Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

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Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Admin le Dim 1 Juil - 12:48

Rappel du premier message :

On parle beaucoup en ce moment des reptiliens et autres ET malveillants qui auraient pris le contrôle de l'Humanité dans un passé reculé, nous squattant et se nourrissant de nos émotions négatives, faisant de nous de vulgaires poulets de batterie, retardant un maximum la possibilité d'un éveil et d'une libération de la race humaine qui signeraient la fin de leur emprise sur cette planète. Au-delà de certaines vidéos plus ou moins ridicules qu'on peut voir sur internet, qui décridibilisent d'emblée la question, intéressons-nous à ce que quelques auteurs et sources plus valables ont pu dévoiler de cette question...


Un extrait des "15 tablettes de Toth" (Hermès), pdf qui se trouve sur ce forum dans la section ésotérisme:


"Dans une très lointaine époque avant l'Atlantide, il y avait des hommes qui exploraient les ténèbres et qui utilisèrent la magie noire pour invoquer des êtres qui habitent dans les grandes profondeurs que nous avons en dessous.
À cause de ces invocations, ces êtres parvinrent à la surface et arrivèrent dans cette époque. Auparavant ils étaient des entités sans forme qui vibraient à un niveau invisible pour les hommes.

C'est grâce au sang des hommes et à travers eux qu'ils purent arriver dans notre monde.
C’est alors que vinrent des maîtres habiles qui réussirent à les refouler dans leur royaume obscur. Mais certaines de ces entités réussirent à se cacher dans des espaces et des dimensions inconnus des hommes.
Elles vécurent à l'époque de l'Atlantide sous la forme d'ombres qui de temps en temps apparaissaient aux hommes.
Elles purent s'installer parmi les hommes à cause de sacrifices humains où le sang était répandu
Elles purent prendre la forme des hommes mais seulement en apparence. Lorsque leur déguisement était enlevé elles avaient des têtes de serpent.

Elles réussirent à s'infiltrer dans les lieux de rassemblement des hommes en prenant leur forme. Par la suite elles réussirent à exterminer les chefs des royaumes, à prendre leur forme et à dominer le peuple.
A partir du royaume des ombres elles voulaient détruire les hommes et prendre leur place.
Leur stratagème était très habile, seule la magie pouvait les démasquer. Certaines invocations sonores permettaient de voir leur vrai visage. Mais heureusement il y avait de grands Mages capables de neutraliser le voile qui masquait leur face de serpent et de les refouler dans leur domaine.

Ces maîtres enseignèrent à l'homme les mots et les incantations que seuls les hommes pouvaient prononcer. C'est ainsi qu'ils purent démasquer les serpents et les éloigner des hommes.
Mais soyez vigilants, les serpents sont toujours vivants, à certaines époques une porte peut s'ouvrir dans la dimension où ils habitent
. Invisibles, ils peuvent se déplacer dans certains lieux où des rituels ont été accomplis et si les temps sont propices ils pourront prendre la forme de l'homme. Ils peuvent être invoqués par le maître qui connaît le blanc et le noir, mais seul le maître blanc peut les contrôler et les déjouer lorsqu'ils habitent un corps. C'est pourquoi je te conjure d’éviter le royaume des ombres, sinon le mal va sûrement apparaître."



http://portail-initiation.forumgratuit.org/t36-les-15-tablettes-de-thoth
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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Archange le Sam 13 Déc - 17:33






SATAN - ÉTUDES CARMÉLITAINES




Avertissement

     Que Satan existe, la question est résolue de manière affirmative par la foi chrétienne. Que la croyance au démon soit un fait d'histoire, afin de s'en assurer il suffit de jeter un coup d'oeil, même rapide, sur les civilisations. Pour peu que l'on s'enhardisse, par méditation et confrontation, des aspects inattendus apparaissent. Le Malin aide merveilleusement la malice humaine, aussi la répression ne fut-elle pas toujours accomplie à la manière divine de Jésus. Il ne s'agit ici que d'exposer loyalement les faits et les intentions.

      Il est arrivé que, dans le but de faire cesser une épidémie d'offrande de soi à Satan, qui infestait à leur époque la Bretagne et la Normandie, Marie des Vallées et Catherine Daniélou s'offrirent à porter elles-mêmes les souffrances des possédés qui s'étaient ainsi livrés au diable en vue d'exercer la sorcellerie. Ce genre de « répression » pour être plus charitable que d'autres, nous semble périlleux du point de vue psychologique, aussi ne nous arrêterons-nous pas à recommander cet état victimal. Par ailleurs, le Père Surin ne sera traité qu'accidentellement dans ce volume, puisqu'il a fait l'objet de plusieurs études lors de notre Congrès international de Psychologie religieuse de 1938, lesquelles ont paru dans Nuit mystique et dans Le Risque chrétien.

      Le développement de l'esprit critique et l'avènement de la psychiatrie ont provoqué une indulgence nécessaire. L'homme pervers est-il vraiment coupable de son intensité maléfique? Peut-on toujours se dépasser? Le sacrifice est une nécessité vitale; celui qui s'arrête devient névrosé et la névrose se met à penser pour lui, mais alors de façon diabolique. Et C. G. Jung de conclure: le démon était jadis projeté au dehors; aujourd'hui grâce à son intelligence l'homme n'y croit plus et il le recèle en lui-même. Après la présentation de la thérapeutique elle-même, une sorte de psychanalyse du diable à travers les formes sera pratiquée. On trouvera au cours de l'ouvrage l'illustration de l'étude de M. G. Bazin. Enfin, la métaphysique étant le domaine angélique par excellence, c'est dans la sphère orgueilleuse de l'esprit que va s'accomplir le déicide. Pourtant celui qui triomphe ainsi par le truchement de l'homme reste un vaincu. « Le démon, dit Ruysbroek, voit comme à travers une cloison de diamant qu'il ne rompra jamais sa beauté d'archange éternellement subsistante dans la pensée divine; l'unité de son être est à jamais brisée et il sait que cette splendeur de lui-même, il ne la rejoindra plus. ».

      Ce vaincu sert aux desseins de Dieu. « Le diable porte pierre ».



« Je suis l'Esprit qui toujours nie...
A cette Force j'appartiens
Qui toujours fait le Mal, mais n'aboutit qu'au Bien ».

(GOETHE, Faust. Prologue).      




1. EXISTENCE

Ange ou bête?

La puissance du mal dans l'Ancien Testament
     Jésus, au désert, tenté par le Satan, était avec les bêtes (Mc. 1, 12). A Jésus, que servent les anges, s'oppose le chef des forces mauvaises, le Satan ou le Diable; l'homme, sauvé ou perdu, est l'enjeu de la lutte. Le prince des démons, prince de ce monde, tient l'empire de la mort; le prince de la vie vient lui ravir la primauté qu'il a usurpée sur les rois de la terre (Mt. 9, 34; Jn 12, 31; Hbr. 2, 14; Act. 3, 15; Apc. 1, 5).

      Il est difficile de croire au Christ Rédempteur sans croire en même temps à son antagoniste, le Diable. Nous cherchons cependant des subterfuges. Ne pourrait-on reléguer parmi les masques de théâtre ce personnage encombrant? La poésie sémitique et l'imagination populaire se plaisent à personnifier les forces de la nature, y compris les forces psychiques; c'est une convention du langage dramatique. Quelle réalité, dira-t-on, se cache sous ces images? Jésus et ses Apôtres ont emprunté à l'Ancien Testament, et même aux apocryphes ou à la gnose, ce bric-à-brac littéraire; ils étaient bien obligés de parler la langue de leurs compatriotes. A nous de transposer aujourd'hui; garder ce langage désuet en s'adressant à des esprits modernes ce serait trahir la pensée du Maître.

      Or Jésus parlait la langue religieuse de son peuple, que nous a conservée la Bible; un rappel des textes de l'Ancien Testament nous fera mieux comprendre la portée de ces images et de ce vocabulaire.


LA BÊTE
     Les bêtes du désert.

      La fière citadelle du péché est réduite en désert:


Babylonne, la perle des royaumes,
      l'orgueilleuse parure des Chalédéens,
      sera comme Sodome et gomorrhe que Dieu ruina.
Elle ne sera plus jamais habitée,
      ni peuplée dans les siècles futurs.
L'Arabe n'y dressera point sa tente;
      les pasteurs n'y parqueront pas leurs troupeaux.
Mais les bêtes sauvages s'y parqueront,
      et les hiboux rempliront ses maisons;
Les autruches y habiteront,
      et les satyres y feront leurs danses.
Les chacals hurleront dans ses palais,
      et les loups dans ses maisons de plaisance.
(Is. 13, 19-22, Condamin).

      Que signifie cette accumulation d'horreurs? Corbeaux et vautours sont bien à leur place sur un champ de carnage. Le chacal et l'autruche, réputés pour la tristesse de leurs gémissements, évoquent une lamentation funèbre (Mi. 1, 8; Job. 30, 29). Bon nombre de ces animaux sont choisis sur la liste des bêtes impures, interdites, abominables à Iahvé (Lev. 11, 14-18; Dt. 14, 13-17). Tristesse et désolation, souillure et péché, tel est le tableau.

      Deux bêtes sont plus étranges: Lilit et les satyres. Lilit est le nom d'un démon femelle bien connu à Babylone. Les satyres (ceïrîm, velus, boucs) sont bonnement traduits démons par la vulgate; nous savons par ailleurs qu'on leur offrait des sacrifices idolâtriques (Lev. 17, 7). Ainsi cette troupe funèbre, abominable, que l'imagination populaire grossit d'éléments plus hideux encore, évoque une sarabande de démons dansant dans les ruines, emplissant la nuit de pleurs et de grincements de dents.

      C'est que le désert est le refuge du péché. Assistant à la purification de Jérusalem restaurée, Zacharie voyait l'impiété emportée à Babylone, où on lui bâtirait un trône. Le rituel lévitique chasse ainsi au désert l'oiseau chargé de l'impureté du lépreux, le bouc qui porte le péché du peuple (Lev. 14, 7; 16, 10. 21s). Les monstres réels ou fabuleux qui peuplent le désert, sont dans la Bible le signe du péché, triste et laid.


      Morsures de la maladie.

      Une autre classe d'êtres démoniaques s'attaque à l'homme dans sa chair. Ici, plus de bêtes visibles, mais leur morsure est sensible, et il faut bien leur prêter un corps.

      Les figurines babyloniennes à destination magique nous apprennent comment l'Orient ancien représentait les maladies: tel Pazouzou, le vent du sud-ouest, qui apporte la malaria. Son corps nu, d'une maigreur extrême, porte une tête monstrueuse, aux cornes de chèvre plaquées sur le front; quatre ailes, des pattes de rapace, soulignent la rapidité avec laquelle il fond sur sa proie, lui enfonçant dans la chair ses doigts armés de griffes. « Je suis Pazouzou, fils de Hanpa, dit l'inscription; le roi des mauvais esprits de l'air qui sort violemment des montagnes en faisant rage, c'est moi. » Crabes et scorpions, lions et panthère, reptiles et rapaces fournissent les éléments du bestiaire démoniaque représenté sur les plaques talismans. (G. CONTENAU, Manuel d'Archéologie orientale, fig. 826, p. 1310ss; voir fig. 152s, p. 1306-1310; fig. 829, p. 1316; fig. 830, p. 1320; fig 1038, p. 1913s.).

      La Bible utilise un langage analogue. l'auteur du Ps. 91 exhorte l'Israélite à mettre sa confiance dans la protection du Très-Haut; ainsi passera-t-il indemne à travers les plus redoutables épidémies:


Tu ne redouteras ni la terreur nocturne,
      ni la flèche qui vole le jour,
Ni la peste qui chemine dans les ténèbres,
      ni l'épidémie qui sévit à midi.
(Ps. 91, 5s, Clès).


'ancienne version latine disait « le démon de midi ». « On peut penser, dit à ce propos le P. Calès, que la peste (débér) qui chemine la nuit et la contagion (qétéb) qui sévit à midi font allusion, par réminiscence, à deux démons, l'un de nuit, l'autre de jour, auxquels la foi populaire d'ancien Orient attribuait la responsabilité de ces êtres malfaisants; protégé par les anges, il foulera aux pieds aspic et basilic, lion et dragon. Nous retrouvons ici les animaux figurés sur les amulettes babyloniennes.

      Mais en Israël la magie n'est pas tolérée. Les fléaux sont dans la main de Dieu; on les voit dans sa garde du corps quand il paraît pour juger la terre (Hab. 3, 5), ce sont les exécuteurs de ses hautes oeuvres:


J'accumulerai sur eux les fléaux,
      contre eux j'épuiserai mes flèches;
Exténués par la faim, dévorés par la fièvre
      et la contagion funeste,
J'enverrai contre eux la dent des bêtes,
      le venin de ceux qui rampent dans la poussière.
(Dt. 32, 23s).


La théologie tardive exalte ces instruments de la justice divine:


Feu et grèle, fléau et peste,
      eux aussi sont créés pour le jugement;
Dent des bêtes, scorpion et aspic
      et l'épée vengeresse qui extermine les impies,
Tous ont été créés pour servir à cette fin,
      ils sont en réserve pour le jour de la visite.
(Ecli. 39, 29s hébreu).


     Ces créatures terribles sont-elles des démons méchants ou de simples personnifications? Réservons la question; notons seulement ici que dans les prières du psautier le malheureux qui crie justice, décrit ses persécuteurs trop réels sous les traits de bêtes démoniaques:


      Ils ont du venin, venin de serpent,
      comme l'aspic qui se bouche les oreilles...,
O Dieu, casse-leur les dents dans la gueule;
      leurs crocs de lion, brise-les, Iahvé.
(Ps. 58, 5. 7).


     Le spectre de la Mort.

Plus terrible que les épidémies aux dards empoisonnés est leur père, le roi des terreurs, la Mort. Le poète de Job décrit l'agonie de l'impie:


De tous côtés des terreurs l'épouvantent
      et poursuivent ses pas;
Le malheur qui le frappe est affamé,
      la calamité se tient à son côté;
Sa peau est dévorée par la maladie;
      le premier-né de la Mort dévore ses membres.
Il est arraché de sa tente où il dévorait en sécurité,
      on le traîne au roi des frayeurs.
(Job. 18,11-14).


     « Ce personnage, note Mgr Weber, rappelle le Dieu des enfers mythologiques... la poésie peut se permettre de ces réminiscences sans aucun danger pour la foi des lecteurs. » Il n'y a rien de plus ici qu'une personnification littéraire, comme dans la lamentation des pleureuses:


La mort est montée par nos fenêtres,
      elle a pénétré dans nos palais.
(Jer. 9, 20).


     Le Cheol (Hadès, Enfer), royaume de la Mort et séjour des morts, est lui aussi personnifié. Une gueule insatiable, c'est tout ce qu'on voit de lui:


Le Cheol a redoublé d'activité,
      il a ouvert sa gueule sans mesure.
(Is. 5, 14, Condamin).


Il avale, il engloutit. C'est lui qui dévore vivants Dantan, Coré et Abiron, lui qui avale l'armée de Pharaon, quand la terre ouvre sa gueule (Nb. 16, 30-34; Ex. 15, 12).

      Monstre non moins avide, l'Abîme (tehom), l'élément liquide qui est sous la terre et tout autour, a bien des traits communs avec le Cheol. Il est lui aussi une puissance de mort. Dans sa détresse le malheureux crie vers Dieu:


Délivre-moi du bourbier, que je ne m'enlise pas.
      Que je sois délivré des eaux profondes.
Que le courant des eaux ne m'entraîne pas;
      que le gouffre ne m'engloutisse pas;
      que le puits béant ne se ferme pas sur moi.
(Ps. 69, 15s, Calès).


     Le gouffre, le puits béant, c'est le Cheol. L'association de l'Abîme avec le Cheol est fréquente:


Les vagues de la Mort m'avaient environné;
      les torrents de Bélial m'avaient épouvanté;
Les chaînes du Cheol m'avaient enveloppé;
      les filets de la Mort m'avaient surpris.
(Ps. 18, 5s, Calès).


Sous terre le Cheol est comme la poche stomacale de cette pieuvre gigantesque dont les courants des eaux seraient les tentacules:


Ils se sont enfoncés comme du plomb dans les eaux profondes...
      ils ont été engloutis par la terre.
(Ex. 15, 10. 12).


     Ces tentacules sont assez puissantes pour entraîner un vaisseau de haut bord de la taille du rocher de Tyr:


L'Abîme montera à l'assaut contre toi,
      les grandes eaux t'envelopperont;
Tu descendras avec ceux qui descendent dans la fosse.
(Ez. 26, 19s).


Bien plus, les eaux de l'Abîme ont pu recouvrir la terre entière, et les ténèbres formaient autour comme une carapace (Gen. 1, 2; Ps. 104, 6).

      Ce monstre vorace, qu'on le nomme Mort, Cheol, Abîme, Abaddon (perdition), Bélial (vaurien, néant) ou de tout autre nom, ce monstre a-t-il quelque rapport avec les êtres démoniaques relevés précédemment?

      Tout naturellement les maladies sont au service de la Mort; le texte de Job cité plus haut montrait le roi des frayeurs lançant sa meute. La peste (débér) et la contagion (qétéb) sont dans Osée les armes de la mort (Os. 13, 14). Ainsi la Mort centralise les puissances mauvaises, elle en fait un empire organisé. On traite avec elle comme avec une personne; les impies font un pacte avec la Mort, avec l'Enfer (Is. 28, 15. 18; Sag. 1, 16); ne sont-ils pas insatiables comme elle pour dévorer les malheureux (Hab. 1, 13; 2, 5; Prov. 1, 12)?

      La puissance infernale acquiert ainsi un caractère moral et religieux: elle s'oppose à Dieu. Contre l'Abîme l'activité créatrice est une lutte. Une parole suffit pour le mettre en déroute; un cri de Iahvé réduit l'adversaire au silence. Le verbe gaar (et son équivalent grec epitimân) est spécialisé comme cri de guerre et de victoire contre les puissances du mal. Ce cri met en fuite l'Abîme, les grandes eaux, aussi bien que les armées ennemies (Is. 17, 13; 50, 2); il refoule Satan en personne: Imperet tibi Dominus (Zac. 3, 2) (Dans le Nouveau Testament, c'est ainsi que Jésus commande à la mer, aux démons, et à saint Pierre, qualifié de Satan (Mc. 1, 25; 4, 39; 8, 33; 9, 25). Sur ce mot: P. JOUON, Biblica 6 (1925), 318-321). Ailleurs la lutte est décrite plus en détail:


De la fumée montait de ses narines,
      et de sa bouche sortait un feu dévorant;
      des charbons de feu y brûlaient.
Il abaissa les cieux et descendit.
      Sous ses pieds était une nuée sombre.
Porté sur un chérub, il volait;
      il planait sur les ailes des vents.
Il se fit des ténèbres un voile;
      autour de lui, formant sa tente,
      des eaux ténébreuses et d'épais nuages.
Devant l'éclat de sa face, les nuages
      s'en allèrent en grêle et en charbons de feu.
Et Iahvé tonna dans les cieux,
      et le Très-Haut fit entendre sa voix.
Il décrocha ses traits et les dispersa,
      lança ses éclairs et les poussa en avant.
Et les lits des océans apparurent,
      et les fondements de la terre furent mis à nu.
Devant ta menace, Iahvé,
      au souffle du vent de ta colère.
(Ps. 18, 9-16, Calès).


On pense spontanément à la lutte de Mardouk contre Tiamat (R. LABAT, Le poème babylonien de la création, Paris, 1935, tablette IV et p. 52-56). En fait Tiamat n'est pas mentionné dans la Bible, et le rapprochement verbal avec tehom ne suffit pas pour affirmer un contact littéraire avec le mythe babylonien. D'autres monstres de l'élément liquide sont désignés nommément, Rahab et Léviathan; leurs noms, retrouvés à Ras-chamra, suggèrent une origine cananéenne ou phénicienne.

      Ces vieux dragons mythiques servent à désigner les grands empires. A propos de la sortie d'Égypte, Isaïe 51 rappelle l'antique victoire de Iahvé contre Rahab. Il peut y avoir allusion à la mer fendue pour livrer passage aux Hébreux; mais la Basse-Égypte, toute en marais et en canaux, était une puissance de la mer: le crocodile du Nil fournira à Job le portrait de Léviathan, et Rahab est un nom poétique de l'Égypte (Ps. 87). Ailleurs le dragon de Bel (G. CONTENEAU, O. C., FIG. 137), qui engloutit le peuple d'Israël, n'est autre que Nabuchodonosor (Jer. 51, 34-44; compt. Jonas 2).

      Ces assimilations sont anciennes. Déjà Isaïe (28, 15. 18) appelait alliance avec la Mort, pacte avec le Cheol, l'alliance que les conseillers d'Ézéchias négociaient avec l'Égypte; et il décrivait l'invasion assyrienne comme un déluge des grandes eaux (Is. 8, 7; 28, 15. 18; comp. Ps. 46).

      La Mort, l'Abîme, le Néant sont les ennemis de Dieu et de son peuple. Ils restent cependant eux aussi dans la main du Créateur: c'est Dieu lui-même qui avait enveloppé la terre dans l'abîme, et il a emmaillotté la mer dans les ténèbres au jour de sa naissance (Job. 38, 8s; Ps. 104, 6); il a créé Léviathan pour en faire le jouet de ses enfants (Ps. 104, 26; Job. 40, 29). Dieu fait descendre qui il veut au ventre du Cheol et il en ramène quand il lui plaît (Jonas 2; Ps. 88; 1 Sam. 2, 6), de même qu'il a fait descendre son peuple d'Égypte et dans les profondeurs de la mer pour l'en tirer au jour du salut.

      Les bêtes démoniaques.

      A quel ordre de réalité appartiennent toutes ces bêtes? Le chacal au hurlement lugubre, le scorpion qui blesse sournoisement, la mer avec ses dangers et ses monstres sont des créatures bien réelles. Cachent-elles aussi sous leurs traits repoussants des êtres invisibles qui seraient démons impurs, démons de la fièvre ou de la mort? Quelle était sur ce point la pensée des auteurs sacrés?

      Lorsque, vers le deuxième siècle, les Juifs traduisirent en grec leurs livres saints, ils appelèrent démoniaques, daimonia, soit les idoles et divinités païennes, soit quelques-uns des animaux fantastiques rappelés plus haut. (Il est remarquable que les LXX aient préféré l'adjectif neutre daimonia, êtres démoniaques, au nom masculin usuel daimôn, démon. Le NT emploie une fois daimones (Mt. 8, 31) en parallèle avec daimonia (Luc. 8, 31ss) et esprits impurs (Mc. 5, 10-13); les démons y ont un caractère personnel plus accentué. Pour l'usage du grec profane, voir les encyclopédies, DARREMBERG-SAGLIO, PAULY-WISSOWA, suppl. III, et G. SOURY, La démonologie de Plutarque, Paris, 1932.)

      Faut-il en conclure que la Mort, la Peste, le Péché, avaient aux yeux des Juifs une sorte d'existence séparée? Sont-ils, sinon des êtres personnels doués d'une volonté mauvaise, du moins des énergies malfaisantes analogues à l'animal poussé par son instinct? Le vivant saisi par ces bêtes de proie tombe dans le péché, la maladie, la mort; mais on peut aussi chasser ces vilaines bêtes loin de la demeure des hommes, au désert ou au Cheol.

      Pour la pensée moderne, le péché, la maladie, la mort, ne sont rien hors d'un pécheur, d'un malade ou d'un mort. L'Orient ancien n'avait pas nos manières de voir. Il n'est pas douteux qu'à Babylone par exemple, Pazouzou, Labartou, les Sept mauvais et autres monstres funestes, avaient une existence réelle; on ne peut comprendre autrement les textes magiques. En est-il de même à Jérusalem?

      La religion populaire était mêlée de pratiques superstitieuses; les Prophètes et la Loi en témoignent. Spontanément les Israélites partageaient la croyance commune aux forces du mal; ils ne devaient d'ailleurs pas avoir sur leur nature des idées bien nettes. Mais la pure religion que reflètent les textes bibliques - et qui est seule porteuse de révélation - pouvait-elle s'en accommoder? La magie était proscrite à l'égal de l'idolâtrie. Le monothéisme refusait l'existence à tout être qui n'aurait pas été créé par Dieu; et toute oeuvre de Dieu était bonne. La Sagesse dira explicitement:


Dieu n'est pas l'auteur de la Mort,
      il ne veut pas la perte des vivants;
Il a tout créé pour être,
      tout ce qu'engendre le monde est salutaire.
(Sag. 1, 13s).


C'est un écho fidèle du premier chapitre de la Genèse.

      Faut-il donc reléguer la Mort avec les maladies ses filles dans le monde de rêve qu'utilise le langage symbolique? Les textes nous imposent un jugement plus nuancé. La Mort n'est qu'une personnification littéraire; la Bible, soucieuse d'éviter le dualisme, s'est gardée de camper en face de Dieu un personnage réel qui eût incarné la puissance du mal. Pour les monstres mythiques, Rahab et Léviathan, on peut déjà hésiter davantage. Le P. Lagrange estimait que « ce sont bien, pour les écrivains sacrés, des êtres réels et redoutables. Ils ont lutté contre Dieu à l'origine; c'est une première esquisse de la lutte des anges réprouvés. » (Rev. Bibl., 1916, p. 598). Quant à la fièvre et autres êtres malfaisants, la religion officielle n'avait pas à réagir contre eux avec la même énergie; ils ne présentaient pas un grand danger, pourvu qu'au lieu de les combattre par la magie, on recourût à Dieu dans la prière en se frappant la poitrine et en criant miséricorde. Pourtant sous leurs peaux de bêtes on aura de plus en plus tendance à découvrir, non une force aveugle instinctive, mais une volonté bonne ou mauvaise, un esprit, un ange.


L'ANGE
     Puissances célestes.

      Passant au monde angélique, nous retrouvons les grandes forces de la nature; mais au lieu des puissances chthoniennes et abyssales ce sont les puissances célestes.

      Au jour de la création, dit le poète de Job:


Les astres du matin chantaient en choeur
      et les fils de Dieu poussaient des cris d'allégresse.
(Job. 38, 7).


     L'armée des cieux combattait pour Israël contre Jéricho (Jos. 5, 14) ou contre Sisara:


Des cieux combattirent les étoiles,
      de leurs chaussées elle combattirent contre Sisara.
(Jug. 5, 20, Dhorme).


     Quand Iahvé paraît en guerrier pour confondre ses ennemis ou sauver ses fidèles, il s'entoure de toutes les armées des cieux (Ps. 18 cité plus haut). Ainsi s'est-il manifesté au Sinaï (Ex. 19, 16-20) et à la sortie d'Égypte (Ps. 77, 18s), ainsi déjà à la création:


Des nuées il fait son chat,
      il descend sur les ailes du vent.
Les vents sont ses anges,
      la flamme vibrante est à son service.
(Ps. 104, 3s).


     Chérubin et flamme tourbillonnante gardent l'entrée du jardin de Dieu (Gen. 3, 24), et les puissances célestes forment dans les palais divins des choeurs de louange (Ps. 148).

