse, tantôt comme sœur, une femme qui s'appelle « le jupon d'émeraude », etc... Là encore l'invocation à l'esprit de la pluie par une cantilène magique est antérieure au culte d'un dieu personnel ayant un nom et une famille, antérieure surtout aux sinistres sacrifices qui s'accomplissaient plusieurs fois par an dans cette région, pour obtenir des pluies, et où la musique figurait comme tradition : « On tuait un grand nombre d'enfants dans ce mois... on les sacrifiait en beaucoup d'endroits, sur le sommet des montagnes, pour honorer le dieu de l'eau, afin d'en obtenir des pluies abondantes. Ceux qu'on devait tuer étaient couverts de riches vêtements pour être conduits au sacrifice. On les portait sur les épaules, dans des litières enrichies de plumes et de fleurs, tandis qu'au-devant d'eux d'autres marchaient et chantaient, dansant et jouant des instruments. » (Çahagun, cité par le D r Hamy.) Nous avons à faire des constatations du même genre dans le folklore' de l'Amérique du Nord. Chez les Zunis, il y a une « grande danse de la Pluie », considérée par les indigènes comme une de leurs plus anciennes traditions ; profondément enracinée dans la vie de la tribu, elle est populaire au plus haut degré. Accompagnée de chants qui se combinent avec elle dans un cérémonial fixé avec le plus grand soin, elle a pour objet d'obtenir l'eau du ciel. Voici le cadre de la partie musicale de cette cérémonie. On allume d'abord des feux assez nombreux sur les rochers et sur les hauteurs des collines environnantes. Ces feux sont entretenus jusqu'à ce que les prières aient été exaucées par une averse. Il y a un « prêtre de la pluie » qui les entretient avec un bois spécial faisant une fumée épaisse qui tourbillonne dans le ciel. Des incantations, des airs magiques, sont chantés avec ardeur par les jeunes guerriers, et spécialement par les « vierges » qui, sur l'invitation des prêtres, doivent montrer la plus grande ferveur ; elles sont habillées de robes blanches ; elles portent des tablettes où sont figurées d'un côté des lignes sinueuses représentant des nuages accumulés, de l'autre une image de l'éclair. Les danses et les chants sont prolongés nuit et jour, grâce à une endurance qu'on peut difficilement imaginer. Tout, dans l'attitude et la physionomie des danseurs, montre leur foi inébranlable dans le succès de l'opération. Ils observent avec la plus grande attention un rituel maintenu par le prêtre, qui ne laisse passer aucune faute d'intonation, de rythme ou de mouvement.
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Re: Faire tomber la pluie en période de sècheresse

Message par obsidienne le Ven 9 Sep - 23:03

Suite : Etudes de magie musicale LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS.

JULES COMBARIEU.

Cette sorte de symphonie, telle que l'a transcrite et harmonisée un artiste américain, M. Carlos Troyer, en respectant fidèlement les mélodies originales, comprend les parties suivantes : i° Les tambours annoncent la « danse de la Pluie » ; 2 0 Le chef, « Maître de la pluie », appelle les jeunes filles pour ouvrir la danse (chant) ; 3° Appel général aux nuages (mélodie de quatre mesures) ; 4 0 Signal pour un silence ; 5° On frappe des plaques sonores sur lesquelles on imite le bruit du tonnerre ; 6° Chant des vierges et invocation au dieu de la pluie ; 7 0 Choeur d'actions de grâces, la pluie étant tombée. Ces deux dernières parties sont naturellement les plus étendues. Dans une cérémonie de ce genre, l'imitation n'est pas pratiquée seulement par le dessin, mais par la voix. Il y a de véritables gestes vocaux, que détermine le désir d'agir « par le semblable sur le semblable ». Je les vois dans la direction descendante de la mélodie lorsque les vierges disent à la pluie : Tombé sur les montagnes et sur la plaine !

