Les élémentaux ; Raja Yoga ou occultisme.

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Les élémentaux ; Raja Yoga ou occultisme.

Message par obsidienne le Lun 14 Sep - 22:27

"Raja Yoga ou Occultisme", Les Élémentaux.

http://www.theosophie.fr/5ae10-raja-yoga-ou-occultisme-les-elementaux.php

Sommaire :

   - Partie 1
   - Partie 2
   - Partie 3

Partie 1 (↑ sommaire)

Au regard des anciens, l'Æther Universel n'était pas un domaine inhabité et diffus dans toute l'étendue du ciel. Pour eux, c'était un océan sans limite, peuplé, comme le sont les mers terrestres qui nous sont familières, de dieux, d'esprits planétaires et de créatures monstrueuses ou insignifiantes. Un océan qui, dans chaque molécule, charriait les germes de la vie depuis les états potentiels jusqu'aux états les plus développés. Ils les comparaient aux bancs de poissons qui nagent dans nos océans et nos cours d'eau, chaque espèce fixant son habitat dans des zones auxquelles elle s'adapte de façon surprenante. De ces poissons, certains sont familiers, d'autres hostiles à l'homme ; parfois agréables ou au contraire horribles à regarder ; les uns cherchent refuge dans des recoins paisibles, ou des ports abrités, d'autres traversent de vastes étendues d'eau. C'est ainsi que les anciens étaient convaincus que les classes variées des esprits planétaires, des élémentaux et des autres esprits, habitaient les diverses parties du grand océan éthérique et qu'ils s'adaptaient parfaitement à leurs conditions respectives.

Selon les doctrines anciennes, c'est le mouvement perpétuel inhérent à la lumière astrale qui entraîne l'évolution de chacun des membres de cette multitude d'êtres éthérés et variés, situés entre les deux extrêmes que sont les dieux supérieurs et les élémentaux sans âme. La Lumière est force, et cette dernière est le produit de la volonté. Cette volonté, elle-même, procède d'une intelligence infaillible, car elle est absolue et immuable et n'a aucun rapport avec les organes matériels de la pensée humaine : c'est l'émanation pure et sans mélange de la VIE UNE. Depuis l'origine des temps, cette volonté, en harmonie avec les lois immuables, assure l'élaboration des structures élémentaires nécessaires aux générations postérieures que nous appelons les races humaines. Et toutes ces races, qu'elles appartiennent à cette planète, ou à une autre parmi les myriades qui occupent l'espace, ont leurs corps terrestres qui se développent dans cette matrice en utilisant celui de certaines classes de ces êtres élémentaux, — les germes primordiaux des dieux et des hommes qui sont passés dans les mondes invisibles. Dans la philosophie antique il n'était nul besoin de découvrir quelque chaînon manquant à l'aide de ce que Tyndall appelle une « imagination éduquée » . II n'y avait aucun hiatus à combler par de vastes spéculations matérialistes nécessitées par l'absurde tentative qui consiste à résoudre une équation dont on ne connaît qu'un des facteurs. Nos ancêtres « ignorants » considéraient que la loi d'évolution agissait dans l'univers entier. Le principe d'une série ininterrompue de formes élémentaires allant par progression graduelle de la « nébuleuse » jusqu'au développement du corps physique de l'homme est aussi valable lorsqu'il est appliqué à l'émanation et à la différenciation progressive et ininterrompue d'entités, depuis l'Æther universel jusqu'à l'esprit humain incarné. Ces courants d'évolution provenaient du monde de l'Esprit et allaient jusqu'à la Matière grossière, puis, à travers celle-ci, retournaient vers la source de toutes choses. La « différenciation des espèces » était, selon leur conception, une descente à partir de l'Esprit, qui est la source de Tout, dans la « égradation de la Matière .  Dans cette chaîne ininterrompue de manifestations successives, les êtres spirituels et élémentaires occupaient une place bien précise entre les deux extrêmes, tout comme le chaînon manquant de Darwin en a une entre le singe et l'homme.

Aucun auteur du monde littéraire n'a jamais donné une description plus véridique ou plus poétique de ces êtres que Sir E. Bulwer-Lytton, l'auteur de Zanoni. Il dit de lui qu'il n'est pas « une chose faite de matière » mais une « idée de joie et de lumière » ; ses paroles ressemblent plus à l'écho fidèle de la mémoire qu'à un débordement exubérant de l'imagination. Il fait dire au sage Mejnour qui s'adresse à Glyndon :

   « L'arrogance de l'homme est en proportion de son ignorance... Pendant une longue suite de siècles il n'a vu, dans les mondes sans nombre qui scintillent au coeur de l'espace, comme les bulles d'un océan sans rivage, que les minuscules luminaires, que la Providence a bien voulu allumer uniquement pour lui rendre la nuit plus agréable. L'astronomie a corrigé cette illusion de la vanité humaine, et l'homme maintenant confesse avec regret que les étoiles sont des mondes plus grands et plus glorieux que le sien... Partout donc, dans ce plan immense, la science découvre de nouvelles vies... Nous pouvons donc raisonner par analogie évidente, et dire que si la moindre feuille, la moindre goutte d'eau est au même titre que cette étoile un monde vivant et habité, si l'homme lui-même est un monde fait pour abriter d'autres vies, si des êtres par millions et myriades peuplent les canaux par où circule son sang et habitent son corps comme l'homme lui-même habite la terre, le bon sens (si nos homme de science en avait été doués) devrait suffire pour faire admettre que l'environnement infini que vous appelez l'espace, — l'Impalpable sans bornes qui sépare la terre de la lune et des étoiles, — pullule aussi de modes de vie qui lui sont propres. N'y a-t-il point, d'ailleurs, une évidente absurdité à supposer que la vie qui déborde de la moindre feuille serait absente de l'immensité de l'espace ? La loi du Grand Système défend qu'un seul atome soit gaspillé en pure perte ; elle ne connaît aucun point où ne respire quelque être vivant... Eh bien, pouvez-vous, dès lors, concevoir que l'espace, qui est l'infini lui-même, soit seul à n'être qu'une solitude désolée, soit seul inanimé, soit moins utile au plan de la vie universelle... que la feuille avec sa flore minuscule, que la goutte d'eau grouillante d'animalcules ? Le microscope nous montre les créatures qui vivent à la surface de la feuille ; on n'a pas encore inventé un tube mécanique capable de découvrir les choses plus nobles et plus élevées qui flottent dans l'air illimité. Et pourtant, entre ces êtres et l'homme, il existe une mystérieuse et terrible affinité... Mais tout d'abord pour enfoncer cette barrière, l'âme avec laquelle vous écoutez doit être trempée par un enthousiasme intense, et purifiée de tout désir terrestre... Quand l'âme est ainsi préparée, la science peut venir à son aide ; la vue peut être rendue plus subtile, les nerfs plus sensibles, l'esprit plus prompt et plus ouvert, et l'élément lui-même — l'air, l'espace — peut, par certains procédés secrets de la plus haute alchimie, être rendu plus palpable et plus clair. Et ceci n'est pas de la Magie, comme le déclarent les gens crédules ; car, ainsi que je l'ai si souvent dit déjà, la magie (considérée comme une science qui ferait violence à la nature) n'existe pas ; mais c'est la science par laquelle la nature peut être commandée... Or, il y a dans l'espace des millions d'êtres imperceptibles, sans être précisément spirituels car ils ont tous, comme les animalcules invisibles à l'oeil nu, certaines formes de matière, mais d'une matière si délicate, si aérienne et si subtile, qu'on dirait une simple pellicule, un voile de gaze servant de vêtement à l'esprit qui les anime... Et, pourtant, ces races et ces tribus diffèrent beaucoup entre elles... les unes sont d'une sagesse insurpassable, les autres d'une horrible méchanceté. Les unes comme les démons, sont hostiles à l'homme ; d'autres, qui servent plutôt de messagers entre le ciel et la terre, sont plutôt bienveillantes (1). »

Voilà sur les êtres élémentaux, dépourvus d'Esprit divin, l'exposé partiel tel qu'il est donné par celui que beaucoup ont soupçonné, à juste titre, d'être plus instruit en ces matières qu'il ne voulait l'avouer aux incrédules. Nous avons souligné les passages qui sont particulièrement suggestifs dans leurs descriptions. Un Initié possédant une connaissance directe de ces créatures ne pourrait mieux les décrire.

Abordons maintenant le sujet des « Dieux  » ou Daïmons des anciens Égyptiens et Grecs, puis nous parlerons des deva et des pitri des Aryens hindous encore plus anciens.

Qu'étaient donc ces Dieux, ou Daimonia, des Grecs et des Romains ? Les Pères de l'Église chrétienne, depuis lors, ont monopolisé et défiguré pour leur propre usage le sens de ces termes. Ils suivirent les traces des anciens philosophes païens sur le sentier battu de leurs spéculations, mais, comme d'habitude, ils essayèrent de les faire passer pour de nouvelles pistes tracées sur un sol vierge, eux-mêmes étant, à les croire, les premiers pionniers qui pénétraient dans une forêt de vérités éternelles où personne n'avait encore pu aller. Ils renouvelèrent la ruse de Zoroastre qui, pour balayer tous les dieux et les déités hindous, les nomma tous dev et adopta ce nom pour désigner uniquement les pouvoirs mauvais. Les Pères chrétiens firent de même. Ils appliquèrent le nom sacré de Daimonia — les Ego divins de l'humanité — à leurs diables, une création de leurs cerveaux malades, ils déshonorèrent ainsi les symboles anthropornorphisés des sciences naturelles de la sage Antiquité et les rendirent tous ridicules à la vue des ignorants et des illettrés.

Nous pouvons étudier ce qu'étaient vraiment les Dieux ou les Daïmons en nous référant à Socrate, Platon, Plutarque et de nombreux autres sages et philosophes renommés de l'époque préchrétienne aussi bien que de l'ère chrétienne. Nous citerons quelques-uns de leurs enseignements.

Xénocrate qui expliqua un certain nombre des théories et des enseignements oraux de son Maître Platon, et qui le surpassa dans sa définition de la doctrine des grandeurs invisibles, enseigne que les Daïmons sont des êtres intermédiaires entre la perfection divine et l'état de péché humain (2). Il les divise en diverses classes, chacune subdivisée en de nombreuses autres, mais il indique très nettement que l'Âme individuelle ou personnelle est le principal Daimon gardien de tout homme et qu'aucun autre n'a plus de pouvoir sur nous que le nôtre. Ainsi le Daimonion de Socrate est le Dieu, ou l'Entité divine qui l'inspira toute sa vie. Il dépend de l'homme d'ouvrir ou de fermer ses perceptions à la voix divine.

Héraclide, qui adopta entièrement les vues de Pythagore et de Platon sur l'âme humaine, sa nature et ses facultés, dit en parlant des esprits qu'ils sont des « Daimons avec des corps aériens et vaporeux » et il affirme que les Âmes habitent la Voie Lactée avant de descendre dans la génération ou l'existence sublunaire.

De même, lorsque l'auteur d'Epinomis (3) place trois classes de daimons entre les dieux supérieurs et les dieux inférieurs (Âmes incarnées) et peuple l'univers d'êtres invisibles, il est plus rationnel que nos savants modernes qui voient entre les deux extrêmes un vaste hiatus de l'être, champ de manifestations de forces aveugles, ou que les théologiens chrétiens qui appellent démons ou diables tous les dieux païens. De ces trois classes, les deux premières sont invisibles, leurs corps sont de feu et d'éther pur (esprits planétaires) ; les daïmons, de la troisième classe sont revêtus de corps vaporeux ; ils sont généralement invisibles mais parfois en se concrétisant ils deviennent visibles quelques secondes ; ce sont les esprits terrestres ou nos âmes astrales.

Le fait est que le mot daimon était attribué par les Anciens, et plus particulièrement par les philosophes de l'École d'Alexandrie, à toutes sortes d'esprits, bons ou mauvais, humains ou autres, mais cette appellation était souvent synonyme de dieux ou d'anges. Par exemple, on appelait « samothraces » les dieux du Temple de Samothrace pendant les Mystères. Ils sont considérés comme identiques avec les cabires, les dioscures et les corybantes. Leurs noms étaient mystiques et désignaient Pluton, Cérès ou Proserpine, Bacchus, Esculape ou Hermès et tous faisaient partie des Daïmons.

Apulée parlant le même langage symbolique voilé, à propos des deux Âmes, l'âme humaine et l'âme divine, dit :

   « L'âme humaine est un démon que notre langage peut appeler génie. Elle est un dieu immortel, bien que dans un certain sens elle naisse en même temps que l'homme dans lequel elle se trouve. En sorte que nous pouvons dire qu'elle meurt de la même façon qu'elle est née. »

Les Anciens désignaient aussi par ce terme de dieux certains hommes éminents. Déifiés pendant leur vie, même leurs « coques » étaient révérées au cours des Mystères. La croyance aux dieux, aux larves et aux ombres était alors universelle, comme d'ailleurs elle est en train de le redevenir rapidement à l'heure actuelle. Même les plus grands philosophes qui ont passé à la postérité pour des matérialistes et des athées des plus convaincus, simplement parce que, tel Épicure par exemple, ils rejetaient l'idée grotesque d'un Dieu personnel extra-cosmique — croyaient à ces dieux et à ces êtres invisibles. En remontant loin dans l'Antiquité, dans la grande phalange des philosophes des âges préchrétiens, nous pouvons mentionner Cicéron qui ne pourra guère être accusé de superstition ni de crédulité. Il dit, à propos de ceux qu'il appelle dieux et qui sont des esprits humains ou des esprits de l'atmosphère :

   Nous savons que de tous les êtres vivants, l'homme est le mieux formé et comme les dieux appartiennent à ce nombre, ils doivent avoir une forme humaine... Je ne veux pas dire que les dieux ont un corps, contenant du sang, mais je dis qu'ils paraissent avoir un corps avec du sang... Épicure pour qui beaucoup de choses cachées étaient aussi tangibles que s'il les avait touchées du doigt, nous enseigna que les dieux ne sont pas visibles en général mais qu'ils sont intelligibles, qu'ils n'ont pas de corps ayant une certaine solidité... mais que nous pouvons les reconnaître à leurs images fugitives ; et étant donné qu'il y a une quantité suffisante d'atomes dans l'espace infini pour produire de telles images, celles-ci sont produites devant nous... et nous permettent de nous rendre compte de ce que sont ces êtres heureux et immortels (4).