      Naturellement bonnes, même quand Dieu s'en sert pour détruire ses ennemis, ces puissances peuvent-elles devenir mauvaises? Certains passages de Job font allusion aux impuretés que Dieu trouve jusque dans les astres, jusque dans ses anges (Job. 4, 18; 15, 15; 25, 5); on n'est pas obligé de reconnaître ici la chute des anges; la formule est générale, il s'agit plutôt de l'imperfection inhérente à toute créature même céleste. Au livre d'Isaïe (14, 12-14) la chute du roi de Babylone est décrite comme la chute d'un astre (Lucifer); un emprunt littéraire à la chute d'Enlil était tout indiqué; c'est par le même procédé que la ruine de la ville est décrite comme l'effondrement de Bel (Mardouk) et Nabou (Is. 46, 1). Il n'y a pas dans l'Ancien Testament de révélation nette sur une chute d'ange. (Les apocryphes se chargeront de combler cette lacune à grand renfort d'imagination).

      Mais les puissances célestes peuvent devenir pour l'homme une cause de chute. Charmés par leur beauté, les hommes ont pris ces créatures pour des dieux (Sag. 13, 3). La tentation est ancienne: Babylone et Canaan adoraient les astres. Les puissances célestes sont ainsi devenues pour les hommes des maîtres durs (Dt. 4, 19; Jer. 16, 11ss); mais il n'y a pas là à proprement parler une perversion des puissances célestes elle-mêmes. Les hommes en font leurs idoles; eux seuls sont coupables et ils en portent la peine. (Saint Paul voit juifs et gentils soumis aux puissances astrales. Associant d'une certaine façon la loi mosaïque aux observances païennes, il étend aux juifs infidèles ce que Dt. disait des nations. Mais Principautés et Puissances ne sont pas pour autant mauvaises, pas plus que la Loi.)

      Les esprits.

      Lorsque Dieu veut tromper Achab, de l'armée des cieux se détache un esprit, qui s'offre à devenir dans la bouche des prophètes esprit de mensonge (1 R. 22, 22). Pour exécuter ses volontés, Dieu utilise ses anges.

      Il envoie des anges exterminateurs contre Sodome (Gen. 19, 13), contre les Égyptiens (Ex. 12, 23; Ps. 78, 49), contre Sennachérib (Is. 37, 36), même contre son peuple (2 Sam. 24, 16s). Plus tard la Sagesse appelle « exterminateur » la plaie qui frappa au désert les Hébreux révoltés (Sag. 18, 25; Cf. NB. 17, 13ss); et le nom d'Asmodée (Tob. 3, 8) pourrait venir de l'araméen achmed, exterminer. Mais une mission vengeresse ne suppose pas nécessairement un agent mauvais lui-même; la Parole de Dieu en personne peut s'en charger. (Sag. 18, 15).

      Plus étonnants sont les esprits tentateurs: esprit de jalousie (Nb. 5, 14), de malveillance (1 Sam. 18, 10), de discorde (Jug. 9, 23), de mensonge (1 R. 22, 22), de fornication (Os. 4, 12; 5, 4). Cependant c'est envoyés de Dieu qu'ils assaillent Saül, Abimélech et les Sichémites, aussi bien que les prophètes d'Achab. Ces faits sont très anciens et, il faut se souvenir qu'alors David n'eût pas été étonné que Iahvé en personne excitât contre lui le mauvais vouloir de Saül (1 Sam. 26, 19); lui-même ne fut-il pas excité par la colère de Iahvé à commettre une faute en ordonnant le dénombrement du peuple (2 Sam. 24, 1)?

      Satan.

      Lorsque, beaucoup plus tard (4è siècle), le Chroniqueur reprit l'histoire du règne de David, à la colère de Iahvé, qui poussait le roi à dénombrer son peuple, il substitua Satan (1 Chr. 21, 1). Est-ce de sa part un scrupule théologique, ou précision nouvelle?

      Que savons-nous de ce personnage? Son nom est significatif. L'étymologie du mot hébreu satan (et de son double satam) est douteuse; mais l'usage est clair. Le verbe doit signifier « faire obstacle », comme l'ange de Iahvé qui barre la route à Balaam et s'oppose à ses maléfices (Nb. 22, 22. 32). Cette hostilité peut se manifester à la guerre; plus souvent c'est au tribunal, où le satan est l'accusateur, le calomniateur, le diabolos (vg. Ps. 109, cf. Apoc. 12, 10-12).

      Il y a des satans humains, comme les princes, l'un édomite, l'autre araméen, que Iahvé suscite contre Salomon, après qu'il s'est laissé séduire par des femmes étrangères (1 R. 11).

      Deux autres fois, la Bible mentionne un satan angélique. Le texte de Zacharie est daté avec précision. Le 24 chavat an 2 de Darius - mi-février 520 - Zacharie eut une vision la nuit. Devant l'ange de Iahvé Jésus le grand-prêtre comparaissait en posture d'accusé, en vêtements de deuil, à sa droite le Satan faisait opposition. Imperet tibi Dominus! le cri de Iahvé retentit à l'adresse du Satan. Jésus est justifié, et l'ange lui fait reprendre les insignes de son sacerdoce (Zac. 3, 1-5). Le Satan est ici l'accusateur qui cherche à perdre celui que Iahvé veut sauver.

      L'autre texte, au prologue de Job (Ch. 1s), est assez connu. La date en est controversée; nous adoptons comme plus probable le 5è siècle. Le conseil de Iahvé avec les fils de Dieu ressemble à celui qu'il tenait avec l'armée des cieux du temps d'Achab. Le Satan s'y présente en accusateur. On voit dès l'abord paraître ses intentions perverses. Sa fonction est d'enquêter. Sans doute est-ce Dieu qui l'a établi dans cette charge; mais le bien l'irrite, il n'y croit pas, il ne voudrait pas y croire. Si Job est fidèle, c'est par intérêt; et le Satan jette à Dieu un défi. Il veut trouver Job en faute, et Dieu aussi par le fait même.

      Iahvé lui donne carte blanche, et on sait ce qu'il en coûte au pauvre Job. D'accusateur malveillant, le Satan est devenu tentateur. Tous les démons du désert et des maladies sont à ses ordres; il arrive à mettre dans son jeu la femme de Job, mais il n'obtient pas le blasphème escompté, qui mettrait Job à sa merci et le livrerait à la mort.

      Le but du Satan, c'est la révolte contre Dieu et la perte de l'homme. Mais sa puissance est limitée. Pour déchaîner les fléaux du désert, il lui faut un ordre de Dieu, et un ordre nouveau pour lancer la meute des maladies. On ne mentionne pas d'ordre divin pour mettre à son service la femme de Job; c'est le mystère de la liberté humaine et de sa faiblesse. Ce mystère a aussi son côté fort; le Satan ne peut triompher d'une liberté qui reste soumise à Dieu, non par intérêt, mais parce que c'est Dieu.


L'ANGE ET LA BÊTE
     Le Satan de l'Ancien Testament est un personnage énigmatique. C'est une mauvaise tête parmi les fils de Dieu; il est toujours contre. On dirait Judas parmi les Douze. Il ne se révèle pas encore comme le chef des puissances du mal, le dieu de ce monde en face du roi du ciel. mais il a déjà partie liée avec toutes les forces mauvaises, il va les chercher au fond du désert, il sait les trouver au coeur de la femme. Il n'est pas le roi des frayeurs, qui personnifie la mort; mais il est son allié et son pourvoyeur.

      C'est lui qui a introduit la mort dans le monde, dira la Sagesse (2, 24), et la pensée se reporte à la Genèse. Satan n'était pas nommé alors; mais un serpent, créature de Dieu, le type même de l'habileté et de la prudence, se glissait parmi les arbres du Paradis; il fascinait la femme et lui insinuait son venin, précipitant ainsi l'humanité dans la mort. Dieu ne maudit pas l'homme pécheur; mais le serpent est maudit sans recours.

      A travers l'Ancien Testament l'image du serpent restera associée à la tentation, où la femme et le fruit de la vigne servent volontiers d'instrument:

      Ne regarde pas le vin; il est rouge, il fait de l'oeil dans la coupe, il se présente en homme de bien. Mais à la queue c'est un serpent qui mord, une vipère venimeuse; tes regards se porteront sur des étrangères, ton coeur parlera de travers, et tu seras comme couché au creux de la mer, comme couché sur la crête d'une vague. (Prv. 23, 31-34).

      Au contraire le comble de la paix messianique, quand le fils de Jessé fera régner une justice et une sagesse, qui ne s'appuieront pas sur l'estimation des sens, mais uniquement sur l'esprit de Iahvé, le comble de la paix messianique, quand le lion et l'ours mangeront l'herbe en compagnie du mouton et de la vache, c'est que le petit de la femme mettra sa main dans le trou de l'aspic, l'enfant à la mamelle jouera sans danger avec le petit du serpent (Is. 11, 1-8).

      Le serpent est image qu'utilisent Prophètes et Sapientiaux; Satan est une réalité. Serpent venimeux et sournois, il s'efforce de faire régner la mort sur la terre. Il mobilise dans ce but les forces de la nature et aussi les hommes qui se livrent à lui. Dieu l'y autorise dans la mesure jugée convenable par sa Sagesse; il se sert de la méchanceté de Satan comme de celle des hommes.

      Vos desseins contre moi étaient pervers, mais Dieu s'en est servi pour le bien, afin de donner la vie à un peuple immense. (Gen. 50, 20).



PUISSANCE DE NÉANT
     Les traits sous lesquels l'Ancien Testament décrit les puissances du mal, ne diffèrent pas des produits spontanés de l'imagination humaine. Cauchemars des nuits sans sommeil, délire de la fièvre, peur de la mort, représentent sous forme d'animaux hideux les forces occultes contre lesquelles l'homme se sent impuissant. La psychologie et le folklore comparé ont ici droit de regard.

      La Parole de Dieu s'empare du langage humain; c'est pour révéler à l'homme son propre langage. Les puissances de mort sont des bêtes immondes, images de rêve enfiévré; le Créateur lui-même entre en lutte avec ces monstres. Qu'est-ce que cela signifie?

      Notre théologie dit que Dieu a créé du néant, et elle corrige immédiatement ce du. L'Ancien Testament dirait plutôt que Dieu a créé contre le néant, et il n'est pas non plus dupe de ses formules. (On peut rapprocher servatis servandis l'interprétation du poème babylonien de la création par R. LABAT, o. c., p. 67: « Ce n'est pas contre les eaux de la mer que se bat Marduk, mais contre le principe d'anéantissement que Tiamat personnifie dans le monde. » C'est nous qui soulignons.) Mais sa formule est riche d'enseignement. Au néant, à la mort est associé le péché. Le péché replonge la terre au sein de l'abîme, la ramène à l'état de désert, de tohu-bohu (Is. 6, 11s; Jer. 4, 22-26), d'où l'avait tirée l'acte créateur.

      C'est que toute créature est une volonté de Dieu: Dixit et facta sunt; mais la créature libre a reçu le pouvoir de se réaliser elle-même en entrant dans le jeu de la volonté de Dieu sur elle:


Quand Dieu au commencement créa l'homme,
      il le remit aux mains de son ravisseur,
      il le remit aux mains de sa volonté.
Si tu veux garder le commandement,
      si tu as la sagesse de faire son bon plaisir,
      si tu t'appuies sur lui, tu vivras.
On t'offre le feu et l'eau;
      choisis ce que tu veux.
Devant l'homme sont la vie et la mort;
      ce qu'il veut lui sera donné.
(Ecli. 15, 14-17, hébreu).


     Tandis que la volonté divine atteint toujours son effet, la volonté créée peut défaillir en s'écartant du dessein créateur; c'est le péché, qui arrête l'homme dans son développement, l'empêche d'arriver au but: il reste en partie plongé dans le néant, il tombe au pouvoir de la mort. Mais le néant et la mort ne sont rien; ce qui existe, c'est une créature manquée, un vase brisé, un tronc séché, une bâtisse en ruine. Dieu a créé le monde contre le néant; la créature libre doit se créer contre le péché.

      Les bêtes démoniaques ne sont que des images. Mais il existe des hommes enlisés dans le péché, possédés par la malice; l'envie les rend venimeux contre leurs frères qui continuent à monter. Il existe aussi des masses plus monstrueuses que Rahab, marées humaines que des dragons furieux, tels Nabuchodonosor ou Pharaon, lancent à l'assaut du peuple de Dieu. Il existe même des esprits non empêtrés dans notre boue, créés pour la lumière, mais qui l'ont refusée; ils voudraient nous entraîner dans leurs ténèbres. Ce sont là les vraies puissances démoniaques.

      En face de ces puissances du mal, l'Ancien Testament nous laisse au pouvoir de notre libre arbitre, avec l'exemple de Job et, pour nous aider, la prière des psaumes. A vrai dire Satan tient peu de place dans l'Ancien Testament; son empire n'est pas encore révélé. Le Nouveau Testament nous le dévoile comme chef des forces du mal coalisées; en le dévoilant, il révèle sa défaite. (Démasquer Satan, c'est le vaincre: Exercices de saint Ignace, Discernement des esprits, R. 13).

      Judas a pu rester caché parmi les Douze, alors que depuis longtemps il était un satan. En s'attaquant ouvertement à son Maître, il se démasque; il croit un moment gagner, il en crève: crepuit medius; Satan, voilé dans l'Ancien Testament, attaque le Christ du désert à l'Agonie; il pense triompher à la Croix: Si tu es le Fils de Dieu... Puissance de néant il éclate comme une bulle de savon, il se dissipe comme une brume sans consistance au soleil de Pâques.

      La puissance du mal, c'est l'impuissance. Tromperie et illusion, voilà tout ce que peut faire le Diable. Le néant est vaincu par la Création; la mort et le péché sont anéantis par la Croix et la Résurrection. C'est par une grâce de Dieu que Jésus s'est soumis à la mort; par sa mort il réduisait à néant celui qui détenait l'empire de la mort, le Diable, et libérait du même coup ceux que la crainte de la mort tenait toute leur vie dans un véritable esclavage (Héb. 2, 9-14).

      La vie de l'Église se déroule sur le même rythme. Jésus en a averti ses Apôtres; saint Paul et saint Jean sont remplis d'appels au combat et de cris de victoire (Sur le Diable et les démons dans le Nouveau Testament: J. SMIT, De demoniacis in historia evangelica, Rome, 1913, G. KURZE, Der Engels une Teufelsglaube des Apostels Paulus, Fribourg en Br., 1915; dans le Judaïsem: J. BONSIRVEN, Le Judaïsme palestinien, Paris, 1935, t. 1, p. 239-246.):

      Soyez sages en vue du bien, simples à l'égard du mal, et le Dieu de paix écrasera le Satan sous vos pieds sans tarder. (Rom. 16, 19s).

      Enghien
A. LEFÈVRE, S. J.

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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Archange le Sam 13 Déc - 17:34




Un ange déchu, un ange pourtant...


Ce qu'on appelle « examen de conscience » ne s'applique guère, d'ordinaire, qu'à la vie morale; il serait pourtant instructif de voir cet exercice spirituel s'étendre au domaine de la foi: au moyen d'une technique psychologique appropriée, on s'efforcerait d'expliciter et d'amener à la conscience claire les croyances réellement acceptées et vécues, qui seraient l'objet d'un acte de foi positif; le Credo professé non d'une façon théorique et implicite, mais véritablement: celui dont s'alimente la vie spirituelle.

Une telle pratique, si elle était ou devenait d'un usage général, révèlerait bientôt des faits curieux: cette foi effective n'est pas toujours conforme à la doctrine de l'Église à laquelle le fidèle fait profession, même très sincèrement, d'adhérer: elle n'en est souvent qu'un reflet partiel ou déformé. Mieux encore, un tel effort de prise de conscience découvrirait des phénomènes psychologiques complexes, analogues à ceux que la psychanalyse nous a rendus familiers dans le domaine de la vie affective: sur le plan dogmatique, on observe aussi des inhibitions, des refoulements, dont il devient singulièrement instructif de rechercher les causes.

Si nous abordons, de ce point de vue,le problème qui nous occupe ici, celui de la croyance au Démon, je suis persuadé qu'une telle « analyse de la croyance » mettrait en évidence une difficulté générale, devant laquelle butent la plupart des consciences religieuses de notre temps. Mis à part, bien entendu, les théologiens de profession, ces professeurs habitués à parcourir d'un pas égal et méthodique l'encyclopédie du dogme, traité par traité et question par question; mises à part également les âmes privilégiées, assez avancées dans la voie de la perfection et la vie de l'esprit, pour en connaître, si je puis dire expérimentalement, tous les aspects, on peut assurer que bien rares sont, parmi les Chrétiens de notre temps, ceux qui croient réellement, effectivement, au Démon, pour qui cet article de la foi est un élément actif de leur vie religieuse.

Même, j'y insiste, parmi ceux qui se disent, et se pensent et se veulent, fidèles à l'enseignement de l'Église, on en rencontrera beaucoup qui ne font pas difficulté de reconnaître qu'ils n'acceptent pas de croire à l'existence de « Satan ». D'autres ne s'y résolvent qu'à la condition d'interpréter aussitôt cette croyance de façon symbolique, identifiant le Démon au Mal (aux forces mauvaises, au péché, aux tendances perverses de la nature déchue), auquel ils confèrent de la sorte une existence propre, détachée de tout suppôt, de toute être personnel subsistant. Au plus grand nombre, ce thème paraîtra gênant: il n'est que de voir les précautions oratoires que prennent, avant d'en parler, les écrivains les mieux intentionnés. C'est un sujet que minimisent systématiquement, si elles ne le passent pas simplement sous silence, l'apologétique contemporaine et même la catéchèse, devenue si pusillanime, si attentive à ne point trop exiger. Cette impression de gêne et de désagrément que cause l'idée de l'existence du Diable au commun des hommes d'aujourd'hui est facile à observer chez tout lecteur, disons par exemple de la littérature ancienne relative aux Pères du Désert, si familiers avec la présence quotidienne des démons (Ainsi, sous la plume d'Henri Bremond, si sympathique pourtant au vieux récits du Désert d'Égypte: « En vérité, beaucoup d'histoires de diables, moins qu'on ne l'a prétendu, un peu plus cependant que nous ne voudrions, avec cela moins malfaisantes qu'on ne le croirait d'abord, voire presque toute bienfaisantes... » (Introduction à : Jean Bremond, Les Pères du Désert (Coll. Les Moralistes Chrétiens), t. 1, p. XXVII); même André Gide agace souvent son public, par l'insistance avec laquelle il utilise la notion du Démon; ce n'est pourtant chez lui qu'un thème mythologique, mais, même réduit à l'état de mythe, nos contemporains n'aiment pas entendre parler de Satan.

Il faut s'enquérir avec plus d'attention sur la motivation d'un tel refoulement, car c'est bien d'un refoulement qu'il s'agit: nous touchons là à un point douloureux sur lequel la conscience n'aime guère se voir interroger, résiste souvent à tout effort d'explication, cherche à écarter le problème...

Je proposerai, pour en rendre compte, une hypothèse, simple application d'ailleurs d'un fait d'observation très général: souvent les difficultés qui s'opposent par une méconnaissance profonde de l'objet réel de cette foi: les objections qu'on lui oppose, parfaitement valables et fondées, s'adressent en réalité non à la vraie foi mais à une image déformée jusqu'à la caricature, à un « fantôme », phantasma, pour reprendre un mot de saint Augustin (Conf. IV, 4 (9); on se souvient du contexte: entre dix-huit ou vingt ans, saint Augustin pleure sur la mort de son ami: « J'interrogeais mon âme... Elle ne savait que me répondre et si je lui disais: « Espère en Dieu », elle n'obéissait pas et elle avait raison, l'homme très cher que j'avais perdu étant plus réel et meilleur que le mirage en qui je lui ordonnais d'espérer », quam phantasma in quod sperare jubebatur (trad. DE Mondadon); cf. encore Conf. VII, 17 (23).)

Si tant de nos contemporains, je parle des Chrétiens, refusent de croire au Diable, c'est, le plus souvent, parce qu'ils s'en font une idée fausse, et réellement contraire à l'essence de la Foi; si bien qu'il est non seulement normal mais en quelque sorte légitime de voir leur conscience religieuse réagir avec violence et se cabrer contre cette erreur.

A l'analyse, on se rend compte en effet que l'idée que les modernes se font communément du Démon est moins chrétienne que « manichéenne » (pour parler la langue traditionnelle des hérésiologues; disons, si l'on exige un vocabulaire historiquement plus précis, « gnostique » ou « dualiste »): le Satan auquel nos contemporains ne peuvent se résoudre, ou ne se résolvent que difficilement à croire est une sorte d'Ahriman, un Être personnel en qui s'incarne le Principe du Mal, conçu comme terriblement réel, et qui répond antithétiquement au Principe du Bien actualisé d'autre part en Dieu; si puissant au demeurant qu'il est non seulement un antagoniste mais un rival de Dieu: à la lettre un Contre-Dieu, Antitheos. (J'emprunte le terme à l'apologiste Athénagore (c. 24) qui toutefois ne l'emploie que comme adjectif et dans un contexte qui en limite le rayonnement: « une Puissance opposée-à-Dieu, non que Dieu ait son contraire comme la haine s'oppose à l'amitié selon Empédocle, et la nuit au jour... »).

On notera, comme symptôme caractéristique de cet état d'esprit, qu'il est le plus souvent moins question des démons que du Démon: cette conception monarchique de la Puissance des Ténèbres est sans doute, pour une part, suggérée par la tradition de l'Église: déjà dans le Nouveau Testament, Satan, le Prince de ce monde, le Prince de la Puissance de l'air, Celui qui a l'empire de la mort, le Diable, s'oppose synthétiquement au Christ (saint Paul, 2 Cor., 4, 4, va jusqu'à risquer l'expression « le dieu de ce siècle »). Ce mode de présentation a été souvent repris, dans un mouvement oratoire, par les Pères, et en particulier les Latins d'Afrique: déjà Tertullien oppose, dans un balancement symétrique, Dieu, tout bon, optimus, et le Diable, tout mauvais, pessimus (de Patientia, 5); saint Augustin plus souvent encore, chez qui, on l'a souvent observé, l'antithèse n'est pas seulement un procédé de style, une recette héritée de Gorgias, mais comme une catégorie fondamentale de pensée: bien souvent chez lui, et de façon par moment abusive, dans son rôle, et sa personne même, le Démon est mis en parallèle avec le Christ. (Ainsi, pour ne prendre qu'un exemple, dans le de Trinitate, au 1, IV, c. 10 (13) - 13 (18).)

Mais chez les Modernes, ces textes (ou du moins l'écho, combien indirect parfois, de leur enseignement) ne sont (ou n'est) plus compris ainsi qu'il devrait l'être comme un raccourci saisissant, une façon commode, ou émouvante, de présenter les choses, rassemblant toutes les forces infernales autour de leur chef pour mieux opposer leur rôle à celui de notre unique Sauveur, mais sans pour autant nier l'existence d'autres Puissances, d'autres Esprits mauvais. (Il est intéressant par exemple de relire l'Epître aux Ephésiens, 6, 11-18: on y verra alterner le singulier et le pluriel: le Diable... le Malin, s'y opposant aux mentions des Principautés, des Puissances, des Maîtres de ce monde de ténèbres, des Esprits de malice.)

Tels qu'on les comprend, ou les retiens, ces textes « monarchiques » inclinent dangereusement la réflexion (si l'on peut qualifier ainsi l'embryon de pensée théologique dont se satisfont les hommes d'aujourd'hui) vers un dualisme pur et simple: il y a Dieu d'un côté et de l'autre Satan; la réalité de celui-ci paraît inséparable de la réalité, positive, ontologique et substantielle, du Mal dont il est le véhicule et comme le symbole.

Or, quoi qu'il en soit du rôle éminent qu'une exacte théologie reconnaîtra, parmi les démons, à Lucifer, à Satan, leur prince, il reste que la pensée moderne (je parle toujours de la pensée réelle, celle qui, quoique souvent implicite, anime la vie spirituelle) ignore profondément la véritable doctrine orthodoxe sur le Diable, la seule qui soit acceptable pour une âme chrétienne, car, seule, elle sauvegarde la toute-puissance, l'unicité de Dieu, ce joyau de notre Foi: le monothéisme.

A savoir que Satan, comme les autres démons, car il n'est que l'un d'eux, encore que le premier, est un ange. Ange rebelle prévaricateur et déchu, soit; un ange, pourtant, créé par Dieu avec et parmi les autres esprits célestes et à qui sa chute même, la déchéance qu'elle a entraînée, n'ont pu enlever cette nature angélique qui définit son être.

Pour le théologien, les démons ressortissent au traité de Angelis; (Ainsi: saint Thomas, 1a, qu. 63-64; Salmaticenses, Curs. Theol. VII, disp. 12; Suarez, de Angelis, VII-VIII.) c'est là une doctrine qui appartient à la tradition la plus solidement établie: elle apparaît, nettement exprimée, dès les Apologistes du IIè siècle; (Justin, Apol. II, 5, etc.; Tatien, 7; Athénagore, 24.) l'Église n'a pas cessé de réaffirmer avec force, chaque fois qu'un renouveau du péril dualiste (une des tentations pérennes de l'esprit humain) l'a amenée à préciser sa frontière de ce côté: dès la fin du IIè siècle, contre les Gnostiques avec saint Irénée (Adv. Haer. V, 24, 3), en 563, au concile de Baga contre les infiltrations manichéennes du priscillanisme (Denzinger 17è ed. 237), en 1215, au IVè Concile du Latran, contre les Cathares (Denz., 428).

Il n'est pas nécessaire d'insister plus longtemps: il s'agit là d'une doctrine bien connue. Le fait dont il faut rendre compte est précisément que ces vérités, banales, répandues dans la conscience de tout fidèle par le catéchisme élémentaire, en un sens toujours présentes, aient aujourd'hui si peu de rayonnement, d'efficacité d'action. Notre analyse de la psychologie dogmatique des modernes doit faire ici un pas de plus: si, autour de nous, on a tant de peine à croire au Démon, c'est qu'en fait on ne pense plus guère aux Anges.

Une fois réservé, ici encore, le cas des théologiens et des âmes spirituelles, comment ne pas constater l'effacement du rôle des Anges dans la pensée et la vie chrétiennes de notre temps? Seule la dévotion à l'Ange gardien conserve peut-être quelque vitalité mais elle apparaît comme à l'état isolé, coupée dur reste de la théologie des Anges. Qu'on songe à ce qu'a été, par exemple, au moyen âge, le culte de saint Michel, à tous les témoignages qu'en conservent nos monuments, la toponymie, l'onomastique, le folklore! La fête du 29 septembre est toujours cataloguée, par nos liturgistes, « double de 1è classe », mais que signifie-t-elle, en général, pour le Chrétien, surtout instruit, de nos jours? Il y a là, certainement, un effet du « matérialisme » caractéristique du milieu culturel de notre époque. - disons, plus précisément de la valeur trop exclusive donnée à la seule expérience sensible au détriment de tout ce qui relève du monde interne, intelligible, spirituel. Le peuple chrétien chante chaque dimanche le symbole de Nicée et prétend professer sa foi dans un Dieu créateur « de toutes choses, visibles et invisibles », mais en fait, il ne pense pas sérieusement à l'existence, à la réalité, des créatures spirituelles de ce monde invisible. Nous touchons, là aussi, à un aspect de la foi volontiers rejeté dans l'implicite.