Comme aussi dans cette acclamation aux nuages :

et dans le port de voix que le transcripteur, faute de mieux sans doute, a noté par une gamme chromatique descendante sur les mots significatifs : « Viens vite, pluie, viens vers nous. » ( Corne quickly doivn, dit la traduction anglaise.) Voici toute la partie mélodique de la composition, telle qu'elle est reproduite par M. Carlos Troyer (i) : I. Le chef maître de la pluie appelle les vierges pour la cérémonie. Sens général des paroles .* vierg, pour le chant et la danse.) (2).

11. Appel général, acclamation, invitation aux nuages pour quils apparaissent et descendent sur la terre :

111. Signal pour le silence

IV. On frappe sur des plaques de métal pour imiter le bruit du tonnerre.

V. Chant des vierges. Sens général des paroles : Viens, reviens, tombe, bonne pluie !

VI. Invocation au dieu de la Pluie. Sens général des paroles: Grand dieu delà Pluie, entends-nous, protège-nous. (Great Rain-God, hear us, etc...)

VII. Chœur sur la pluie. Sens général: le chœur exprime sa joie de voir tomber la pluie. C'est un hymne d'actions de grâces.

Je citerai encore, comme type d'imitation instinctive réalisée par le dessin mélodique et sa direction, cette prière à Wakonda, chez les Indiens Omakas (i) :

Les guerriers chantent cette mélodie après s'être peint le visage en noir (imitation des couleurs de l'orage). De l'Amérique, passons maintenant à d'autres contrées. Les airs magiques pour la pluie reproduits par Lumholtz, Miss Fletcher, Farewell, Loomis, Troyer, etc., peuvent être rapprochés d'une multitude de faits du même genre.

Chez les Chinois, la pluie et le vent sont des divinités fort anciennes auxquelles on sacrifie. Le dieu du tonnerre, qui apparaît dans une période plus récente, est représenté d'après le principe magique de l'imitation. Un bas-relief le fait voir frappant avec un maiteau sut les tambours placés des deux côtés de son char que des servants tirent sur

les nuages ; il est précédé de personnages armés de bannières signifiant la pluie ; ailleurs, ces personnages tiennent des outres. Ces monuments concordent avec les textes littéraires. Le philosophe critique Wang Tch'ong (sorte de Lucien chinois qui a vécu de l'an 19 à l'an 90 de notre ère) raille déjà la conception du tonnerre qu'on représente avec la figure d'un homme fort, tenant de la main gauche des tambourins réunis et, dans sa droite, des marteaux. Aujourd'hui, où ce symbole s'est modifié et fixé sous l'influence du bouddhisme, le dieu à tête et à pattes de coq qui représente le tonnerre tient encore dans ses mains le ciseau et le marteau (1). Le livre des rites parle d'une « offrande pour la pluie » et M. de Groot (2) nous décrit une cérémonie, qui a pour objet de « mendier la pluie ». Le chant n'y est pas mentionné expressément; on y relève seulement les exclamations ho (viens, ô pluie!); mais 4 ce sont là des documents tout modernes, où nous voyons les chants primitifs à peu près entièrement remplacés par les formules récitées, par les rites manuels et les symboles matériels. Il est permis de croire qu'à l'origine les choses se passaient autrement. Dans l'ancienne mythologie chinoise, la sécheresse est produite par des démons qui ont pour séjour le sud mystérieux, les contrées tropicales (Chavannes); or une des fonctions de l'ancienne musique était de régler les rapports de l'homme avec les démons. Les Hindous avaient partagé l'année en six saisons de deux mois. Pour chacune d'elles, entre autres pour la « saison des pluies », il y avait des Rags, ou airs particuliers, d'un arrangement spécial, qui devaient être chantés dans la saison à laquelle ils se rapportaient, non dans une autre. Les modernes, ayant perdu le sens des choses primitives, ont donné diverses explications de ce calendrier musical. Ils ont dit que, d'après les Hindous, la rapidité ou la lenteur avec laquelle se propage le son est due à l'état de l'atmosphère (air raréfié ou condensé) et que, cet état variant selon les saisons, le mouvement et la nature des Rags devaient varier en conséquence (Aug. Willard). On a suggéré aussi que chaque saison produisant un état psychologique différent, la joie au printemps, la tristesse en automne, etc., on pourrait voir dans ce système une application du principe général d'après lequel la musique est capable d'exprimer les divers sentiments (William Jones). Ainsi s'expliquerait que chaque saison ait ses chants particuliers.