Si, partant de la Grèce et de l'Égypte, nous nous tournons: vers le berceau de la civilisation universelle, l'Inde, et si nous: interrogeons les Brahmanes et leurs admirables philosophies, nous voyons qu'ils appellent leurs dieux et leurs daimonia par un tel nombre et une telle variété d'appellations, que les trente-trois millions de ces déités exigeraient une bibliothèque entière pour contenir seulement leurs noms: et leurs attributs. Nous choisirons pour le moment deu:x noms seulement dans ce panthéon. Les deux groupes cités ci-dessus sont les plus importants et en même temps le moins bien compris des orientalistes, car leur nature véritable a toujours été entourée d'obscurité à cause du refus d'explications de la part des Brahmanes qui répugnent à dévoiler leurs secrets philosophiques. Nous ne parlerons donc que des deva et des pitri.

Les premiers sont des êtres aériens, certains supérieurs et d'autres inférieurs à l'homme. Le mot signifie littéralement « les brillants » , les resplendissants, et, il s'applique à des êtres spirituels de divers degrés comprenant les entités de périodes planétaires antérieures qui prennent une part active à la formation des nouveaux systèmes solaires et l'éducation des humanités dans leur enfance, aussi bien qu'à des esprits planétaires non développés qui, pendant les séances spirites, simulent des déités humaines et même des personnages historiques.

En ce qui concerne les deva yoni, ce sont des élémentaux d'une classe inférieure lorsqu'on les compare aux « dieux » cosmiques et ils peuvent être assujettis par la volonté même d'un simple sorcier. Les gnomes, les sylphes, les fées, les djinns, etc... appartiennent à cette classe. Ils sont l'Âme des éléments, les forces capricieuses de la Nature, agissant selon une Loi unique et immuable, inhérente à ces centres de Force, avec une conscience non-développée et des corps de nature fluide, capables d'être moulés selon la volonté consciente ou inconsciente de l'être humain qui se met en rapport avec eux. C'est en attirant certains êtres de cette classe que nos médiums spirites modernes donnent aux coques en désagrégation des êtres humains décédés, une sorte de force individuelle. Ces êtres n'ont jamais été des hommes mais le deviendront dans des myriades d'âges. Ils appartiennent aux trois règnes inférieurs et sont en rapport avec les Mystères en raison de leur nature dangereuse.
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Re: Les élémentaux ; Raja Yoga ou occultisme.

Message par obsidienne le Lun 14 Sep - 22:29

Il nous semble qu'une opinion des plus erronées est en train de gagner du terrain non seulement parmi les spirites (qui voient partout les esprits désincarnés de leurs semblables), mais également parmi quelques orientalistes qui devraient être mieux au courant de la question. Ils pensent que généralement le terme sanskrit pitri s'applique aux esprits de nos ancêtres mêmes, des êtres désincarnés. D'où l'argument de certains spirites qui voient dans les fakirs et autres faiseurs-de-merveilles orientaux de simples médiums ; ne confessent-ils pas eux-mêmes leur incapacité de produire quoi que ce soit sans l'aide de ces pitri dont ils ne sont que les instruments obéissants ? Voici qui est faux sous plus d'un aspect et la première erreur est due, pensons-nous, à L. Jacolliot dans son Spiritisme dans le Monde et à Govinda Swâmi, ou, comme il l'écrit, les phénomènes du « fakir Kovindasami » . Les pitri ne sont pas les ancêtres des hommes vivants actuels mais ceux de l'espèce humaine ou de la race primitive. Ce sont les esprits des races humaines qui, sur la grande échelle de l'évolution descendante, précédèrent nos races d'hommes et furent aussi bien physiquement que spirituellement de loin supérieurs à nos pygmées modernes. On les appelle les ancêtres lunaires dans le Mânava-Dharma-Shâstra (5). L'Hindou, et encore moins le fier Brahmane, n'éprouvent nullement le désir de revenir sur cette terre d'exil, une fois dépouillés de leur enveloppe mortelle, tandis que les spirites, généralement, semblent avoir l'aspiration contraire ; et l'hindou ne voit pas non plus dans la mort les grandes terreurs qu'elle inspire aux chrétiens. Ainsi, en Inde, les hommes aux pensées les plus hautement développées, en quittant leurs vêtements d'argile, prennent la précaution d'affirmer « Nachapunarâvarti » , « et je ne reviendrai pas » , et par cette affirmation même ils se mettent à l'abri de l'atteinte de tout médium ou de tout homme vivant. La question peut être posée de savoir ce que sont alors les pitri ? Ce sont des deva, lunaires et solaires, intimement reliés à l'évolution humaine, car ce sont les pitri lunaires qui fournirent leurs chhâyâ pour modèles de la Première Race dans la Quatrième Ronde, tandis que les pitri solaires dotèrent l'humanité de l'intelligence. De plus, ces deva lunaires traversèrent tous les règnes de la Chaîne terrestre dans la Première Ronde, et pendant la Seconde et la Troisième Rondes « ils entraînent et représentent l'élément humain » (6).

Un examen rapide du rôle qu'ils jouent évitera dans l'esprit de l'étudiant toute confusion possible entre les pitri et les élémentaux. Dans le Rig Veda, on représente Vishnou (ou le Feu universellement répandu, l'Æther) traversant les sept régions du Monde par trois pas ; il est alors une manifestation du Soleil central. Plus tard, il devient une manifestation de notre énergie solaire et se trouve relié à la forme septuple et aux dieux Agni, Indra et autres déités solaires. Par conséquent, tandis que les « Fils du Feu » , les Sept primordiaux de notre Système, émanent de la Flamme primordiale, les « Sept Constructeurs » de notre Chaîne planétaire sont les « Fils-nés-du-Mental » de ces derniers et en même temps leurs instructeurs. En effet, bien qu'ils soient tous, dans un certain sens, des dieux et qu'on les appelle tous des pitri (pitara, patres, pères) on fait une distinction importante quoique très subtile (et vraiment occulte) que l'on doit prendre en considération. Dans le Rig Veda, ces dieux sont divisés en deux groupes : les pitri agni-dagdha (qui donnent le Feu) et les pitri anagni-dagdha (qui ne donnent pas le Feu) (7), c'est-à-dire — comme on l'explique exoténquement — les pitri qui sacrifièrent aux dieux et ceux qui refusèrent de le faire lors du « sacrifice du feu » . Mais voici le sens réel et ésotérique : les premiers ou pitri primordiaux, les « Sept Fils du Feu » ou de la Flamme, sont séparés ou divisés en sept classes, comme les sept Sephiroth, et d'autres divisions (voir le Vâyu Purâna et le Harivarnsha, ainsi que le Rig Veda), trois de ces classes sont arûpa, sans forme, composées de « substance intellectuelle et non de substance élémentaire » , et quatre sont corporelles. Les premières sont de pur Agni (feu) ou sapta Jiva ( « sept vies » , qui sont devenues maintenant sapta Jihva « sept langues » , car Agni est représenté avec sept langues et avec sept vents comme roues à son char). Se trouvant, au premier degré de l'évolution comme une essence sans forme, purement spirituelle, ils ne pouvaient pas créer ce dont la forme prototype n'était pas dans leur mental, — ce qui constitue la première condition requise. Ils ne pouvaient donner naissance qu'à des êtres « nés du mental » , leurs « Fils » , la seconde classe de pitri (les Prajâpati, ou les Rishis, etc...) plus matériels d'un degré ; puis ceux-ci aux pitri de la troisième classe — la dernière des « sans forme » (arûpa). C'est cette dernière classe seulement, qui, aidée du Quatrième principe de l'Âme Universelle (Aditi, Akâsha), put produire des êtres qui devinrent objectifs et qui eurent une forme (8). Mais lorsque ceux-ci apparurent, ils se révélèrent nantis d'une si faible proportion de l'Âme divine immortelle ou du Feu divin qu'ils furent considérés comme des échecs. « La troisième classe fit appel à la deuxième, la deuxième à la première, les Trois durent devenir Quatre (le carré ou le cube parfait qui représente le « Cercle Carré » ou l'immersion du pur Esprit), avant que les premiers puissent être instruits » . (Commentaires sanskrits). C'est alors seulement que purent être formés intellectuellement et physiquement des Êtres parfaits. Bien que profondément philosophique, tout ceci n'est pourtant encore qu'une allégorie. Toutefois sa signification est claire, bien que d'un point de vue scientifique l'explication puisse paraître ridicule. La Doctrine enseigne la Présence d'une Vie Universelle (ou mouvement) au sein de laquelle toutes choses sont, et en dehors de laquelle rien ne peut être. C'est le pur Esprit. Son aspect manifesté est la Matière primordiale cosmique qui co-existe avec lui puisqu'elle est lui-même. Semi-spirituel comparé au premier aspect, ce véhicule de la Vie-Esprit est ce que la science appelle l'Éther, qui s'épand dans l'espace illimité, et c'est dans cette substance, la substance du monde, que germent tous les atomes et les molécules de ce que l'on appelle matière. Bien que cet Élément Universel soit homogène dans son origine éternelle, une fois que ses radiations se furent répandues dans l'espace du futur Univers manifesté, les forces centripète et centrifuge du mouvement perpétuel d'attraction et de répulsion ne tardèrent pas à polariser ses particules éparpillées en leur communiquant des propriétés particulières que la Science considère maintenant sous la forme d'éléments variés et distincts entre eux. Envisagée comme un tout homogène, la matière du monde dans son état primordial est parfaite. Désintégrée, elle perd sa propriété de pouvoir créateur inconditionné, elle doit s'associer avec ses contraires. Ainsi, les premiers mondes et les premiers Êtres Cosmiques, à l'exception du « Soi-Existant » — qui constitue un mystère que personne ne peut essayer d'approcher sérieusement, car seul l'œil divin des Initiés les plus développés peut le percevoir, mais aucun langage humain ne pourrait l'expliquer aux enfants de notre temps — les premiers mondes et les premiers Êtres furent des échecs, parce que les uns n'avaient pas en eux la force créatrice inhérente nécessaire à la poursuite de leur évolution indépendante et que les autres — les premiers ordres des Êtres créés — n'avaient pas d'âme immortelle. L'élément purusha qui fait partie intégrante de l'Anima Mundi, dans son aspect prakritique, était trop faible en eux pour leur permettre une conscience quelconque pendant les intervalles (entractes) séparant leurs existences au cours de la période évolutive et du cycle de vie. Les trois classes d'Êtres, les Pitri-Rishis, les Fils de la Flamme, durent fusionner harmonieusement leurs trois principes supérieurs avec le Quatrième (le Cercle) et le Cinquième (le principe microcosmique) avant que l'union nécessaire puisse être réalisée et que le résultat convenable en découle. « II y eut des mondes primitifs qui périrent dès qu'ils vinrent à l'existence ; ils étaient sans forme, et ils furent appelés des étincelles. Ces étincelles sont les mondes primordiaux qui ne purent subsister car le Saint des Âges n'avait pas encore assumé la forme » (9) (des contraires parfaits non seulement dans les sexes opposés mais aussi dans la polarité cosmique). « Pourquoi ces mondes primordiaux furent-ils détruits ? Parce que » , répond le Zohar, « l'homme représenté par les dix sephiroth n'était pas encore. La forme humaine contient tout (l'esprit, l'âme et le corps) et comme elle n'existait pas encore les mondes furent détruits » .

Nous voyons donc immédiatement que c'est sans aucun secours des pitri qu'ont lieu les différents phénomènes des fakirs indiens, des magiciens et autres, phénomènes cent fois plus variés et plus étonnants que l'on en vit jamais en Europe et en Amérique civilisées. Les pitri n'ont absolument rien à faire dans de telles exhibitions publiques, et les « esprits des morts » encore moins. Nous n'avons qu'à consulter la nomenclature des principaux daïmons ou esprits élémentaux pour voir que leurs noms mêmes indiquent leurs fonctions ou, pour être plus précis, les effets spéciaux et tours de magie auxquels chaque variété est particulièrement adaptée. Par exemple, le mot mâdan, est un terme générique désignant des esprits élémentaux mauvais, mi-brutes, mi-monstres, car mâdan signifie « qui ressemble à une vache ». C'est l'ami des sorciers malveillants ; il les aide à atteindre leurs buts maléfiques de vengeance en frappant les hommes ou le bétail de maladies soudaines et de mort.