C'est ce sentiment, inavoué mais profond, qui explique la gêne, que nous observions pus haut, ressentie par les lecteurs, même croyants, même sympathisants, de la littérature du Désert. Ils s'étonnent et souvent se scandalisent du caractère si naturel, si normal des rapports que les bons moines d'Égypte, et d'ailleurs, entretenaient avec ces êtres invisibles (ils ne l'étaient plus guère, si j'ose dire, à leurs yeux!). C'est un fait, que l'historien se doit d'abord d'enregistrer: pour les hommes du IVè siècle de notre ère, l'existence des Anges, Bons et Mauvais, relevait non seulement de la conviction la plus ferme et la plus explicite, mais, il faut aller jusque là, de l'expérience la plus concrète, la plus vécue, la plus quotidienne. Il leur paraissait aussi naturel de redire avec le Psalmiste: In conspectu Angelorum psallam Tibi (Ps. 137 (LXX ou Vulg.) 1; bonne occasion de surprendre la foi des modernes en train d'hésiter. On sait que l'hébreu (Ps. 138, 1) parle ici d'elohim: la version Crampon (suivant en cela saint Jérôme et les traductions grecques d'Aquila, Symmaque et « Quinta ») nous propose: « en présence des dieux » (c'est de l'achéologie); Segond interprète, et évacue la difficulté « en la présence de Dieu », le nouveau Psautier latin, pour une fois traditionnel, maintient in conspectu Angelorum.), que d'admirer les héros de l'ascèse qui s'en allaient, au désert (Sur le désert, comme séjour des démons, il faut, avant de se référer au folklore antique se souvenir de l'Écriture: Lév. 16, 10sq; Tob., 8, 3; Is. 13, 21; Matth. 12, 43.) combattre les démons. (Ainsi, saint Athanase, Vit. Anton. 49-53).

C'est de la façon la plus concrète, la plus réaliste que les Chrétiens de ce temps entendaient l'enseignement de saint Paul: nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les Princes, contre les Puissances, contre les Dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les Esprits mauvais répandus dans l'air (Eph. 6, 12): écoutons chez saint Athanase (Id, 21): le grand saint Antoine, le Père des moines, commenter ce verset: « Nombreuse est leur troupe dans l'air qui nous entoure, ils ne sont pas loin de nous... » Ce n'est pas là une opinion isolée: l'abbé Serenus assura de même Jean Cassien que la multitude des esprits mauvais qui s'agitent entre ciel et terre est si nombreuse qu'il faut remercier la Providence de nous les avoir rendus habituellement invisibles (Jean Cassien, Conl, VIII, 12, 1) et l'abbé Isidore, pour rassurer son disciple Moïse de Pétra, lui fait apparaître, d'un côté, à l'Occident, la foule des démons qui s'agitent et se préparent au combat et de l'autre, à l'Orient, l'armée beaucoup plus nombreuse des saints Anges, « glorieuse et plus resplendissante que la lumière du soleil » (Héraclide, Parad. 7). Loin de minimiser, comme nous avons inconsciemment tendance à le faire, l'importance du monde invisible par rapport à celui des sens, les Chrétiens des premiers siècles insistaient sur ce caractère innombrable, anarithmètos (Cf. Saint Cyrille de Jérusalem, Catech. XV, 24, P. G. t. XXXIII, c. 904 B.), des cohortes angéliques: c'est une opinion très fréquente chez les Pères que d'évaluer à 99/1 le rapport du nombre des Anges à celui de l'ensemble de tous les hommes passés, présents et à venir (on appliquerait à ce problème la parabole évangélique de la brebis perdue, l'humanité, et des 99 brebis fidèles, les bons Anges). Et si, dans la même veine de spéculation numérique (On trouvera les textes essentiels sur ces deux points ap. Diction. De Théol. Cath. t. 1, 1, c. 1205-1206 (s. v. Ange d'après les Pères); t. IV, 1, c, 353s. (s. v. Démon d'après les Pères pass.)), en invoquant cette fois le texte de l'Apocalypse, 12, 4 (le dragon faisant tomber du ciel le tiers des étoiles), on calculerait que le nombre des démons devait représenter la moitié seulement de celui des Anges fidèles, combien ce nombre demeurerait disproportionné à celui d'une génération humaine!

Mais plus que ces approximations incertaines, ce qui nous frappe, en fréquentant les écrits de l'antiquité chrétienne, c'est le profond sentiment de la réalité de ce monde invisible qui s'y exprime: c'est tout naturellement que saint Augustin fait commencer l'histoire parallèle de la Cité de Dieu et, ô paradoxe, de la cité « terrestre » à la chute de Lucifer (Cité de Dieu, XI, 1, p. 462 Dombart-Kalb: de duarum civitatum, terrenae scilicet et caelestis... exortu et excursu et debitia finibus... disputare... adgrediar, primunmque discam quem ad modum exordis durarum istarum civitatum in angelorum diversitate praecesserint.), car les Anges et les hommes, à ses yeux, participent au même Souverain Bien, ne forment qu'une même société, une même Cité (Cité de Dieu, XII, 9, p. 525: habent... inter se sanctam societam, et sunt una civitas Dei.). Il suffit de lire, sans idée préconçue, les témoignages si concrets qui nous restent de la vie des Pères, pour constater dans quelle familiarité nos vieux moines vivaient avec ce double monde des esprits angéliques qui de tant de manières leur paraissait se manifester. On pense aux vers de Fr. Thompson:


O world invisible, we view thee,
O world intangile, we touch the...


Comme le poète, les récits des anciens Pères paraissent nous dire: vous ne savez plus sentir la présence des Anges, les voir, ni les entendre; mais c'est parce que vous n'osez plus croire en leur réalité: ils sont toujours là pourtant!


The drift of pinions, would we hearken,
Beats at our clay-shutterded doors.
The angels keep their ancient places: -
Turn but a stone, and start a wing!
'Tis ye, 'tis your estranged faces,
That miss the many-splendoured thing.


Mais pour bien interpréter la valeur de ce témoignage, il faut se souvenir que ce sentiment de réalité n'était pas, pour les Chrétiens des premiers siècles, un article de foi, de leur Foi chrétienne. Ils partageaient cette croyance en un monde d'esprits invisibles, les uns bons, les autres mauvais, avec tous les hommes de leur temps: c'était là un des biens communs à toute la civilisation méditerranéenne d'époque hellénistique ou impériale, qu'elle soit d'expression grecque ou latine, plus ou moins influencée par les infiltrations « orientales ». L'histoire de cette démonologie antique n'a pas encore été élucidée de façon tout à fait satisfaisante (Qu'il me suffise de renvoyer aux articles classiques d'Andres, au Pauly-Winssowa, Suppl. III, s. vv. Angelos, Daimon, et aux données rassemblées soit par F. Cumont, Les religions Orientales dans l'Empire Romain, (4è éd.), p. 278-281, soit par le P. K. Prûmm, Religions-geschichtliches Handbuch für den Raum der altchristlichen Umwelt, p. 386-392); ajouter les travaux les plus récents, comme, de G. Soury, La Démonologie de Plutarque, Paris, 1942). De même, ils fixent volontiers comme séjour aux démons les couches inférieures de l'atmosphère, et citent à ce propos l'autorité de saint Paul (ainsi, Eph, 6, 14); mais en fait, comme déjà sans doute chez saint Paul lui-même, c'est là un écho direct de tout un ensemble des croyances, dont F. Cumont a retracé l'histoire, qui, dans l'antiquité, considéraient l'air en général et parfois plus spécialement l'air ténébreux, le cône d'ombre projeté par la terre dans l'espace du côté opposé au soleil, comme le séjour normal des âmes affranchies, par la nature ou la mort, du corps de chair (Recherches sur le Symbolisme funéraire des Romains, Paris, 1942, p. 104-146, et notamment p. 115, n. 1; 143, n 6-7; et du même F. Cumont, ap. Pisciculi (Mélanges F. Dôlger), p. 70-75.).

Mais à l'intérieur de ce cadre emprunté au milieu culturel de leur temps, se fait jour, chez les docteurs de l'Église ancienne, un enseignement proprement révélé. Ce n'est point tant dans ce qu'ils affirment que dans ce qu'ils ont été amenés à refuser qu'on a chance de déceler avec sécurité. Dénoncer dans la croyance juive puis chrétienne aux démons un emprunt au dualisme mazdéen est une des thèses favorites de l'histoire-des-religions: je n'ai pas, ici, à discuter de la réalité de cet emprunt ni des cheminements suivis par la Révélation pour se faire jour dans l'histoire: notre analyse se porte sur des observations plus précises que cette analogie d'ensemble. Il importe peu qu'aux yeux du logicien le christianisme apparaisse entaché d'un certain aspect dualiste (puisqu'il fait place, à côté de Dieu, à la créature); historiquement, nous constatons surtout que l'orthodoxie s'est toujours montrée très vigilante à l'égard du péril représenté par les hérésies ou les religions proprement dualistes: c'est, je l'ai signalé en passant, face à ce péril toujours renaissant que la doctrine des démons s'est trouvée amenée à se formuler.

Depuis ses premières confrontations doctrinales avec le Gnosticisme, l'Église a toujours proclamé avec force que l'origine et l'être même des démons ne pouvaient provenir d'un Principe du Mal, étranger à Dieu; que Satan, et avec lui les autres démons, étaient au même titre que les Anges des créatures de Dieu, du seul Créateur, Dieu, infiniment bon et tout puissant: « Nous savons bien, fait dire saint Athanase à saint Antoine (Vit. Anton. 22.) que les démons n'ont pas été créés démons: Dieu n'a rien fait de mauvais. Eux aussi furent créés bons », - comme les autres Anges - et s'ils sont devenus mauvais, « déchus de la sagesse céleste », c'est par leur propre faute, par la mauvais usage qu'ils ont fait de leur liberté (Cf. déjà Jude, 6). Tertullien s'est plu à le souligner avec son emphase africaine: en toute rigueur il faut dire que Dieu n'a pas créé le Diable; il avait créé un Ange qui en s'éloignant de Dieu, par un acte libre, s'est fait lui-même démon (C. Marcion, II, 10; cf. de même Saint Jérôme, In Eph. 1, 2, v. 5, P. L. t. XXVI, c. 467).

Il découle de là une conséquence importante: créés bon, les démons ne sont pas devenus tout mauvais: ils sont « déchus », ce qui ne signifie pas que leur être relève désormais d'un autre Principe que celui dont découlent toutes les autres créatures. Ontologiquement, ce sont toujours des anges: ce sentiment qui se manifeste en particulier par l'expression caractéristique de « mauvais anges » (L'expression vient de Ps. 77 (LXX), 49, dont le sens littéral n'est pas net; mais le Nouveau Testament applique couramment le nom d'Anges aux démons: Matth, 25, 41; 2 Cor. 12, 7; cf. 1 Cor. 6, 3; 2 Petr. 2, 4; Jud. 6; Apoc. 12, 9; etc.), se fait jour de façon très explicite chez plusieurs Pères de l'Église. Ainsi, saint Augustin nous explique que si les maligni angeli subsistent et vivent, c'est par Celui qui vivifie toutes choses (De Trinitate, XIII, 12 (16), P. L. t. 42, c. 1626); ils ont conservé non seulement la vie mais avec elle certains attributs de leur premier état, et d'abord la raison, encore qu'elle soit maintenant chez eux dévoyée (Cité de Dieu, XI, 11, p. 477, 1. 25).

Saint Grégoire le Grand, à son tour, se demande, en commentant le prélude de Job (1, 6) comment Satan a pu se présenter la cour céleste parmi les Anges élus; c'est, nous explique-t-il, parce que, bien qu'il ait perdu la béatitude, il a conservé la nature qu'il possède en commun avec eux, naturam tamen eis similem non amisit. (Moralia, II, 4, P. L. t. LXXV, c. 557; cf. encore IV, I, c. 641, et déjà Gennade de Marseille, de Eccles. Dogmat. 12, P. L. t. LVIII, c. 984).

Cette doctrine trouve une illustration remarquable dans l'art chrétien antique. Nous sommes trop habitués, depuis l'art roman, à voir les démons figurés sous les traits de monstres affreux. Cette tradition iconographique, qui, plastiquement, trouvera son apogée dans les créations, d'une inspiration quasi-surréaliste, des peintres flamands, peut invoquer l'autorité de textes remontant à la plus authentique tradition du Désert, et déjà de la source première de toute sa littérature, la Vie d'Antoine de saint Athanase: « Les démons, y lisons-nous, s'ils voient des chrétiens et surtout des moines travailler et progresser... cherchent à les effrayer en se métamorphosant et en imitant des femmes, des bêtes, des serpents, de grands corps, des troupes de soldats... afin de pouvoir suborner par ces apparitions monstrueuses ceux qu'ils n'ont pu tromper par les pensées »; (Saint Athanase, Vit. Anton. c. 23) en fait la Vie d'Antoine ( Id. c. 9; 53...) et tous les écrits du même ordre (Ainsi Cassien, Conf. VII, 32; Palladius, Hist. Laus. XVI, 6. En dehors de ces formes bestiales, la littérature du Désert évoque le plus souvent le Démon sous les traits d'un « affreux nègre tout noir ») sont pleins de récits nous décrivant les démons apparaissant sous les aspects de monstres et de bêtes. Mais il faut bien remarquer que, dans tous ces textes, il s'agit d'apparences revêtues momentanément par les diables pour effrayer les solitaires: de telles représentations ne sont donc légitimes dans l'art chrétien que dans la mise en scène de telles tentations et non lorsqu'il s'agit de représenter le Démon lui-même, en dehors de ce rôle, momentané, d'épouvantail.

L'art du Spätantike nous offre une image beaucoup moins avilie, beaucoup plus noble, de l'Ange déchu. E. Kirchbaum l'a récemment reconnu (L'Angelo rosse e l'angelo turchino ap. Rivista di Archeologia Cristiano, t. XVII (1940) p. 209-227), sur une mosaïque de saint Apollinaire Neuf de Ravenne, datant de 520 environ, sous les traits d'un beau jeune homme nimbé, pourvu de grandes ailes, noblement drapé, que seule sa couleur violet sombre, bleu de nuit, distingue du Bon Ange qui lui répond symétriquement de l'autre côté du Christ représenté dans la scène du Jugement dernier, en train de séparer les brebis d'avec les boucs. A l'ange bleu s'oppose l'ange rouge, couleur de feu (la même teinte, violette ou rouge s'étend au nimbe, aux cheveux, aux chairs, aux ailes, à la tunique et au manteau): c'est là une représentation symbolique fort claire de la doctrine généralement reçue qui attribuait aux Anges un corps de feu (subitl!) (Par référence au Ps. 103, 4, selon les LXX (et la Vulgate) cité par l'Epître aux Hébreux, 1, 7: « Toi qui fais de tes anges des vents et de tes serviteurs un feu ardent ») et aux Démons un corps d'air « obscur » ou « épais »: échanger pour celui-ci leur corps de feu, élément d'une nature supérieure est une des manifestations de leur déchéance, et en un sens un aspect de leur châtiment (Voir par ex. saint Augustin, de Gen. Ad litt. III, 10 (15), P. L. t. XXXIV, c. 285, ou, de Ruspe, de Trinitate, 9, P. L. t. LXV, c. 505).

On pourrait peut-être hésiter encore sur la valeur de cette représentation, tant cette figure hiératique, paisible et calme dans sa frontalité, offre peu d'aspect « démoniaque », mais d'autres monuments sont d'une interprétation parfaitement nette. Il me suffira de renvoyer le lecteur à une magnifique miniature du célèbre manuscrit de saint Grégoire de Nazianze à la Bibliothèque Nationale (Ms. Grec 510, f° 165, 2è registre à partir du haut; voir la bonne reproduction (malheureusement en noir) qu'en donne Omont, Les Miniatures des plus anciens manuscrits grecs de la Bibliothèque Nationale, pl. 35). Il a été exécuté vers 880, mais reflète un archétype beaucoup plus ancien remontant au VIè siècle, sinon plus haut. Nous y voyons représentés, à la suite l'une de l'autre sur le même registre horizontal, les trois scènes de la Tentation du Christ selon saint Matthieu. Par trois fois, à côté du Sauveur, apparaît le personnage de Satan, représenté ici aussi sous les traits d'un adolescent plein de grâces, muni de grandes ailes, noblement drapé, tel un philosophe, dans un manteau court (à la différence de la mosaïque ravennate il ne porte pas de tunique); on le prendrait pour un Ange, n'était la couleur mauve uniformément répandue sur ses chairs, ses cheveux et ses ailes (dont l'empennage est rehaussé de traits bruns), couleur inattendue dont le contraste harmonieux avec l'outremer soutenu du fond et le gris-bleu, très pâle, de la draperie, ne produit certes pas un effet bien « satanique ».

Cette miniature est aujourd'hui en assez mauvais état; elle n'a pas souffert seulement des injures du temps; il semble bien qu'elle ait été intentionnellement mutilée: sur les trois groupes, le visage du Démon a été gratté (Un examen attentif du manuscrit m'a persuadé du caractère intentionnel de cette triple mutilation; sur le visage du dernier Démon, à droite, on peut constater que ses lèvres, comme celles du Christ, étaient rehaussées de carmin et que sa chevelure, si elle n'était pas, comme à Ravenne, cerclée de nimbe, était bordée ou soulignée de quelques touches d'or (le nimbe crucifère du Christ et les bandes de sa tunique de pourpre sont également revêtues d'or), - précaution apotropaïque, mais aussi, il est permis de le conjecturer, réaction indignée de quelque pieux lecteur byzantin qui ne comprenait plus qu'on pût prêter tant de noblesse, de beauté, à la figure de l'Ennemi...

Il est toujours difficile de lester une représentation figurée d'un témoignage doctrinal: pourtant, à la lumière des textes de saint Augustin ou de saint Grégoire le Grand qu'on a évoqués plus haut, il paraît bien qu'il y ait là plus qu'un effet de l'horreur hellénistique pour le laid, mais bien l'expression de cette vérité fondamentale: le Démon reste un Ange et dans sa déchéance conserve les privilèges de sa nature, inchangée, où transparaît toujours sa grandeur originelle.

De tels monuments ramènent, une fois de plus, la réflexion sur le problème, si fondamental pour toute âme religieuse, de la nature du Mal. L'opposition, si constante, si profonde, qui sépare le Christianisme orthodoxe de ses hérésies dualistes, se ramène en définitive à un refus de reconnaître au Mal un caractère positif, d'en faire un principe réel, une substance.

On fait souvent honneur à saint Augustin de cette doctrine de la non-substantialité du Mal. Mais elle est si essentielle à la pensée chrétienne que la tradition doctrinale de l'Église grecque ne l'a pas ignorée: nous la trouvons nettement, encore que brièvement formulée, hors de tout lien avec la pensée augustinienne, chez saint Basile et saint Grégoire de Nysse. Le premier a consacré un Sermon à établir que Dieu n'est pas l'auteur du Mal; il y dit notamment (P. G. t. XXXI, c. 341B; cf. déjà avant lui saint Athanase, Contra Gentes, 6, P. G. t. XXV, c. 12D) : « Ne va pas t'imaginer que le mal a une subsistance propre, hypostasis: la perversité ne subsiste pas comme si elle était quelque chose de vivant; on ne mettra jamais devant les yeux sa substance, ousia, comme existant vraiment, car le mal est privation du bien ».

De même Grégoire de Nysse, dans son célèbre Discours Catéchétique, expose que le mal n'a pas Dieu pour auteur, mais prend naissance au dedans de nous, par le libre choix de notre volonté, quand notre âme se retire en quelque sorte hors du bien. De même que la cécité est la privation d'une activité naturelle, la vue, de même la genèse du Mal ne peut se comprendre que comme absence, apousia, du Bien: tant que le Bien est présent dans notre nature, le Mal est, de soi, inexistant, anyparkton, et n'apparaît que par suite du retrait, anachôrèsis du Bien (Catech. 5, 11-12, p. 32 Méridier). Le Bien et le Mal ne s'opposent pas dans l'ordre substantiel, kath'hypostasin, mais comme l'être au non-être: le Mal n'existe pas par lui-même, mais se conçoit comme l'absence du Meilleur (Id. 6, 6, p. 38).

Sermon, Catéchèse: on aura noté le caractère des discours dont ces textes ont été tirés. C'est donc que cette définition « apophatique » du Mal était considérée, en Cappadoce, dans la deuxième moitié du IVè siècle, comme une doctrine assurée que les évêques estimaient utile de porter à la connaissance du peuple chrétien, et qui faisait partie de l'enseignement officiel de l'Église.

Ce rappel effectué, il reste vrai de reconnaître que c'est bien saint Augustin qui, au cours de la longue polémique qui l'a opposé à ses anciens coreligionnaires manichéen, a donné son expression la plus profonde et la plus élaborée à cette doctrine classique de la non-substantialité du Mal. Cette doctrine n'était pas pour lui un problème d'école, spéculativement posé: il l'a vécue et douloureusement découverte dans les difficiles débats intérieurs qui l'ont conduit, tardivement, mais dans la pleine maturité de son génie, du dualisme de sa jeunesse à l'acceptation de la Foi orthodoxe. Il n'est pas nécessaire ici d'exposer par le détail cette doctrine de la genèse: l'une et l'autre sont bien connues (Qu'il me suffise de renvoyer, par exemple, au petit livre de R. Jolivet, Le Problème du Mal d'après saint Augustin, Paris, 1936, qui en particulier montre bien comment la doctrine augustinienne se distingue de la théorie de Plotin (Enn. 1, 8: le Mal est la Matière première), encore que la lecture de Plotin ait joué un rôle décisif dans son élaboration: Jolivet, p. 137; Confessions, VII, 11 (17); Ennéades, III, 6, 6). Il suffira à notre propos d'insister sur quelques points.

Dire que le Mal n'est pas une substance (Conf. VII, 12 (18) ), une réalité, dire qu'il est « un rien » (Solil. 1, 1 (2), P. L. t. XXXII, c. 869) n'est pas pour autant nier son existence. On a quelquefois tendance à considérer cette doctrine comme une échappatoire, une position trop facile, qui ferme les yeux sur l'objet dont il s'agit de rendre compte: une telle accusation n'est pas recevable en ce qui concerne saint Augustin: elle fait bon marché du témoignage de toute une oeuvre, de toute une vie; qui, plus que saint Augustin, ce pécheur repenti, a eu, et parfois jusqu'à l'obsession, le sentiment de la terrible et tragique présence du Mal dans le monde, dans l'homme, dans sa vie?

Non, dire que le mal n'est pas en soi et par soi-même quelque chose de positif n'est pas, pour autant, affirmer qu'il n'existe pas. Le Mal ne relève pas de l'ordre de l'être: c'est du non-être, ce qui n'est pas la même chose que le néant. Nous avons appris à opérer cette distinction délicate, mais si illuminante, dans le Sophiste de Platon (Platon, Soph. 258B, etc). Cette référence s'impose, pour donner un sens au débat. La doctrine augustinienne perd en effet toute signification si on se place dans une perspective strictement éléatique (l'être est, le non-être n'est pas: propositions fondamentales où se résume la pensée d'un Parménide): l'enseignement de saint Augustin se développe dans l'orbite de ce que M. Et. Gilson a proposé (Le Thomisme (4è éd.) p. 71, sq. Mais ne nous hâtons pas de qualifier trop vite cette position de platonicienne: saint Augustin nous apprend à lire Platon dans la lumière de l'Exode; ainsi Cité de Dieu, VIII, 11, p. 338, 1, 10) d'appeler « la théologie de l'essence » (par opposition à la théologie existentielle).

Il ne faut pas simplement concevoir d'un côté l'existence et de l'autre le néant. Il y a des degrés dans l'être, et une hiérarchie est êtres. Dieu seul est au sens vrai et plein du mot: vere est, summe est. De tous les autres êtres il faut accepter de se rendre compte qu'en toute rigueur ni ils ne sont ni ils ne sont pas, nec omnio esse, nec omnio non esse (Conf. VII, 11 (17)): tous les êtres créés sont parce qu'ils participent à l'Être de Dieu, et ils sont plus ou moins selon qu'ils s'en rapprochement davantage.

Dans cette perspective, le Mal apparaît comme une diminution d'être dans l'être créé (et donc muable) où il s'introduit. Le péché, la déchéance qu'il entraîne chez l'ange, comme chez l'homme, le réduit à « moins d'Être qu'il n'en possédait lorsqu'il était étroitement uni à Celui qui (seul) est pleinement », ut minus esset quam erat cum Ei qui summe est inhaerebat (Cité de Dieu, XIV, 13, p. 32, 1. 27 (il s'agit d'Adam)). L'être de l'ange (ou de l'homme) déchu est diminué, mais non complètement, car tout ce qui est, est bon et si le bien de la créature était totalement éliminé, elle serait anéantie (Conf. VII, 12 (18) ).

On voudrait pouvoir disposer d'une image pour illustrer cette doctrine délicate (nous sommes à la limite du langage humain). Sans doute omne simile claudicat, mais je suis frappé de ce qu'a d'inadéquat la comparaison qu'utilise saint Grégoire de Nysse: le Démon a, par fraude, mêlé le Mal à la libre volonté de l'homme comme lorsqu'on éteint la vive lumière d'une lampe en versant de l'eau dans l'huile qui l'alimente (Discours Catéchétique, 6, 11, p. 43). Image malheureuse, car l'eau est une réalité, au même titre que l'huile.

Il faudrait décrire la nature corrompue du démon, ou de l'homme après la Faute, comme un mélange d'être et de néant: disons que cette nature présente en quelque sorte une structure fissurée, caverneuse, comme un morceau de dolomie ou de meulière, ou mieux comme une éponge. (L'image de l'éponge se rencontre bien sous la plume de saint Augustin, Conf. VII, 5 (7), mais avec une portée différente: il s'en sert pour représenter comment, au temps de ses erreurs manichéennes, il concevait le monde pénétré et comme imbibé par Dieu (le monde et Dieu étaient alors pour lui des réalités d'ordre « corporel »): c'est qu'il pense à une éponge vivante, plongée dans la mer; je demande au lecteur, d'imaginer une éponge sèche, et d'identifier le tissu solide au réel, l'air au néant.) Le Mal correspond aux trous, aux lacunes: il est le vide, la non-plénitude: si l'éponge existe, c'est par les parties d'elle-même qui sont, par le tissu solide. Le Mal n'est pas de l'être, il est une corruption de l'être, une malfaçon, une affection morbide, un désordre, malus modus, vel mala species, vel malus ordo (De Natura boni, 23; cf. déjà 48q).

