Advaïta vedanta - la voie du Soi

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Advaïta vedanta - la voie du Soi

Message par Admin le Lun 13 Aoû - 21:06






DVAITA - un mot Sanskrit qui signifie " pas deux ".


L’Advaita, une des six écoles de la philosophie hindoue orthodoxe, est considérée comme étant une branche de l’école dominante et la plus influente de toutes celles du Vedanta. Advaita signifie " non-dualité " et fait aussi référence à " la fin des Védas ". La première personne à en consolider les principes de façon explicite était Adi Shankaracharya au VIIIè siècle, alors que le propagateur historique de l’Advaita était Gaudapada [grand Guru de Shankara]. Au VIIè siècle, Gaudapada rédigea le tout premier traité systématique disponible sur l’Advaita intitulé Mandukya Karika ou Gaudapada Karika.


L’Advaita Vedanta déclare que seule existe la Réalité une et immuable [Brahman] et que les entités changeantes ne possèdent pas d’existence absolue tout comme les vagues ne peuvent pas exister en dehors de l’océan. Les vagues s’élèvent dans l’océan, et il n’est pas de vagues sans océan. De la même manière, le monde éphémère émerge momentanément au sein de la Réalité et Lui doit son existence. Le monde n’existe pas indépendamment de la Réalité, c’est pourquoi on dit qu’il est irréel. Tout comme un cygne vit sur l’eau mais ses plumes ne sont jamais souillées par l’eau, de même un Advaitin vit dans le monde sans être touché par l’illusion du monde.

L’enseignement principal de l’Advaita est qu’il n’est pas de dualité ; qu’elle soit dans l’état de veille ou de rêve, la pensée se meut dans l’illusion. L’ignorance dissimule la vérité qu’il n’est pas de devenir et que l’individu n’existe pas, si ce n’est comme figuration temporaire de notre Soi véritable [Atman] ou ‘je’ véritable. Contrairement à l’expérience perceptible, le Soi n’est pas une expérience de l’individualité mais une pure conscience qui englobe tout et qui est au-delà de la connaissance. Il est éternellement présent et toujours expérimenté, cependant on n’est conscient de ce qu’Il est vraiment que lorsque les tendances restrictives du mental ont cessé. Sa nature est non-duelle, un sans second, et n’est pas différente de la Réalité, le substrat absolu de tout ce qui existe. Le mot " Advaita " fait essentiellement référence à l’identité du Soi et de la Réalité.






La nature de la réalisation du Soi est celle de l’expérience directe transcendant les perceptions et notions sans exception ; elle ne sera gagnée qu’une fois la croyance en la réalité du monde dissipée. L’illusion de la dualité, qui se manifeste en tant que notions d’un ego, d’un mental, d’un corps et d’un monde objectivé en est entièrement absente. Les fausses notions seules constituent l’illusion. La seule chose qui empêche la conscience du Soi est le sentiment d’être une personne individuelle. Si ce sentiment d’identité individuelle est transcendé, vous saurez que vous êtes le Soi et que votre nature véritable est être-conscience-félicité. L’être demeure en lui-même, la conscience se connaît elle-même et la félicité repose en elle-même. Seul le Soi est, et il se connaît lui-même par lui-même.

L’aspirant doit être pourvu d’un intense désir de libération. Ayant discerné ce qui est éternel et la source de bonheur, il doit demeurer non-attaché à tout ce qui est transitoire, tout ce qui est mutable, tout ce qui est simple phénomène temporaire, tout ce qui dépend des sens, tout ce qui dépend du mental et tout ce qui dépend du soi individuel pour être connu ou expérimenté. L’aspirant doit aussi être pourvu du pouvoir de discernement et doit adopter l’investigation de la nature réelle du Soi. Il doit discerner le réel de l’irréel de façon à réaliser que le réel est à jamais, et que l’irréel n’est jamais apparu. Il lui faut considérer tout ce qui est transitoire, changeant, objectivé, composé de parties, sporadique ou dépendant comme étant irréel. Il doit réaliser que cela qui est éternel, immuable, non-objectivé, indivisible et sans parties, continuel et non-dépendant est la Réalité impérissable. Tout comme une rivière cesse de couler après s’être déversée dans l’océan, la personne perd tout mouvement après s’être fondue dans le Soi. Abandonnant autant les notions d’externe, qui donnent naissance à l’apparence du monde, que les notions d’interne, qui amènent les illusions de l’existence d’un mental et d’un individu, l’aspirant doit avoir une foi inébranlable dans la connaissance sacrée de l’Advaita Vedanta. La connaissance véritable signifie posséder un regard d’égalité pour tous et sur tout.