Le shudâlai-mâdan, ou démon des cimetières, correspond à nos vampires. Il se complaît dans les endroits où des crimes et des meurtres ont été commis, près des tombes et des lieux d'exécution. Il aide le sorcier dans tous les phénomènes du feu, comme le font aussi les kutti shâttan, les petits esprits sorciers. Le shudâlai, dit-on, est un démon mi-feu, mi-eau, car il reçut de Shiva la permission de prendre la forme qu'il choisit, et de transformer une chose en une autre ; et lorsqu'il n'est pas dans l'élément du feu, il est dans celui de l'eau. C'est lui qui mystifie les gens en leur « faisant voir ce qu'ils ne voient pas » . Shûlai mâdan désigne un autre esprit malin. C'est le démon des fours, habile dans l'art de la poterie et de la boulangerie. Si vous restez ami avec lui, il ne vous fera aucun mal ; mais malheur à celui qui encourt sa colère. Le shûlai aime les compliments et la flatterie et comme il se trouve généralement sous terre, c'est à lui que le sorcier doit s'adresser pour l'aider à faire pousser un arbre d'une graine, en un quart d'heure, et faire mûrir ses fruits.

Kumil-mâdan désigne l'ondine véritable. C'est un esprit élémental de l'eau et son nom signifie qui souffle comme une bulle. C'est un esprit très gai qui aidera un ami dans tout ce qui a trait à son département. Il peut faire tomber la pluie et montrer le futur et le présent à ceux qui ont recours à l'hydromancie ou la divination par l'eau.

Le démon Poruthû-mâdan est « batailleur » . C'est le plus fort de tous. Chaque fois que la force physique est requise pour des phénomènes tels que la lévitation, le domptage d'animaux sauvages, il aide l'exécutant en le maintenant au-dessus du sol ou bien en maîtrisant la bête féroce avant que le dompteur ait eu le temps de prononcer son incantation. Ainsi, chaque « manifestation physique » a sa propre classe d'esprits élémentaux qui la contrôle. Outre ceux-ci, il y a, en Inde, les pisâcha, daïmons des races des gnomes, des géants et des vampires ; les gandharva, bons daimons, séraphins chanteurs célestes ; et les asura et les nâga, les esprit titaniques et les esprits à têtes de dragons ou de serpents.

Il ne faut pas confondre ces diverses classes avec les élémentaires, les âmes et les coques des humains défunts. Une fois de plus, nous devons faire la distinction entre ce qui est appelé l'âme astrale — c'est-à-dire la partie inférieure du cinquième Principe double unie à l'animal — et le véritable Ego. Car la doctrine des Initiés enseigne qu'aucune âme astrale, même celle d'un homme pur, bon et vertueux, n'est immortelle dans le sens le plus strict du mot. « C'est des éléments qu'elle a été formée et aux éléments qu'elle doit retourner » . Nous pouvons nous arrêter ici et ne rien ajouter : tout Brahmane érudit, tout chéla et théosophe réfléchi comprendra pourquoi. En effet, chacun d'eux sait que si l'âme du méchant disparaît pour être absorbée sans rédemption, celle de toute autre personne, même moyennement pure, échange simplement ses particules éthérées pour d'autres encore plus éthérées ; et aussi longtemps qu'il reste en elle une étincelle du Divin, l'homme-dieu, ou plutôt son Ego inviduel, ne peut mourir. Proclus a dit :

« Après la mort, l'âme (l'esprit) continue à flotter dans le corps aérien (forme astrale), jusqu'à ce qu'elle soit entièrement purifiée de toute passion nourrie de volupté ou de colère... alors, par une seconde mort, elle se débarrasse du corps aérien comme elle s'est débarrassée du corps physique. Et ensuite, les anciens disent qu'il existe un corps céleste toujours uni à l'âme, qui est immortel, lumineux et semblable à une étoile... »
tandis que l'âme purement humaine ou l'aspect inférieur du cinquième Principe ne l'est pas. Les explications ci-dessus ainsi que la signification des attributs réels et de la mission des pitri pourront aider à mieux comprendre ce passage de Plutarque :

«Et la lune est l'élément de ces âmes parce que ces âmes se dissolvent en elle comme les corps des décédés dans la terre. Celles, en vérité, qui ont été vertueuses et honnêtes, qui ont eu une vie tranquille et philosophique, sans se commettre dans des affaires difficiles se désintègrent rapidement ; abandonnées par le noûs (la compréhension) et ne se servant plus des passions corporelles, elles disparaissent sans tarder (10). »

Les anciens Égyptiens, qui tenaient leur connaissance des Aryens de l'Inde, poussèrent leurs recherches très loin dans le domaine des êtres « élémentaux » et « élémentaires » . Les archéologues modernes ont décrété que les figures dépeintes sur les divers papyrus du Livre des Morts, ainsi que les autres symboles s'y rapportant qui sont peints sur les sarcophages et les murs des temples souterrains, ou sculptés sur les monuments d'Égypte, ne sont d'une part que des représentations purement fantaisistes des dieux et, d'autre part, une preuve du culte que les Égyptiens rendaient aux chats, aux chiens et à toutes sortes d'animaux rampants. Cette idée moderne est entièrement erronée et provient de l'ignorance du monde astral et de ses étranges habitants.

Il y a de nombreuses classes distinctes d' « élémentaires » et d' « élémentaux » . Parmi les premiers, les plus remarquables par l'intelligence et la malignité sont ceux que l'on appelle les « esprits terrestres » . II suffit pour le moment de dire qu'ils sont les larves ou ombres des êtres qui ont vécu sur terre, que ces êtres aient été bons ou mauvais. Ce sont les principes inférieurs de tous les êtres désincarnés et l'on peut les diviser en trois groupes principaux. Le premier groupe comprend ceux qui ayant refusé toute lumière spirituelle, sont morts profondément enfoncés dans la boue de la matière et en qui l'Esprit immortel s'est progressivement séparé de leur Âme pécheresse. Ce sont, à proprement parler, les Âmes désincarnées des dépravés. Ces Âmes s'étant, à un certain moment antérieur à la mort, séparées de leur Esprit divin ont ainsi perdu leur chance d'immortalité. Éliphas Lévi et certains autres cabalistes ne font que peu ou pas de distinction entre les esprits élémentaires qui ont été des hommes et les êtres qui peuplent les éléments et constituent les forces aveugles de la nature. Une fois séparées de leurs corps, ces Âmes (que l'on appelle aussi « corps astraux » ), particulièrement celles des personnes purement matérialistes, sont irrésistiblement attirées vers la terre où elles vivent une vie temporaire et limitée, au milieu d'éléments qui sont à l'unisson de leur nature grossière. N'ayant jamais pendant leurs vies naturelles cultivé leur spiritualité, mais l'ayant surbordonnée à tout l'aspect matériel et grossier, elles sont maintenant inaptes à poursuivre le destin élevé de l'être pur désincarné pour qui l'atmosphère de la terre est suffocante et méphitique. Ce dernier est non seulement attiré loin de la terre mais il ne peut rien avoir à faire consciemment avec la terre et ses habitants, même s'il le voulait, à cause de sa condition dévachanique. Nous indiquerons plus loin les exceptions à cette règle. Après une période de temps plus ou moins prolongée, ces âmes matérielles commencent à se désintégrer et finalement se dissolvent, comme une colonne de brouillard, atome par atome, dans les éléments environnants.

Ce sont les « coques » qui restent le plus longtemps en kâma loka ; saturé comme il l'est d'effluves terrestres, leur kâmarûpa (corps de désir) bourré de sensualité et rendu impénétrable à l'influence spiritualisante de leurs principes supérieurs, dure plus longtemps et ne se dissipe qu'avec difficulté. Ces coques, nous dit-on, continuent parfois d'exister pendant des siècles avant la désintégration finale en leurs éléments respectifs.

Le deuxième groupe comprend tous les êtres désincarnés qui, ayant eu leur part moyenne de spiritualité, ont cependant été plus ou moins attachés aux choses de la terre et à la vie terrestre, ayant leurs aspirations et leurs affections centrées plus sur la terre qu'au ciel ; le séjour en kâma loka des « restes » de cette classe ou groupe d'hommes qui ont appartenu à la moyenne de l'humanité, est d'une durée beaucoup plus courte, tout en étant cependant assez longue en elle-même et proportionnée à l'intensité de leur désir de vivre.

Il reste, comme troisième classe, les âmes désincarnées de ceux dont les corps ont péri par la violence : ce sont des hommes à tout point de vue, excepté le corps physique, jusqu'à ce que la durée normale de leur vie se soit écoulée.

Les cabalistes considèrent également comme élémentaires ce que nous avons appelé embryons psychiques, la « privation » de la forme de l'enfant qui sera. Selon la doctrine d'Aristote, il y a dans les corps naturels trois principes, la privation, la matière et la forme. Ces principes peuvent s'appliquer à ce cas particulier. C'est dans le mental invisible de l'Âme Universelle (dans lequel tous les types et toutes les formes existent depuis l'éternité) que nous situons la « privation » de l'enfant qui sera, privation qui ne doit pas être considérée dans la philosophie aristotélicienne comme un principe entrant dans la composition des corps, mais comme une propriété extérieure intervenant dans leur production ; car la production est un changement par lequel la matière passe de la forme qu'elle n'a pas à celle qu'elle prend. Bien que la privation de la forme de l'enfant qui n'est pas encore né (de même que la forme future de la montre qui n'existe pas encore) constitue ce qui n'est encore ni substance, ni extension, ni qualité, ni aucune sorte d' « existence » , elle est cependant quelque chose qui est, bien que son contour pour exister doive acquérir une forme objective ; en un mot, l'abstrait doit devenir concret. Ainsi, dès que cette privation de matière est transmise par l'énergie à l'Æther universel, elle devient une forme matérielle, aussi sublimée soit-elle. Si la science moderne enseigne que la pensée humaine « influence en même temps que la nôtre la matière d'un autre univers » , comment celui qui croit en un Mental Universel peut-il nier que la pensée divine soit également transmise, par la même loi d'énergie, à notre intermédiaire commun, l'Æther universel — l'aspect inférieur de l'Âme du Monde ? II est vrai que la Philosophie Occulte ne reconnaît pas à ce Mental Universel une intelligence et une conscience capables d'entrer en relation avec les manifestations finies et conditionnées de ce monde phénoménal de matière. Mais la philosophie védantine, comme la philosophie bouddhiste, parlant de lui comme de la Conscience Absolue, montre par là que la forme et le progrès de tout atome de l'univers conditionné doivent avoir existé en lui pendant les cycles infinis de l'Éternité. Et s'il en est ainsi, il doit s'ensuivre qu'une fois là la Pensée Divine se manifeste objectivement, cette énergie reproduisant fidèlement les contours de ce dont la « privation » est déjà dans le mental divin. Seulement, nous ne devons pas comprendre que cette Pensée crée la matière ou même les privations. Non, elle ne développe de son contour latent que le projet de la forme future ; la matière qui sert à réaliser ce projet ayant toujours été en existence et ayant été préparée à former un corps humain par une série de transformations progressives, qui sont le produit de l'évolution. Les formes passent ; les idées qui les créèrent et le matériau qui leur donna l'objectivité restent. Ces modèles encore dépourvus d'esprits immortels sont les « élémentaux » ou mieux encore ces embryons psychiques qui, lorsque leur temps arrive, meurent au monde invisible et naissent dans ce monde visible sous forme d'enfants humains recevant in transitu ce Souffle Divin appelé Esprit qui achève l'homme parfait. Cette classe ne peut pas communiquer avec les hommes, ni subjectivement, ni objectivement.

La différence essentielle entre le corps d'un tel embryon et un élémental proprement dit est que l'embryon, l'homme futur, contient en lui-même une portion de chacun des quatre grands règnes, c'est-à-dire : le feu, l'air, la terre et l'eau ; tandis que l'élémental ne renferme une portion que d'un seul de ces règnes ; par exemple, la salamandre, ou élémental du feu, n'a qu'une portion du feu primordial et rien d'autre. L'homme étant plus élevé que ces élémentaux, la loi d'évolution se trouve illustrée par la présence de tous les quatre en lui. Il en résulte que les élémentaux du feu ne se trouvent pas dans l'eau, ni ceux de l'air dans le règne du feu. Et cependant, étant donné qu'il y a une partie d'eau non seulement dans l'homme, mais aussi dans les autres corps, les élémentaux coexistent réellement et s'interpénétrent dans toute substance, de même que le monde spirituel existe et est présent dans le monde matériel. Mais il s'agit ici des élémentaux dans leur état latent le plus primitif.
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Re: Les élémentaux ; Raja Yoga ou occultisme.

Message par obsidienne le Lun 14 Sep - 22:30

Partie 2 (↑ sommaire)

Une autre classe est constituée par ces êtres élémentaux qui ne deviendront jamais des hommes dans le manvantara actuel, mais qui occupent pour ainsi dire un échelon spécial sur l'échelle de l'être et qui, en comparaison avec les autres, peuvent être à juste titre appelés les esprits de la nature, ou les agents cosmiques de la nature, chacun étant confiné à son propre élément et ne transgressant jamais les limites des autres. Ces élémentaux sont ce que Tertullien appela les « princes des pouvoirs de l'air » .

Dans les enseignements des cabalistes orientaux et des alchimistes et rosicruciens occidentaux, on en parle comme des créatures formées par l'évolution dans chacun des quatre règnes — la terre, l'air, le feu et l'eau. Ils sont respectivement appelés gnomes, sylphes, salamandres et ondines. Étant des Forces de la nature, ils produisent des effets soit comme agents serviles de la loi générale, soit en étant employés — comme on l'a montré plus haut — par les esprits désincarnés, purs ou impurs, et par des adeptes vivants de la magie ou de la sorcellerie, pour produire certains phénomènes désirés. De tels êtres ne deviennent jamais des hommes (11).