Oui mais, précisons, c'est une maladie qui affecte un être: il est essentiel de se rendre compte que pour que le Mal existe, il lui faut le support d'une nature créée qui, en tant qu'elle subsiste, amoindrie certes par cette immixtion du non-être, éloignée par cette privation d'une perfection plus grande, n'est pas du mal, mais demeure un bien (Conf. VII, 12 (18).). C'est en particulier le cas du Démon: l'Ange de ténèbres ne subsiste que parce qu'il reste tout de même un ange. Écoutons encore saint Augustin: « en condamnant la nature déchue, Dieu ne lui a pas enlevé tout ce qu'Il lui avait donné, car alors elle aurait été anéantie... La nature du Diable lui-même ne subsiste que par l'action de Celui qui étant pleinement l'Être fait être tout ce qui, de quelque façon, est, ut ipsius quoque diaboli natura subsistat, Ille facit qui summe est et facit esse quidquid aliquo modo est (Cité de Dieu, XXII, 24, p. 610, 1. 16).

A certains, une telle attitude paraît de la spéculation « facile »; pourtant, repensée dans son contexte spirituel, cette doctrine du Mal, conçu comme impureté de l'être, apparaît lestée de valeurs profondément tragiques. Elle n'est pas séparable en effet du drame qui s'est joué au sein de la création. Issu du péché, le Mal se révèle comme la contre-partie négative du don, noble entre tous ceux que le Créateur a remis à ses créatures raisonnables, qui a nom la Liberté: sa possibilité repose, en dernière analyse, sur le mystère même de la création, de ce Retrait, Tsimtusum (pour reprendre le beau concept élaboré par les kabbalistes galiléens du XVIè siècle) (Sur la théorie du Tsimtsum, élaborée dans l'école de Safed par Isaac Louria, voir notamment G. Scholem, Major Trends in Jewish Mysticism, New-York, 1946, p. 260sq.; Mgr. C. Journet avait déjà souligné l'intérêt qu'elle présente pour le théologien chrétien: Connaissance et Inconnaissance de Dieu, Fribourg, 1943, p. 31sq.), de ce Retrait de l'Être qui, bien qu'il soit toute Plénitude, n'a pas voulu tout remplir et dans un acte créateur dont l'originalité insondable se refuse à notre analyse (Que la création soit un mystère particulièrement difficile à pénétrer se mesure à la résistance que lui oppose la pensée philosophique: ainsi chez J. P. Sartre, comme le soulignait récemment M. Beigbeder, L'homme Sartre, p. 28.)a fait place à la créature et à sa liberté.

Il y a dans cette vision proprement juive et chrétienne du Mal, et du Bien infiniment précieux que sa possibilité conditionne, quelque chose de beaucoup plus troublant que la simple acceptation de sa réalité dont se satisfait le dualisme: le Mal est ce qui aurait pu ne pas exister; il est le résultat d'une Histoire, imprévisible comme tout événement, - et plus tragique que toute histoire, car il révèle dans toute sa profondeur et son ambivalence le mystère de la liberté: Satan est cet être libre, cet Ange, qui, le premier, a choisi de s'éloigner de la source de tout être et de se rapprocher du néant d'où il avait été tiré. (C'est parce qu'elle est tirée du néant que la créature, ange ou homme, peut pécher: saint Augustin, C. Iul, op. Imp. V, 39, P. L. t. XLV, c. 1475-1476, développant le de Nupt. et concup. 11, 28 (48), P. L. t. XLIV, c. 464).


Paris
Henri-Irénée MARROU.



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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Archange le Sam 13 Déc - 17:37

DU PÉCHÉ DE SATAN
ET DE LA DESTINÉE DE L'ESPRIT

D'APRÈS SAINT THOMAS D'AQUIN.



Amour est ce qu'on veut... Qu'avez-vous à blâmer?
J'aime comme il me plaît ce qu'il me plaît d'aimer      
LE NARCISSE(1)
J'en sais trop pour aimer, j'en sais trop pour haïr,
Et je suis excédé d'être une créature.                  
FAUST(2)



(1.Paul VALÉRY, Mélange, Gallimard, 1941, Cantate du Narcisse, p. 223.
2.Paul VALÉRY, « Mon Faust », Gallimard, 1946, Le Solitaire, p. 247.)


      Une controverse, très actuelle, oppose notamment deux théologiens de la Compagnie de Jésus, les RR. PP. De Blic (Se reporter aux MÉLANGES DE SCIENCE RELIGIEUSE, Facultés catholiques de Lille, 1944, fascicule 2, pp. 241-280, Saint Thomas et l'intellectualisme moral à propos de la peccabilité de l'ange, par J. DE BLIC; à la même revue, 1946, cahier I, P. 162, Peccabilité du pur esprit et surnaturel, et cahier II, pp. 359-362, Quelques vieux textes sur la notion d'ordre surnaturel, où l'auteur montre que Banez n'a pas le mérite d'innover en matière de peccabilité angélique. - Voir aussi: MÉLANGES, 1947, cahier I, Bulletin de Morale, pp. 93-113.) et de Lubac (Nous nous référons à Surnaturel, par Henri de LUBAC, Paris, Aubier 1946, 498 pages.), dans l'interprétation qu'ils donnent, eux-mêmes, de la pensée de saint Thomas relative à la destinée de l'esprit créé comme au péché de Satan.

      Situons les positions respectives.

      Pour saint Thomas:

      1. Selon Banez, les Carmes de Salamanque, Jean de Saint-Thomas, Gonet, Billuart, et, couramment, les thomistes des derniers siècles, l'ange a pu pécher effectivement parce qu'il était appelé à la vision béatifique, mais, laissé à l'état de pure nature, l'ange, de fait, n'aurait pas pu pécher (Voir dans Surnaturel: Banez, pp. 279-280; les Carmes de Salamanque et Jean de Saint-Thomas, pp. 286-288; Gonet, p. 289; Billuart, pp. 315-316).

      2. Selon le P. de Lubac, - à l'autre extrême, - l'idée d'un ordre dit naturel est à écarter purement et simplement. Dieu pouvait ne pas créer l'ange, mais, s'il le créait, il l'ordonnait à la vision béatifique, et, dans cet ordre naturel-surnaturel, l'ange n'était pas et ne pouvait pas être impeccable. (« Saint Thomas a cru toute sa vie - c'est la thèse du livre - qu'un esprit ne compte d'autre fin que surnaturelle », écrit le P. de Blic en analysant Surnaturel, pp. 255-257 (in Mélanges, 1946, cahier I, p. 162).
      Le P. de Lubac écrit, en effet, en commentant le de Amina: « Même en en tenant compte, on doit continuer de dire que la notion d'une fin naturelle extra terrestre est absente de l'oeuvre de saint Thomas. Elle ne s'y formule même pas à titre d'hypothèse. » (Surnatuel, p. 459). « L'esprit qui ne parvient point à [...] la vision divine, a manqué sa destinée. » (Ibid. p. 460). « C'est dépasser (la) pensée (de Saint Thomas), ou, pour mieux dire, c'est la transformer profondément, que de la traduire en disant qu'il a restreint « la peccabilité des anges à l'hypothèse surnaturelle », comme si la destinée surnaturelle était pour lui une « hypothèse »... C'est là se mettre hors de ses perspectives; c'est introduire comme principe a priori d'interprétation, une théorie de finalité double, théorie très postérieure, qui ne se trouve exprimée ni dans les passages qu'Il a consacrés à cette question de l'impeccabilité, ni même aucune part ailleurs dans son oeuvre [...] Loin (donc) de restreindre le principe de l'universelle peccabilité, saint Thomas entend l'affermir davantage [...] » (Surnaturel, pp. 257-258).
      En matière de libre-arbitre et d'impeccabilité la pensée de saint Thomas « ne recèle, au moins à ce qu'il nous semble, aucune ambiguïté sérieuse » (Surnaturel, p. 231.) Et à propos du Contra Gentes. III, 108-110: « Il est à peine besoin d'observer qu'aucune allusion n'est faite, en ces trois longs chapitres, à une dualité de fins, comme si le péché de l'ange n'était explicable que par rapport à l'une de ces deux fins, dans une hypothèse et non pas dans l'autre. » (p. 240).).

      3. Selon le P. de Blic, saint Thomas en est arrivé à juxtaposer deux thèses antinomiques: a) Thèse de la nature angélique peccable de soi, au titre de nature, et, donc, peccable dans l'état de nature; b) thèse de la peccabilité restreinte à l'élévation effective de l'ange à l'ordre surnaturel (Au début de son érudit et minutieux travail, auquel il convient de rendre hommage, le P. de Blic s'applique à une double tâche: A. - Il apporte de nombreux textes de saint Thomas « en faveur de l'absolue peccabilité de toute créature » (Mélanges, 1944, p. 242), et conclut: « Nous pouvons ajouter, sans crainte de nous tromper, que cet enseignement s'est imposé à l'esprit du saint d'un point de vue proprement théologique. Les philosophes de l'antiquité ne lui offraient rien de pareil. » (Ibid. p. 247). « Pourtant, si attaché que dût être le saint Docteur à une doctrine fondée à ses yeux en raison comme en tradition, nous allons le voir - non pas certes y renoncer, puisque les ouvrages de ses dernières années en font toujours mention en termes catégoriques, - mais y juxtaposer une autre thèse, qu'on eût pu croire malaisément conciliable avec elle. » (Ibidem, p. 247) Et de fait: B. - Le P. de Blic apporte de nombreux textes en faveur de la thèse affirmant « que les esprits mauvais ont péché de fait, à raison de la perspective SURNATURELLE de l'option où ils ont eu à s'engager, mais qu'en principe ils sont impeccables de leur nature. » (Ibid. p. 247)- Telle est l'interprétation des Carmes de Salamanque, de Vacant, Gardeil et Rousselot, (Ibid., p. 241). Tandis que la première conception « se rattache à des considérants et à des autorités théologiques », cette seconde conception « a des racines nettement philosophiques. » (Ibid., p. 248) « Saint Thomas doit à Aristote l'idée qu'un péché n'est possible pour l'ange qu'au delà du plan de la pure nature. A vrai dire, on ne trouve rien de semblable dans les premières oeuvres du saint Docteur. Mais à partir de la Somme théologique la pensée thomiste s'oriente graduellement en ce sens [...] » (Ibid., p. 249). C. - Aussi bien, au terme de son travail, l'auteur n'est-il pas loin de voir une contradiction en saint Thomas lui-même. « Certes, notre raison répugne tant à l'antinomie, dont elle a par ailleurs tant de peine à préserver ses essais d'explication des choses, qu'elle aimerait du moins à en exempter les grandes intelligences, et qu'elle imagine mal un maître penseur donnant malgré tout sur cet écueil. » (Ibid., pp. 276-277). « Nous ne pouvons, pour notre part, nous empêcher de regretter que la théologie thomiste conjoingne à ce point l'autorité des « saints docteurs » et celle d'Aristote. » (Ibid., p. 279). « Ce n'est pas par hasard, semble-t-il, que l'opuscule De substantiis separatis s'interrompt, inachevé, précisément sur l'examen de ce problème. » (Ibid., p. 241.) « Sans fétichisme aucun, écrit à ce sujet le P. de Lubac, il nous semble qu'une contradiction se présentant dans de telles conditions est invraisemblable. Ce que nous montrent les textes, c'est seulement un tiraillement, dans la pensée de saint Thomas, entre une thèse traditionnelle qu'il n'a jamais mise en doute et certaines tendances de la philosophie qu'il adopte sans la transformer assez pleinement pour réaliser une synthèse parfaite. » (Surnaturel, p. 257, note 2). - Nous pensons pourtant qu'il y a synthèse en saint Thomas et qu'elle est parfaitement équilibrée de ce point de vue.).

      4. Selon la thèse que nous présentons, la créature spirituelle est susceptible d'un bonheur ultime soit connaturel (Le terme « connaturel » (cum-natura) signifie: au niveau des capacités et exigences d'une nature, - au titre même de cette nature.), soit surnaturel (La vision béatifique. - Nous ne traiterons pas ex-professo du cas de l'homme pour lui-même, ni donc du péché originel comme tel, mais nous serons inévitablement amenés à en parler, en fonction même des textes de saint Thomas. C'est chose normale. Le problème du bonheur est, ici, relatif à l'esprit créé comme tel, et sa solution essentielle est commune à l'ange et à l'homme.) (contre l'interprétation du P. de Lubac), et il y a possibilité de pécher, même pour l'ange (Le P. de Blic le note très justement: « [...] Saint Thomas se heurte dans le cas de l'ange à une difficulté spécialement grave, du fait que selon sa tendance intellectualiste tout péché suppose pour lui une erreur, et que selon sa doctrine angélologique l'esprit pur ne peut se tromper, du moins dans le domaine des connaissances naturelles... » (Mélanges, 1946, cahier I, p. 162), et le P. de Blic enchaîne immédiatement (Ibid.): « ...en raison de quoi le saint Docteur est conduit à restreindre la peccabilité du pur esprit à l'hypothèse d'une option d'ordre surnaturel: une peccabilité angélique naturelle ne se conçoit plus. » - Nous en discuterons.), en l'une et l'autre vocation (contre l'interprétation des commentateurs cités plus haut), - la pensée du docteur angélique ne présentant aucune antinomie (contre le P. de Blic) (En d'autres termes, dans notre interprétation: a) Avec les commentateurs précités et le P. de Lubac: l'ange ne peut pécher que dans une perspective surnaturelle. Mais: b) Contre les commentateurs précités: cette perspective est inséparable de l'état dit de nature. Un ange impeccable est contradictoire même en cet état dit naturel. c) Contre le P. de Lubac: cette perspective surnaturelle qui, toujours, rend possible le péché de l'ange est indépendante de l'ordination effective de l'ange à la vision béatifique, - cette ordination demeurant le fruit de la libéralité divine et n'étant pas impliquée dans la création même de la nature spirituelle. On le voit, c'est la notion de surnaturel qui est essentiellement en jeu et qu'il importe de préciser.).

      Cette interprétation de saint Thomas nous intéresse d'autant plus, d'ailleurs, qu'elle recouvre très exactement, selon nous, les déductions théologiques qu'il est possible de tirer objectivement en la matière (Les proportions de cet article, relativement très réduit, ne nous permettent pas de reprendre point par point les travaux fort érudits des théologiens que nous critiquons. Nous nous appliquons seulement à dégager le sens général de cette controverse et à discuter, à tout le moins implicitement, les principales objections que nous pensons pouvoir rencontrer.).

      Le problème de la peccabilité angélique étant, de droit et de fait, lié au problème de la destinée psychologique de l'esprit créé, c'est de celui-ci que nous traiterons d'abord dans une première partie. Nous pensons le montrer à l'aide de nombreux textes: saint Thomas affirmait la possibilité d'une double destinée psychologique, - naturelle ou surnaturelle, - pour la créature spirituelle. Sur ce point nous sommes pleinement d'accord avec le P. de Blic, contre le P. de Lubac (« Bien loin de nous apparaître comme tardive et sans attaches dans la tradition antérieure au XVIè siècle, écrit le R. P. DE BLIC, S. J., la notion d'ordre surnaturel aujourd'hui courante - celle d'un ordre de réalité et de valeur auquel l'homme n'accède qu'en vertu d'une pure libéralité divine, sans que rien dans son être spécifique l'y destine nécessairement ou immanquablement - cette notion, disons-nous, se discerne assez dans les textes de saint Thomas et de ses contemporains, pour qu'il n'y ait vraiment aucun doute quant à son explicitation dès le moyen âge. » (Mélanges de Science Religieuse, Lille, 1947, cahier I, Bulletin de Morale, pp. 94-95).).



PREMIÈRE PARTIE

DE LA DESTINÉE PSYCHOLOGIQUE DE L'ESPRIT CRÉÉ



     La vocation surnaturelle à la vision béatifique n'est pas la seule destinée possible pour la créature spirituelle. Un bonheur connaturel aurait pu être la règle tant pour l'ange que pour l'homme, - témoin le cas humain des limbes, exceptionnel, il est vrai, dans le plan de la rédemption faisant suite à l'état d'innocence.



I - LE « COMPENDIUM THEOLOGIAE »


     Le « Résumé de théologie » dédié au frère Réginald présente l'avantage de nous donner, au cours d'un même contexte, les lignes dominantes d'une belle synthèse dogmatique de saint Thomas d'Aquin. Nous allons y trouver la clef de notre interprétation (Au cours du présent travail, les passages de saint Thomas cités entre guillemets sont des traductions, - les passages cités sans guillemets sont, eux, des résumés. - Chaque fois qu'un texte de saint Thomas est souligné, c'est nous qui soulignons.).


Efficience et finalité

      « Chapitre 100. - Que Dieu conduit tout chose à bonne fin ». (On sait que pour saint Thomas le principe de finalité est une nécessité métaphysique. Une cause efficiente n'agirait pas si elle n'était pas déterminée à ceci ou à cela. - car tout être est déterminé, étant ce qu'il est. La finalité n'est autre chose que la détermination du mouvement d'une nature par son terme. - Le « hasard » est dû à l'interférence de séries finalisées au sein d'un ensemble contingent. Il n'y a pas de « hasard » pour Dieu.)

      « Chapitre 101. - Que la fin dernière de toute chose est la divine bonté. »
     « Il faut que la fin dernière des choses soit la bonté divine. Quand des oeuvres sont réalisées par un sujet libre, la fin dernière en cause est ce qui est voulu d'abord et pour soi-même, par ce sujet libre, de manière universelle. Or le premier objet atteint de cette manière par la volonté divine, c'est sa propre bonté [...] Il est donc nécessaire que toutes les oeuvres de Dieu aient pour fin dernière la bonté divine [...] Les êtres ont tous été faits pour être assimilés à la bonté divine. »

     « Chapitre 103. - Que la bonté divine est non seulement la cause des choses, mais bien encore de leur mouvement et de leur opération. »
     « Le mouvement et l'opération de chaque être semblent bien tendre à quelque chose de parfait. Or ce qui est parfait a raison de bien: la bonté de chaque chose est en effet sa perfection. Tout mouvement, toute action tendent donc au bien. - Or tout bien créé est similitude du Souverain Bien, comme tout être est similitude du Premier Être. Tout mouvement, toute action sont donc orientés vers l'assimilation à la bonté divine [...] De même que la créature raisonnable est plus noble que les autres, de même tend-elle, par son opération, à la divine similitude, de manière supérieure aux autres. »

     « La créature intellectuelle tend donc, par son opération, à ressembler à Dieu, non seulement du point de vue de sa conservation dans l'être, ou du point de vue de la diffusion de son être par communication spirituelle, mais encore du point de vue de sa propre plénitude, en conduisant à leur achèvement toutes les capacités de sa propre nature. La fin que la créature intellectuelle atteint par son opération consiste précisément en la totalité de cette perfection de connaissance, et c'est en cela, par-dessus tout, que nous devenons semblables à Dieu. »

     D'où la très belle formule: « Comme la perfection de l'âme consiste dans sa propre opération, il en découle que son ultime perfection se réalise dans sa plus excellente opération, laquelle visera le plus excellent objet, puisque c'est l'objet qui spécifie l'opération. » (Ultima perfectio, secundum optimam operationem, secundum optimum objectum, - Compendium, 2a Pars, Cap. 9)



L'ultime béatitude: voir Dieu


      Dans le prolongement des textes précédents nous arrivons maintenant à des affirmations capitales.

      « Chapitre 104. - De la double capacité à laquelle répond un double niveau d'intelligence (duplex intellectus), et quelle est la fin de la créature intellectuelle. »
     Il faut savoir distinguer une double capacité: l'une, naturelle, l'autre extra-naturelle. Il est naturel à l'enfant de devenir un homme, il n'est pas naturel au bois de devenir un banc, ni à l'aveugle de recouvrer la vue.
      Cette distinction joue pour notre esprit. Nous sommes naturellement capables de connaître les objets du monde sensible qui nous sont proportionnés. Mais il est impossible que la fin dernière de l'homme consiste en une telle connaissance. La possession de la fin dernière doit apaiser, en effet, tout désir naturel. Or la connaissance du monde sensible est bien incapable d'atteindre ce but. Tant de choses la dépassent! Déjà les substances angéliques transcendent pour ainsi dire sans proportion les réalités du monde sensible. Et quant au monde sensible lui-même, sur beaucoup de point notre connaissance n'en est pas certaine, et, sur d'autres points, elle est même nulle ou débile. Ainsi gardons-nous toujours le désir naturel d'une connaissance plus parfaite. Or il est impossible qu'un désir naturel soit vain. Nous atteignons donc notre fin dernière grâce au jeu d'une lumière intellecutelle lus haute que notre lumière connaturelle, grâce au jeu d'une lumière qui apaise notre désir naturel de connaissance. « Or ce désir naturel ne peut être apaisé que par la connaissance de la cause première, et non par une connaissance quelconque, mais bien par une connaissance intuitive. La cause première étant Dieu [...], la fin dernière de la créature intellectuelle est donc de connaître Dieu par son essence même. » (« L'âme humaine n'est pas l'objet le plus noble auquel elle puisse tendre. Elle sait qu'il y a une réalité meilleure qu'elle-même. Il est donc impossible que l'ultime béatitude de l'homme consiste dans l'opération qui lui donne de se connaître ou d'atteindre des substances supérieures, quelles qu'elles soient, aussi longtemps qu'il y aura une réalité encore meilleure, à laquelle l'opération de l'âme humaine puisse prétendre. Or l'opération de l'homme tend au bien dans son universalité [...] Aussi quel que soit le degré de perfection d'un bien, l'homme y tend-il en quelque sorte par l'esprit et la volonté. Comme le Bien Souverain est en Dieu qui est bon par essence, et source de toute bonté, l'ultime perfection de l'homme, son bien final, est pour lui dans la possession même de Dieu. » (Compendium, 2a Pars, Cap. 9).
      Dieu est la fin dernière de toute chose. Tout être tend donc à s'unir à Dieu comme à sa fin dernière, d'autant plus qu'il en a plus de possibilité - quanto magis sibi possibile est. (Contra Gentes, III, 25). )

      « Chapitre 105. - Comment la fin dernière de la créature intellectuelle est de voir Dieu face à face, et comment cela se peut. »
     Dieu lui-même deviendra la lumière de notre intelligence, en se joignant à elle non de manière panthéistique, mais au moyen d'une disposition qui, nouvelle, ajoutée, surélève notre capacité de connaissance. On l'appelle lumière de gloire.

      « Chapitre 106. - Comment la vision intuitive de Dieu, en quoi consiste notre béatitude, apaise notre désir naturel de connaître. »
     Il est bien nécessaire qu'il en soit ainsi car l'essence divine est la source de toute bonté, et dès lors plus rien ne reste à désirer. Et bien que nous n'ayons ni ne puissions avoir de Dieu une compréhension exhaustive (apanage de l'intelligence infinie), la vision béatifique représente pour nous le mode le plus parfait possible de l'obtention de la similitude divine.

      « Chapitre 109. - Que Dieu seul est bon par essence; les créatures, par participation. »
     Dieu n'est pas bon de la manière dont les créatures sont bonnes.
      Il faut distinguer en la créature un double point de vue: il y a une perfection ou bonté qui consiste dans son être de nature, il y en a une autre qui consiste à atteindre sa fin, grâce au mouvement, aux opérations. Or, des deux façons, la créature est inférieure à Dieu: la créature est contingente, elle peut ne pas exister, elle est limitée, tandis que Dieu existe par lui-même, en plénitude de perfection; puis, « la créature ne réalise sa bonté parfaite qu'en fonction d'une fin extrinsèque, car la bonté parfaite consiste dans l'obtention de la fin dernière, et donc pour toute créature la fin dernière est en dehors d'elle-même, car c'est la bonté divine qui, elle, n'est ordonnée à aucune autre fin. « Dieu seul réalise en Lui-même la plénitude de toute bonté. »



Les suites du péché originel


      Si l'on s'en tenait aux textes qui viennent d'être largement cités, on pourrait être tenté de penser, sans autre distinction ni restriction, que saint Thomas n'envisage bel et bien, en tout état de cause, qu'un seul bonheur ultime pour toute créature spirituelle, à savoir la vision béatifique.
      Mais il faut poursuivre la lecture du même traité de théologie pour ne pas fausser ainsi la pensée du docteur angélique. Les choses sont plus complexes qu'elles ne pourraient le paraître de prime-abord.

      « Chapitre 189. - De la séduction d'Ève par le diable. »
     Le diable avait déjà péché. Voyant que l'homme avait été constitué de manière à pouvoir parvenir à la félicité éternelle, dont lui-même était déchu, le diable s'efforça de détourner l'homme de la voie droite de la justice...

      « Chapitre 195. - Comment les tares du péché originel passent à la descendance d'Adam et Ève. »
     Les descendants d'Adam et Ève sont tous privés de la justice originelle et naissent avec les défauts qui sont les conséquences de cette privation. (Il n'y a donc plus, notamment, possibilité d'atteindre effectivement à la vision béatifique.) « ET CELA N'EST PAS CONTRAIRE À L'ORDRE DE LA JUSTICE, comme si Dieu punissait dans les enfants la faute des parents, parce que cette peine n'est pas autre chose que la suppression des valeurs concédées par Dieu au premier homme sur le plan surnaturel (supernaturalier) pour qu'elles découlent de lui aux autres: c'est pourquoi elles n'étaient pas dues aux autres (non debeantur), si ce n'est pour autant qu'elles leur auraient été transmises par leurs premiers parents [...] »

     Aussi bien le péché originel est-il à notre naissance un péché de nature et nullement un péché personnel (Chap. 196 (Voir, sur la théologie du péché originel, Dieu de colère ou Dieu d'Amour, in Études Carmélitaines, avril 1946, AMOUR ET VIOLENCE, pp. 93-105.)).

      « Chapitre 198. - Que le mérite d'Adam n'a pas racheté ses descendants. »
     Si le péché d'Adam a vicié toute la nature humaine, c'est un résultat accidentel, dû au fait que privé de l'état d'innocence, Adam ne pouvait plus transmettre cet état à ses descendants.
      « Bien qu'Adam eût retrouvé la grâce par la pénitence, il ne retrouva pas le premier état d'innocence, car ce don de justice originelle lui avait été divinement concédé. - Il est également manifeste que ce don de justice originelle fût un don spécial de grâce, or la grâce ne s'acquiert pas par le mérite, mais elle est donnée gratuitement par Dieu [...] »

     « Chapitre 199. - De la rédemption de la nature humaine par le Christ. »
     « Il fallait que la nature humaine ainsi souillée par le péché d'Adam, fut réparée par la divine providence, faute de quoi elle ne pouvait pas parvenir à la béatitude PARFAITE: étant le bien parfait, la béatitude ne souffre aucune défectuosité, et est par-dessus tout incompatible avec la tare du péché, qui s'oppose à la vertu, chemin de la béatitude. Et puisque l'homme a été créé pour la béatitude, parce qu'elle est sa fin dernière, sans rédemption il s'ensuivrait que l'oeuvre de Dieu serait frustrée dans une aussi noble créature [...] (L'oeuvre de Dieu eût été frustrée sur le plan historique de la création humaine réalisée de fait en l'état de justice surnaturelle.). »
     « Aussi longtemps que l'homme est sur la terre, il n'est confirmé ni dans le bien, ni dans le mal, de manière immuable. Il appartient donc à la condition de la nature humaine de pouvoir être lavée de la souillure du péché. Il ne fut donc pas convenable que LA DIVINE BONTÉ laissât complètement tomber dans le vide cette capacité à être relevé, ce qui aurait eu lieu si elle n'avait pas procuré de remède réparateur. »
     « Il fut convenable que Dieu se fit homme » (Chap. 200). « C'était le plus convenable des modes de libération du genre humain. » (Chap. 226).