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Re: Faire tomber la pluie en période de sècheresse

Message par obsidienne le Ven 9 Sep - 23:04

Suite : Etudes de magie musicale LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS.

JULES COMBARIEU.

La véritable explication est que chaque Rag était censé avoir une action sur la nature, et produire par lui-même les caractéristiques d'une saison. De là l'interdiction de chanter un air en dehors du temps prescrit, sous peine d'amener de graves perturbations, contraires à ce qui était attendu. Une jeune fille ayant chanté innocemment, pour exercer sa voix, le Rag Maig Mullar , elle arracha aussitôt aux nuages une ondée bienfaisante qui rafraîchit tout le Bengale et préserva le pays des horreurs de la famine. Sir W. Ouseley, qui rapporte cette légende, ajoute que quand un Européen demande comment un tel fait est possible et pourquoi on n'use pas plus souvent de ce moyen pour préserver les fruits de la terre, on lui répond que le secret de ces chants est aujourd'hui perdu (i). Dans l'antique Egypte, pays agricole par excellence, le roi, rendu responsable des saisons, était regardé comme capable de produire la sécheresse ou la pluie, parce qu'il était prêtre en même temps que souverain, et, comme tel, doué d'une voix toute-puissante et magique. Un texte fait connaître que, dans une circonstance où on a besoin de citernes, on lui rappelle que par sa voix il peut produire l'eau désirée. Le document le plus intéressant et le plus ancien que je puisse citer est certainement l'hymne au Nil, analogue à une incantation pour la pluie. Les premiers habitants qui ont pénétré dans le pays ont dû être frappés de phénomènes singulièrement étranges. Ils voient d'abord un fleuve dont les sources leur échappent et qui sort de deux gouffres insondables (entre Eléphantine et Philœ) ; ce fleuve change plusieurs fois de couleur : au moment où la végétation est desséchée par les vents ayant passé sur les sables du sud (juin), il a des eaux bleu clair; il augmente de volume, et, chargé des détritus des marais de Bahr-el-Ghazal, il roule des eaux verdâtres (que l'on prendra plus tard pour les larmes d'isis pleurant son époux) ; il augmente encore, et ses eaux se colorent d'un beau rouge, comme s'il roulait du sang ; il inonde ses rives, et avant de se retirer, y dépose un limon qui, pour les riverains, est la vie. Comment ne pas voir là un esprit, une personne agissante, quelqu'un ? L'hymne au Nil, tel qu'il a été traduit et commenté par M. Maspero

en 1868, se présente à nous comme un échantillon de poésie lyrique et d'incantation magique très ancienne. Dans les vers, le nombre des syllabes n'est pas constant, mais le texte est divisé en versets annoncés par une écriture à l'encre rouge (1). Cet hymne, d'après la version qui nous est parvenue (2), appartient cà une époque récente, où le culte du Nil est organisé brillamment, comme celui de Dionysos ou d'Adonis; mais il contient un passage où l'idée musicale est d'abord nettement indiquée, et où nous trouvons comme le souvenir de l'incantation primitive, d'où tout le reste du poème est sorti, par voie de développement oratoire ou d'amplification poétique. Strophe XI. Un chant de fête s'élève pour toi sur la harpe, avec Vaccompagnement des mains. Tes jeunes gens et tes enfants t'acclament, et préparent leurs longues théories. Tu es l'ornement auguste de la terre, faisant avancer ta barque à la face des hommes, relevant le cœur des femmes enceintes, aimant la multitude de tes troupeaux. Dans la dernière strophe, on trouve, rythmiquement disposée, une série d'appels ou d'exclamations qui s'accordent bien avec le caractère impératif de l'incantation magique primitive. Prospère (déborde !), allons ! Prospère, allons 1 ô Nil, prospère, allons ! ô Nil, prospère, allons ! Pour les troupeaux et pour les vergers ! Prospère, allons 1 ô Nil, prospère, allons ! Chez les Nègres de l'Afrique centrale, le féticheur (ganga, chitome) a des chants pour faire tomber la pluie.