Sous la désignation générale de fées, ces esprits des éléments apparaissent dans les mythes, les fables, les traditions, ou la poésie de toutes les nations anciennes et modernes. Leurs noms sont légion : péris, devs, djinns, sylvains, satyres, faunes, elfes, nains, gnomes, nornes, nises, kobolds, brownies, neeks, strœmkarls, ondines, nixes, lutins, feux follets, fées, génies des eaux, habitants des marécages, bonnes gens, bons voisins, mégères, hommes de paix, dames blanches et bien d'autres encore. Ils ont été vus, craints, bénis, bannis et invoqués dans toutes les parties du globe et dans tous les âges. Devons-nous admettre que tous ceux qui les ont vus étaient hallucinés ?

Ces élémentaux sont les principaux agents des « coques » désincarnées, mais jamais visibles, qui sont prises pour des esprits aux séances spirites et ils produisent, comme on l'a montré, tous les phénomènes, sauf les phénomènes subjectifs.

Au cours de cet article, nous adopterons le terme « élémental » pour désigner uniquement ces esprits de la nature et sans y attacher l'idée d'un autre esprit ou d'une monade ayant vécu dans une forme humaine.

Comme on l'a déjà dit, les élémentaux n'ont pas de forme, et en essayant de décrire ce qu'ils sont, il est préférable de dire qu'ils sont des « centres de forces » ayant des désirs instinctifs mais pas de conscience telle que nous la comprenons. Par conséquent, leurs actes peuvent être indifféremment bons ou mauvais.

On dit de cette classe qu'elle ne possède qu'un seul des trois principaux attributs de l'homme. Ils n'ont ni esprit immortel, ni corps tangible, mais seulement des formes astrales qui participent à un degré marqué de l'élément auquel ils appartiennent, et aussi de l'éther. Ils sont une combinaison de matière sublimisée et de mental rudimentaire. Certains restent sans changement à travers différents cycles, mais n'ont cependant pas d'individualité séparée, agissant pour ainsi dire collectivement. D'autres, relevant de certains éléments et espèces, changent de forme selon une loi fixe que les cabalistes expliquent. Le plus dense de leurs corps est généralement juste assez immatériel pour ne pas tomber sous la perception de notre vue physique, mais il n'est pas suffisamment non-substantiel pour que la vision intérieure ou clairvoyante ne puisse le distinguer parfaitement.

Non seulement ils existent et peuvent tous vivre dans l'éther, mais encore ils peuvent s'en servir et le diriger pour la production d'effets physiques, aussi facilement que nous pouvons comprimer de l'air ou de l'eau pour le même but au moyen de machines pneumatiques ou hydrauliques ; dans ces opérations, ils sont aidés facilement par les coques ou les élémentaires humains. Plus encore, ils peuvent le condenser de façon à s'en faire des corps tangibles auxquels ils peuvent ensuite, grâce à leurs pouvoirs protéens, faire prendre l'apparence qu'ils désirent, en prenant comme modèles les portraits qu'ils trouvent imprimés dans la mémoire des personnes présentent. Il n'est pas nécessaire que ceux qui assistent à la séance pensent au moment donné à la personne qui est représentée. Son image peut avoir disparu des années auparavant. Le mental reçoit une impression indélébile même de rencontres fortuites ou de personnes avec lesquelles on ne s'est trouvé qu'une fois en relation. Une exposition de quelques secondes de la plaque photographique sensible est tout ce qui est nécessaire pour conserver indéfiniment l'image du sujet et il en est de même pour le mental.

Suivant la doctrine de Proclus, les régions supérieures, depuis le Zénith de l'Univers jusqu'à la Lune, appartiennent aux dieux ou aux esprits planétaires, selon leurs hiérarchies et leurs classes. Les plus élevés parmi eux sont les douze Huper-ouranioi, ou dieux supra-célestes qui ont des légions entières de daïmons subalternes sous leurs ordres. Ils sont immédiatement suivis, en rang et en pouvoir, par les dieux intra-cosmiques, les egkosmioi, dont chacun préside sur un grand nombre de daimons à qui ils communiquent leur pouvoir qu'ils passent à volonté de l'un à l'autre. Il s'agit là évidemment des forces personnifiées de la nature et de leurs corrélations mutuelles, lesquelles sont représentées par la troisième classe — celle des élémentaux que nous venons de décrire.

Proclus montre en outre, d'après le principe de l'axiome hermétique, — des types et des prototypes, — que les sphères inférieures ont leurs subdivisions et leurs classes d'êtres comme les sphères supérieures célestes, les premières étant toujours subordonnées aux plus élevées. Il maintient que les quatre éléments sont tous peuplés de daïmons, et assure, comme Aristote, que l'univers est plein et qu'il n'y a pas de vide dans la nature. Les daïmons de la terre, de l'air, du feu et de l'eau sont d'une essence élastique, éthérée et semi-corporelle. Ce sont ces classes qui servent d'agents intermédiaires entre les dieux et les hommes. Bien qu'inférieurs en intelligence au sixième ordre des Daïmons supérieurs, ces êtres président directement aux éléments et à la vie organique. Ils dirigent la croissance, la floraison, les propriétés et les divers changements des plantes. Ils sont les idées ou vertus personnifiées de la divine Hylê (matière primordiale) dans la matière inorganique ; et comme le règne végétal est d'un degré plus élevé que le minéral, ces émanations des dieux célestes prennent forme et vie dans la plante et deviennent son âme. C'est ce que la doctrine d'Aristote appelle la forme dans les trois principes des corps naturels, classifiés par lui comme étant la privation, la matière et la forme. Sa philosophie enseigne qu'à côté de la matière originelle un autre principe est nécessaire pour compléter la nature triple de chaque particule : c'est la forme ; il s'agit d'un être invisible mais cependant, dans le sens ontologique du mot, substantiel, vraiment distinct de la matière proprement dite. Ainsi, dans un animal ou dans une plante — à côté des os, de la chair, des nerfs, du cerveau et du sang pour l'animal, de la pulpe, des tissus, des fibres et de la sève pour la plante — sang et sève qui, en circulant dans les veines et les fibres nourrissent toutes les parties de l'animal ou de la plante — et à côté des esprits animaux, qui sont les principes du mouvement, et de l'énergie chimique qui est transformée en énergie vitale dans la feuille verte, il doit y avoir une forme substantielle qu'Aristote appelle dans le cheval, l'âme du cheval, Proclus, le daïmon de tout minéral, plante ou animal, et les philosophes médiévaux, les esprits élémentaires des quatre règnes.

Dans notre siècle, tout ceci est considéré comme « métaphysique poétique » et superstition grossière. Cependant sur la base de principes strictement ontologiques, il y a dans ces vieilles hypothèses une trace de probabilité, une certaine clé aux chaînons manquants si controversés par la science exacte. Celle-ci est devenue dernièrement si dogmatique que tout ce qui se trouve au delà de la connaissance de la science inductive est taxé d'imaginaire ; et nous trouvons le Professeur Joseph Le Conte affirmant que quelques-uns des meilleurs savants « tournent en ridicule l'emploi du terme " force vitale " ou vitalité, comme étant un restant de superstition » (12). De Candolle suggère le terme « mouvement vital » au lieu de force vitale (13), préparant ainsi un saut scientifique définitif qui transformera l'homme pensant immortel en un automate muni d'un mouvement d'horlogerie intérieur. « Mais » , objecte Le Conte, « pouvons-nous concevoir le mouvement sans force ? Et si le mouvement est particulier, il en est de même de la forme de la force. »

Dans la Cabale juive, les esprits de la nature étaient désignés sous le nom générique de shedim et divisés en quatre classes. Les Hindous les appellent bhûta et deva, les Persans les nommaient tous dev, et les Grecs, sans faire de nuance, daïmons ; les Égyptiens les connaissaient comme afrites. Les anciens Mexicains, nous dit Kaiser, croyaient en l'existence de nombreuses demeures des esprits ; dans l'une de celles-ci les ombres des enfants innocents s'y trouvaient jusqu'à leur délivrance ; dans une autre, située dans le soleil, montaient les âmes vaillantes des héros, tandis que les spectres hideux des pécheurs incorrigibles étaient condamnés à errer désespérés dans des lieux souterrains, enchaînés dans le sein de l'atmosphère terrestre, sans vouloir ni pouvoir se libérer. Ceci prouve d'une façon très claire que les anciens Mexicains connaissaient en partie les doctrines du kâma loka. Les spectres passaient leur temps à communiquer avec les mortels et à effrayer ceux qui pouvaient les voir. Certaines tribus africaines les connaissent sous le nom de yowahous. Dans le panthéon indien, comme nous l'avons souvent fait remarquer, il n'y a pas moins de 330 000 000 de sortes différentes d'esprits, y compris les élémentaux, dont certains étaient appelés daitya par les Brahmanes. Les adeptes savent que ces êtres sont attirés vers certaines régions des cieux par quelque influence manifestant la même propriété mystérieuse qui fait tourner l'aiguille aimantée vers le nord et obéir certaines plantes à la même attraction. Si nous voulons bien nous rappeler le fait que le mouvement rapide des planètes dans l'espace doit créer nécessairement un trouble aussi profond dans le milieu plastique et raréfié de l'éther que le passage d'un boulet de canon dans l'air ou celui d'un bateau dans l'eau, mais sur une échelle cosmique, nous pourrons comprendre, si l'on admet que nos principes sont justes, que certains « aspects » planétaires peuvent produire une agitation beaucoup plus violente et mettre en mouvement des courants beaucoup plus forts dans une direction donnée que d'autres. Nous pouvons aussi voir pourquoi selon les différents aspects des étoiles, ces légions d'élémentaux amicaux ou hostiles peuvent être précipités sur le plan de notre atmosphère ou dans une certaine partie de celle-ci et rendre le fait tangible par les effets qui s'ensuivent. Si nos astronomes royaux peuvent parfois prédire des cataclysmes tels que des tremblements de terre et des inondations, les astrologues et les mathématiciens de l'Inde peuvent le faire et l'ont fait avec encore beaucoup plus de précision et d'exactitude en se servant de données qui apparaîtraient parfaitement ridicules à nos sceptiques modernes. On admet aussi que les diverses classes d'esprits ont une sympathie spéciale pour certains tempéraments humains et peuvent agir plutôt sur les uns que sur les autres ; ainsi une personne bilieuse, lymphatique, nerveuse ou sanguine serait affectée favorablement ou défavorablement par les conditions des corps planétaires. Ayant atteint ce principe général, après avoir noté des observations s'étendant sur une série indéfinie d'années ou d'âges, il doit suffire à l'astrologue-adepte de connaître les aspects planétaires à une date antérieure donnée et d'appliquer sa connaissance des changements successifs des corps célestes, pour pouvoir suivre avec une exactitude approximative, les fortunes changeantes de la personne dont l'horoscope est demandé, et même prédire l'avenir. Bien entendu, l'exactitude de l'horoscope ne dépend pas moins des connaissances astronomiques de l'astrologue que de sa connaissance des forces occultes et des classes d'esprits de la nature.

Pythagore enseigne que l'univers tout entier est une vaste série de combinaisons mathématiques correctes, et, pour Platon, la Déité géométrise. Le monde est soutenu par la même loi d'équilibre et d'harmonie que celle sur laquelle il fut construit. La force centripète ne pourrait pas se manifester sans la force centrifuge dans les révolutions harmonieuses des sphères ; toutes les formes sont le produit de cette force double dans la nature. Ainsi, pour illustrer notre cas, nous pouvons assimiler l'esprit à l'énergie spirituelle centrifuge et l'âme à l'énergie spirituelle centripète. Lorsqu'elles sont en harmonie parfaite, ces deux forces produisent un résultat ; brisez ou empêchez le mouvement centripète de l'âme terrestre tendant vers le centre qui l'attire ; arrêtez son progrès en la chargeant d'un poids de matière plus lourd que celui qu'elle peut porter et l'harmonie du tout qui était sa vie est détruite. La vie individuelle ne peut se poursuivre que soutenue par cette force double. La moindre perturbation de cette harmonie l'endommage et, lorsqu'elle est détruite au delà de toute rédemption, les forces se séparent et la forme est graduellement annihilée. Après la mort des dépravés et des méchants arrive le moment critique. Si, pendant la vie, le dernier effort désespéré que fait le soi intérieur pour se réunir à la lueur vacillante de sa monade divine est négligé ; s'il est permis à la croûte de plus en plus dense de matière d'empêcher progressivement cette faible lueur de la traverser, l'âme, une fois libérée du corps, suit ses attractions, terrestres, attirée puis maintenue magnétiquement dans les brouillards épais de l'atmosphère matérielle du käma loka. Elle commence alors à sombrer de plus en plus bas jusqu'à ce qu'elle se trouve, quand elle est revenue à la conscience, dans ce que les anciens nommaient le Hadès, et nous avîchi. L'annihilation d'une telle âme n'est jamais instantanée ; elle peut durer des siècles peut-être, car la nature ne procède jamais par sauts ni par bonds et l'âme astrale de la personnalité étant formée d'éléments, la loi d'évolution requiert un certain temps pour son oeuvre. Alors commence la terrible loi de compensation, le yin-youan des initiés bouddhistes.