Conclusion


      Des textes précédents nous sommes à même de dégager des enseignements majeurs:

      1° - L'ultime béatitude de l'homme, apaisant totalement ses capacités intellectuelles ouvertes sur l'infini de l'Être, - et donc sur Dieu, - est située dans la vision béatifique et ne peut pas l'être ailleurs (Chap. 106,).
      C'est à cette vision béatifique que l'ange et l'homme ont été appelés historiquement lors de leur création. (Chap. 105, 189).

      2° - Il n'y aurait eu pourtant aucune injustice à ce que les descendants d'Adam eussent été privés de cette ordination à la vision béatifique, car celle-ci était le fruit d'une intervention surnaturelle. (Chap. 195, 198).
      Voilà donc un premier équilibre à tenir: d'une part, la vision béatifique est dans la ligne même du désir naturel de l'intelligence créée, mais, d'autre part, elle ne saurait être exigée en justice, parce qu'elle dépasse le niveau des exigences connaturelles de l'esprit créé. (Chap. 104, sur le duplex intellectus). Dieu seul exige Dieu. Aussi bien l'Incarnation rédemptrice est-elle une oeuvre de bonté condescendante, c'est-à-dire de miséricorde, visant à maintenir l'humanité en sa vocation surnaturelle historique dont Dieu veut par bonté qu'elle ne soit pas frustrée. (Chap. 199).
      La distinction faite ici par saint Thomas entre justice et miséricorde permet seule de résoudre le problème posé par le bonheur ultime de l'esprit créé.



II. - LA SOMME THÉOLOGIQUE



      La Somme nous offre un excellent petit traité de la justice et de la miséricorde qui sera là le commentaire le plus adéquat.
      Toute oeuvre divine est fondée d'abord en miséricorde, puis implique justice, et tend alors à s'épanouir de nouveau en miséricorde: rythme ternaire qu'il importe de bien saisir et de mettre en relief.



Miséricorde

      « L'effet de la divine miséricorde est le fondement de toutes les oeuvres divines: rien n'est en effet dû à une créature, si ce n'est en raison de quelque chose qui lui a été donné gratuitement par Dieu (non debitum). » (Ia pars, qu. 25, art. 3, ad 3 m).

      « Dieu ne doit rien à personne, sauf à Lui-même [...] » (Ia pars. qu. 25, art. 5, ad. 2m).

      Ainsi donc la miséricorde a-t-elle le premier pas. Une essence contingente ne peut pas exiger d'être. Par définition, elle mendie jusqu'à son existence, qu'elle reçoit toujours, aussi longtemps qu'elle est, sans jamais se la donner.



Miséricorde et justice


      Mais les natures ont des lois nécessaires, - soit métaphysiques (en fonction des principes d'identité et de raison suffisante), - soit physiques, psychologiques ou morales (selon une part variable de contingence et de souplesse). Or, Dieu se doit en justice de conduire les natures selon leurs lois profondes. Il ne serait pas juste s'Il anéantissait un esprit capable d'immortalité, s'il punissait éternellement une âme en état de grâce, ou s'Il donnait le ciel à une âme morte en état de péché mortel. Ces lois profondes sont un reflet de l'immutabilité divine.

      « C'est pour Dieu affaire de justice d'accorder aux êtres les perfections qui correspondent à leurs exigences connaturelles (proportionem). » (Ia pars, qu. 21, art. 3, c).

      « Dieu doit accomplir dans les choses ce que sa volonté a décidé dans sa sagesse et ce qui manifeste sa bonté. Et, de ce point de vue, la justice de Dieu concerne la convenance en fonction de laquelle Il se rend à Lui-même, ce qu'Il se doit à Lui-même. - Puis il est dû à une créature qu'elle possède ce qui lui est ordonné: ainsi l'homme doit-il avoir des mains, et les autres animaux doivent-ils le servir. Et de ce point de vue aussi Dieu accomplit la justice, en donnant à chaque être ce qui lui est dû en fonction de sa nature et de sa condition. - Mais cette dette (de justice) dépend de la première (rappelée ci-dessus): la raison en est que c'est la divine sagesse qui dispose l'ordre des natures. Eh bien que de cette manière Dieu donne à un être ce qu'Il lui doit, Il n'est cependant pas débiteur, car Il n'est ordonné à rien, mais ce sont les autres êtres qui sont ordonnés à Lui. Et c'est pourquoi la justice peut être appelée soit convenance de la bonté divine, soit rétribution des mérites. » (Ia pars, qu. 21, art. I, ad 3m).

      Ainsi, donc, la miséricorde garde-t-elle toujours le premier rôle. « De même que la grâce dépend de la seule volonté de Dieu, de même aussi la nature de l'ange [...] ordonnée à la grâce », écrit encore saint Thomas (Ia pars, qu. 62, art. 6, ad Im). Mais on doit parler de justice du point de vue des exigences de la nature comme telle, et jamais Dieu ne doit passer outre à cette justice. « Lorsqu'il s'agit de dons gratuits (ex gratia), on est libre de donner à sa guise à qui l'on veut, pourvu qu'on ne retire à personne ce qui lui est dû, au préjudice de la justice. Et c'est ce que dit le père de famille, en Math, XX, 14-15: « Prends ce qui t'appartiens et va-t-en; est-ce que je n'ai pas le droit de faire ce que je veux? » (Ia pars, qu. 23, art. 5, ad 3m).



Miséricorde, justice et miséricorde



      Si la justice repose sur la miséricorde, elle est aussi dépassée par celle-ci. C'est le dernier temps du rythme qu'il importe de bien saisir: miséricorde, justice, miséricorde.

      « La miséricorde divine ne va pas contre la justice, mais au delà: si je donne deux-cents deniers quand j'en dois cent, je ne suis pas injuste, mais j'agis avec libéralité, avec miséricorde [...] D'où il appert que la miséricorde n'évacue pas la justice, mais qu'elle est un certain achèvement (plenitudo) de la justice. » (Ia pars, qu. 21, art. 3, ad 2-m).

      « Y a-t-il miséricorde et justice dans toutes les oeuvres divines? » Et la réponse est affirmative: « Ce qui suffirait à conserver l'ordre de la justice est au-dessous de ce que la bonté divine accorde en fait car elle dépasse toute exigence (proportionem) de la créature. » (Ia pars, qu. 21, art. 4, c.).

      Or cette affirmation s'applique excellemment à la vocation surnaturelle des créatures intellectuelles et raisonnables, les anges et les hommes.

      On le sait, ce qui caractérise essentiellement une nature, ce sont ses facultés d'opération, lesquelles sont spécifiées par leurs actes, et ceux-ci par leurs objets propres respectifs (Un texte entre cent: « Unicuique potentiae activae correspondes possibile, ut objectum proprium, secundum rationem illius actus in quo fundatur potentia activa » (Ia pars. qu. 25, art. 3, c).). Mais précisément la bonté divine est une fin qui dépasse les créatures sans proportion aucune (improportionabiliter excedens, - Ia pars, qu. 25, art. 5, c.) et, logiquement, il en découle que « la vision de l'essence divine est au-dessus de la nature [...] de toute créature. » (1-2, qu. 5, art. 5, c). Or, ce qui dépasse ainsi les exigences de toute créature, dépasse les frontières de la justice et ressortit bien évidemment à la miséricorde.

      « Dieu peut enlever à l'homme la justice gratuite (C'est-à-dire la justice naturelle, - grâce et dons.) sans manquer à sa Justice, même sans que l'homme ait péché, parce qu'il l'a conférée par libéralité au-dessus du mode d'être de la nature humaine: dans l'hypothèse de cette soustraction de la justice gratuite, l'homme ne deviendrait pas mauvais et resterait bon d'une bonté naturelle. Mais la justice naturelle est une résultante de la nature intellectuelle et raisonnable, dont l'intelligence est naturellement ordonnée au vrai, et la volonté au bien. Aussi bien est-il impossible qu'une telle justice soit soustraite par Dieu à la nature raisonnable, aussi longtemps que la nature demeure. - Dieu peut cependant, de puissance absolue, anéantir la nature raisonnable en cessant de lui donner l'être. » (De Malo, qu. 16, art. 2, ad 17m).



Le bonheur dû à la créature



     Il faut donc s'attendre à ce que saint Thomas nous parle une fois ou l'autre, pour le moins, du bonheur qui constitue (de droit) la destinée connaturelle ultime de la créature spirituelle, - destinée à laquelle elle puisse prétendre en justice comme à son dû.
      La Somme théologique n'est pas muette sur ce point-là.

      Objecte-t-on: « La vie éternelle est la fin dernière de la vie humaine. Or, par sa nature même, toute réalité naturelle peut atteindre sa fin. A bien plus forte raison, l'homme qui est d'une nature plus élevée, pourra-t-il donc par sa nature même parvenir à la vie éternelle, sans le secours d'une grâce. » - Voici la réponse: « Cette objection vaut pour la fin connaturelle à l'homme. Mais du fait de sa plus grande noblesse, la nature humaine peut être conduite à une fin plus haute, au moins avec le secours de la grâce, - fin à laquelle les natures inférieures ne peuvent absolument pas parvenir [...] » (1-2, qu. 109, art. 5, 3a, 3m).

      « La fin à laquelle les créatures sont ordonnées est double. L'une excède la proportion et faculté de la nature créée, et c'est la vie éternelle consistant en la vision béatifique, fin qui est au-dessus de la nature de toute créature. L'autre fin est proportionnée à la nature, et c'est elle que la créature peut atteindre par les forces de la nature... » (Ia pars, qu. 23, art. 1, c.) (Aimer Dieu par-dessus tout est connaturel à l'homme et même à toute créature [...] Dans l'état de nature intègre, l'homme n'avait pas besoin d'un don de grâce surajouté aux biens naturels pour aimer Dieu par-dessus tout d'un amour naturel, bien qu'il eût besoin d'un secours de Dieu le mouvant à cet amour. » (Ia-IIa, qu. 109, art. 3, c).).
      Cette doctrine vaut donc aussi pour les anges (Saint Thomas est ici dans le traité des attributs divins et parle de la créature en général.).

      Saint Thomas illustre très clairement sa thèse à propos des hiérarchies angéliques. L'ordre des anges est-il fondé sur leur nature ou sur leur degré de grâce? Voici sa réponse: « L'ordre se prend en fonction de la fin [...] Or la fin des anges peut être envisagée à un double point de vue. D'une part, sur le plan naturel, pour autant que les anges connaissent et aiment Dieu d'une manière naturelle. Et, de ce point de vue, les ordres des anges sont fondés sur les dons naturels. - D'autre part la fin des anges peut être envisagée d'un point de vue qui dépasse leur faculté naturelle, et leur fin est alors la vision de l'essence divine et la jouissance immuable de la bonté divine. Ils ne peuvent parvenir à cette fin que par la grâce. Et du point de vue de cette fin, les ordres angéliques se distinguent au total en fonction des dons de la grâce, mais de manière dispositive en fonction des dons naturels, car la grâce, chez les anges, est proportionnée à la capacité de leur nature, ce qui n'a pas lieu chez les hommes... » (Pour saint Thomas les anges ont reçu d'autant plus de grâce sanctifiante qu'ils étaient plus élevés dans la hiérarchie des esprits purs, - tandis que, par contre, un homme naturellement plus doué qu'un autre peut être appelé à une vocation surnaturelle moins éclatante que cet autre. Ce sont surtout des dispositions organiques qui commandent pratiquement le jeu plus ou moins bon de l'esprit humain, et il ne convient pas que la grâce soit proportionnée, même indirectement, à la qualité de la matière. - D'où cette appréciation différente, pour l'ange et pour l'homme, des rapports concrets de la valeur intellectuelle et du coefficient de grâce.) (Ia pars, qu. 108, art. 4).
      Le De Veritate le dit très clairement encore: « Il y a pour l'homme un double bien ultime qui meuve par lui-même la volonté comme une fin dernière. L'un est proportionné à la nature humaine, et, pour l'obtenir, les forces naturelles suffisent; c'est la félicité dont les philosophes ont parlé, félicité de type contemplatif ou actif [...] L'autre bien dépasse toute proportion de la nature humaine, les forces de la nature ne suffisent pas à l'obtenir, ni même à le penser ou à le désirer; il n'est promis à l'homme que par la seule libéralité divine [...] » (De Veritate, qu. 14, art. 2).

      Nous sommes dores et déjà fondés à le conclure: il y a une béatitude surnaturelle et une félicité naturelle ultimes, possibles pour l'esprit créé. Seule la béatitude surnaturelle est absolument dernière, exhaustive; la félicité naturelle est, en comparaison, infiniment déficiente. La félicité naturelle (ou connaturelle à la créature spirituelle) est exigible en justice; la destinée surnaturelle est le fruit de la miséricorde, au sens où la miséricorde transcende la justice et la dépasse sans la détruire. La grâce achève la nature.
      D'autres textes vont nous confirmer que telle est bien la pensée de saint Thomas d'Aquin, et nous apporteront, d'ailleurs, d'utiles précisions.



III. - LE « DE MALO »


     Saint Thomas nous a laissé dans le De Malo de ses questions disputées un magnifique traité des limbes où, marquant un progrès très réel sur la conception des augustiniens, - conception qui d'ailleurs lui survivra (Témoin le traité du cardinal DE NORIS, Vindiciae augustinianae, in P. L., de Migne, t. XLVII, col. 571-838, qui attaque nerveusement saint Thomas et ses disciples. - Lecture dilatante qui fait apprécier l'audace de saint Thomas au XIIIme siècle.), - il faisait une harmonieuse synthèse des exigences de la justice naturelle, d'une part, et de la foi au péché originel, d'autre part, ce qui éclaire singulièrement le problème du double bonheur ultime.
      Que penser des enfants morts sans baptême?

      « D'aucuns ont pensé que ces enfants éprouvent une certaine douleur ou affliction intérieure par suite de la carence de la vision béatifique, bien que cette douleur ne présente pas en eux le caractère d'un remords de conscience, parce qu'ils ne sont pas conscients d'avoir eu le pouvoir d'éviter la faute originelle... D'autres pensent, et mieux, qu'ils n'éprouvent aucune affliction intérieure, mais ils ne sont pas d'accord sur les raisons invoquées.

      « Les uns disent que les âmes de ces enfants sont tellement enténébrées d'ignorance qu'elles ne se savent pas faites pour la béatitude, qu'elles ne pensent pas du tout à cela, et qu'en conséquence elles n'en souffrent pas. Mais cette opinion ne convient pas. - a) Puisque ces enfants n'ont pas commis de péché actuel qui soit proprement personnel, il ne leur est pas dû de souffrir un détriment sur le plan des bien naturels [...] Or il est naturel à l'âme séparée d'être plus vigoureuse dans sa connaissance que ne le sont les âmes incarnées, et c'est pourquoi il n'est pas probable qu'elles souffrent d'une telle ignorance. - b) Sinon, de ce point de vue, les damnés de l'enfer seraient mieux partagés quant à leur faculté la plus noble, à savoir l'intelligence, puisqu'ils seraient dans de moindres ténèbres d'ignorance.

      « Aussi bien, d'autres, ont-ils cherché l'explication de la non-souffrance des âmes aux limbes, du côté de la disposition de leur volonté. Après la mort, en effet, la disposition de la volonté, en l'âme, ne se change plus, ni en bien, ni en mal. Et comme avant l'âge de raison les enfants n'ont eu aucun acte désordonné de volonté, ils n'en auront point non plus après la mort. Or, il y aurait désordre de volonté à se plaindre avec peine de ne pas posséder ce qu'on n'aurait jamais pu obtenir, comme il serait désordonné qu'un manant regrettât de ne pas devenir roi. Puisque ces enfants savent, après leur mort, qu'ils n'ont jamais pu obtenir cette gloire céleste, ils ne sont pas endoloris de l'avoir manquée.

      « Nous pouvons cependant tenir une voie médiane en groupant les deux chefs d'arguments et en affirmant que les âmes de ces enfants ne manquent pas de la connaissance naturelle qui est due à l'âme séparée, selon sa nature, mais qu'ils manquent de la connaissance surnaturelle telle qu'elle est enracinée en nous par la foi, et ceci, parce qu'ils n'ont pas eu la foi de manière actuelle, et parce qu'ils n'ont pas reçu le sacrement de la foi.

      « C'est, en effet, pour l'âme, affaire de connaissance naturelle, de savoir qu'elle est créée pour la béatitude et que la béatitude consiste dans la possession du Bien parfait, mais, de savoir que le Bien parfait pour lequel l'homme est fait, soit la gloire que les saints possèdent, cela est au-dessus de la connaissance naturelle. C'est pourquoi l'apôtre le dit dans le 1re aux Corinthiens, II, 9: « L'oeil n'a pas vu, l'oreille n'a pas entendu, le coeur de l'homme n'a pas pressenti ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment », puis il ajoute: « Mais Dieu nous l'a révélé par son Esprit »; cette révélation est affaire de foi (« Les âmes des enfants en mourant en état de péché originel connaissent bien la béatitude dans sa raison commune, de manière générale, mais elles ne la connaissent pas de manière spécifique, et voilà pourquoi sa perte ne les afflige pas. » (De Malo, qu. 5, art. 3, ad 1-m). - Ce caractère « spécifique » n'est autre que la Trinité elle-même.). En conséquence les âmes des enfants des limbes ne savent pas qu'elles sont privées d'un tel bien, mais elles possèdent sans douleur ce qu'elles tiennent par nature » (De Malo, qu. 5, art. 3, c).

      « Les enfants qui meurent avec le péché originel sont, bien sûr, perpétuellement séparés de Dieu, du point de vue de la perte de la vie glorieuse qu'ils ignorent, mais non pas du point de vue de la participation aux biens naturels qu'ils connaissent ». (De Malo, qu. 5, art. 3, ad 4m) (Dans le même sens: « Les enfants des limbes n'auront absolument aucune peine de ne pas avoir la vision divine (nihil omnio dolebunt); bien plus (immo magis) ils se réjouiront d'une large participation à la bonté divine sur le plan des perfections naturelles. » Le fait de ne pas avoir été baptisés « ne causera pas en eux plus de tristesse que n'en cause aux sages le fait de ne pas recevoir nombre de grâces accordées à leurs semblables. » (Supplementum, qu. 70, appendix I, art. 2).).

      Telle est la doctrine éclairante du De Malo. Elle complète harmonieusement le Compendium theologiae. - D'autres précisions notées par saint Thomas sont encore très révélatrices.

      « La gravité d'une peine peut être envisagée à deux points de vue; d'une part, en fonction du bien dont on est privé, et ainsi manquer la divine vision de Dieu constitue la plus grave de toutes les peines; d'autre part, en fonction du sujet qui est puni, et une peine est ainsi d'autant plus grave que le bien soustrait est plus propre et plus connaturel à celui auquel il est soustrait [...] Or, sous cet angle, la seule carence de la vision béatifique est la plus douce de toutes les peines, pour autant que la vision de l'essence divine est un bien totalement surnaturel » (De Malo, qu. 5, art. I, ad 3m). (« La créature raisonnable transcende toute créature en ceci qu'elle est capable du Souverain Bien par la vision et fruition divine, bien que pour l'obtenir, les principes de sa propre nature soient insuffisants: il y faut le secours de la grâce. » (De Malo, qu. 5, art. I, c.).).

      Saint Thomas envisage explicitement, dans une objection, la création de l'homme non ordonné à la vision béatifique. Il n'y répond pas par une fin de non-recevoir, bien au contraire.

      Voici l'objection: « Supposons l'homme constitué dans ses éléments naturels. Même s'il n'avait jamais péché, il lui serait dû de manquer de la vision béatifique, à laquelle il ne peut parvenir sans la grâce. Mais à proprement parler, il n'y a de peine que pour un péché. Donc la carence de la vision divine ne peut pas être appelée la peine du péché originel. »

     Et voici la réponse:

      « L'homme constitué en ses seuls éléments naturels, manquerait sûrement de la vision divine, s'il mourait ainsi, mais cependant il ne faut pas dire qu'il devrait ne pas l'avoir. Autre chose est ne pas devoir avoir, ce qui n'a pas raison de peine, mais bien seulement de limite. Autre chose est devoir ne pas avoir, ce qui a raison de peine. » (De Malo, qu. 5, art. I, ad 15m). (Nous trouvons le même enseignement dans la question précédente: « La carence de la vision divine peut appartenir à un sujet à deux titres (distincts). Premièrement, parce que ce sujet n'a pas en lui-même de quoi pouvoir parvenir à la vision divine, et à ce titre celui qui serait dans son état de nature (in solis naturalibus) manquerait la vision divine mais sans péché. De cette manière la carence de la vision divine n'est pas une peine, mais une défectuosité accompagnant toute nature créée, parce qu'aucune nature créée ne peut par elle-même (ex suis naturalibus) parvenir à la vision divine.
      « Secondairement, au sujet peut manquer la vision divine parce qu'il se trouve ainsi disposé qu'il lui est dû de la manquer, et à ce titre cette carence est la peine du péché originel et actuel. » (De Malo, qu. 4, art. I, ad. 14m.)
      Rappelant les deux textes précédents du de Malo, dans Surnaturel, p. 456, note 2, et p. 455, note 2, le P. de Lubac n'en continue pas moins de penser avec le P. Bouillard qu'il cite en l'approuvant (p. 456): (Saint Thomas) n'envisage pas l'hypothèse d'un homme créé pour une autre fin que la vision béatifique. » - Nous avouons notre surprise. Le P. de Lubac estime que n'en subsiste pas moins « la thèse de l'unique béatitude et de l'unique finalité. » Puis il conclut: « Disons au moins que la doctrine de cet article, confrontée avec la doctrine thomiste de la béatitude, pose un problème, et que ce problème n'est résolu nulle part en termes exprès dans l'oeuvre de saint Thomas. » (p. 457).
      Nous ne le pensons pas, témoins les textes déjà cités ou à citer encore. Pour nous, le « cadre philosophique en partie nouveau » du Docteur angélique est fort bien « adapté » à l'interprétation systématique du « paradoxe même de la nature humaine » (ou plutôt de l'esprit créé) », grâce aux concepts de capacité connaturelle et surnaturelle, d'une part, - de justice et de miséricorde, d'autre part.
      Mais ne serait-ce pas la philosophie du P. de Lubac qui ne serait pas très exactement avec celle de saint Thomas, et qui influerait, à son insu, sur son jugement d'historien? Nous lisons dans le même ouvrage: «  [...] Operatur omnia secundum consilium voluntatis suae. (En note: Eph., I, II. Cf. Saint Thomas, Ia, qu. 25, art. 5, ad 2-m : « Deus non debet aliquid alicui nisi sibi. ») Bien plus, il serait inexact de dire que Dieu s'est engagé, fût-ce envers lui-même; qu'il s'est lié, même en connaissance de cause. S'il y a dans notre nature un désir de voir Dieu, ce ne peut être que parce que Dieu veut pour nous cette fin surnaturelle qui consiste à le voir. C'est parce que, la voulant et ne cessant de la vouloir, il en dépose et ne cesse d'en déposer le désir dans notre nature. En sorte que ce désir n'est autre que son appel. » (Surnaturel, pp. 486-7). Mais pourtant, si nous entendons bien saint Thomas, quand Dieu « sibi debet aliquid », il s'engage envers lui-même, il est lié, encore que ce soit librement sur le plan existentiel.
      Le P. de Lubac écrit encore: «  [...] Voyons comment sans l'hypothèse moderne de la « pure nature » et mieux qu'avec elle, l'intégrité du surnaturel peut être sauvée. » (p. 491). - « Au reste, le propre de l'ordre surnaturel n'est-il pas que tout s'y passe hors des catégories de droit, d'intérêt ou de justice commutative? Ces catégories ou autres analogues, qui jouent un si grand rôle dans les exposés concernant l'état de pure nature (l'auteur renvoie ici, en notre, à CATHEREIN, SESTILI, PALUDANUS), n'ont point d'application dans la créature considérée face à son créateur. » (p. 494, c'est nous qui soulignons). Point d'application? Mais si, certainement, et une application analogique essentielle, tant du point de vue de la pensée de saint Thomas lui-même, que du point de vue de la déduction théologique, à notre sens objective et nécessaire en cette matière.).

      Ainsi donc, sur le plan philosophique pur, doit-on envisager l'homme non ordonné à la vision béatifique. Mais ce n'est pas bien entendu, le plan historique, tel que l'a conçu la Sagesse divine, et c'est le point de vue historique qu'il faut lire la réponse à la première objection du même article, comme bon nombre de textes analogues, obvies sous la plume d'un théologien, occupé d'abord, par définition, de l'économie du salut réalisée de fait par la Providence.

      L'objection est celle-ci:

      « C'est bien en vain qu'existe l'être qui ne réalise pas sa fin. Mais l'homme est ordonné naturellement à la béatitude comme à sa fin dernière, et cette béatitude consiste dans la vision béatifique. L'homme est donc créé en vain s'il n'y parvient pas. Mais le péché originel n'a pas fait que Dieu arrêtât la génération des hommes. Puisque donc rien n'est vain dans les oeuvres de Dieu, il semble donc que l'homme ne doive pas manquer la vision béatifique par suite du péché d'origine. »

     Et voici la réponse:

      « L'homme aurait été créé tout à fait en vain, s'il ne pouvait pas atteindre la béatitude, comme tout être qui ne peut pas atteindre sa fin dernière. Et c'est pourquoi, afin que l'homme n'eût pas été fait en vain, bien que naissant affecté du péché originel, Dieu s'est proposé, dès la création d'Adam, d'apporter remède à l'homme pour le libérer de cette vanité. Ce remède, c'est le médiateur, Dieu et homme, Jésus-Christ, par la foi auquel l'obstacle du péché originel pourra être enlevé » (De Malo, qu. 5, art. I, ad I).
      Mais, nous le savons, par le Compendium lui-même, ce remède n'était pas dû en justice.

      Le cas des limbes est exceptionnel, par conséquent, dans l'ordre historique de la vocation du genre humain (et du genre angélique) à la vision béatifique, mais si Dieu avait voulu faire de l'exception, la règle, il n'aurait pas été injuste et nous n'aurions aucune exigence à faire valoir. Toutefois notre vocation surnaturelle allait comme de soi, cela est l'évidence même, dans les perspectives de la bonté divine, spontanément miséricordieuse à l'égard de ceux et de celles « qui ne sont pas ». (Ainsi les limbes ne constituent-elles pas du tout « un cas embarrassant », malgré l'expression du P. de Lubac (Surnaturel, p. 446, note I) renvoyant lui-même à un fort beau texte des Sentences qu'il cite en partie: « Participabunt multum de divina bonitate in perfectionibus naturalibus, » mais ils manqueront de la « conjunction quae est per gloriam. » C'est bien cela: ils jouissent aux limbes de la félicité connaturelle à la créature humaine, telle qu'elle peut être exigée en justice, - d'une justice qui implique déjà miséricorde, encore qu'elle ne s'épanouisse pas en miséricorde autant qu'il eût été possible.)

