Processus de la naissance de la conscience d'après Rudolf Steiner

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Processus de la naissance de la conscience d'après Rudolf Steiner

Message par Archange le Mar 7 Avr - 19:06






Nombreux déjà sont parmi vous ceux pour qui la structure spirituelle du monde et la médecine anthroposophique ne sont plus tout à fait inconnus, sans pour autant sentir au fond d'eux-mêmes s'activer la Mort en la sentant à l'œuvre jusque dans leur conscience.

Nous savons déjà que le Moi-esprit de l'Homme s'enveloppe d'un corps physique, d'un corps éthérique vital et d'une âme ou corps psychique-astral. Tout homme connaît à peu près son corps physique charnel, mais aucunement son corps éthérique duquel il tient pourtant son système glandulaire et sans lequel il ne serait qu'un cadavre ; de même il ne connaît pas du tout son corps astral duquel il tient précisément l'ensemble de son système nerveux et sa sensibilité.



« Que fait en ce cas le corps astral ? Il est très important de s'en rendre compte. Pendant la vie consciente (pas durant le sommeil) il est occupé en particulier à user à mort le corps éthérique, à affaiblir sans cesse les forces propres à ce corps : d'où la fatigue ressentie pendant la journée. Le corps astral exerce sans arrêt une action rongeante qui use le corps éthérique. S'il n'exerçait pas cette action, il n'apparaîtrait jamais de conscience. Aucune conscience n'existe sans que la vie soit graduellement repoussée. L'activité spirituelle de la vie, l'admirable rayonnement de la vie dans le monde éthérique, d'une part, et l'amortissement continuel de ce rythme éthérique par le corps astral, d'autre part, voilà ce qui provoque l'apparition de la conscience. Or ce qui se passe ainsi dans les éléments spirituels a son expression dans le corps physique.

A l'instant où la conscience jaillit dans ce qui n'était encore que la vie toute pure, il se fait un durcissement, une ossification dans le corps physique. On peut l'observer chez l'animal. Plus ses tissus vivants offrent des parties dures, ossifiées, plus l'animal se rapproche d'un état conscient. Chez les mollusques, chez les escargots, ces organes durs n'existent pas encore au-dedans ; c'est vers le dehors que la coquille dure est exsudée, ce qui fait apparaître chez ces animaux la conscience diffuse qui est la leur. » (R. Steiner)




Les 2 pôles de l'être humain.


Ainsi, que la conscience ne puisse naître qu'à partir de processus déconstructeurs – autrement dit de processus de mort – c'est une donnée fondamentale que nous devons à Rudolf Steiner : Plus le système neuro-sensoriel se développe, plus le pouvoir de régénération diminue, comme la simple observation du pouvoir régénérateur d'un simple lombric le montre à l'évidence. Ainsi peut-on relever une polarité constante chez l'Homme entre système neuro-sensoriel et système des échanges, entre sphère cérébrale osseuse et dure, et la sphère du métabolisme et des membres qui se trouve reliée par la circulation du sang à la totalité de l'organisme corporel. Ce n'est là rien d'autre que l'enseignement ésotérique de l'Arbre de Vie et de l'Arbre de la Connaissance de l'ancienne tradition occulte.

Si, comme nous le savons aussi, c'est
Ahrimane qui se trouve être le Maître de la Mort, actif dans tous les processus de mort liés à la sphère neuro-sensorielle de la tête, alors nous reconnaissons Lucifer actif dans la sphère abdominale du ventre et de la sexualité. Tête froide et ventre chaud disait-on jadis. Le Christ seul réalisant la tempérance (2)


En langage clair du conte : Dieu, le Diable et la Mort se présentent successivement à l'homme pour le baptême de son 13ème enfant. L'enseignement d'Ahrimane est simple : tant qu'il se trouve lié à la sphère cérébrale où il a son siège d'élection en l'homme, le processus est naturel et bénéfique, mais dès qu'il s'introduit dans le pôle abdominal de vie, si donc le sang est atteint, toute guérison, dès lors, est impossible.