Cette classe d'esprits est appelée les « terrestres » ou « élémentaires terrestres » par opposition aux autres classes, comme nous l'avons montré au début. Mais il existe encore une autre classe bien plus dangereuse. En Orient, il en est question sous le nom de « Frères de l'Ombre » . Ce sont des hommes vivants, possédés par les élémentaires attachés à la terre ; quelquefois, ces hommes sont leurs maîtres, mais ils finissent toujours par devenir les victimes de ces terribles êtres. Au Sikkim et au Tibet, on les appelle dugpas (bonnets rouges) par opposition aux gelugpas (bonnets jaunes) auxquels la plupart des adeptes appartiennent. Nous devons ici prier le lecteur de ne pas interpréter ceci faussement, car bien que tout le Bhoutan et le Sikkim appartiennent à l'ancienne religion des bhons, généralement connus maintenant sous le nom de dugpas, nous ne voulons pas dire que toute la population soit possédée, en masse, ou que tous les gens soient des sorciers. Parmi eux, on peut trouver des hommes aussi bons que n'importe où ailleurs et nous ne parlons ici que de « l'élite » de leurs lamaseries, d'un noyau de prêtres, de « danseurs du diable » et d'adorateurs de fétiches dont les rites épouvantables et mystérieux sont absolument inconnus de la plus grande partie de la population. Ainsi il y a deux classes de ces terribles « Frères de l'Ombre » , les vivants et les morts. Les uns et les autres, rusés, bas, vindicatifs, cherchent à reporter leurs souffrances sur l'humanité ; ils deviennent, jusqu'à l'annihilation finale, des vampires, des goules et des acteurs de premier plan dans les séances spirites. Ce sont les « stars » des grands spectacles spirites de « matérialisation » , phénomènes qu'ils accomplissent avec l'aide des plus intelligentes parmi les authentiques créatures « élémentales » , qui flottent autour d'eux et les accueillent avec délice dans leurs propres sphères. Henry Khunrath, le grand cabaliste allemand, dans son ouvrage rare Amphitheatrum Sapientiæ Æternæ, a inséré une planche qui illustre les quatre classes de ces « esprits élémentaires » humains. Dès que l'adepte a passé le seuil du sanctuaire de l'initiation, lorsqu'il a soulevé le voile d'Isis, la Déesse mystérieuse et jalouse, il n'a plus rien à craindre, mais avant ce moment, il reste en danger constant.

Les mages et les philosophes théurgiques s'élevaient très énergiquement contre « l'évocation des âmes » . « Ne la (l'âme) faites pas venir, de crainte qu'en repartant elle n'emmène quelque chose » , dit Psellos. « II ne vous sied pas de les contempler avant que votre corps ne soit initié car, par l'effet d'une tromperie constante, elles séduisent les âmes de ceux qui ne sont pas initiés » , dit encore le même philosophe. Ces philosophes s'élevaient contre de telles évocations pour diverses bonnes raisons : 1° il est extrêmement difficile de distinguer un bon daïmon d'un mauvais, dit Jamblique. 2° Si la coque d'un homme bon réussit à pénétrer la densité de l'atmosphère terrestre - toujours oppressive, souvent répugnante - il y a cependant un danger qu'elle ne peut éviter : l'âme ne peut pas venir à proximité du monde matériel « sans en retenir quelque chose en repartant » , c'est-à-dire qu'elle souille sa pureté, ce dont elle a plus ou moins à souffrir après son départ. Par conséquent, le véritable théurgiste évitera de causer plus de souffrance à un pur habitant des sphères supérieures qu'il n'est absolument nécessaire dans l'intérêt de l'humanité. Il n'y a que les praticiens de la magie noire - tels que les dugpas du Bhoutan et du Sikkim - qui, par de puissantes incantations de nécromancie, forcent la présence des âmes souillées d'êtres ayant eu des vies mauvaises, et qui sont disposés à les aider dans leurs desseins égoïstes.

En ce qui concerne les rapports avec l'Augoeides par les pouvoirs médiumniques des médiums subjectifs, nous abordons ailleurs le sujet.

Les théurgistes employaient des produits chimiques et des substances minérales pour chasser les mauvais esprits. Parmi ces dernières, une pierre appelée Mnizurin était l'un des agents les plus puissants. « Lorsque vous verrez un daïmon terrestre s'approcher, sacrifiez la pierre Mnizurin » , dit un oracle zoroastrien. (Psel., 40).

Ces « daïmons » cherchent à s'introduire dans les corps des simples d'esprit et des idots et y restent jusqu'à ce qu'ils en soient expulsé par une volonté puissante et pure. Jésus, Appollonius et certains des apôtres avaient le pouvoir de chasser les esprits en purifiant l'atmosphère à l'intérieur et autour du patient, de façon à obliger cet indésirable occupant à s'enfuir. Certains sels volatils leur sont particulièrement contraires. Zoroastre se voit confirmé à ce point de vue par M. C.F. Varley et la science antique est confirmée par la science moderne. Les effets de certains produits chimiques mis dans une soucoupe et placés sous le lit par M. Varley, de Londres (14), dans le but d'éviter la nuit certains phénomènes physiques désagréables confirment cette grande vérité. Les esprits humains purs ou même simplement inoffensifs n'ont rien à craindre, car s'étant libérés de la matière terrestre, des composés terrestres ne peuvent les influencer en aucune façon. De tels esprits sont semblables à un souffle. Il n'en est pas de même des âmes liées à la terre et des esprits de la nature.

C'est pour ces larves charnelles et terrestres, ces esprits humains dégradés, que les anciens cabalistes entretenaient un espoir de réincarnation, mais quand et comment ? À un moment favorable, si l'âme est aidée par le désir sincère de son amélioration et de son repentir nourri par quelques personnes fortes et sympathisantes, ou si intervient la volonté d'un adepte, ou même un désir émanant de l'esprit errant lui-même, pourvu qu'il soit assez fort pour lui faire rejeter son fardeau de matière pécheresse. Perdant toute conscience, la monade, jadis brillante, est attirée une fois de plus dans le tourbillon de notre évolution terrestre et repasse à travers les règnes inférieurs et respire à nouveau comme un enfant vivant. Calculer le temps nécessaire pour tout ce processus serait impossible et, puisqu'il n'y a pas de perception de temps dans l'éternité, la tentative serait simplement un pur gaspillage de travail. Porphyre dit en parlant des élémentaires :

« Depuis longtemps ces êtres invisibles reçoivent des honneurs comme des dieux de la part des hommes ; selon une croyance universelle, ils seraient capables de devenir très malveillants ; cela prouve que leur haine est dirigée contre ceux qui négligent de leur rendre un culte légitime » . (15)

Homère les décrit dans les termes suivants :

« Nos dieux nous apparaissent lorsque nous leur offrons des sacrifices... s'asseyant a nos tables, ils partagent nos festins. Chaque fois qu'ils rencontrent dans ses voyages un Phénicien solitaire, ils lui servent de guides et manifestent leur présence d'autre façon. Nous pouvons dire que notre piété nous rapproche d'eux autant que le crime et le meurtre sanglant unissent les Cyclopes et la race féroce des Géants » . (16)

Ceci prouve que ces dieux étaient des daïmons bons et bienfaisants et, qu'ils aient été des esprits désincarnés ou des élémentaux, ils n'étaient pas pour cela des « diables » .

Le langage de Porphyre, qui était lui-même un disciple direct de Plotin, est encore plus explicite en ce qui concerne la nature de ces esprits :

« Les daïmons sont invisibles mais ils savent se revêtir de formes et de configurations sujettes à de nombreuses variations, ce qui peut être expliqué par le fait que leur nature a beaucoup de corporel en elle-même. Leur demeure se trouve dans le voisinage de la terre... et lorsqu'ils peuvent échapper à la surveillance des bons daïmons, il n'y a pas de crimes qu'ils n'osent commettre. Un jour, ils emploient la force brutale; un autre jour, la ruse » . (17)

II dit plus loin :

« C'est un jeu d'enfant pour eux d'éveiller en nous de viles passions, de donner aux sociétés et aux nations des doctrines dangereuses, de provoquer des guerres et des révoltes et autres calamités publiques et de dire ensuite que « tout ceci est l'œuvre des dieux... » Ces esprits passent leur temps à tromper les mortels, créant autour d'eux des illusions et des prodiges ; leur plus grande ambition est d'être pris pour des dieux et des âmes (esprits désincarnés) » . (18)

Jamblique, grand théurgiste de l'École néo-platonicienne et homme habile dans la magie sacrée, déclare :

« Les bons daïmons nous apparaissent en réalité, tandis que les mauvais ne peuvent se manifester que sous la forme brumeuse de fantômes. »

Plus loin, il confirme ce que dit Porphyre et explique :

« Les bons ne craignent pas la lumière tandis que les mauvais ont besoin des ténèbres... Les sensations qu'ils excitent en nous nous font croire à la présence et à la réalité des choses qu'ils nous montrent, bien que celles-ci soient absentes » . (19)

Même les théurgistes les plus entraînés coururent parfois des dangers dans leurs rapports avec certains élémentaires, et nous voyons que Jamblique écrit :

« Les dieux, les anges et les daïmons, de même que les âmes, peuvent être appelés par l'évocation et la prière... Mais si, au cours d'opérations théurgiques, une erreur est faite, attention ! N'imaginez pas que vous communiquez avec des divinités bienveillantes qui ont répondu à votre prière sincère ; non, car ce sont de mauvais daïmons sous le déguisement de bons ! Car les élémentaires prennent souvent l'apparence des bons daïmons et prétendent à un rang bien supérieur à celui qu'ils occupent en réalité. Leur vantardise les dénonce ! » (20).

Les anciens, qui ne désignaient que quatre éléments, firent de l'éther un cinquième et, du fait que son essence est rendue divine par l'invisible présence, ils le considéraient comme un intermédiaire entre ce monde et le suivant. Ils affirmaient que lorsque les intelligences directrices se retiraient d'une partie quelconque de l'éther, (l'un des quatre règnes soumis à leur surveillance) l'espace était abandonné à la possession du mal. Un adepte qui se préparait à converser avec l' « invisible » devait bien connaître son rituel et être parfaitement au courant des conditions requises pour l'équilibre parfait des quatre éléments dans la lumière astrale. Tout d'abord, il devait purifier l'essence et, dans le cercle où il cherchait à attirer les esprits purs, équilibrer les éléments, de façon à éviter l'intrusion des élémentaux dans leurs sphères respectives. Mais malheur au chercheur imprudent pénétrant sans le savoir sur un terrain défendu ! Dans ce cas le danger l'entoure à chaque pas ; il évoque des puissances qu'il ne peut maîtriser, il éveille des sentinelles qui ne laissent passer que leurs maîtres, car selon les termes du rosicrucien immortel :

« Une fois que tu as résolu de devenir le coopérateur de l'esprit du Dieu vivant, prends soin de ne pas Le gêner dans Son œuvre, car, si ta chaleur dépasse la proportion naturelle, tu as éveillé la colère des natures humides (21) et elles s'élèveront contre le feu central et le feu central contre elles et il y aura une division terrible dans le chaos » . (22)

L'esprit d'harmonie et d'union n'existe plus dans les éléments dérangés par la main imprudente et les courants de forces aveugles sont immédiatement infestés par d'innombrables créatures de matière et d'instinct — les mauvais démons des théurgistes, les diables de la théologie ; les gnomes, les salamandres, les sylphes et les ondines assaillent sous des formes aériennes multiples l'expérimentateur maladroit. Incapable d'inventer quoi que ce soit, ils fouillent votre mémoire jusque dans ses dernières profondeurs ; de là, la dépression nerveuse et l'oppression mentale de certaines natures sensitives aux séances spirites. Les élémentaux ramènent au jour des souvenirs du passé oubliés depuis longtemps, des formes, des images, de doux souvenirs et des sentences familières, sortis depuis longtemps de notre souvenir, mais fidèlement conservés dans les inscrutables profondeurs de notre mémoire et dans les tablettes astrales du « Livre de Vie » impérissable.

L'auteur du système de philosophie des Homoeoméries, Anaxagore de Clazomène, croyait fermement que les prototypes spirituels de toutes les choses ainsi que leurs éléments devaient se trouver dans l'éther sans limite où ils étaient engendrés, d'où ils évoluaient et où ils retournaient lorsqu'ils revenaient de la terre. De même que les Hindous qui avaient personnifié leur Akâsha et en avaient fait une entité déifiée, les Grecs et les Latins avaient déifié l'Æther. Virgile appelle Zeus, Pater Omnipotens Æther (23), Magnus, le Grand Dieu, l'Éther. Ces êtres, les esprits élémentaux des cabalistes (24), sont ceux que le clergé chrétien dénonce comme étant les « diables » , les ennemis de l'humanité !
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obsidienne

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Re: Les élémentaux ; Raja Yoga ou occultisme.

Message par obsidienne le Lun 14 Sep - 22:31

Partie 3 (↑ sommaire)

Dans ce monde, toute chose organisée, visible ou invisible, a un élément qui lui est approprié. Le poisson vit et respire dans l'eau ; la plante absorbe l'acide carbonique qui provoquerait la mort des animaux et des hommes ; certains êtres sont organisés pour les couches d'air raréfié d'autres existent seulement dans les couches les plus denses. La vie de certains dépend du soleil, celle d'autres des ténèbres et ainsi la sage économie de la nature adapte à toute condition existante une forme vivante. Ces analogies nous permettent de conclure que non seulement il n'y a pas de partie inoccupée dans la nature universelle, mais également que, pour chaque chose qui possède la vie, des conditions spéciales sont fournies et, étant fournies, elles sont nécessaires. Maintenant, en admettant que l'univers a un côté invisible, cette caractéristique habituelle de la nature permet de déduire que ce second aspect est occupé comme le premier et que chaque espèce d'occupants se trouve dans les conditions indispensables à son existence. Il est aussi illogique de supposer que des conditions semblables sont fournies à tous qu'il le serait de maintenir une théorie semblable au sujet des habitants du domaine de la nature visible. Le fait qu'il existe des « esprits » implique qu'il en existe une grande diversité ; car les hommes diffèrent et les « esprits » humains ne sont que des hommes désincarnés.