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Message par Archange le Sam 13 Déc - 17:41



IV. - LE « DE ANIMA »


Le De Anima va nous donner, sur le plan abstrait, les principes qui permettent d'expliquer quelque peu la nature de la félicité naturelle dont le De Malo affirme l'existence pour les âmes des limbes.
Commentant les articles 16-20 de ce traité, le P. de Lubac en vient à écrire: « Jamais notre saint docteur n'a imaginé un bonheur « tel qu'il sied à des âmes séparées » ou « dans un ordre naturel ». Il ne s'agit là que d'une abstraction forgée plus tard par des théologiens qui n'avaient plus les mêmes soucis que lui. » (Surnaturel, p. 459).
Saint Thomas aborde pourtant explicitement le problème de la félicité naturelle ultime de l'âme tant unie au corps (art. 16) qui séparée du corps (art. 17) dans son De Anima, comme nous voudrions le montrer.

« La fin à laquelle s'étend la capacité (possibilitas) naturelle de l'âme humaine, est de connaître les substances purement spirituelles... (connaissance analogique avec le concours instrumental des images); elle n'en est donc pas empêchée par son union au corps; et, de même, une telle connaissance de la substance purement spirituelle est l'ultime félicité à laquelle l'homme puisse parvenir par ses moyens naturels. » (De Anima, art. 16 ad 1m). Il s'agit bien seulement, ici, de l'ultime félicité naturelle au cours de cette vie.

Mais, à l'article 17, saint Thomas va traiter explicitement de l'ultime félicité naturelle après la mort (Utrum anima separata possit intelligere substantias separats. (Libellé de l'article 17).).
Il explique dans le corps de l'article que l'âme séparée connaît directement par intuition sa propre essence, et que par là elle connaîtra les autres substances spirituelles, en recevant une lumière d'elles ou de Dieu; que cependant sur le plan de la connaissance naturelle, elle ne connaîtra pas les anges aussi parfaitement qu'ils se connaissent eux-même, parce qu'elle est elle-même le dernier des esprits et qu'elle reçoit au minimum le bienfait de l'illumination intellectuelle.

L'objection troisième est ainsi conçue:

« L'âme est unie au corps pour progresser en connaissance et en vertu. Or la plus haute perfection de l'âme consiste dans la connaissance des substances spirituelles. Si donc, du seul fait de la séparation d'avec le corps, l'âme connaissait les substances spirituelles, c'est en vain qu'elle aurait été unie au corps. » Et voici la réponse: « L'ultime perfection de l'âme humaine sur le plan de la connaissance naturelle est de pouvoir connaître les substances spirituelles, mais elle peut parvenir plus parfaitement à cette connaissance, du fait de son incarnation, parce qu'elle y est ainsi disposée par l'étude et surtout par le mérite. L'union au corps n'est donc pas vaine » (De anima, art. 17, ad 3m).

Texte et contexte nous semblent clairs: l'incarnation de l'âme dispose l'âme à réaliser sa perfection dernière, naturelle, de manière plus parfaite après la mort, quand elle reçoit récompense de son mérite. Que telle soit bien d'ailleurs la pensée de saint Thomas, il est aisé de le confirmer par un large commentaire tiré de l'auteur lui-même: du point de vue de la connaissance des substances spirituelles (connaissance qui constitue l'ultime perfection connaturelle à l'âme humaine), il est certain que, pour saint Thomas, l'âme séparée l'emporte sur l'âme incarnée ici-bas, et que la mort puis la résurrection marquent un achèvement.

L'enseignement de saint Thomas, relatif aux rapports de l'âme et du corps, quant à l'avantage de l'âme, pourrait bien de prime abord paraître contradictoire, mais en réalité il n'en est rien. Exposons-le de manière précise. Il en vaut la peine.

1° C'est, en un sens, pour son bien que l'âme humaine est unie à un corps.

Il est constant, en saint Thomas, que l'intelligence humaine a pour objet propre l'être du sensible et est mieux à même de l'atteindre lorsque l'âme est unie au corps que lorsqu'elle en est séparée.
« Comme ce n'est pas la forme qui est pour la matière, mais bien la matière pour la forme, c'est la forme qui fournira l'explication du choix de la matière, et non inversement. Or selon la hiérarchie naturelle, l'âme humaine occupe la dernière place parmi les substances intellectuelles, pour autant que la connaissance de la vérité n'est pas en elle naturellement infuse, comme en les anges; il faut qu'elle y parvienne par induction au moyen des sens. - Or la nature n'est pas en faute en matière nécessaire. Il fallait donc que l'âme intellectuelle eût non seulement la capacité de comprendre, mais encore la faculté de sentir. - Or l'action du sens requiert un instrument corporel. Il fallait donc que le corps auquel serait unie l'âme intellectuelle pût être un organe convenable d'ordre sensible, etc. » (Ia pars, qu. 76, art. 5, c).

« L'âme humaine requiert un corps non pas en raison de son opération intellectuelle comme telle, mais à cause de ses facultés sensibles qui ont besoin d'un organisme bien équilibré dans sa complexité. » (Ibid., ad 2m).

« Il est évident que parmi les substances intellectuelles, selon la hiérarchie naturelle, les âmes humaines sont les plus inférieures. Si donc elles avaient été constituées par Dieu pour exercer leur activité intellectuelle de la manière qui convient aux substances séparées, elles auraient eu une connaissance non pas parfaite, mais seulement confuse et générale. Afin de posséder des choses sensibles, une connaissance parfaite et propre, elles ont été constituées de manière à être naturellement unies à un corps et à recevoir ainsi des réalités sensibles, elles-mêmes, une connaissance propre [...] C'est pour l'amélioration de l'âme qu'elle est unie au corps et exerce son activité intellectuelle par le recours instrumental aux images. - Elle peut pourtant être séparée du corps et avoir un autre mode d'intellection » (Ia pars, qu. 89, art. 1, c).

Un autre mode d'intellection?
Oui, certes, mais alors, du point de vue de la connaissance du singulier sensible, l'âme séparée est en infériorité, par rapport à son état d'incarnation terrestre.

Les idées grâce auxquelles l'âme séparée connaît le singulier ne sont pas les idées acquises au préalable dans l'état d'incarnation, ce sont des idées infuses. (De Anima, art. 20, ad 2m) (Le rôle illuminateur des anges n'est pas, pour saint Thomas, réservé à l'ordre surnaturel. « La connaissance des objets qui leur sont naturellement intelligibles [...] est une perfection que les âmes séparées reçoivent de Dieu par l'intermédiaire des anges; bien que la substance de l'âme soit, en effet, créée par Dieu de manière immédiate, cependant les lumières intellectuelles proviennent de Dieu par l'intermédiaire des anges, - non seulement les lumières naturelles, mais aussi les surnaturelles... » (De anima, art. 18, ad 13-m).). Ces idées n'étant pas abstraites du sensible peuvent atteindre directement le singulier (Ibid., 6m). C'est le manque de vigueur intellectuelle naturelle à l'âme séparée qui l'empêche de connaître de manière propre et spontanée tous les objets sensibles dans leur universalité (ad 3m), universalité qui, d'ailleurs, est, de soi, connaissable, parce qu'elle n'est pas infinie en acte (ad 13m). Mais, en fonction de sa propre disposition, l'âme connaît quelques objets sensibles de manière déterminée (ad 10m), « ceux à l'égard desquels elle a un ordre ou une inclination spéciale, par exemple au titre de la souffrance, d'un certain comportement, ou de la mémoire » (Ibid. c).

Du point de vue de la connaissance des objets sensibles, l'âme incarnée est donc en meilleure condition que l'âme séparée.


2° Mais du point de vue de son intellectualité comme telle, c'est pour son bien que l'âme est séparée du corps. (L'intelligence humaine a pour objet propre l'être sensible, en tant qu'intelligence humaine, mais en tant qu'intelligence elle est relative à l'être.).

La connaissance intellectuelle de l'âme séparée est plus parfaite, ontologiquement, que celle de l'âme unie au corps, avant la mort. Saint Thomas est très net, encore, sur ce point.

« L'âme unie au corps est, d'une certaine manière, plus parfaite que l'âme séparée, à savoir du point de vue de la nature spécifique; mais pour ce qui est de l'acte intellectuel, lorsqu'elle est séparée du corps, l'âme à une certaine perfection qu'elle ne peut pas avoir lorsqu'elle est incarnée. Il n'y a pas là d'inconvénient, parce que l'opération intellectuelle convient à l'âme pour autant que celle-ci transcende les perspectives corporelles; l'intelligence n'est pas, en effet, l'acte d'un organe corporel » (De anima. Art. 17, ad 1m). (Nous parlons ici de la connaissance naturelle de l'âme séparée, car, en ce qui concerne la connaissance de grâce, l'âme est égale aux anges. Or la connaissance, qui donne à l'âme de connaître les anges de la manière expliquée (sans recourir aux images) lui est naturelle, non purement et simplement, mais pour autant qu'elle est séparée du corps; elle n'en use pas, unie au corps. » (Ibid., ad 2-m).
« Bien que l'âme séparée soit de même nature que l'âme unie au corps, cependant, à cause de la séparation d'avec le corps, elle est comme ouverte (liberum) à l'égard des substances supérieures pour en recevoir lumière intellectuelle, lui donnant connaissance des êtres singuliers, ce qu'elle ne peut pas faire, unie au corps... » (De Anima, art. 20, ad 15-m).).

« L'âme séparée est moins parfaite que l'âme incarnée, si l'on considère sa nature pour autant qu'elle communique (analogiquement) avec la nature des corps, mais cependant, d'un autre point de vue, lorsqu'elle est séparée, elle est plus apte à la vie intellectuelle, dans la mesure même où la lourdeur et les nécessités du corps portent atteinte à la facilité de la vie intellectuelle » (Ia pars. qu. 89, art. 2, ad 1m).
« L'intelligence a besoin des sens, dans l'état de connaissance imparfaite, pour autant qu'elle recourt au jeu des images, mais non selon le mode plus parfait de connaître qui conviens à l'âme séparée. Ainsi l'homme a-t-il besoin de lait quand il est encore enfant, mais non pas cependant à l'âge viril » (De anima, art. 19, ad 19m).

Le double point de vue exposé ci-dessus appelle une synthèse supérieure.


3° La haute convenance de la résurrection du corps.

Nous avons un certain désir naturel de cette résurrection. Elle est dans la ligne même de notre nature humaine.

« Comme la nature implique deux éléments, à savoir la forme et la matière (Le lecteur peut remplacer forme par âme et matière par corps. Forme vient de forma, perfection.), quelque chose peut être dit naturel à un double titre: soit au titre de la forme, soit au titre de la matière [...] Et comme la forme réalise davantage la notion de nature que ne le fait la matière, ce qui est naturel au titre de la forme est plus naturel que ce qui l'est au titre de la matière [...] C'est ainsi que quelque chose peut être naturel à l'homme au titre de la forme, comme comprendre, vouloir et autres opérations du même ordre; et d'autres qualités lui sont naturelles au titre de la matière, qui est le corps [...] La mort et la corruption sont naturelles à l'homme en fonction de la nécessité de la matière: en fonction de la forme c'est l'immortalité qui lui conviendrait; toutefois les principes de la nature humaine ne suffisent pas à assurer cette immortalité; mais une certaine aptitude naturelle à l'immortalité convient à l'homme en vertu de son âme; le complément vient d'une vertu surnaturelle [...] Et pour autant que l'immortalité nous est naturelle, la mort, la corruption sont, pour nous, contre nature » (De Malo, qu. 5, art. 5, c). (« Si l'on regarde la nature du corps, la mort est naturelle à l'homme; mais si l'on regarde la nature de l'âme et la disposition surnaturelle (d'immortalité) dont fut doté le corps humain lors de sa constitution première, la mort est accidentelle et contre nature, puisqu'il est naturel à l'âme d'être unie au corps. » (Compendium, Cap. 152).).

Un texte du Compendium est encore plus fort, en un sens.
« Pour que l'âme humaine soit, à son terme, parfaite à tout point de vue, il est nécessaire qu'elle soit parfaite dans sa nature: ce qui requiert nécessairement l'union au corps. La nature de l'âme, en effet, c'est d'être une partie de l'homme, comme forme. Or, aucune partie n'est parfaite en sa nature, si elle n'est pas dans sont tout. Il est donc requis à l'ultime béatitude de l'homme que l'âme soit à nouveau unie au corps. » (Chap. 151). Le raisonnement est d'une logique interne impeccable, et se tient sur le plan de la nature.

Toutefois l'âme n'en sera pas pour autant de nouveau asservie au corps. Après la mort, c'est l'âme qui domine le corps.

« Les corps des bienheureux ressuscités ne seront pas corruptibles et ne créeront pas d'obstacle à l'âme, comme ici-bas, mais au contraire ils seront incorruptibles et obéiront totalement à l'âme, ne lui résistant en rien » (Compendium, Cap. 167) (On pourrait objecter que saint Thomas appuie là son argumentation sur le fait de la vision béatifique de l'âme. Mais, au chapitre 174 du même traité, nous avons, pour la thèse qui nous importe ici, du point de vue philosophique, un texte décisif à notre sens, à savoir que le corps épousera les conditions de l'âme, et non inversement. Il s'agit de la fixité du damné dans le mal. La résurrection du corps n'amènera en lui aucun changement d'attitude à l'égard de la fin dernière. « Sur terre l'âme est infusée à un corps embryonnaire, c'est pourquoi il est convenable qu'elle épouse la mobilité du corps; mais alors c'est le corps qui est uni à une âme préexistante, et c'est pourquoi il en épousera totalement les conditions. » (Chap. 174).
C'est l'application d'un principe plus général: « Les moyens sont commandés par l'exigence de leur fin: si la fin varie selon un état de perfection ou d'imperfection, les moyens en subissent la répercussion, pour être adaptés en toute hypothèse: nourriture et vêtement différent pour l'adulte et pour l'enfant. » (Compendium, Cap. 169.))..

L'argument de convenance apporté pour la résurrection des corps vaut - logiquement - pour le cas des âmes jouissant aux limbes de leur bonheur ultime connaturel. C'est bien d'ailleurs, la pensée de saint Thomas. Cette résurrection est préternaturelle, elle est miraculeuse, mais elle est dans la ligne même de la nature. (Nous lisons dans la Contra Gentes: « Si le Christ nous délivre de la faute et de la mort qui en est l'effet, ceux-là seuls semblent devoir bénéficie de la résurrection qui auront participé aux mystères du Christ, par lesquels nous sommes délivrés de la faute. Or ce n'est pas le fait de tous les hommes. Il semble donc que les hommes ne ressuscitent pas tous. » (IV, 80). A cette objection saint Thomas répond en affirmant l'universalité de la résurrection et en précisant: « Le Fils de Dieu a assumé la nature humaine pour la réparer. Ce qui est défectuosité de la nature sera donc réparé en tous, et ainsi tous les morts ressusciteront... » (IV, 81) - « Nous renaissons par la grâce du Christ qui nous est donnée, mais nous ressuscitons par la grâce du Christ, en vertu de laquelle il a assumé notre nature, parce que la résurrection nous conforme au Christ sur le plan de la nature. Aussi ceux qui meurent dans le sein maternel ne renaissent-ils pas par la grâce, mais ils ressusciteront cependant, par conformité de nature avec le Christ, du fait qu'ils ont reçu cette nature en arrivant au terme de perfection de l'espèce humaine. » (Supplementum, qu. 75, art. 2, ad 5-m). C'est donc par le Christ que les âmes des limbes jouiront de leur corps (à l'état adulte, d'ailleurs, - qu.81, art. 1). Elles participeront sous cet angle au bienfait de l'incarnation rédemptrice, et c'est au titre d'une quasi-exigence de la nature réparée par le Christ.).

Il faut distinguer en l'homme la nature et la personne.

1° La nature humaine: - a) demande l'incarnation de l'âme, - b) répugne à la mort et - c) postule, après la mort, la résurrection du corps.

2° La personne, en l'homme, - a) se prépare sur terre à son bonheur ultime après la mort; b) - comme substance spirituelle, mieux vaut pour elle être privée de son corps charnel, - c) encore que la résurrection du corps - spiritualisé - soit tout à son avantage.

Ces vérités sont d'ordre naturel. Les arguments qui les éclairent, font, de soi, abstraction d'une vocation à la vision béatifique, - témoin le cas des limbes.
L'âme humaine est complexe. On n'en peut juger ni comme d'un esprit dénué de toute faculté sensible, ni comme d'une forme animale, privée de toute intellectualité. Elle est esprit de chair, elle est personne et individu. (Un texte du De Anima.
« Enfin la connaissance naturelle dont jouit l'âme séparée en plus de la vision béatifique, est inférieure en perfection même à celle de l'âme unie au corps sur la terre, » écrit le P. de Lubac, par manière d'objection contre la thèse de la félicité naturelle ultime après la mort, (Surnaturel, p. 461, 3) et il cite alors en note De Anima, 18, c et ad 14m: « Anima separata habens universalem cognitionem scibilium naturalium, non est perfecte reducta in actum, quia cognoscere aliquid in universali, est cognoscere imperfecte et in potentia. Unde non attingit ad felicitatem etiam naturalem... »

Voici notre réponse, compte tenu des textes de saint Thomas cités ci-dessus:

a. La connaissance de l'âme séparée est inférieure à celle de l'âme unie au corps: je distingue. Du point de vue nature sensible spécifique, d'accord (elle ne connaît plus alors de manière déterminée que quelques objets sensibles, le plus grand nombre n'étant plus connus que d'une manière confuse); du point de vue proprement spirituel, non. Et, tout compte fait, l'esprit domine le sensible.

b. Voici d'ailleurs les textes complets de l'objection et de la réponse du De anima, art. 18, 14a, 14-m. - Objection: « L'ultime perfection de tout être en puissance consiste à passer à l'acte du point de vue de toutes ses capacités. Or l'intelligence humaine n'est naturellement capable (directement) que de la connaissance des objets sensibles. Si donc l'âme séparée les comprend tous, il semble que toute substance spirituelle, du seul fait de sa séparation, ait son ultime perfection qui est sa félicité. S'il en est ainsi, c'est donc en vain que l'âme séparée a recours à des adjuvants pour réaliser sa félicité, ce qui fait difficulté. » Voici la réponse: « L'âme séparée ayant une connaissance (seulement) universelle des objets qu'elle peut connaître naturellement, n'est pas actualisée sur le plan de la connaissance, parce qu'une connaissance universelle est imparfaite et capable d'amélioration: c'est pourquoi cette âme n'atteint même pas la félicité naturelle. Il ne s'en suit pas que soient superflus les secours qui l'aideront à parvenir à cette félicité. » - Saint Thomas ne nie pas le supposé de l'objection, à savoir l'existence d'une félicité naturelle, et il affirme que ne sont pas superflus les secours qui aident à y parvenir. Cette félicité est donc chose possible puisqu'on peut y parvenir.

Autre texte du De Anima. - Le P. de Lubac poursuit: « Si elle (l'âme séparée) reçoit une certaine perfection, celle-ci ne lui vient que moyennant une grâce, dont les anges sont les distributeurs. » (Surnaturel, p. 461) et l'auteur cite alors en note De Anima, 18, ad. 13m: « Huiusmodi perfectionem recipiunt animae separatae a Deo mediantibus angelis; licet enim substantia animae creetur a Deo immediate, tamen perfectiones intelligibiles proveniunt a Deo mediantibus angelis, non solum naturales, sed etiam quae ad mysteria gratiarum pertinent, ut patet per Dionysium. »
Remarque: l'illumination de l'âme séparée, par l'ange et Dieu, se situe comme telle sur le plan des vérités naturelles. Ainsi le requiert l'ordo naturae. Selon saint Thomas, les idées infuses de l'âme séparée sont causées par Dieu avec le concours instrumental des anges. Il ne s'agit pas ici « de la connaissance de gloire, du point de vue de laquelle l'âme peut être égale, semblable ou supérieure aux anges », mais de la connaissance naturelle « en fonction de laquelle l'âme est inférieure à l'ange et où il est conforme à l'ordre de la nature (ordo naturae) que, sans participer à une création proprement dite, la créature plus parfaite vienne en aide à la moins parfaite ». (De anima, art. 20, ad. 11m).).


*


Il est donc certain pour nous, selon les textes déjà cités comme selon le contexte général de l'oeuvre de saint Thomas, que celui-ci a pleinement admis la possibilité d'une félicité naturelle ultime, pour l'esprit créé, au niveau de ses exigences connaturelles - indépendamment de la vison béatifique, - Pour l'ange, c'est la contemplation de sa propre substance, pour l'âme humaine c'est la connaissance des anges, - chacun jouissant ainsi de Dieu « selon la participation des biens naturels qu'il connaît ».

L'ultime félicité naturelle de l'âme, bien sûr, est fort peu de chose, si on la compare non seulement à la vision béatifique, mais même à la connaissance parfaite des substances angéliques, dont l'âme séparée, comme telle, ne jouit qu'imparfaitement (Ia pars, qu. 89, art. 2, ad 3m). Faut-il s'en étonner? L'âme humaine n'est-elle pas le parent pauvre des natures angéliques, - elle aussi, d'ailleurs, à l'infini de Dieu...?

La nature peut recevoir la grâce; la grâce parfait la nature.
Faut-il donc aussi s'étonner que saint Thomas soit préoccupé de souligner dans ses oeuvres, avec combien de raison du point de vue apologétique comme du point de vue mystique, le côté « naturel », - il faut qu'il y en ait un, - du prodigieux mystère de notre appel effectif à la vision béatifique?



NOTE SUR QUELQUES POINTS DE CONTROVERSE

I. - LE QUANDOQUE



« Aussi faut-il établir selon nous, écrit saint Thomas, que notre intelligence en arrive à parvenir (quadoque perveniat) à la vision de l'essence divine ». (In 4 Sent., d. 49, q. 2, a. 1), et le P. de Lubac ayant cité ce texte le commente ainsi: « Quel sens pourrait bien avoir ce « quandoque », s'il ne s'agissait que d'une possibilité encore abstraite, non de la réelle destination à une obtention réelle? » (Surnaturel, p. 468)

Nous estimons pourtant qu'ici le terme « quandoque » vise une possibilité essentielle et non destinée existentielle, tout comme, par exemple, dans la Somme théologique, Ia pars. qu. 3, art. 3, c, où nous lisons dans l'exposé de la troisième voie: « Ce qui peut ne pas exister, n'existe pas à un moment donné (quandoque). Si donc il n'y avait que des êtres susceptibles de ne pas exister, il n'y aurait eu rien de réel dans les choses à un moment donné (aliquando). » Or, il est bien certain que pour saint Thomas (personne ne le conteste) un être contingent existant de toute éternité n'est nullement contradictoire. Le « quandoque non est », cité plus haut, vise une possibilité logique, un instant logique de non-existence, et nullement le fait existentiel d'un commencement d'existence. Sous la plume de saint Thomas d'Aquin le « quandoque » peut donc signifier une possibilité logique, et nous pensons qu'il en est ainsi dans l'un et l'autre des textes rapportés ci-dessus, en matières bien différentes; cette interprétation sera confirmée par les remarques suivantes.



II. - UN DÉSIR NATUREL N'EST JAMAIS VAIN


On objecte encore: « Il ne se peut qu'un désir naturel soit vain... Or, notre désir naturel de savoir ne peut être apaisé avant que nous connaissions Dieu par son essence... Donc notre fin dernière est de connaître Dieu par son essence » (Saint Thomas, Compendium theologiae, cap. 104) Et le P. de Lubac commente: « [...] Le désir serait « vain », s'il ne devait être apaisé par l'obtention de son objet. Ce serait certainement une subtilité excessive que de faire dire à saint Thomas: pour que le désir naturel ne soit pas vain, il suffit qu'il y ait une possibilité abstraite à son apaisement, il suffit que l'hypothèse soit possible d'un autre ordre de choses, ou (comme dit saint Thomas lui-même ailleurs) d'un autre univers, dans lequel cet apaisement pourrait réellement avoir lieu, même avec l'assurance actuelle que, dans le monde tel que Dieu l'a fait, ce désir devra rester toujours inapaisé. Nous ne voyons pas ce qui, historiquement, pourrait autoriser une pareille exégèse. » (Surnaturel, p. 469) - Si, le traité des limbes dans le De Malo justifie pleinement cette exégèse du point de vue historique, mais il y a plus à dire ici. Il est démontrable historiquement que l'axiome si cher à saint Thomas: « Un désir naturel ne saurait être vain, » est, en saint Thomas lui-même, d'une souplesse analogique évidente, - d'une densité ontologique variable. - Nous avons déjà rencontré un cas de souplesse analogique: « Comme la forme réalise davantage la notion de nature que ne le fait la matière, ce qui est naturel au titre de la forme est plus naturel que ce qui l'est au titre de la matière... » (De Malo, qu. 5, art. 5, c) Nous sommes, ici encore, en pleine analogie. C'est ainsi la nécessité du désir naturel joue, par exemple, en trois cas bien différents.

Premier cas: le désir naturel de l'immortalité de l'âme.
Après avoir démontré que l'âme était incorruptible, saint Thomas écrit: « Nous pouvons aussi trouver un signe de cette vérité en ce que tout être, naturellement, à sa façon, désire exister. Or le désir suit la connaissance dans les sujets capables de connaître. Le sens n'atteint l'être qu'en fonction des coordonnées de temps et de lieu. Mais l'intelligence connaît l'être dans l'absolu, et sans limite temporelle. Aussi tout sujet doué d'intelligence désire-t-il exister toujours. Or un désir naturel ne peut pas être vain. Toute substance intellectuelle est donc corruptible. » (Ia pars, qu. 75, art. 6, c). Il s'agit ici d'une exigence stricte de nature, qui est pour Dieu affaire de justice, du point de vue de sa puissance ordonnée, car absolument parlant Dieu pourrait anéantir l'âme. (Voir plus haut, p. 55, la citation du De Malo, qu. 16, art. 3, ad. 17-m).

Deuxième cas: le désir naturel de la résurrection du corps.
« D'aucuns ont pensé que toute la nature de l'homme résidait en son âme, usant du corps comme d'un instrument, comme la matelot se sert du navire. Logiquement pour eux l'âme étant seule à jouir du bonheur, l'homme ne serait pas pour autant frustré dans son désir naturel de béatitude sans la résurrection du corps qui ne serait donc pas requise. - Mais le Philosophe a suffisamment réfuté cette argumentation, en montrant que l'âme est unie au corps comme une forme à sa matière. A l'évidence, donc, est-il nécessaire d'affirmer la résurrection, si l'homme ne peut pas être heureux en cette vie. » (Supplementum, qu. 75, art. 1, c)
« La volonté ne peut pas être absolument apaisée, si son désir naturel n'est pas totalement rempli. Or les éléments qui sont aptes à être unis de par leur nature désirent naturellement leur union... L'âme humaine unie naturellement au corps éprouve donc un désir naturel pour l'union au corps. La volonté de l'homme ne peut donc pas être parfaitement apaisée si l'âme n'est pas à nouveau unie au corps par la résurrection de celui-ci. » (Compendium, Cap. 151).
Nous sommes ici en présence d'un désir qui confine à l'exigence de nature sans y atteindre. Parlant des relations intrinsèques de l'âme et du corps saint Thomas rappelle au sujet de leur union que « la nature ne fait pas défaut en matière nécessaire » (Ia pars, qu. 76, art. 5, c) et pourtant il admet la possibilité de la mort et la non-exigence stricte de la résurrection. L'immortalité du composé corruptible n'est pas exigée au même titre que celle de l'âme métaphysiquement incorruptible: s'il n'est pas miraculeux que l'âme subsiste après la mort, il est miraculeux que le corps ressuscite. - « Bien que la nature soit incapable d'opérer la résurrection, cependant cela n'est pas impossible à la vertu divine. » (Contra Gentes, lib. IV, cap. 81). C'est une action « miraculeuse » (Supplementum, qu. 75, art. 3, c.)
La notion de nécessité est vraiment analogique.