Chez les Grecs, nous trouvons la même croyance fondamentale, sans barbarie cultuelle comme au Mexique, avec toute la poésie que peut donner à ses mythes un peuple artiste. Pour eux, la pluie est quelqu'un ; c'est l'idée que je vois derrière la formule du vieil Homère, qui ne dit pas : « Il pleut», mais : « Zeus pleut » (3). Zeus, c'est toute la vie atmosphérique. Empédocle, bien qu'il soit très postérieur (v e s. av. J.-C.), indiquait un des articles du programme de la magie musicale quand il disait : « ...Tu changeras la pluie d'orage en sécheresse pour les hommes, ou bien de la sécheresse d'été tu feras sortir la pluie salutaire aux arbres, et rafraîchissante (4). » Plus particulièrement, la pluie

avait pour personnification les Hyades, auxquelles on avait constitué: une gracieuse légende. Malheureusement, nous n'avons sur elles que des témoignages appartenant à une période où les croyances primitives ne subsistaient plus que dans le bas peuple, et où le sens exact des mythes était perdu. Mais dans cette partie de la mythologie antique, aussi confuse que la plupart des autres, voici une belle idée à recueillir. Pour les Grecs, sensuels et poètes à la fois, la pluie qui féconde les champs, c'est l'hymen du ciel s'unissant à la terre. Le désir (Erôs) pousse le Ciel à pénétrer la Terre ; le désir pousse la Terre à recevoir le Ciel, La pluie est nuptiale (ici. dans la Nouvelle-Zélande). Les fruits de cette union grandiose sont l'herbe que paîtront les troupeaux, les céréales, la belle végétation des arbres. « De tout cela, c'est moi qui suis la cause. » Qui parle ainsi ? Aphrodite, dans un fragment d'Eschyle (i) ; Aphrodite, qui est la déesse de la fécondité printanière parce qu'elle règne en maîtresse souveraine sur le cœur des vivants, bêtes, hommes et dieux, sur toute la nature. Or, il y avait des hymnes à Aphrodite ; on l'invoquait ; on la chantait. Au début de son Hippolpte, Euripide lui fait dire : « J'ai beaucoup de noms, » froide formule qui ne fait peut-être allusion qu'au grand nombre de villes qui avaient élevé un temple à la déesse, mais formule qui est comme le reste glacé d'une ardente croyance primitive et très générale, attestée par des hymnes. . Ces idées grecques de magie sont passées chez les Latins. Lucain dit, en parlant des incantations d'une magicienne de Thessalie, qu'elles déchaînent une pluie diluvienne, dissimulent Phœbus derrière des nuages, et font gronder la foudre à l'insu de Jupiter lui même : ... omnia comptent Imbribus, et calidoproducunt nubila Phœbo, Et tonat ignaro cœlum Jove !... Sous la plume de Lucain, tout cela n'est sans doute que de la littérature et de la rhétorique ; mais c'est en gros un témoignage de superstitions populaires. Sénèque (2) dit que la grossière antiquité (romaine) croyait qu'on pouvait attirer ou repousser la pluie par des chants (attrahi cantibus imbres et repelli). Si l'on veut avoir une transposition de cette idée, devenue abstraite, ou sa réduction au rôle de simple métaphore (phénomène que nous aurons plus d'une fois l'occasion de constater), on peut citer, dans la liturgie catholique, l'introït du iv e dimanche de

l'Avent : « Rorate cœli desuper, et nubespluantjustum. Laissez tomber votre rosée d'en haut, cieux ; que des nuages tombe une pluie de justice ! » Voici un fait voisin, assez curieux. L'auteur arabe du Livre adoucir le temps par la connaissance des airs (le Caire, imprimerie Tewfikich, 1319 H., p. 7), dit que« si une source est peu abondante et qu'on veuille l'augmenter, il faut choisir sept garçons beaux, sachant bien jouer du 'oud, connaissant bien le rythme, et doués d'une belle voix. Ils jouent, bien ensemble, un air particulier pendant trois heures ; et la source se met à couler, de sorte que leurs pieds en sont mouillés. »