II est aussi absurde de dire que tous les « esprits » sont semblables, adaptés à la même atmosphère, doués des pouvoirs semblables ou dirigés par les mêmes attractions — électrique, magnétique, odique, astrale, peu importe — qu'il serait absurde de dire que toutes les planètes ont la même nature ou que tous les animaux sont amphibies ou que tous les hommes peuvent être nourris avec les mêmes aliments. Tout d'abord, ni les élémentaux, ni les élémentaires eux-mêmes ne peuvent être appelés des « esprits » . Il est raisonnable de supposer que, de tout cet ensemble d'êtres, les natures les plus grossières doivent être ravalées dans les plus grandes profondeurs de l'atmosphère spirituelle, ou, en d'autres termes, se trouver le plus près de la terre. Inversement, les plus pures doivent en être les plus éloignées. Dans ce que nous pourrions appeler — si nous pouvions forger un mot nouveau — la « psychomatique » de l'occultisme, il est aussi peu soutenable de prétendre que l'une quelconque de ces sortes d'êtres éthérés puisse occuper la place d'une autre, ou vivre dans les conditions qui conviennent à cette autre, qu'il le serait en hydraulique de supposer que deux liquides de densités différentes puissent échanger les degrés mesurés pour chacun d'eux sur l'aréomètre de Baumé.

Görres, décrivant une conversation qu'il eut avec des Hindous de la côte de Malabar, rapporte que, leur ayant demandé s'ils avaient des esprits parmi eux, ils répondirent :

« Oui, mais nous savons que ce sont de mauvais bhûta (esprits , ou plutôt des entités « vides » , des « coques » )... ceux qui sont bons ne peuvent pour ainsi dire jamais apparaître. Ce sont surtout les esprits des suicidés et des assassins ou de ceux qui moururent de morts violentes. Ils restent constamment autour de nous et apparaissent sous forme de fantômes. La nuit leur est favorable. Ils séduisent les hommes faibles d'esprit et tentent les autres de mille façons différentes. » (25)

Porphyre nous présente des faits horribles dont l'exactitude est confirmée par l'expérience de tout étudiant de la magie. Il écrit :

« L'âme (26) ayant, même après la mort, une certaine affection pour son corps, une affinité proportionnée à la violence avec laquelle leur union fut brisée, nous voyons de nombreux esprits planant, désespérés, autour de leurs restes terrestres. Nous les voyons même cherchant avec avidité les restes putréfiés d'autres cadavres, mais c'est surtout le sang fraîchement répandu qui semble leur donner pour un moment quelques-uns des pouvoirs de la vie. » (27)

Bien que les spirites les discréditent tant, ces esprits de la nature — de même que les « élémentaires » , ou les « coques vides » , comme les Hindous les appellent — sont des réalités. Si les gnomes, les sylphes, les salamandres et les ondines des Rose-Croix existaient de leurs jours, ils doivent exister maintenant. Le « Gardien du Seuil » de Bulwer Lytton est une conception moderne modelée sur l'ancien type du Sulanuth des Hébreux et des Égyptiens qui est mentionné dans le Livre de Jasher (28)

Les chrétiens ont grand tort de les traiter sans discrimination comme des « diables » , des « suppôts de Satan » et de leur donner d'autres noms de même espèce. Les élémentaux ne sont pas du tout cela, mais simplement des créatures de matière éthérée, irresponsables et ni bons, ni mauvais, à moins qu'ils ne soient influencés par une intelligence supérieure. Il est vraiment extraordinaire d'entendre des catholiques dévôts les accuser à tort et se faire une idée complètement fausse sur ce que sont ces esprits de la nature, alors que l'une de leurs plus grandes autorités, Clément d'Alexandrie, a décrit ces créatures telles qu'elles sont réellement. Clément, qui a peut-être été un théurgiste en même temps qu'un néoplatonicien, et pouvait donc parler en connaissance de cause, fait remarquer qu'il est absurde de les appeler des diables (29) alors que ce sont simplement des anges inférieurs : « des pouvoirs qui habitent les éléments, qui font souffler le vent et distribuent les pluies et qui, comme tels, sont les agents de Dieu et lui sont soumis. » (30) Origène qui, avant de devenir chrétien, avait aussi appartenu à l'École platonicienne, partage cette opinion. Porphyre, comme nous l'avons vu, décrit ces daïmons, plus soigneusement que quiconque.

La Doctrine Secrète enseigne que l'homme, s'il gagne l'immortalité, restera à jamais la trinité septuple qu'il est dans la vie et continuera ainsi à travers toutes les sphères . Le corps astral qui, dans cette vie, est recouvert d'une enveloppe physique grossière, devient à son tour — lorsqu'il est débarrassé de cette couverture par le processus de la mort corporelle, — la coque d'un autre corps plus éthéré. Celui-ci commence à se développer au moment de la mort et devient parfait lorsque le corps astral de la forme terrestre s'en sépare finalement. Ce processus, dit-on, est répété à chaque nouvelle transition d'une sphère de vie à une autre. Mais l'âme immortelle, « l'étincelle d'argent » , observée par le Dr. Fenwick dans le cerveau de Margrave (dans Strange Story de Bulwer-Lytton) et qui ne se trouve pas dans les animaux, ne change jamais, mais reste à l'abri de l'atteinte de « tout ce qui peut briser son tabernacle ». Les descriptions données par Porphyre, Jamblique et d'autres sur les esprits des animaux qui habitent la lumière astrale sont confirmées par celles de nombreux clairvoyants, les plus dignes de foi et les plus intelligents. Quelquefois, les formes animales en étant matérialisées sont même rendues visibles aux personnes d'un cercle spirite. Dans son livre People from the Other World H. S. Oclott décrit un écureuil matérialisé qui suivit une femme-esprit à la vue de tous les spectateurs, qui disparut et réapparut à leurs yeux plusieurs fois et qui finalement suivit l'esprit dans un placard. Les faits donnés dans la littérature spirite moderne sont nombreux et beaucoup d'entre eux sont dignes de foi.

En ce qui concerne l'esprit humain, les notions des plus anciens philosophes et des cabalistes médiévaux, tout en différant dans certains détails, étaient d'accord dans l'ensemble et la doctrine des uns peut être considérée comme étant la doctrine des autres. La différence la plus importante tenait à la localisation de l'esprit immortel ou divin de l'homme. Tandis que les anciens néoplatoniciens considéraient que l'Augoeides ne descend jamais hypostatiquement dans l'homme vivant, mais seulement projette plus ou moins sa radiation sur l'homme intérieur — l'âme astrale — les cabalistes du Moyen Âge affirmaient que l'esprit, se détachant de l'océan de lumière et d'esprit, entrait dans l'âme de l'homme où il demeurait emprisonné durant la vie dans la capsule astrale. Cette différence était due à la croyance des cabalistes chrétiens qui prenaient plus ou moins à la lettre l'allégorie de la chute de l'homme. L'âme, disaient-ils, devint, par la « chute d'Adam » , contaminée par le monde de matière, ou Satan. Avant qu'elle ne puisse paraître devant l'Éternel, avec l'esprit divin qu'elle contient, elle devait se purifier des impuretés des ténèbres. Ils comparaient

« ... l'esprit emprisonné dans l'âme à une goutte d'eau enfermée dans une capsule de gélatine et jetée dans l'océan ; aussi longtemps que la capsule reste intacte, la goutte d'eau reste isolée ; brisez l'enveloppe et la goutte devient une partie de l'océan, — son existence individuelle cesse. Il en est de même pour l'esprit. Aussi longtemps qu'il est enfermé dans son intermédiaire plastique, ou âme, il a une existence individuelle ; brisez la capsule — ce qui peut être produit par les souffrances d'une conscience atrophiée par le crime ou une maladie morale — et l'esprit retourne à sa demeure primitive. C'en est fait de son individualité » .

D'autre part, les philosophes qui expliquaient « la chute dans la génération » à leur façon considéraient que l'esprit était absolument différent de l'âme. Ils pensaient que sa présence dans la capsule astrale se limitait aux émanations ou rayons spirituels de « l'être brillant » . L'homme et son âme spirituelle ou la monade — c'est-à-dire l'esprit et son véhicule — devaient conquérir leur immortalité en s'élevant vers l'unité à laquelle, s'ils y parvenaient, ils étaient finalement reliés, puis absorbés pour ainsi dire dans son sein. L'individualisation de l'homme après la mort dépendait de l'esprit et non de son âme astrale ou humaine — Manas et son véhicule kâmarûpa — ni du corps. Bien que le mot « personnalité » , dans le sens dans lequel on le comprend généralement, soit une absurdité lorsqu'on l'applique littéralement à notre essence immortelle, cette dernière est cependant une entité distincte, immortelle et éternelle per se, et lorsque (comme c'est le cas pour des criminels sans rédemption possible) le fil brillant qui relie l'esprit à l'âme depuis la naissance de l'enfant est violemment coupé et que l'entité personnelle désincarnée est abandonnée pour partager le sort des animaux inférieurs, se dissoudre graduellement dans l'éther, et tomber dans le terrible état d'avîchi ou disparaître entièrement dans la huitième sphère où toute la personnalité est annihilée — même alors, l'esprit reste un être distinct. Il devient un esprit planétaire, un ange, car les dieux des païens ou les archanges des chrétiens, les émanations directes de la Cause Unique, ne furent jamais et ne deviendront jamais des hommes, tout au moins sur notre planète, en dépit des affirmations audacieuses de Swedenborg.

Cette spécialisation a été de tout temps la pierre d'achoppement des métaphysiciens. Tout l'ésotérisme de la philosophie bouddhiste est basé sur cet enseignement mystérieux compris par si peu de personnes et si profondément défiguré par beaucoup de nos plus grands érudits. Même les métaphysiciens sont trop enclins à confondre l'effet avec la cause. Une personne peut avoir gagné sa vie immortelle et rester le même soi intérieur qu'elle était sur terre à travers toute l'éternité ; mais ceci n'implique pas nécessairement qu'elle doive rester soit le M. Dupont ou Durand qu'elle était sur terre, ou perdre son individualité. Par conséquent, l'âme astrale, c'est-à-dire la personnalité, comme le corps terrestre et la portion inférieure de l'âme humaine de l'homme, peut, dans le sombre au-delà, être absorbée dans l'océan cosmique des éléments sublimés et cesser de sentir son individualité personnelle, si cette dernière ne mérite pas de s'élever plus haut, et l'esprit divin ou l'individualité spirituelle peut rester une entité inchangée, bien que cette expérience terrestre de ses émanations puisse être totalement effacée au moment de la séparation avec son indigne véhicule.

Si « l'esprit » , ou la partie divine de l'âme, préexiste de toute éternité comme un être distinct, comme Origène, Synésius et d'autres Pères et philosophes chrétiens l'enseignèrent, et si c'est la même chose et rien de plus que l'âme métaphysiquement objective, comment peut-il être autrement qu'éternel ? Et qu'importe, dans ce cas, si l'homme mène une vie animale ou une vie pure si, quoi qu'il fasse, il ne peut jamais perdre sa personnalité ? Cette doctrine est aussi pernicieuse dans ses conséquences que celle de la rémission des péchés. Si ce dernier dogme — ainsi que l'idée erronée que nous sommes tous personnellement immortels — avait été montré au monde sous son vrai jour, l'humanité eût été améliorée par sa propagation. Le crime et le péché seraient évités non par crainte d'une punition terrestre ou d'un enfer ridicule, mais au nom de ce qui est le plus profondément enraciné dans notre nature intérieure : le désir d'une vie personnelle et distincte dans l'au-delà, l'assurance positive que nous ne pouvons pas obtenir le royaume des cieux « à moins de le prendre par la violence » , et la conviction que ni des prières humaines, ni le sang d'un autre homme ne nous sauveront de la destruction personnelle après la mort, à moins que nous ne nous attachions fermement pendant la vie à notre propre esprit immortel, notre seul Dieu personnel.

Pythagore, Platon, Timée de Locres et toute l'École d'Alexandrie disaient que l'âme procédait de l'Ame Universelle du monde ; selon leurs propres enseignements, l'éther était un aspect de cette dernière — cet éther étant d'une nature si subtile que seule notre vue intérieure peut le percevoir. Ce ne peut donc pas être l'essence de la Monas, ou Cause (31), parce que l'Anima Mundi n'en est que l'effet, l'émanation objective. L'âme spirituelle divine et l'âme humaine préexistent toutes deux. Mais tandis que la première existe comme une entité distincte individualisée, l'âme (véhicule de la première) n'existe que sous forme de matière préexistante, partie inconsciente d'un tout intelligent. Toutes deux procédèrent à l'origine de l'Océan Éternel de Lumière ; mais, comme les théosophes l'ont exprimé, il y a dans le feu un esprit visible comme un esprit invisible. Ils ont fait une différence entre l'Anima Bruta et l'Anima Divina. Empédocle croyait fermement que tous les hommes et les animaux possédaient deux âmes ; et dans l'oeuvre d'Aristote, nous voyons qu'il appelle l'une d'elles l'âme raisonnable, noûs, et l'autre l'âme animale psuchè. Selon les philosophes, l'âme raisonnable vient de l'extérieur de l'Âme Universelle (c'est-à-dire d'une source plus élevée que l'Âme Universelle — dans son sens cosmique ; il s'agit donc ici de l'Esprit Universel, le septième principe de l'Univers dans son ensemble), et l'autre vient de l'intérieur. Cette région supérieure et divine, dans laquelle se place la déité invisible et suprême, était considérée par eux (par Aristote lui-même, qui n'était pas un initié) comme un cinquième élément — alors que dans la philosophie ésotérique, c'est le septième, ou Mûlaprakriti — purement spirituel et divin, tandis que l'Anima Mundi proprement dite était considérée comme constituée d'une essence fine, ignée et éthérée, répartie dans tout l'Univers; en un mot, l'Éther (32) . Les stoïciens, les grands matérialistes des temps anciens, refusaient au seul Principe Divin et à l'Âme Divine une telle nature corporelle. Leurs commentateurs et admirateurs modernes, saisissant avidement cette occasion, en déduisent l'hypothèse que les stoïciens ne croyaient ni en Dieu, ni à l'âme, l'essence de la matière. Il est bien certain qu'Épicure ne croyait pas à Dieu ni à l'âme suivant la conception des théistes anciens ou modernes. Mais Épicure, que sa doctrine, en opposition formelle avec l'idée de l'intervention d'un Être Suprême et des Dieux dans la formation ou la direction du monde, place bien au-dessus des stoïciens dans l'athéisme et le matérialisme, enseigna néanmoins que l'âme est d'une essence fine et délicate et formée des atomes les moins rudes, les plus ronds et les plus fins — description qui nous amène encore au même éther sublimé. En outre, il croyait aux dieux. Bien qu'ils fussent chrétiens, Arnobe, Tertullien, lrénée et Origène croyaient, avec les Spinoza et Hobbes modernes, que l'âme était corporelle bien que d'une nature très fine — autrement dit quelque chose d'anthropormorphe et de personnel, c'est-à-dire de corporel, de fini et de conditionné. Peut-elle, dans ces conditions, devenir immortelle ? Ce qui est changeant peut-il devenir immuable ?