Troisième cas: le désir naturel de la vision béatifique.
Pour saint Thomas, la vision béatifique « est d'une certaine manière au-dessus de la nature de l'âme raisonnable, pour autant que celle-ci ne peut pas y parvenir par ses propres forces; et, d'autre part, elle est dans la ligne de la nature de l'âme (secundum naturam), pour autant que l'âme, faite à l'image de Dieu, est, de par sa nature, capable de cette vision béatifique. » (3a pars, qu. 9, art. 2, ad 3m).
Or saint Thomas précise que le désir de la résurrection du corps, déjà moins strict que celui de l'immortalité de l'âme, est plus strict pourtant que le désir naturel de la vision béatifique. De ces trois désirs « naturels », ce dernier est donc le moins « nécessaire. »
« De même qu'il a été accordé surnaturellement à l'homme de pouvoir ne pas mourir, de même il lui est accordé surnaturellement de pouvoir jouir de la vision de Dieu, dit une objection du De Malo. Mais que l'homme soit privé de la vision divine, ce n'est pas contre sa nature. Ce n'est donc pas non plus contre sa nature qu'il soit privé de l'immortalité. La mort n'est donc pas contraire à la nature. » Voici l'intéressante mise au point effectuée dans la réponse. Il n'y a pas parité absolue entre les deux cas: « La vision divine est au-dessus de la nature humaine non seulement au titre de la nature complète, mais bien au titre de la forme (du composé humain); elle dépasse (excedit) la nature de l'intelligence humaine. » (De Malo, qu. 5, art. 5, 5m). Au contraire, on le sait, la résurrection du corps est au-dessus de la nature humaine au titre du composé humain, mais non pas au titre de sa forme substantielle, l'âme.

Nous lisons aussi dans le Supplementum: « Toutes choses égales d'ailleurs, l'incarnation est pour l'âme une condition plus parfaite que la séparation d'avec le corps, parce que l'âme est la partie d'un tout, le composé... » (qu. 75, art. I, ad 4-m). On en peut dire autant du rapport de l'âme à Dieu dans la vision béatifique sans incliner logiquement au panthéisme.
A l'appui de son commentaire sur le désir naturel (Surnaturel, pp. 467-471), le P. de Lubac cite un texte, p. 470: « Il appert que toute substance intellectuelle tend, d'un désir naturel, à la vision béatifique; elle n'en sera donc privée que par violence. » (Contra Gentes, lib. III, cap. 58 et 59). Or ce texte est, au vrai, tiré du chapitre 62 intitulé: « Ceux qui voient Dieu le verront toujours, » où est exposée la thèse que voici: la vision béatifique procurant aux élus la plénitude du bonheur, ils n'en pourraient être écartés que par violence. Et la suite du texte cité est celle-ci: « Celui qui fait violence est nécessairement le plus fort. Mais c'est Dieu qui est la cause de la vision divine. Puisqu'aucune force n'est supérieure à Dieu, il est donc impossible que violence soit faite à la vision des élus. Elle durera donc toujours. »



III. - EXIGENCE ET FINALITÉ


Appliqué à la vision béatifique le désir naturel dont parle saint Thomas n'équivaut certainement pas à une exigence de nature, à faire valoir en justice, ce qui serait, pourtant, s'il exprimait une nécessité existentielle. « La vie éternelle est un bien qui dépasse les exigences connaturelles (proportionnem) de la nature créée, car elle dépasse sa connaissance et son désir. » (Ia IIae, qu. 114, art. 2). Et le P. de Lubac entend bien d'ailleurs, lui aussi, exclure toute exigence du surnaturel.

Le P. de Lubac s'en explique à plusieurs reprises. (Lire notamment dans Surnaturel, pp. 481-494, la finale d'une haute élévation). L'auteur repousse toute exigence du surnaturel. « [...] Le surnaturel est l'objet d'un désir absolu quoiqu'inefficace, sans cesser d'être absolument gratuit. » (Surnaturel, p. 438) « [...] Il serait contradictoire d'exprimer un tel désir - désir du don comme don - par le terme d'exigence. Ce serait concevoir à son sujet l'idée d'une requête, d'une revendication [...] Il en est aux antipodes. Il est essentiellement humble - d'une humilité ontologique - plaçant l'esprit dans une attitude d'attente. » Etc. (Surnaturel, p. 484) « S'il y a dans notre nature un désir de voir Dieu, ce ne peut être que parce que Dieu veut pour nous cette fin surnaturelle qui consiste à le voir. C'est parce que la voulant et ne cessant de la vouloir, il en dépose et ne cesse d'en déposer le désir dans notre nature. En sorte que ce désir n'est autre que son appel. Le monstre de l'exigence n'était donc qu'un fantôme. On s'évertuait à résoudre un faux problème. En réalité la question de l'exigence ne se pose pas. » (Surnaturel, pp. 486-87).

Aussi bien serait-il injuste d'affirmer que le P. de Lubac n'est pas en accord avec les données du magistère ecclésiastique.
Mais, - et ceci est une interprétation personnelle, faillible donc, - nous ne voyons pas comme le P. de Lubac peut logiquement accorder sa thèse avec le principe de finalité, avec le principe de la spécification par l'objet connaturel, tels que nous les concevons avec l'école thomiste, et, pensons-nous, avec saint Thomas lui-même (Ia pars. qu. 77, art. 3). Nous faisons nôtre cette formule de l'auteur lui-même: « Ce que la nature exigerait en son propre nom et de son propre fait, ne saurait dépasser la nature. » (Surnaturel, p. 490). C'est cela même que nous voulons dire. Nous posons donc le problème de la manière suivante:

1. OU BIEN une nature n'exige aucune fin, et elle a cessé d'être une nature (source d'activité, de pensée, de volonté),

2. OU BIEN elle en exige une, et alors:

a) OU BIEN elle exige la béatitude surnaturelle de la vision béatifique, comme sa seule destinée possible (ceci contredit le magistère et ruine logiquement le concept de nature créée),

b) OU BIEN, capable de cette béatitude surnaturelle, naturellement désirée et infiniment convenable, elle n'exige à proprement parler que sa félicité connaturelle (la contemplation de lui-même par l'ange, le bonheur des limbes pour l'homme), tout en restant essentiellement ordonnée à la vision béatifique au niveau de sa capacité profonde de nature intellectuelle - capacité qui se doit de nourrir un désir naturel, bien qu'inefficace, lequel n'a rien ni d'un « caprice », ni d'une exigence.

Le P. de Lubac écrit: « [...] Et à la condition de ne point réduire le désir de l'esprit à un appétit de la nature intellectuelle, on eût pu continuer également d'admettre, avec saint Thomas et toute la tradition dont il demeure l'écho, que le surnaturel est l'objet d'un désir absolu quoiqu'inefficace, sans cesser d'être absolument gratuit. » (Surnaturel, pp. 437-38). - Mais nous pensons précisément que cette ultime affirmation parfaitement juste ne s'explique au contraire qu'en fonction du désir de l'esprit, appétit de la nature intellectuelle contingente


IV. - LE DÉSIR NATUREL DE LA VISION BÉATIFIQUE


Nous sommes d'accord avec le P. de Lubac quand il repousse si judicieusement « Trois exégèses du desiderium naturale » (pp. 475-80). Pour nous, comme pour lui (encore que notre thèse diffère dans sa modalité d'explication), le désir « inexigeant » du surnaturel est bien: 1° enraciné dans la nature, 2° essentiel et non velléitaire, 3° relatif à la vision béatifique. Voici comment, selon nous, du point de vue métaphysique.

Le désir naturel, nécessaire et efficace de la félicité connaturelle implique de par sa nature même le désir naturel, nécessaire, mais inefficace, de la béatitude surnaturelle.

1° La dépendance ontologique nécessaire de l'objet de la félicité connaturelle par rapport à Dieu Lui-même fonde la nécessité du désir de la béatitude surnaturelle, en fonction de la loi de la participation. « Propter quod unumquodque tale, et illud magis. »

2° La distance ontologique nécessaire de l'objet de la félicité connaturelle par rapport à Dieu Lui-même fonde l'inefficacité du désir de la béatitude surnaturelle, en fonction de la loi de la puissance et de l'acte. - Le moins parfait ne peut de soi atteindre efficacement le plus parfait.

En d'autres termes il est essentiel à l'être constitué d'essence et d'existence (réellement distinctes au titre de principes d'être):

1° de tendre « essentiellement » à l'être infini dont l'essence est l'existence, - duquel il procède;

2° de ne pas y tendre efficacement, de soi, « existentiellement », en raison même de la distinction réelle essence-existence, - ce qui donne sur le plan psychologique un désir nécessaire, inefficace (sans exigence aucune).
Bref, la nécessité est de l'ordre de la nature ou essence. L'inefficacité est de l'ordre de l'existence contingente. La nature n'étant pas son existence, la nécessité n'est pas efficace, tout en demeurant essentielle, et non accidentelle.
Il est nécessaire que nous puissions être ordonnés à la vision béatifique. Il n'est pas nécessaire que nous y soyons ordonnés. Notre désir naturel inefficace exprime ce mystère ontologique qui est éclairé par les grands principes de la métaphysique thomiste.



V.- Ia PARS, QU. 62, ART. I



« Par béatitude on entend l'ultime perfection de la nature raisonnable ou intellectuelle et de là vient qu'elle est naturellement désirée, parce que tout être désire naturellement son ultime perfection. - Or, l'ultime perfection de la nature raisonnable ou intellectuelle est double. Il y a d'une part celle qui peut être obtenue par les forces mêmes de la nature, et elle est dite béatitude ou félicité de manière dérivée (quodam modo). Et c'est pourquoi Aristote dit que l'ultime félicité de l'homme consiste à contempler le plus parfaitement possible en cette vie l'Intelligible le plus noble, qui est Dieu. Mais au-dessus de cette félicité il y a une autre félicité que nous attendons dans le futur, où nous verrons Dieu tel qu'il est. Cette félicité est au-dessus de la nature de toute intelligence créée [...] » (Ia pars, qu. 62 art. I). Pour le P. de Lubac ce texte ne prouve pas en faveur d'une félicité naturelle ultime, réalisable séparément de la vision béatifique (Surnaturel, p. 451, note 5, et pp. 451-52). Mais dans le cadre général de notre interprétation, nous pensons que l'incise d'Aristote « en cette vie » et la conclusion de saint Thomas relative à notre appel effectif à la vision de Dieu, n'atténuent en rien la portée philosophique, absolue, de l'ultima perfectio duplex.

Quand, au sujet des anges, à la fin du même article, saint Thomas écrit de « l'ultime béatitude qui dépasse la faculté de la nature » qu'elle n'est pas « quelque chose de la nature » (aliquid naturae) mais bien « la fin de la nature » (naturae finis), nous n'y voyons aucune contradiction avec l'affirmation préalable de l'ultima perfectio duplex, qui vise la double félicité ultime connaturelle ou surnaturelle. La pensée de saint Thomas est ici, pour nous, la suivante:

1° Ce bonheur surnaturel ne peut pas être connaturel à la nature (aliquid naturae).
2° Ce bonheur ne peut être en relation avec la nature qu'au titre de fin (naturae finis).
3° Il mérite cependant par excellence le titre de « fin » car il coïncide précisément, - et c'est tout son prix, ce n'est pas par hasard, - avec l'essence même du Souverain Bien, règle suprême de la moralité, fin morale unique de toute créature spirituelle, comme nous le verrons ci-dessous. L'objet de la vision béatifique est tout ensemble Beauté et Bonté, parce qu'Il est Sagesse d'Amour. L'esprit qui voit Dieu face à face ne peut plus pécher: psychologie et moralité se fondent harmonieusement pour lui dans un abîme infini de lumière et de joie.


Affirmant, lui aussi, la possibilité d'une double destinée psychologique pour la créature spirituelle, le R. P. BOYER, S. J., écrit dans un article intitulé Nature pure et surnaturel dans le Surnaturel du P. de Lubac: « ...Une fin sans laquelle une nature n'est pas concevable ne peut être dite une fin au-dessus de cette nature; elle lui est naturelle; elle est la fin qui lui est due et que Dieu se doit à Lui-même de lui donner [...] Il ne s'agit pas ici d'aristotélisme. Il s'agit de ce qui s'impose à la raison: une nature ne peut être, avant toute grâce, ordonnée à une fin unique, sans que cette fin entre dans sa notion. Une nature est une essence qui se repose dans le bien qui lui est proportionné ou qui poursuit ce même bien. Il y aurait contradiction à la poser sans mettre à sa portée le seul bien pour qui elle est faite. » (Gregorianum, 1947, vol. XXVIII, 2-3, p. 391) - « Au fond, c'est dans l'impossibilité de distinguer le surnaturel de la nature que gît toute la difficulté du système du P. de Lubac. Et c'est là ce qui justifie la répugnance des théologiens à l'admettre. » (A. MICHEL, L'Ami du Clergé, 20 novembre 1947, p. 804).



DEUXIÈME PARTIE

DU PÉCHÉ DE SATAN



Les conclusions auxquelles nous venons d'aboutir sont le point de départ de cette étude relative au péché de l'ange.

Nous le savons dores et déjà, selon saint Thomas d'Aquin, - il s'agit toujours de l'exposé de sa pensée, - les anges furent de fait appelés, lors de leur création, à la vision béatifique, mais ils auraient pu être créés sans cette vocation transcendant les exigences de leur propre nature.

Plusieurs d'entre eux ont péché (Une minorité cependant, peut-être le tiers des anges (Ia pars, qu. 63, art. 9 et art. 8).).
Il ne faut pas s'en étonner, c'est en fonction de leur vocation surnaturelle que leur révolte est effectivement envisagée par saint Thomas. Mais le problème se pose de savoir si l'ange aurait ou non pu pécher en dehors de sa vocation surnaturelle à la vision béatifique, et cette recherche est intéressante pour mieux dégager la nature de son péché.
Compte tenu des conclusions de notre première partie, la pensée du docteur ne peut faire aucun doute à ce sujet. Elle est tout le moins virtuellement impliquée en des affirmations d'où, semble-t-il, on puisse et doive facilement la déduire. Mais, c'est d'accord, le problème est complexe et peut occasionner diverses exégèses, selon diverses prémisses.
L'interprétation proposée sera la suivante: qu'il soit ou non appelé à la vision béatifique, l'ange peut effectivement pécher en toute hypothèse (Voir ci-dessus (pp. 44 et 45) le détail des positions respectives).



I. - TOUTE NATURE SPIRITUELLE CONTINGENTE EST EFFECTIVEMENT
PECCABLE AU TITRE MÊME DE SA NATURE



Ce point de doctrine, virtuellement décisif dans la question qui nous occupe, se rencontre très fréquemment et très explicitement sous la plume de saint Thomas qui enseigne les thèses que voici:

1. - Les natures corruptibles sons susceptibles de déformations accidentelles sur le plan même de leurs opérations naturelles, mais non pas les natures incorruptibles (tels, les anges) dont l'activité est toujours parfaitement ce qu'elle peut et doit être au niveau même de leur nature (Ainsi Compendium theologiae, Cap. 112: « Comment les créatures peuvent manquer la bonté à laquelle elles doivent parvenir par leurs opérations. »
« Il faut juger des opérations naturelles comme de la nature qui en est le principe... C'est pourquoi dans les substances incorruptibles... il ne peut y avoir aucune déficience sur le plan de l'activité naturelle. Ainsi dans les anges, les facultés naturelles demeurent toujours capables d'exercer leurs opérations. Il en va autrement dans ce monde inférieur où se rencontre accidentellement la stérilité des plantes, la génération des monstres... »).

2. - Dieu est incapable de pécher par plénitude de perfection (Compendium theologiae, Cap. 110: « Que Dieu ne peut pas perdre sa bonté. » C'est l'évidence, car Dieu est par définition la bonté même.).

3. - Les natures privées de rationalité ou d'intellectualité sont incapables de pécher moralement, par défaut.

4. - Les créatures intellectuelles et raisonnables sont, elles, capables de pécher (Un texte du Compendium résume ces quatre points:
« Bien qu'il soit commun à tous les êtres incorruptibles d'ignorer le mal sur le plan de la nature, c'est le propre de Dieu seul l'être dans l'impossibilité métaphysique de commettre le péché dont les créatures raisonnables sont seules capables. » (Cap. 120).).
Sur le point de la peccabilité de l'esprit créé, au titre même de sa nature, les textes abondent.

« Le pouvoir de pécher ne fait pas, de soi, partie du libre arbitre, mais c'est une résultante de la liberté dans la nature créée » (De Veritate, qu. 24, art. 7, ad 4m).
« Aucune créature n'existe ni ne peut exister, dont le libre arbitre soit naturellement confirmé dans le bien, de sorte qu'il lui convienne de ne pas pouvoir pécher, au titre même de sa nature » (Ibid. c).
« Il est impossible qu'une créature adhère à Dieu d'un vouloir immuable, au titre de sa propre nature; la raison en est que, tirée du néant, elle peut fléchir (pour ou contre Dieu) » (Ibid. art. I, ad 16m).
« La nature divine est incréée, elle est son existence et sa bonté; et c'est pourquoi en Dieu il ne peut y avoir aucun défaut, ni sur le plan de l'être, ni sur celui de la bonté. Mais les natures humaines et angélique sont créées, étant tirées du néant; aussi, de soi, sont-elles capables de déchoir. Et c'est pourquoi le libre arbitre de Dieu ne peut absolument pas se tourner vers le mal, mais celui de l'homme et de l'ange, considéré au titre même de sa nature, peut se tourner vers le mal » (Ibid. art. 3, c).

« La grâce incline vers Dieu la créature raisonnable, dit une objection. Si l'ange avait été créé en état de grâce, aucun ange n'aurait donc péché. » - Soit dit en passant, cette difficulté implique la possibilité d'une création sans grâce, et implique encore en cette hypothèse, une possibilité de pécher comme plus vraisemblable qu'en l'hypothèse de l'état de grâce.
Saint Thomas répond: « Toute perfection incline le sujet qui la reçoit en se conformant à la nature même de ce sujet. Or la nature intellectuelle est ainsi constituée qu'elle se porte librement vers les objets de son vouloir. C'est pourquoi l'inclination de la grâce n'importe aucune nécessité, mais le sujet qui possède la grâce peut pécher en n'en usant pas » (Ia pars, qu. 62, art. 3, ad 2m).
« L'ange et toute créature raisonnable, considérés au titre de leur nature, peuvent pécher. Et quelle que soit la créature à laquelle il convienne de ne pas pouvoir pécher, ce pouvoir elle le tient d'un don de la grâce, et non pas de la condition de sa nature... En toute volonté créée il peut y avoir péché, selon l'ordre de sa nature » (Ia pars. qu. 63, art. I, c).
Après avoir mentionné que, probablement, en toute hiérarchie angélique il y eut des esprits déchus, saint Thomas remarque « qu'ainsi même le jeu du libre arbitre est davantage confirmé, puisque la liberté peut s'incliner au mal, en toute créature, quel que soit son degré (de perfection) » (Ia pars, qu. 63, art. 9, ad 3m).

Une conclusion capitale peut être tirée de la thèse affirmant la peccabilité de toute nature spirituelle créée, au titre même de sa nature, si on la met en parallèle avec la thèse affirmant la possibilité d'une félicité naturelle ultime pour tout esprit contingent.

Voici comment:

1° Il est connaturel à la créature spirituelle de pouvoir effectivement pécher.
2° Il est connaturel à la créature sprituelle de pouvoir effectivement atteindre un bonheur ultime qui lui soit proportionné.
3° Il ne lui est pas du tout connaturel d'atteindre à la vision béatifique, - sa création n'entraînant pas en justice cette vocation surnaturelle.
Or il serait contradictoire qu'une propriété connaturelle fût essentiellement conditionnée, dans son exercice, par un apport surnaturel, car la nature serait, alors, en dépendance d'un apport surnaturel, au titre même de nature... Ce serait rigoureusement contradictoire.
L'ange peut donc pécher en toute hypothèse, qu'il soit ou non appelé à la vision béatifique. - C. q. f. d (C'est la raison pour laquelle nous nous séparons, en cette question, des Carmes de Salamanque et de Jean de Saint-Thomas qui, après avoir affirmé la peccabilité de tout esprit créé d'une manière très nette, en viennent à restreindre son application effective à l'hypothèse de l'élévation à l'ordre surnaturel. - Voir ici la très judicieuse critique du P. de LUBAC contre ces auteurs. « Le lecteur se demande comment se concilie l'intransigeance du principe affiché d'abord avec l'énormité de l'exception ainsi formulée. Nos théologiens trouvent les mots qu'il faut pour les rassurer, leur subtilité fait merveille. Considéré, disent-ils, selon sa finalité naturelle, l'ange est un être impeccable, sans doute; mais ce n'est pas à dire qu'il le soit absolute, simpliciter et ab intrinseco. Il y a en lui, latente, une potentia ad peccandum. Si celle-ci n'entre pas en action, c'est tout simplement que l'occasion extérieure lui manque. Il pourrait en effet pécher, si d'aventure il était élevé à l'ordre surnaturel. Or il y est élevable: cela suffit. » (Surnaturel, p. 288).
En pensant devoir reconnaître une antinomie marquée en saint Thomas le P. de Blic a mis en relief la difficulté qu'ont rencontré les grands commentateurs, à savoir: une série de textes affirmant la peccabilité au titre de la nature, une autre série l'affirmant en fonction du surnaturel. La distinction apportée entre le pouvoir radical inhérent à la nature et le pouvoir actuel inhérent à al surnature est une solution ingénieuse, mais qui sent trop le subterfuge... et elle ne repose, pensons-nous, sur aucun texte de saint Thomas d'Aquin.
Nous l'avons vu, au contraire, plus haut: si la grâce n'impose aucune nécessité c'est parce que la nature se porte librement vers les objets de son vouloir. (Ia, qu. 62, art. 3, ad 2-m).
Le P. de Lubac résout le problème en estimant que la nature ne connaît qu'une seule destinée: la vision béatifique.
Pour nous demeure encore entier en ce point de notre exposé, le problème posé par les textes de saint Thomas relatifs à la conception de la surnature, mais il faut sérier les questions. (Voir ci-dessous p. 76).).
C'est bien, de fait, dans la perspective surnaturelle de la vision béatifique que l'ange a commis son péché et c'est bien dans cette perspective que ce péché est analysé par saint Thomas, mais le fait n'est pas le droit. Logique avec lui-même, jamais saint Thomas ne met la peccabilité de l'ange en relation nécessaire, en relation de droit, avec son appel effectif à la vision béatifique. Les explications qu'il donne ne peuvent, somme toute, mieux s'entendre que dans la ligne même de notre interprétation. C'est du moins notre conviction.



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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Archange le Sam 13 Déc - 17:45

II. - LA NATURE SPIRITUELLE CONTINGENTE N'EST PAS FERMÉE SUR
ELLE-MÊME: AU TITRE MÊME DE SA NATURE ELLE DOIT SE SOUMETTRE AVEC AMOUR À L'ORDRE DE LA SAGESSE DIVINE,
ET C'EST AFFAIRE DE LIBERTÉ


(Nous souscrivons pleinement à cette affirmation-ci du P. de Lubac: « Saint Thomas n'imagine certes pas un ordre de choses dans lequel il serait loisible à quelque créature que ce fût de s'enfermer dans son « bien propre » ou sa « perfection propre » sans la rapporter à Dieu! » (Surnaturel, pp. 540-241).)

Que l'ange soit peccable par nature, que son amour d'élection puisse librement porter sur Dieu, au titre de sa nature même, c'est ce que nous considérons comme acquis. Mais il faut maintenant résoudre deux questions impliquées dans cette thèse, à savoir:

1. Quelle est alors, pour l'ange, la règle de la moralité?
2. Quelles sont alors, pour l'ange, les contingences susceptibles d'occasionner son mérite ou son démérite?


1. La règle de moralité

La sagesse divine, et elle seule, peut avoir raison de fin dernière morale, de règle ultime de moralité. Il s'agit de cette sagesse telle qu'elle se manifeste, de fait, dans la volonté de Dieu.

Saint Thomas écrit dans la Somme théologique, en la question consacrée ex professo au péché de l'ange: « La volonté divine est la seule qui soit à elle-même la règle de son acte, parce qu'elle n'est pas ordonnée à une fin supérieure. Mais toute volonté de quelque créature que ce soit n'est droite dans son acte que si elle se règle sur la volonté divine, à laquelle convient d'être fin dernière. Toute volonté inférieure doit se régler sur la volonté qui lui est supérieure [...] C'est seulement dans la volonté divine qu'il ne peut y avoir de péché. En toute volonté créée il peut y avoir péché, selon l'ordre de sa nature » (Ia pars, qu. 63, art. 1, c).

Quel que soit le détail de l'interprétation du péché de l'ange historiquement parlant (Saint Thomas envisage deux modes d'application: « Le démon a désiré être semblable à Dieu de manière indue en désirant comme fin dernière de béatitude ce à quoi il pouvait parvenir par sa nature même, en détournant son désir de la béatitude surnaturelle qui est (le fruit) de la grâce de Dieu. - Ou bien, s'il a désiré comme fin dernière la similitude divine de grâce, il a voulu la posséder par la vertu de sa nature, et non par un secours divin, selon la disposition de Dieu [...] - Et ces deux hypothèses reviennent au même en un certain sens: d'un côté comme de l'autre il a désiré posséder son bonheur ultime par sa vertu à lui, ce qui est le propre de Dieu. » (Ia pars, qu. 63, art. 3, c).), une chose est certaine, le formel de son péché est en ceci « qu'il ne s'est pas référé à la règle de la divine volonté » (Ia pars, qu. 63, art. 1, ad 4m).