Ramana Maharshi enseigne que le Soi est pur être, une pure présence, ou pure conscience subjective de " je suis " entièrement dénuée des sentiments " je suis ceci " ou " je suis cela " . Il n’y a ni sujets ni objets dans le Soi ; il n’y a que conscience d’être. C’est parce que cette pure présence, ou pure conscience, est consciente qu’on l’appelle aussi conscience. D’après Shri Ramana, l’expérience directe de cette conscience est un état de bonheur ininterrompu et c’est pourquoi on utilise le terme félicité pour la décrire. Ces trois aspects, être, conscience et félicité, sont vécus en tant qu’un tout unitaire et non pas en tant qu’attributs séparés du Soi. Ils sont indissociables de la même manière que l’humidité, la transparence et la liquidité sont des propriétés indissociables de l’eau.






ADI SHANKARACHARYA



Dû à l'illusion, le monde apparaît faussement dans le Soi
dont la nature est vérité, connaissance et félicité.
Tel un rêve dû à l'illusion du sommeil, il n'est pas réel.
Pur, plein, éternel et unique, je suis la Réalité.

Je n'ai ni naissance ni croissance ni mort.
Toutes ces caractéristiques de la nature sont dites pour le corps.
La condition d'agent en premier n'est pas à mon soi de
pure Conscience, mais seulement à l'ego. Je suis la Réalité.

À part mon Soi, rien d'autre ici n'existe.
En vérité, le monde extérieur est un objet produit par illusion,
Comparable à une image dans un miroir.
Il apparaît en moi qui suis la Non-dualité. Je suis donc la Réalité.

Il n'y a ni précepteur ni précepte, ni disciple ni acte d'enseigner, ni toi ni moi ni ce monde. La connaissance de sa propre nature exclut le doute. Je suis donc unique, ultime, propice et pur.

De plus, puisque le Soi est tout pénétrant, qu'il est appelé le Bien suprême, qu'il est Sa propre preuve et qu'il n'a d'autre substrat que Lui-même, tout l'univers différent de Lui est irréel. Je suis donc unique, ultime, propice et pur.

L'élan vers la délivrance est le désir fervent qui pousse l'aspirant à s'affranchir, en réalisant sa véritable nature, de toutes les formes de servitude, depuis celle du sentiment du moi jusqu'à celle du corps grossier, car, de la première à la dernière, elles ne sont que des surimpositions de l'ignorance.

Entre tous les moyens qui concourent à la libération, c'est à la dévotion que revient la place d'honneur. L'effort auquel se livre l'aspirant pour réaliser sa propre et véritable nature, nous lui donnons le nom de " dévotion " .

Quiconque s'efforce de réaliser le Soi et, tout à la fois, accorde à ce corps grossier une attention excessive, agit comme cet insensé, qui pour traverser une rivière, croit prendre appui sur un tronc d'arbre, alors qu'il serre un crocodile entre ses bras !

Ce corps physique, composé de peau, de chair, de sang, d'artères, de veines, de graisse, de moelle et d'os, Doit être l'objet de ton mépris ! N'est-il pas, au surplus, rempli de substances vénéneuses ?

Celui qui observe tout le spectacle, mais que nul spectateur n'a jamais observé ; celui qui illumine tous les objets, y compris l'intellect, mais qu'aucun d'eux ne saurait illuminer - c'est l'Absolu] !