La doctrine qui enseigne la possibilité de perdre son âme, et par suite son individualité, milite en faveur de théories idéalistes et d'idées progressistes de certains spirites, bien que Swedenborg les adopte entièrement. Ils n'accepteront jamais la doctrine cabalistique affirmant que seule l'observation de la loi d'harmonie permet d'obtenir la vie individuelle dans l'au-delà et que plus l'homme intérieur et extérieur s'écarte de cette fontaine d'harmonie dont la source est dans notre esprit divin, plus il lui est difficile de regagner le terrain perdu.

Mais alors que les spirites et d'autres adeptes du christianisme ne se rendent que peu ou pas du tout compte de la possibilité de la mort et de l'anéantissement de la personnalité humaine par l'effet de la séparation des aspects immortels et périssables, quelques swedenborgiens — tout au moins ceux qui suivent l'esprit d'une philosophie et non la lettre morte d'un enseignement — le comprennent parfaitement. L'un des prêtres les plus respectés de la Nouvelle Église, le Rév. Chauncey Giles, de New York, dans une conférence publique, expliqua récemment le sujet comme suit : la mort physique ou la mort du corps est une disposition nécessaire de l'économie divine pour le bien de l'homme, au moyen de laquelle il atteint les sommets supérieurs de son être. Mais il y a une autre mort, qui est l'interruption de l'ordre divin et la destruction de tout élément humain dans la nature de l'homme et de toute possibilité de bonheur humain. C'est la mort spirituelle qui se produit avant la dissolution du corps. « Le mental naturel de l'homme peut être développé sans que ce développement soit accompagné d'une parcelle d'amour divin ou d'amour humain altruiste » . Lorsque l'on tombe amoureux du soi et du monde avec ses plaisirs, en perdant l'amour divin de Dieu et de son prochain, on tombe de la vie dans la mort . Les principes supérieurs qui constituent les éléments essentiels de notre humanité périssent et l'on vit seulement sur le plan naturel de ses facultés. Physiquement on existe ; spirituellement on est mort. Eu égard à tout ce qui appartient au plan d'existence supérieur qui est le seul à subsister, on est aussi mort que le devient le corps à toute activité, plaisir ou sensation de ce monde lorsque l'esprit l'a quitté. Cette mort spirituelle provient de la désobéissance aux lois de la vie spirituelle, suivie du même châtiment que la désobéissance aux lois de la vie naturelle. Mais ceux qui sont spirituellement morts ont encore leurs joies, ils ont leurs dons et leurs pouvoirs intellectuels et des activités intenses. Tous les plaisirs bestiaux sont leurs et il y a des multitudes d'hommes et de femmes pour qui cela constitue l'idéal le plus élevé du bonheur humain. La poursuite incessante de richesses, d'amusements et de distractions dans la vie sociale ; la culture de bonnes manières, de goût dans l'habillement, d'avancement social, de récompenses scientifiques intoxiquent et fascinent ces morts-vivants. Mais comme l'éloquent prédicateur le fait remarquer : « ces créatures avec toutes leurs grâces, leurs riches costumes et leurs hauts faits sont morts aux yeux du Seigneur et des anges et lorsqu'ils sont mesurés avec la seule vraie mesure immuable, elles n'ont pas plus de vie véritable que des squelettes dont la chair est tombée en poussière. »

Bien que nous ne croyions pas « au Seigneur et aux anges » , tout au moins dans le sens donné par Swedenborg et ses disciples, nous admirons néanmoins ces sentiments et sommes tout à fait d'accord avec les opinions de cette honorable personne.

Un haut développement des facultés intellectuelles n'implique pas une vie spirituelle et véritable. La présence dans un être d'une âme humaine et intellectuelle très développée (le cinquième principe, ou Manas) peut très bien se trouver en l'absence de Buddhi ou de l'âme spirituelle. À moins que le premier n'émane et ne se développe des rayons bienfaisants et vivifiants du second, il ne sera jamais que la créature directe des principes terrestres inférieurs, stérile en perceptions spirituelles. Un sépulcre magnifique et luxueux plein d'ossements secs et de matière en décomposition à l'intérieur. Beaucoup de nos plus grands savants ne sont que des cadavres animés ; ils n'ont pas de vie spirituelle parce que leur esprit les a laissés ou plutôt ne peut les atteindre. Nous pourrons ainsi traverser tous les siècles, examiner toutes les occupations, peser toutes les œuvres humaines et explorer toutes les formes de société, et partout nous trouverons ces êtres spirituellement morts.

Bien qu'Aristote lui-même, devançant les physiologistes modernes, ait considéré l'âme humaine comme une substance matérielle et ait ridiculisé les hylozoïstes, il n'en croyait cependant pas moins à l'existence d'une âme double, ou d'un ensemble âme plus esprit, comme on peut le voir dans De Generat. et Corrupt. (Livre 2). Il se moqua de Strabon parce que ce dernier croyait que des particules de matière pouvaient, per se, avoir suffisamment de vie et d'intelligence en elles-mêmes pour créer, degré par degré, un monde aussi multiforme que le nôtre (33) . Aristote était redevable de la sublime moralité de son Éthique à Nicomaque à une étude approfondie des Fragments Éthiques de Pythagore, car il est facile de montrer que ce dernier a été la source à laquelle il a puisé ses idées, bien qu'il puisse n'avoir jamais juré « par celui qui trouva la Tetraktys » (34) . Mais , en fait, nos hommes de science ne connaissent rien de certain au sujet d'Aristote. Sa philosophie est si obscure qu'il laisse constamment le soin au lecteur de fournir par son imagination les chaînons manquants de ses déductions logiques. De plus, nous savons que ses ouvrages avant d'avoir pu atteindre nos érudits spécialistes qui se complaisent dans ses arguments d'apparence athéiste pour justifier sa doctrine du destin, passèrent par de trop nombreuses mains pour être restés intacts. De Théophraste, son légataire, ils passèrent à Néleus dont les héritiers les laissèrent moisir dans des cavernes souterraines pendant près de 150 ans ; après quoi, nous apprenons que ses manuscrits furent copiés et considérablement augmentés par Apellicon de Téos qui remplaça les paragraphes devenus illisibles par des conjectures dont beaucoup étaient probablement tirées des profondeurs de sa conscience intérieure. Tous nos érudits du dix-neuvième siècle pourraient certainement tirer profit de l'exemple d'Aristote s'ils devaient l'imiter pratiquement avec autant d'ardeur qu'ils jettent sa méthode d'induction et ses théories matérialistes à la tête des platoniciens. Nous les invitons à rassembler des faits aussi soigneusement qu'il le fit, au lieu de nier ceux au sujet desquels ils ne connaissent rien.

Ce que nous avons dit ici et ailleurs de la variété des esprits et autres êtres invisibles développés dans la lumière astrale, et ce que nous voulons dire maintenant des médiums et de la tendance de leur médiumnité n'est pas basé sur des suppositions, mais sur une expérience et des observations véritables. Nous croyons qu'il n'y a pas une seule sorte de médiumnité, quelle qu'elle soit, dont nous n'ayons vu des exemples au cours de ces 35 dernières années dans divers pays. L'Inde, le Tibet, Bornéo, le Siam, l'Égypte, l'Asie Mineure, l'Amérique (du Nord et du Sud) et d'autres parties du monde nous ont toutes montré leur aspect particulier des phénomènes médiumniques et des pouvoirs magiques. Notre expérience variée a complètement confirmé les enseignements de nos Maîtres et de la Doctrine Secrète et nous a montré deux vérités importantes : tout d'abord, pour l'exercice de la médiumnité, une pureté personnelle et l'exercice d'une volonté entraînée et indomptable sont indispensables, et en second lieu, les spirites ne peuvent jamais s'assurer de l'authenticité des manifestations médiumniques, à moins qu'elles n'aient lieu à la lumière et dans des conditions raisonnables de vérification telles qu'une tentative de fraude puisse être décelée immédiatement.

De crainte d'être mal compris, nous ferons remarquer que, bien que les phénomènes physiques soient produits en règle générale par les esprits de la nature, de leur propre mouvement et sous l'impulsion des élémentaires, de vrais esprits humains désincarnés peuvent, dans des circonstances exceptionnelles — telles que l'aspiration d'un cœur pur et aimant ou sous l'influence de quelque pensée intense ou d'un désir non satisfait au moment de la mort — manifester leur présence, en rêve ou sous forme de vision, ou même projeter leur apparence objective, si cela a lieu peu de temps après la mort physique. Des messages peuvent être produits directement, avec l'écriture véritable de l' « esprit » , le médium étant alors influencé par un processus aussi inconnu de lui-même qu'il l'est — craignons-nous — des spirites modernes. Mais ce que nous maintenons, et maintiendrons toujours, c'est qu'aucun esprit humain véritable ne peut se matérialiser, c'est-à-dire revêtir sa monade d'une forme objective. Même dans les autres cas, il faut qu'il y ait une attraction vraiment puissante pour attirer un esprit pur désincarné de l'état dévachanique radieux, qui est sa demeure, dans l'atmosphère malsaine dont il s'est échappé en quittant son corps terrestre.

Lorsque la nature possible des intelligences qui se manifestent, que la science imagine comme une « force psychique » et les spirites comme les « esprits des morts » eux-mêmes, sera mieux connue, alors les académiciens et les croyants chercheront à s'informer auprès des anciens philosophes. Ils pourront alors dans leur orgueil invincible, qui devient souvent de l'entêtement et de l'arrogance, faire comme a fait le Dr. Charcot de la Salpêtrière de Paris, nier pendant des années l'existence du mesmérisme et de ses phénomènes pour ensuite l'accepter et finalement le prêcher dans des conférences publiques — mais seulement sous le nom d'hypnotisme.

Nous avons trouvé dans des journaux spirites de nombreux cas où des apparitions de chiens et d'autres animaux ont été vues. Par conséquent, sur ces témoignages spirites, nous devons penser que de tels « esprits » des animaux apparaissent, bien que nous nous réservions le droit de penser avec les anciens que ces formes sont seulement des illusions créées par les élémentaux. En dépit de toute preuve et probabilité, les spirites maintiendront cependant que ce sont les « esprits » des êtres humains décédés qui agissent même dans la « matérialisation » des animaux. Avec leur permission, nous examinerons maintenant le pour et le contre de cette question difficile. Imaginons pour un instant un orang-outan intelligent ou quelque autre singe anthropoïde africain désincarné, c'est-à-dire, privé de son corps physique et en possession d'un corps éthéré, astral sinon immortel. Lorsque la porte de communication entre le monde terrestre et le monde spirituel est ouverte, qu'est-ce qui empêche le singe de produire des phénomènes physiques semblables à ceux qu'il voit produire par les esprits humains ; et pourquoi ceux-ci ne dépasseraient-ils pas souvent en habileté et en ingéniosité beaucoup de ceux qui ont été observés dans les cercles spirites ? Que les spirites répondent. L'orang-outan de Bornéo est très peu inférieur en intelligence au sauvage, si toutefois il l'est. M. Wallace et d'autres grands naturalistes citent des exemples de son intelligence merveilleuse bien que son cerveau soit inférieur en volume à celui du moins développé des sauvages. Il ne manque à ces singes que la parole pour être des hommes de degré inférieur. Les sentinelles placées par les singes , les endroits sélectionnés et aménagés par les orangs-outans pour dormir, leur prévision du danger et leurs calculs qui montrent plus que de l'instinct, leur choix de chefs auxquels ils obéissent et l'exercice de nombreuses de leurs facultés leur font mériter une place pour le moins au même niveau que bien des sauvages australiens à tête plate. M. Wallace dit : « Les besoins intellectuels des sauvages et les facultés dont ils se servent généralement sont très peu au-dessus de ceux de ces animaux. »

Les gens prétendent, il est vrai, qu'il ne peut pas y avoir de singes dans l'autre monde parce que les singes n'ont pas d' « âme » . Mais il semble que les singes ont autant d'intelligence que certains hommes ; pourquoi donc ces hommes, qui ne sont en rien supérieurs aux singes, auraient-ils des esprits immortels alors que les singes n'en auraient pas ? Les matérialistes répondront que ni les uns ni les autres n'ont d'esprit et que l'annihilation les attend tous à la mort physique. Mais les philosophes spiritualistes de tous les temps sont d'accord sur le fait que l'homme — du dernier des sauvages au plus sage des philosophes — occupe un échelon d'un degré plus élevé que l'animal et possède ce quelque chose qui manque à l'animal. Comme nous l'avons vu, les anciens enseignaient que l'homme est une trinité septuple composée d'un corps, d'un esprit astral et d'une âme immortelle, alors que l'animal n'est qu'une dualité, c'est-à-dire qu'il possède cinq principes au lieu de sept. C'est un être pourvu d'un corps physique avec son corps astral, son principe de vie et son âme animale et le véhicule qui l'anime. Les savants peuvent ne pas distinguer de différence entre les éléments composant les corps des hommes et ceux des animaux et les cabalistes sont d'accord avec eux lorsqu'ils disent que les corps astraux (ou comme les médecins disent, le principe de vie) des animaux et des hommes sont identiques en essence. L'homme physique n'est que le plus haut développement de la vie animale. Si, comme les savants nous le disent, même la pensée est matière et toute sensation de souffrance ou de joie, tout désir transitoire, s'accompagne d'une perturbation dans l'éther ; si, comme le croient ces spéculateurs audacieux, les auteurs de Unseen Universe, la pensée est conçue pour « influencer la matière d'un autre univers en même temps que celle de celui-ci » , pourquoi donc alors la pensée brute et grossière d'un orang-outan ou d'un chien ne s'imprimerait-elle pas sur les vagues éthérées de la lumière astrale de la même manière que celle de l'homme, assurant ainsi à l'animal une continuité de vie après la mort ou un « état futur » ?