II

Tout autant que la pluie, le soleil est nécessaire à la vie et àla fécondité du sol. A l'homme, il faut tour à tour du sec et de l'humide ; toute l'existence des fruits de la terre est suspendue à ces deux états de l'atmosphère. Quelle est la loi qui les détermine ? Comment peut-on obtenir l'un ou l'autre ? Le savant moderne ne le sait pas ; mais le primitif n'a pas d'hésitation en matière de météorologie : il possède une doctrine ; il sait que le beau temps et l'orage, comme le chaud et le froid, la lumière et l'ombre, l'abondance et la disette, sont des Esprits, et que l'on doit traiter ces Esprits par des incantations. La personnification du soleil a été si universelle et le lyrisme que cette idée a provoqué est si abondant que quelques indications suffiront. Chez les Indiens Ojibwa, au cours d'une cérémonie d'initiation ( - jviivin), si le ciel devient menaçant, le prêtre chante pour dissiper les nuages une série d'airs, dont je détache un fragment donné par Hofman (i). La mélodie y est accompagnée de paroles signifiant : Le ciel, est tel que je vous le dis (comme si le prêtre créait le beau temps, en affirmant que le ciel est beau) :

Ces formules, si elles sont reproduites avec exactitude (ce que je suis hors d'état de vérifier, tout en étantdisposé à le croire),sont aussi curieuses que les formules du chant pour la pluie. Elle sont, elles aussi, une imitation ; elles aussi, elles cherchent à réaliser « le semblable parle semblable », selon la grande règle magique. J'y vois une image de sérénité. Comment cette image est-elle obtenue ? Je signalerais l'emploi d'une gamme sans demi-tons, si ce n'était là un effet que nous jugeons du point de vue moderne, par comparaison et contraste avec notre gamme actuelle. Mais il ya le mouvement, le grand nombre de points d'orgue, la direction descendante du dessin mélodique, symbolisant ici un retour au calme, l'arrêt prolongé sur certaines notes... tout cela est bien approprié, sinon au génie, du moins à l'intention naïve d'un primitif qui veut arrêter une menace du temps, la suspendre, et qui la combat par l'illusion du phénomène contraire, en s'imaginant que « quand les choses sont dites ou chantées ! elles sont faites ». Un papyrus égyptien du British Muséum, traduit par W. Pleyte, indique les « paroles magiques (à dire) lorsqu'on jette Apophis dans le feu ». Ces « paroles » peuvent être considérées comme un chant, carie !• même mot est employé, dans ce manuscrit ( Paroles des Pleureuses), pour désigner un véritable hymne divisé en strophes avec refrain. La recette a pour objet de ramener la sérénité dans l'atmosphère et elle est accompagnée de renseignements très précis sur l'opération magique à accomplir : « ...Apophis doit être faitencire, et son nom mauditgravé sur l'objet en couleur verte ; il faut ensuite le mettre dans le feu, et le feu le consume en présence de Râ. Faites cela au matin, en plein jour, ou au soir, en présence de Râ, lorsqu'il se repose en Ankhiti, à la sixième heure de la nuit, àla huitième heure du jour, quand la nuit tombe, à chaque heure de la nuit ou du jour, àun jour de fête, au premier jour du mois, au sixième, au quinzième, à un jour quelconque : il n'y aura plus de foudre ni de tonnerre dans le ciel. » (Traduct-ion Pleyte.) Nous sommes autorisés à croire qu'un chant faisant partie d'un rituel magique avait lui-même, nécessairement, un caractère magique. Au moment d'une éclipse, les peuplades sauvages frappent aujourd'hui sur des instruments de peau et de métal et font un bruit assourdissant ; ce n'est certes pas de la « musique », et nous pourrions laisser en dehors d'une histoire de l'art ce tapage grossier, rappelant le charivari encore en usage dans certaines provinces; mais voici une légende montrant qu'il y a là une très ancienne croyance; je l'emprunte aux Japonais :