Pour s'affranchir de toute sujétion, l'homme sage doit discerner le Soi et le non-Soi ; c'est par la discrimination seule qu'il connaîtra son propre Soi en tant que "sat - chit - ananda", et qu'il goûtera le vrai bonheur.

Certes, il est à jamais libéré celui qui - aussi aisément que s'il avait à séparer une tige de graminée de sa graine enveloppante - sait discriminer les objets des sens et le Soi - Ce Soi qui est toujours présent dans la caverne du cœur - Ce Soi absolument inconditionné - Ce Soi qui n'agit pas. La discrimination faite, l'aspirant peut immerger en ce Soi tous les objets de l'Univers. Et s'établir à demeure en l'état de parfaite identification avec "Cela".

L'identification dont tu es actuellement victime, a pour siège le corps physique. Transfère cette identification au Soi lequel est " sat-chit-ananda ". Abstiens-toi également de t'identifier avec le corps subtil : sois jaloux de ta solitude, jaloux de ton indépendance !

Quand les désirs égoïstes foisonnent, les actes se multiplient, et, si l'activité intéressée s'intensifie, le désir se trouve encore renforcé. la transmigration est ainsi pour l'homme une servitude éternelle.

Lorsqu'on s'abstient d'actes inspirés par le sentiment du moi, on ne s'échauffe plus pour les objets des sens, et la destruction des désirs s'ensuit tout naturellement. Or, la destruction des désirs n'est pas autre chose que la délivrance ; voilà ce qu'on appelle la libération en ce corps de chair [jivanmukti].

Lorsqu'un disciple, si réfléchi qu'il soit, conserve à son insu quelque désir pour un objet des sens, il paie cher son inadvertance ; les mauvaises propensions de la buddhi lui infligent d'interminables tourments : le souvenir d'une femme passionnément aimée hante sans trêve la mémoire de l'amant solitaire.

Maîtriser ce pouvoir de projection avant que le pouvoir d'obnubilation ait été réduit à l'impuissance, C'est une tâche ardue, mais le recouvrement qui masque le Soi, se dissipe de lui-même, Dès que l'aspirant est capable de distinguer le Sujet des objets, aussi aisément que le lait de l'eau. La victoire n'est toutefois, sans appel - les obstacles ne sont définitivement surmontés, qu'au moment où les objets irréels du monde extérieur ne font plus naître dans le mental la plus légère oscillation.

La discrimination parfaite qu'amène la réalisation personnelle permet de reconnaître instantanément la véritable nature du Sujet et celle de l'objet, Et de secouer le joug de l'illusion créée par maya [la création]. L'existence phénoménale prend fin quand ce joug est brisé.

C'est parce qu'il est inébranlablement établi en la Réalité que cet homme, dans un élan suprême, Sacrifie tout attachement extérieur pour les objets des sens et tout attachement intérieur pour le sens du moi.

Les objets des sens sont de dangereux poisons ; repousse tout désir qui te porterait vers eux ! Vois en un tel désir l'image même de la mort ! Rejette tout orgueil que la caste, la lignée ou le stade d'existence pourraient encore t'inspirer ! Tiens-toi à bonne distance de l'action ! Cesse de t'identifier avec ces choses irréelles : le corps, le mental, etc..., et dirige toutes tes pensées vers le Soi. En vérité, tu es l'indestructible Témoin ; tu es la Réalité, libre à jamais de la servitude du mental ; tu est l'Un sans second ; tu es, Toi-même, le Suprême.

La délivrance consiste - non pas à abandonner le corps grossier comme le sannyasin itinérant abandonne son bâton ou son écuelle - mais à extirper de soi tout attachement, car l'attachement et l'ignorance ne font qu'un.






Source: http://www.inner-quest.org/Advaita_F.htm







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Re: Advaïta vedanta - la voie du Soi

Message par Archange le Sam 15 Mar - 18:58




Initiation à l'Advaïta Vedanta - Réalisation de la Non-Dualité




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