Les cabalistes prétendaient et prétendent encore qu'il est antiphilosophique d'admettre que le corps astral de l'homme puisse survivre à la mort physique et affirment en même temps que le corps astral du singe est désagrégé en molécules indépendantes. Ce qui survit comme individualité après la mort du corps est l'âme astrale que Platon, dans le Timée et le Gorgias, appelle l'âme mortelle, car, selon la doctrine hermétique, elle rejette ses particules de matière à chaque changement progressif vers une sphère supérieure.

Avançons encore d'un pas dans notre argument. S'il y a quelque forme d'existence dans le monde spirituel après la mort du corps, ceci doit se produire en conformité avec la loi d'évolution. Elle prend l'homme où il se trouve — au sommet de la pyramide de la matière — et l'élève dans une sphère d'existence où la même loi inexorable le suit ; et si elle le suit, pourquoi n'en serait-il pas de même pour tout le reste de la nature ? Pourquoi n'en serait-il pas de même des animaux et des plantes qui ont tous un principe de vie et dont la forme grossière se décompose comme celle de l'homme lorsque ce principe de vie les quitte ? Si le corps astral de l'homme devient plus éthéré en atteignant l'autre sphère, pourquoi n'en serait-il pas de même pour celui des animaux et des plantes ? (35).
NOTES

(1) Zanoni,de Bulwer-Lytton.
(2) Plutarque, De Isid., Chapitre 25, page 360.
(3) Epinomis ou Appendice aux Lois, de Platon [N. d. T.].
(4) De Natura Deorum, livre 1, chap. 28.
(5) Le Livre des Lois de Manou [N. d. T.].
(6) L'étudiant peut consulter à ce sujet The Secret Doctrine où il trouvera des explications complètes.
(7) Afin d'obscurcir ou de jeter un voile sur le mystère de l'Évolution primordiale, les Brahmanes, par la suite dans le but de servir l'orthodoxie, expliquèrent les deux par une fable de leur invention : les premiers pitri étaient les « Fils de Dieu » et offensèrent Brahma en refusant de se sacrifier pour lui ; pour ce crime, le Créateur les condamna à devenir fous, malédiction à laquelle ils ne pourraient échapper qu'en acceptant leurs propres fils comme instructeurs et en les appelant Pères — pitri. C'est la version exotérique.
(8) Nous trouvons un écho de ceci dans le Codex Nazarœus. Bahak-Zivo, le « père des Génies » (les sept) reçoit l'ordre de construire des créatures. Mais, comme il est « ignorant d'Orcus » et n'a pas connaissance du « feu dévorant qui manque à la lumière » , il échoue et appelle à son aide Fétahil, un esprit encore plus pur, qui échoue encore plus lamentablement et s'assied dans la boue (Illus, le Chaos, la Matière) et se demande pourquoi le feu vivant est ainsi changé. Ce n'est que lorsque l' « Esprit » (l'Âme) apparaît sur la scène de la création (l'Anima Mundi féminine des nazaréens et des gnostiques) et qu'il éveille Karabtanos — l'esprit de la matière et de la concupiscence — lequel consent à aider sa mère, que le « Spiritus » conçoit et fait naître « Sept Figures » puis « Sept » , et encore « Sept » (les Sept Vertus, les Sept Péchés et les Sept Mondes). Alors Fetahil plonge sa main dans le Chaos et crée notre planète. (Voir Isis Unveiled, Volume 1, pages 298-300 et les suivantes).
(9) Idra Suta, Zohar, 3, 292 b.
(10) Dernièrement, quelques critiques à l'esprit étroit, incapables de comprendre la philosophie profonde de cette doctrine — dont la signification ésotérique révèle, lorsqu'elle est comprise, les plus vastes horizons dans les sciences astro-physiques et psychologiques — ridiculisèrent et rejetèrent avec mépris l'idée de la huitième sphère qui, à leurs esprits, embrumés par les vieux dogmes d'une foi non scientifique, ne pouvait correspondre à autre chose qu'à notre lune, « considérée comme une sorte de poubelle pour recevoir les péchés des hommes » .
(11) Les personnes qui croient au pouvoir de la clairvoyance, mais qui sont peu portées à croire à l'existence dans la nature d'autres esprits que les esprits humains désincarnés seront certainement intéressées par le récit de certaines observations de clairvoyance qui furent publiées dans le Spiritualist de Londres, du 29 juin 1877. À l'approche d'un orage, la voyante vit « un esprit brillant émerger d'un nuage sombre et passer à travers le ciel avec la vitesse de l'éclair, suivi quelques minutes plus tard d'une ligne diagonale d'esprits sombres, dans les nuages » . Ce sont les marut des Veda.
La conférencière, auteur et clairvoyante bien connue, Mrs Emma Hardinge Britten a publié des récits de ses fréquentes expériences avec ces esprits élémentaux. Si les spirites acceptent ses expériences « spirituelles » , ils pourront difficilement rejeter ses témoignages en faveur des théories occultes.
(12) Corrélation des forces vitales avec les forces chimiques et physiques, par J. Le Conte.
(13) Archives des Sciences, 14. 345. Décembre 1872.
(14) M. Cromwell F. Varley, le savant électricien bien connu, de l'Atlantic Cable Company, communiqua le résultat de ses observations au cours d'un débat à la Société Psychologique de Grande-Bretagne, qui est publié dans le Spiritualist (Londres, 14 avril 1876 ; pages 174-175). Il pensa que les effets de l'acide nitrique libre dans l'atmosphère pouvait chasser ce qu'il appelait « les esprits désagréables » . II pensa que ceux qui étaient dérangés chez eux par des esprits désagréables trouveraient un remède en versant une once de vitriol sur deux onces de salpêtre en poudre fine dans une soucoupe et en mettant le tout sous le lit. Voici un savant dont la réputation s'étend sur deux continents, qui donne une recette pour chasser les esprits mauvais ; et cependant le grand public se moque comme d'une « superstition » des herbes et des encens employés dans le même but par les Hindous, les Chinois les peuplades de l'Afrique et d'autres races !
(15) Des sacrifices aux Dieux et aux Daïmons, (chapitre 2).
(16) Odyssée, 7.
(17) Porphyre, Des sacrifices aux Dieux et aux Daïmons, chap. 2.
(18) Ibid.
(19) Jamblique, De Mysteriis Egyptorum.
(20) Ibid., Sur la différence entre les Daïmons, les Âmes, etc...
(21) « Moyst natures » . Nous donnons ici les mots avec l'orthographe de ce cabaliste, qui vécut et publia ses ouvrages au dix-septième siècle. Il est généralement considéré comme l'un des plus célèbres alchimistes parmi les philosophes hermétiques.
(22) Les plus positifs des philosophes matérialistes sont d'accord sur ce point que tout ce qui existe évolua de l'éther ; il s'ensuit que l'air, l'eau, la terre et le feu, les quatre éléments primordiaux, doivent découler aussi de l'éther et du chaos, la première duade ; tous les impondérables, qui sont maintenant connus ou non, procèdent de la même source. S'il y a une essence spirituelle dans la matière et que cette essence l'oblige à se mouler selon des millions de formes individuelles, pourquoi est-il illogique d'affirmer que chacun de ces royaumes spirituels dans la nature est peuplé d'êtres évolués de ses propres matériaux ? La chimie nous enseigne que dans le corps de l'homme il y a de l'air, de l'eau, de la terre et de la chaleur ou feu — l'air est présent dans ses composants ; l'eau dans les sécrétions ; la terre dans les constituants inorganiques et le feu dans la chaleur animale. Le cabaliste sait par expérience qu'un esprit élémental contient seulement l'un de ceux-ci et que chacun des quatre règnes a ses esprits élémentaux particuliers. L'homme étant plus élevé qu'eux, la loi d'évolution se trouve illustrée par la combinaison des quatre en lui-même.
(23) Virgile, Georgiques, livre 2.
(24) Porphyre et d'autres philosophes expliquent la nature de ces habitants : ils sont méchants et trompeurs, bien que certains soient parfaitement doux et inoffensifs, mais si faibles qu'ils ont la plus grande difficulté à communiquer avec les mortels dont ils recherchent constamment la compagnie. Les premiers ne sont pas mauvais sciemment. La loi d'évolution spirituelle n'ayant pas encore transformé leur instinct en intelligence dont la lumière la plus haute n'appartient qu'aux esprits immortels, leurs pouvoirs de raisonnement sont à l'état latent et ils sont donc eux-mêmes irresponsables.
Mais l'Église Latine contredit les cabalistes. St. Augustin a même à ce sujet une discussion l'opposant à Porphyre, le néo-platonicien. « Ces esprits » dit-il, « sont trompeurs, non de par leur nature comme le prétend Porphyre le théurgiste, mais par méchanceté. Ils se font passer pour des dieux et pour les âmes des défunts ». (Civit. Dei. 10. 2). Jusqu'ici, Porphyre est d'accord avec lui ; « mais ils ne prétendent pas être des démons (lisez des diables) car c'est ce qu'ils sont en réalité » , ajoute l'Êvêque d'Hippone. Jusqu'ici, tout est correct et il a raison. Mais alors dans quelle classe placer les hommes sans tête que St. Augustin nous dit avoir vus ; ou les satyres de St. Jérôme qui, nous dit-il, furent montrés pendant très longtemps à Alexandrie ? C'étaient nous dit-il, « des hommes avec des pattes et des queues de chèvres » ; et si nous l'en croyons, un de ces satyres fut mis en conserve et envoyé dans une caisse à l'Empereur Constantin ! ! !
(25) Görres, Mystique, 3, 63.
(26) Les anciens appelaient « âmes » les esprits des méchants ; l'âme était la « larve » et le « lemure » ; les bons esprits humains devenaient des « dieux » .
(27) Porphyre, De Sacrificiis. Chapitre sur le vrai Culte.
(28) Chap. 80. 19, 20. « Et lorsque les Égyptiens se cachèrent à cause de l'essaim (l'une des plaies que l'on prétend avoir été apportée par Moïse)... ils fermèrent leurs portes derrière eux et Dieu commanda au Sulanuth... (un monstre marin, explique naïvement le traducteur dans une note) qui était alors dans la mer d'en sortir et d'aller en Égypte... il avait de longs bras, longs de 10 coudées... et il monta sur les toits et découvrit les poutres de la toiture et les coupa... et plongea un bras dans la maison et enleva la serrure et le verrou et ouvrit la maison d'Égypte... et l'essaim détruisit les Egyptiens et leur fit un tort considérable. »
(29) Strom. 6. 17. Paragraphe 159.
(30) Ibid., 6. 3. Paragraphe 30.
(31) Comme le dit Krishna — qui est tout à la fois purusha et prakriti dans leur totalité et le septième principe, l'esprit divin dans l'homme — dans la Bhagavad-Gîta ; « Je suis la cause, la production et la dissolution de tout l'univers, toutes les choses sont suspendues à moi comme les gemmes précieuses à un fil » (Ch. 7). « Bien que je sois non-né, d'essence immuable et le Seigneur de tout ce qui existe, néanmoins en dirigeant la nature (prakriti) qui est mienne, je nais uniquement par ma propre mâyâ (le pouvoir mystique de la soi-idéation, la pensée éternelle dans le mental éternel) » (Ch. 4.
(32) L'Éther est l'Akâsha des Hindous. Akâsha est prakriti ou la totalité de l'Univers manifesté, tandis que purusha est l'Esprit Universel, supérieur à l'Âme Universelle.
(33) De Part. i, 1.
(34) Un serment pythagoricien. Les pythagoriciens juraient par leur Maître.
(35) L'article se termine brusquement ici et l'on ne peut dire s'il a jamais été fini ou si une partie du manuscrit a été perdue. (Les Editeurs de Lucifer).
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Re: Les élémentaux ; Raja Yoga ou occultisme.

Message par Archange le Mar 15 Sep - 18:05

Intéressant ! study

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Re: Les élémentaux ; Raja Yoga ou occultisme.

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