se cacher dans une caverne. Voilà le monde plongé dans l'obscurité et l'angoisse. Les dieux qui composent l'Olympe d'Extrême-Orient viennent supplier Amatérasu de reparaître dans son royaume. Elle reste inflexible. Un dieu plus avisé que les autres imagine alors le stratagème suivant. Il prend six grands arcs, les attache fermement ensemble, les fixe sur le sol, et se met à faire vibrer doucement les cordes de cette harpe improvisée. Puis il fait avancer sur le bord de la caverne la blonde Améno-Uzumé, dont la robe est brodée de fleurs, les cheveux noués avec des pampres de vigne. Tandis que les cordes des arcs se font entendre, Uzumé marque la mesure avec une branche de bambou qu elle tient dans sa main, puis, suivant le rythme, elle danse, enfin elle chante. Attirée et charmée par la puissance de la mélodie, la déesse du soleil sort de sa caverne, et, avec la lumière, la joie est rendue au monde. Cette épreuve donne à réfléchir aux dieux : ils se mettent à cultiver la musique, le chant et la danse, pour que, si le cas se renouvelle, ils puissent se tirer d'embarras. Comparez, dans le culte catholique, pour tous ces usages, les Rogations.

(i) Pour varier, nous donnons aujourd'hui le texte d'une leçon sur la magie. Dans le prochain nhméro, nous reprendrons la publication du cours sur l'Histoire du théâtre lyrique.

(1) D r Hamy, Annales du musée Guimet, conférence insérée dans le t. XXV. (2) Un known Mexico (New-York, 1903).

(i) Cf. les images de ces dieux mexicains qui sont au musée ethnographique du Trocadéro.

(1) The Wa-Wan Press, Newton Center Mass., igo4, Traditional Songs of the Zunis, with english text, second sériés, transcribed and harmonqed Carlos Troyer. . (2) Je ne crois pas possible de donner, à titre de document, les paroles anglaises qui ne sont qu'une traduction, probablement libre. Miss Curtis déclare qu il y a dans le chant des Indiens plusieurs particularités qui répugnent à une notation ; mais elles sont ici peu importantes pour notre objet.

(i) The Wa-Wan Press, vol. 3.

(1) A. Chavannes, Etude des bas-reliefs de Kia-siang-hien , cours du Collège de France, 1908. (2) Dans ses Etudes sur les fêtes annuellement célébrées à

(1) L'attribution par les Hindous de chants spéciaux aux différentes saisons de l'année peut être rapprochée de la division du jour de 24 heures en six périodes, avec des chants particuliers à chaque période. Au temps du roi Akber, un musicien très habile, Mia Tonsine, ayant chanté en plein midi le Rag de la nuit, produisit aussitôt l'obscurité sur l'espace où portait la voix. (Sir W. Ouseley.)

(1) Œuvre d'un scribe (Ennana) auteur du Conte des deux frères. (2) Il y en a deux exemplaires, dont les variantes attestent l'existence d'un modèle ancien. (3) Iliade, XII, 25 ; Odyssée, XVI, 457. (4) Edit. Mullach (Fragme*ita phil. grceç.), p. 14 (collection Didot).

(1) Danaides, 11. Dans les Clioéphores, Clytemnestre, racontant l'assassinat de son mari, parle de cet hymen du ciel et de la terre. (2) Quces:* nat., 4, 7.

Un jour, la déesse du soleil* Amatérasu, capricieuse comme toutes les déesses, va
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Re: Faire tomber la pluie en période de sècheresse

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