Tout comme pour l'activité de Lucifer, il serait cependant malvenu de ne considérer que négativement celle d'Ahrimane, notamment dans son rôle de maître de la Mort. Qu'on imagine seulement notre monde physique sans le phénomène universel de la mort et l'on aura vite fait de comprendre quel enfer il aurait tôt fait de devenir si ne s'y activait régulièrement la faux de la grande Faucheuse ! Il ne peut, sur terre, se concevoir de vie sans mort, ni de mort sans vie depuis que l'impénétrabilité du minéral est la loi de notre monde et la condition de la prise de conscience du Moi humain chaque fois qu'il se confronte à lui. (3)

« Quand la Mort vit que, pour la seconde fois, on l'avait privée de son bien, elle marcha à grandes enjambées vers le médecin et lui dit: "C'en est fini de toi! Ton tour est venu!" Elle le saisit de sa main, froide glacée, si fort qu'il ne put lui résister, et le conduisit dans une grotte souterraine. Il y vit, à l'infini, des milliers et des milliers de cierges qui brûlaient, les uns longs, les autres consumés à demi, les derniers tout petits. À chaque instant, il s'en éteignait et s'en rallumait, si bien que les petites flammes semblaient bondir de-ci de-là, en un perpétuel mouvement. "Tu vois," dit la Mort, "ce sont les cierges de la vie humaine. Les grands appartiennent aux enfants ; les moyens aux adultes dans leurs meilleures années, les troisièmes aux vieillards. Mais, souvent, des enfants et des jeunes gens n'ont également que de petits cierges"

– "Montre-moi mon cierge," dit le médecin, s'imaginant qu'il était encore bien long. La Mort lui indiqua un petit bout de bougie qui menaçait de s'éteindre et dit: "Regarde, le voici!" - "Ah! Chère marraine," dit le médecin effrayé, "allume-m'en un nouveau, fais-le par amour pour moi, pour que je puisse profiter de la vie, devenir roi et épouser la jolie princesse." – "Je ne le puis," répondit la Mort. "Il faut d'abord qu'il s'en éteigne un pour que je puisse en allumer un nouveau." – "Dans ce cas, place mon vieux cierge sur un nouveau de sorte qu'il s'allume aussitôt, lorsque le premier s'arrêtera de brûler," supplia le médecin. La Mort fit comme si elle voulait exaucer son vœu. Elle prit un grand cierge, se méprit volontairement en procédant à l'installation demandée et le petit bout de bougie tomba et s'éteignit. Au même moment, le médecin s'effondra sur le sol et la Mort l'emporta. » (Grimm, KHM 044)

 
Seule la Mort, en effet, détient le pouvoir de faire naître la lumière de la conscience, ce « toucher intérieur » des Stoïciens, cette lumière qui nous fait intérioriser les phénomènes, tant extérieurs qu'intérieurs, et partant, le Bien et le Mal et le sens éthique de la Vie. Toutes choses que la combustion d'un simple cierge démontrait à l'évidence : cire, chaleur et lumière en un seul symbole. Chaleur de l'âme et lumière de l'esprit ne pouvant, on le sait, jamais naître que de la destruction de la cire, autrement dit du corps, le corps astral lui-même se nourrissant continuellement de la substance vitale du corps éthérique jusqu'à ce que celle-ci soit entièrement transformée en contenu mémoriel conscient. C'est de cette combustion que survient la mort physique naturelle et le passage dans la grande lumière astrale qui lui succède et dont nous avons plusieurs fois décrit le processus.
WH.



(1) Dans la première édition de 1812 l'herbe curative est remplacée par un baume dont il convient d'oindre la plante des pieds des patients.
(2) Vous remarquerez ainsi la relation directe entre les 13ème, 14ème et 15ème lames du Tarot primitif : la Mort, la Tempérance et le Diable…
(3) Il n'empêche, pour reprendre l'expression de Steiner, que cette puissance demeure, du point de vue humain terrestre, « un effroyable ennemi de la divinité. » Il serait naïf de l'oublier. (RS, Apo. & action pastorale, EAR, p.189)

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