« ... Il peut y avoir du mal dans une volonté du fait qu'elle s'écarte d'une règle supérieure [...] Si elle n'a pas de règle supérieure qui doive la diriger, il est impossible qu'elle soit mauvaise... » (De Malo, qu. 16, art. 2) (On peut méditer ceci dans le même sens: « Les bons anges qui ont une volonté droite [...] ne jugent des valeurs surnaturelles qu'en respectant l'ordonnance divine [...] Les démons, eux, refusent de soumettre leur intelligence à la sagesse divine, à cause de leur volonté perverse... etc. La méchanceté perverse du démon vient de ce qu'il n'est pas soumis à la sagesse divine. » (Ia pars, qu. 58, art. 5, c.)).
« ... Il est des actions qui sont commandées non par la nature, mais par la volonté, dont l'objet est le bien, - d'abord le bien qui a raison de fin, et secondairement le bien qui a raison de moyen. »
Or le mal pourra se rencontrer là où la volonté pourra se détourner de sa fin, et là où elle ne le pourra pas, il n'y aura aucune possibilité de mal. « Mais une volonté ne peut pas se détourner du bien qui est sa nature même; tout être désire, en effet, à sa manière, son bien propre comme sa perfection. Seulement à l'égard d'un bien extérieur, un sujet peut se trouver en défaut, s'il se contente du bien qui lui est dévolu par la nature même. Le sujet dont la nature même est la fin dernière de sa propre volonté, ne peut donc connaître aucune déficience sur le plan de l'activité volontaire, mais c'est là le propre de Dieu. La bonté divine, fin dernière de toutes choses, est la propre nature de Dieu. Quant à tous les autres sujets doués de volonté, leur nature n'est pas leur fin dernière et voilà pourquoi il peut y avoir en eux défaut de volonté; et cela arrive si leur volonté se fixe dans leur bien propre, et ne tend pas au-delà vers la Souverain Bien, qui est leur fin dernière. Toutes les substances intellectuelles créées sont donc susceptibles de déficience volontaire. » (Compendium, Cap. 113).

Le Souverain Bien, la fin dernière morale, c'est la Sagesse divine. Adhérer à cette Sagesse, c'est adhérer à son vouloir effectif. « Celui qui fait ma volonté, tel est celui qui m'aime. »
Dans les textes qui dégagent ainsi la règle de moralité il n'est pas formellement question de vision béatifique, - encore que cette vision porte sur l'essence même du Souverain Bien. - et il est bien évident qu'il ne peut pas en être question.

Faisons deux hypothèses à ce sujet.

Première hypothèse: Qui travaillerait pour la vision béatifique par souci exclusivement égoïste d'une plus grande joie, aurait déjà mérité l'enfer, s'il était vraiment conscient de son mépris de la Justice et de l'Amour divins. Et l'on peut envisager sous cette forme le péché du démon appelé de fait à la vision béatifique (« La volonté de l'ange pécheur tendait bien à ce à quoi sa nature était ordonnée, bien que ce fût un bien excédant le bien de sa nature, mais cependant ce n'était pas d'une manière qui convint à sa nature (de créature). » (De Malo, qu. 16, art. 3, ad 12-m).).

Deuxième hypothèse: Si, par possible ou par impossible, Dieu nous laissait moralement libres d'atteindre ou non à la vision béatifique, plutôt qu'au bonheur des limbes, il y aurait certes un illogisme ridicule, mais il n'y aurait pas de faute à se contenter du bonheur des limbes.
Pour juger de la moralité, il est nécessaire et suffisant de regarder les choses sous l'angle de la volonté de Dieu.
Le devoir et le bien ne s'opposent certes pas au bonheur, mais le bonheur ne constitue pas la règle de la moralité, - ni la félicité connaturelle, ni la béatitude surnaturelle ne peuvent la constituer. L'âme parfaite est abandonnée au bon vouloir divin comme tel.

Pour que le péché soit possible, la règle de moralité (volonté divine, bonté divine, Souverain Bien) exige bien évidemment d'être saisie par toute créature comme « dans la nuée », comme à distance, bref d'une manière abstractive et analogique, car au sein de la vision intuitive de Dieu, l'esprit, voyant à l'évidence l'identification du Souverain Bien et de l'Objet de connaissance auquel il est miraculeusement adapté, ne peut plus pécher, métaphysiquement parlant, parce qu'il ne peut absolument plus se tromper.
Quelle que soit sa destinée (félicité naturelle ou béatitude surnaturelle), l'ange ne jouit pas de la vision béatifique au moment de son élection, et c'est précisément l'une des conditions indispensables de cette élection définitive.
L'erreur possible rend le péché possible (« Cum enim voluntas de se ordinetur in bonum sicut in proprium objectum, quod in malum tendat, non potest contigere nisi ex hoc quod malum apprehenditur sub ratione boni: quod pertinet ad defectum intellectus vel rationis, unde causatur libertas arbitrii. » (De Malo, qu. 16, art. 5, c.).); la mauvaise volonté effective rend, seule, le péché actif. Nul ne commet le péché sans errer lourdement, mais nul ne serait condamné pour une erreur non coupable.


2. L'occasion du mérite ou du démérite


Quelles sont les contingences susceptibles d'occasionner, naturellement parlant, l'amour ou la haine de l'ange à l'égard de Dieu, créateur, fin dernière morale? Point n'est besoin pour résoudre ce problème d'un deus ex machina.
Il ne s'agit, de soi, ni d'une difficulté quelconque jouant sur le plan de la nature angélique, au sein d'elle-même, - ni d'une révélation particulière circonstanciée, - ni, bien entendu, d'un appel à la vision béatifique, - mais c'est plus simple et plus profond, tout ensemble: il s'agit de la dépendance globale et foncière de toute la nature angélique à l'égard de Dieu. C'est une vérité chère à saint Thomas: l'ange est parfait dans son ordre, épuisant la perfection de son degré de nature spécifique, mais cet ordre tout entier est lui-même contingent et donc limité par rapport à Dieu dont il dépend essentiellement.
Or, c'est un axiome cher à saint Thomas, l'agir est fonction de l'être.
Si parfaite soit-elle sur son propre plan - et elle l'est de manière adéquate, par définition - l'activité intellectuelle et morale de l'ange est donc à l'infini de la perfection divine, elle est marquée du sceau de la contingence, et celle-ci se traduit psychologiquement par une liberté de choix à l'égard du Souverain Bien.
« La perfection de la nature angélique n'empêche pas qu'elle puisse pécher, en se retournant sur elle-même, et en laissant de côté l'ordre de l'être supérieur » (Contra gentes, III, 110).
L'ange n'est pas, de soi, fixé dans le bien moral, saint Thomas l'a répété à satiété. L'ange doit se fixer dans le bien moral. Il peut choisir l'une des deux solutions de l'alternative, mais le dilemme est inéluctable: acceptation humble et aimante ou refus orgueilleux et haineux de la condition de nature qu'en fait Dieu lui donne et telle qu'Il la lui donne. Pascal disait que l'ordre angélique doit reconnaître avec amour l'Ordre divin (Du fait de son incorruptibilité naturelle l'ange ne peut commettre qu'un péché d'orgueil: il ne saurait y avoir d'autre désordre initial en sa nature que le désordre global de ne pas accepter avec amour de n'être que ce qu'il est, le désordre de ne pas aimer Dieu selon la Volonté divine.
C'était également la condition d'Adam en l'état d'innocence: son premier péché ne pouvait être qu'un péché d'orgueil, et non de sensualité.
L'homme peut maintenant commettre p. ex. le péché de la chair qui méconnaît la soumission des sens à la raison, mais on n'y prend pas assez garde: il y a désordre au sein de la nature humaine, parce qu'elle est complexe et corruptible, mais si ce désordre a raison de péché c'est parce que l'homme méconnaît la règle divine de la moralité, -tout comme l'ange dans sa révolte orgueilleuse. C'est de part et d'autre le même critère du Bien moral. La considération de la différence des natures humaine et angélique n'entre pas en ligne de compte de ce point de vue.
Logiquement si l'ange ne pouvait pas pécher en l'état de nature, faute de règle de moralité, l'homme en l'état de nature pourrait encore bien moins pécher, car le désordre, possible en lui, n'aurait pas raison de péché.
Bien entendu, ce n'est pas le désordre « matériel » qui constitue la malice même du péché « subjectif » sur lequel nous serons jugés par Dieu. L'ange, c'est vrai, ne peut pas troubler l'ordre interne de sa nature spirituelle, tandis que l'homme peut méconnaître les finalités internes de sa nature spirituelle, tandis que l'homme peut méconnaître les finalités internes de sa nature complexe, - et sous cet angle « objectif », ils diffèrent, - mais l'ange peut autant et plus que l'homme pécher d'intention au plus intime de son vouloir en refusant d'aimer. - Le péché du pur esprit est sans cause excusante ni circonstance atténuante.
Il n'y a pas de péché « philosophique » - on ne pèche que contre Dieu. Anges et hommes doivent donc choisir pour ou contre Dieu. Et ce choix est inéluctable. Mais le mécanisme psychologique de cette élection les différentie, du fait de leurs natures respectivement incorruptible et corruptible. « La différence est en ceci seulement que les âmes humaines sont confirmées dans le bien ou obstinées dans le mal lorsqu'elles quittent leur corps, tandis que les anges ont été heureux ou malheureux dès l'instant premier où, de volonté délibérée, ils se sont donné pour fin soit Dieu, soit un bien créé [...] Les anges sont fixés de manière immuable dès leur première élection, mais les âmes ne le sont qu'au moment de la séparation de leur corps. » (Compendium, Cap. 184).
Pour l'ange le problème de l'athéisme ne se pose pas. L'esprit humain, lui, peut, à la limite, douter de Dieu de bonne foi; il n'est pas exclu, à priori, qu'un athée de bonne foi, d'une ignorance non coupable, sauve son âme au service du Bien, donc de Dieu. Car le Bien est encore l'un des noms divins pour autant qu'il est envisagé comme un Absolu auquel on se sacrifierait, s'estimant soi-même essentiellement rétribué du fait même de ce don total accompli dans l'amour de la justice et dans la justice de l'Amour.
Celui qui ne connaîtrait que l'arithmétique du plaisir serait hors de la moralité (avec culpabilité in causa ou non, d'ailleurs, selon les cas.)
Personne ne le met en doute: l'homme peut pécher en l'état de nature. A fortiori personne ne devrait mettre en doute que l'ange puisse aussi pécher en l'état de nature.
Il serait à tout le moins curieux que sans la grâce l'ange ne puisse pas offenser Dieu, et qu'avec la grâce il le puisse, car 1° la grâce suit les conditions naturelles du sujet qui la reçoit, - 2° elle ennoblit et surélève ce sujet dans le sens de sa fin dernière.).

Dans la Cantate du Narcisse, la Nymphe dit au Narcisse:


Par le styx, par le styx, par le styx.
Si Narcisse ne peut, si Narcisse ne veut
Aimer d'amour quelque autre que soi-même
Rien d'humain n'est en lui. Sa beauté le condamne:
Qu'il soit et sa beauté repris par la nature.
Tel est l'ordre divin.


(Paul VALÉRY, Mélange, Gallimard, 1941, Cantate du Narcisse, p. 233.)


Il n'y a de salut que dans l'Amour. La créature capable d'aimer peut aussi se révolter. « C'est le drame de la liberté d'un amour qui a le devoir de se retrouver par manière d'agressivité contre tout obstacle à son propre élan, comme aussi bien le pouvoir de se détourner de l'objet qu'il devait chérir et finalement de se retourner même contre lui. » (Dieu de colère ou Dieu d'amour? In AMOUR ET VIOLENCE, Études Carmélitaines, mai 1946, p. 94.
La révolte du pur esprit ne mérite aucune commisération. Il reste éternellement « le Mauvais ». C'est le « mystère d'iniquité » (II, Thess, II, 7). Le P. de Lubac l'écrit très justement en commentant Contra Gentes, III, 110: « Ni erreur donc, à proprement parler - ni ce comble de malice et d'absurdité lucide que constituerait une révolte voulue pour elle-même en pleine lumière (c'est nous qui soulignons), ce qui serait du pur volontarisme. Mais simplement en termes négatifs: non-considération, non ordination; prétérition. » (Surnaturel, p. 238). Saint Thomas écrivait en effet dans le texte ainsi commenté: « Nous ne sommes pas acculés à dire que l'ange a commis une erreur en jugeant bon ce qui n'était pas bon, mais en ne considérant pas le bien supérieur auquel son propre bien devait être rapporté. » Refus d'orgueil, et non, bien sûr, distraction de savant. Si l'ange s'est moralement trompé, c'est en raison de son mauvais vouloir.).

C'est bien l'enseignement de saint Thomas dans le De Malo:

« De même que nous tenons immuablement la connaissance des premiers principes, de même l'intelligence angélique tient immuablement tout ce qu'elle peut connaître au niveau de sa nature. La volonté étant fonction de l'intelligence, la volonté angélique est donc naturellement immuable au même niveau. Mais en vérité les anges sont en puissance du point de vue de leur attitude à l'égard du surnaturel (supernaturalia), - conversion ou aversion, - et c'est pourquoi le seul changement de volonté qui peut se produire en eux est celui-ci: selon le degré de perfection de leur nature s'orienter en fonction de la surnature (in id quod est supra naturam) par manière de conversion ou d'aversion » (De Malo, qu. 16, art. 5, c). - (Voir encore ibid. ad. 1m, ad. 10m).

Au demeurant, la finale de cette citation nous conduit évidemment à considérer ce même problème sous un angle nouveau, tout à fait capital.



III. - LA RÈGLE DE MORALITÉ, RÈGLE DIVINE, EST SURNATURELLE
PAR RAPPORT A TOUT ESPRIT CRÉÉ




Ce point doit être mis en relief. La règle de moralité n'étant autre que le Souverain Bien, c'est-à-dire Dieu lui-même, est, de soi, supérieure à toute créature. C'est la notion même de surnaturel qui entre en jeu. Mais il faudra bien l'entendre.

« Dans les anges, il y a une connaissance, la connaissance intellectuelle qui doit être dirigée selon la règle de la sagesse divine; et c'est pourquoi la volonté angélique peut commettre le mal, en ne suivant pas l'ordre de sa règle supérieure, à savoir la sagesse divine; c'est ainsi que les démons ont commis le mal moral » (De Malo, qu. 16, art. 2).

« Les mauvais anges ont voulu réaliser le bien qui leur était convenable, comme en ne reconnaissant pas la règle supérieure qui transcendait leur degré de nature. » (De Malo, qu. 16 art. 2, ad 1m).

A l'article suivant saint Thomas explique longuement que l'ange ne pouvait pas mettre en doute sa dépendance métaphysique d'avec Dieu et qu'il ne pouvait désirer ni être égal à Dieu sur le plan de l'être, ni en être, sur le même plan, totalement indépendant, ce qui aurait entraîné son anéantissement, puis il ajoute: « Quel que soit l'élément mis en cause, s'il est au niveau de la nature, il ne peut pas rendre raison du péché de l'ange... » (Voici le texte latin: « Et quidquid aliud dici potest quod ad ordinem naturae pertineat, in hoc eius malum consistere non potuit: malum enim invenitur in his quae sunt semper actu, sed solum in his in quibus potentia potest separari ab actu... ») Voilà encore une fois, le principe essentiel clairement posé (Et saint Thomas d'Aquin d'enchaîner immédiatement (parce que, pensons-nous, il se place dans la perspective historique du péché de l'ange): « Or les anges ont tous été constitués de telle sorte qu'ils possèdent dès le début de leur création tout ce qui ressortissait à leur perfection naturelle, mais ils étaient cependant en puissance aux biens surnaturels qu'ils pouvaient acquérir avec la grâce de Dieu. Aussi faut-il en conclure que le péché du diable n'a pas été commis en fonction d'un élément appartenant à l'ordre naturel, mais bien dans une perspective naturelle. Le premier péché du diable a donc consisté en ceci que pour obtenir la béatitude surnaturelle qui est réalisée dans la pleine vision de Dieu, il ne s'est pas tourné vers Dieu comme en désirant réaliser sa perfection au moyen de la grâce, en compagnie des saints anges, mais il a voulu l'obtenir par le moyen de sa nature, non cependant sans que Dieu opère en sa nature et lui confère la grâce... Réaliser sa béatitude finale par le moyen de sa nature, et sans la grâce d'un être supérieur, c'est le propre de Dieu... le diable n'a pas recherché un mal dans son péché, mais un bien, sa béatitude finale, en dehors de l'ordre dû, c'est-à-dire sans la grâce de Dieu » (De Malo, qu. 16, art. 3, c).).

« Manifestement le mouvement de l'ange se porte d'abord sur le bien qui lui est connaturel, et par là il parvient à ce qui est surnaturel (supra naturam); en conséquence il a fallu qu'au premier instant de sa création l'ange s'orientât vers la connaissance naturelle de soi-même, en fonction de laquelle il n'a pas pu pécher...; il a pu ensuite opérer un mouvement de conversion ou d'aversion, en fonction du surnaturel (supra naturam). » (De Malo, qu. 16, art. 4, c).

Règle suprême de moralité et contingence occasionnant mérite ou démérite ne peuvent se définir que par référence à la nature divine qui est surnaturelle.


La Contra Gentes le dit encore très clairement:

« ... En tout sujet créé doué de volonté, dont il est nécessaire que le bien propre soit subordonné à l'ordre d'un autre bien, il peut arriver que la volonté pèche, au titre de sa propre nature. Bien qu'en tout sujet doué de volonté il y ait une inclination volontaire naturelle à vouloir et à aimer sa propre perfection..., cependant cette inclination ne joue pas naturellement au point d'entraîner de manière inéluctable la subordination de cette perfection (naturelle) à l'autre fin, car cette autre fin, fin supérieure, n'est pas propre à la nature du sujet créé, mais elle est d'une nature supérieure (la nature divine) Il est donc laissé au libre arbitre (de la créature spirituelle), d'ordonner (ou non) sa propre perfection à cette fin supérieure... L'ange a donc pu pécher en n'ordonnant pas son bien et sa perfection propres à leur fin dernière, mais il a adhéré à son bien propre comme à sa fin. Et parce qu'il est nécessaire que la fin règle l'activité, il est nécessaire de disposer logiquement toute chose en fonction du bien dans lequel on a posé sa fin dernière, au point de ne soumettre sa volonté à aucune autre volonté supérieure. Mais ceci est dû à Dieu seul. C'est dans ce sens qu'il faut comprendre le désir du démon de s'égaler à Dieu. Il n'était pas question que son bien fût ontologiquement égal au bien divin. Cela ne pouvait même pas lui venir à l'esprit... Mais vouloir diriger les autres et n'être dirigé par personne... c'est le péché d'orgueil... Il est convenable d'affirmer que le premier péché du démon fut un péché d'orgueil » (Contra Gentes, lib. 3, Cap. 109).

Dans la Somme théologique, une objection est ainsi formulée: « Comme les anges sont de purs esprits, ils n'ont pas d'être en puissance (ils sont parfaits dans leur ordre), ils ne peuvent donc pas pécher. » Saint Thomas répond: « Ils ne sont pas en puissance sur le plan naturel, mais il y a cependant puissance sur le plan intellectuel, de sorte qu'ils peuvent choisir ceci ou cela, et de ce point de vue ils peuvent commettre la mal. » (Ia pars, qu. 63, art. 1). Et ce texte est commenté par celui-ci, nous précisant qu'en matière de péché le jeu de l'intellectualité de l'ange dépasse le champ connaturel de ses propres capacités: « La cause première transcende le degré de perfection de l'ange et du démon. Aussi n'est-il pas nécessaire qu'en connaissant sa propre essence, l'ange connaisse dans son universalité l'ordre du gouvernement divin » (De Malo, qu. 16, art. 2, ad 10m).

« La cause première transcende le degré de perfection de l'ange et du démon. » C'est le surnaturel de la Cause Première, comme telle, qui est en jeu.

Faisons le point. - L'ange peut pécher au titre de sa nature, et le seul objet en fonction duquel il le puisse, est, pour lui, surnaturel. Mais cet objet n'est pas la vision béatifique puisque l'ange peut n'y être pas appelé de manière effective, et que le bonheur n'est pas un critère de moralité. - Quel sera le terme surnaturel visé dans le péché de l'ange? Mais, Dieu Lui-même, tout simplement.

Reprenons les choses de plus haut.
Dieu est en Trois Personnes dans la simplicité d'une nature infinie.
Sans la révélation nous ne connaîtrions pas le mystère de la Trinité, mais la raison nous donne de connaître la nature divine, son infinie transcendance et son caractère de règle suprême de moralité.

Appelons surnaturel « théologal » tout ce qui est révélé, révélable, concernant le mystère trinitaire et sa participation de grâce.

Appelons surnaturel « de l'Acte pur » tout ce qui ressortit à la connaissance naturelle, spéculative et morale de la sur-nature divine, infiniment au-dessus de toute nature créée et créable.

En Dieu, bien sûr, quant à soi, Personnes et Nature s'identifient - encore que les Personnes soient réellement distinctes entre elles (Voir à ce propos une critique très pertinente adressée par le P. DE LUBAC au P. DESCOQS sur le sujet de la « vision naturelle immédiate. » (Surnaturel, pp. 439-447).). Mais si, philosophiquement, nous ne pouvons pas connaître la distinction des Personnes, nous ne pouvons pas ignorer la transcendance de la Nature, et voilà justement la surnature qui est nécessairement en cause, en matière de moralité, pour l'ange comme pour l'homme - appelés ou non à la vie de la grâce et à la vision béatifique.

Du point de vue de la fin dernière, du point de vue de la règle ultime de moralité, il y a et il n'y a pas d'ordre naturel: il y en a un en ce sens que notre nature spirituelle est ipso facto engagée dans le problème moral en fonction de la nature divine; il n'y en a pas en ce sens que la nature divine qui règle l'ordre moral, le règle précisément au titre de sa transcendance absolue, au titre de sa suréminence, bref au titre de sa surnature.

Il n'est pas donné d'ordre moral sans le surnaturel « de l'Acte pur »; il peut, de droit, en être donné un sans le surnaturel « théologal ».

Telle est, selon nous, la clef de l'interprétation de saint Thomas.
L'ordre « naturel » est constitué précisément par la participation de la nature divine, au titre de nature. Cela donne les hiérarchies angéliques, humaine, animales, etc...

L'ordre « surnaturel » est constitué par la participation de la nature divine pour autant qu'elle subsiste en Trois Personnes distinctes. La théologie de la grâce et des vertus théologales est inexistante sans référence à la Personne du Verbe, et par Elle et en Elle aux deux autres Personnes de la Trinité. Le « consortes divinae naturae » de Saint Pierre (2a Petri, I, 4) repose, dans le contexte, sur le Verbe Incarné lui-même: « Vocavit nos... Maxima et pretiosa nobis promissa donavit, ut per haec efficiamini divinae consortes naturae. »

On a beaucoup trop oublié de centrer le surnaturel théologal sur la notion de Personne; on l'a méconnu en le faisant jouer dans les perspectives de la seule Nature divine comme telle. (L'oeuvre du P. Mersch montre, sur des bases positives, que la grâce nous rend Filii in Filio.
Sur la plan scolastique, c'est tout le sens de l'article Recherche de la Personne (Études Carmélitaines, avril 1936) que nous voudrions développer très largement, avec quelques retouches de détail, compte tenu de remarques qui nous ont été faites.)

Il n'est jamais, il ne peut jamais être question d'une règle de moralité objective ultime qui ne soit pas l'unique fin dernière surnaturelle, le Souverain Bien, la Bonté divine, - qui soit moins que Dieu. Le surnaturel auquel la nature spirituelle contingente se doit d'être amoureusement ordonnée au titre même de sa nature, si elle veut ne pas pécher, est le surnaturel de l'Ordre divin, de la Sagesse divine, qui est Justice d'Amour, - ce n'est pas formellement le surnaturel du mystère de la Trinité comme tel, ni celui de la vision béatifique de l'essence du Verbe divin.


DISCUSSION



Sauf erreur de notre part, la raison cruciale qui détermine essentiellement la double exégèse « antinomique » du P. de Blic, comme aussi bien les exégèses de Banez et du P. de Lubac, est celle-ci: ces auteurs n'ont pas vu qu'il est essentiellement connaturel à la créature spirituelle (appelée ou non à la vision béatifique, peu importe) d'être normalement dominée par une fin dernière unique surnaturelle, puisque divine, - et qu'il n'y a rien là que de très conforme à la subordination hiérarchique des natures, sans plus.


1 - LE POINT DE VUE DE LA PECCABILITÉ ANGÉLIQUE

A. - Logique de Banez

a) Se plaçant, d'une part, dans l'hypothèse d'une félicité connaturelle ultime, cet auteur peut raisonner ainsi:

1. La nature angélique est indéfectible dans son ordre.
2. Elle est, comme nature créée, coupée de toute sur-nature. (Faux).
3. Elle est donc impeccable.

b) Se plaçant d'autre part, dans l'hypothèse d'une béatitude ultime surnaturelle, cet auteur peut raisonner ainsi:

1. La nature angélique est indéfectible dans son ordre.
2. Elle est ordonnée de fait à un ordre supérieur.
3. Elle peut donc pécher.

B. - Logique du P. de Lubac.

Le P. de Lubac ne voit aucune difficulté à ce que la nature angélique soit peccable au titre de nature, et à ce qu'elle ne puisse pécher qu'en fonction de son appel surnaturel, puisqu'aussi bien, pour lui, cette nature est ordonnée à la vision béatifique sans autre alternative (encore que ce soit sans exigence aucune). Il est logique avec lui-même. Mais nous n'admettons pas ses prémisses sur l'unicité du bonheur ultime. (Nous souscrivons pleinement à telles affirmations du P. de Lubac, qui pense, comme nous, qu'en la matière saint Thomas est substantiellement d'accord avec soi-même. Le P. de Lubac par exemple cite le De Malo, qu. 16, art. 3 et le commente ainsi: « C'est, au fond, à quelques nuances près, la même distinction qu'avait énoncée le troisième livre du Contra Gentes. De part et d'autre, il s'agit de la « perfectio (propria) » de la créature et de son rapport à quelque réalité d'ordre supérieur. Mais, ce que le Contra Gentes appelait en outre « proprium bonum » le De Malo, d'un point de vue un peu différent, l'appelle aussi « Quod pertinet ad ordinem naturae », « ad ordinem naturalem », ou encore « naturalia sua ». Parallèlement, à la place de « finis superior » (qui revient dans la Somme, et qui sera dans le Compendium Theologiae « summum bonum, quod est ultimus finis »), nous avons ici « bona supernaturalia », ou « aliquid supernaturale ». Mais pas davantage il n'est question d'une hypothèse quelconque dans laquelle un esprit créé serait simplement impeccable. Non seulement saint Thomas ne s'y réfère même pas d'une façon implicite, mais elle se trouvait exclue d'avance. En effet, dans la question première du même De Malo, le même principe général qu'avait déjà formulé le Commentaire des Sentences était rappelé une fois de plus... (Suit une belle citation sur Dieu « regula et mensura » de la créature sprituelle). Pas plus que dans les oeuvres antérieures, aucune exception n'est ici prévue pour quelque type de créature spirituelle que ce soit, en quelque « ordre » de Providence que ce soit. Aucune évidemment spirituelle que ce soit, en quelque « ordre » de Providence que ce soit. Aucune évidemment ne peut l'être. Et l'article suivant de la même question 16è, poursuivant les précisions apportées à l'article 3, ne transforme pas davantage ces précisions en restrictions. Se tourner vers les biens surnaturels, c'est se tourner vers Dieu: « Converti in id quod est supra naturam, - conversionem in... Deum ». Or, cette « conversion » est indispensable au salut de la créature, qui ne peut demeurer enfermée dans la contemplation et la jouissance de son bien « connaturel »; mais, à cette conversion, elle est toujours libre de se refuser. Le principe est donc maintenu en son universalité. Pour saint Thomas comme pour tous ses devanciers orthodoxes, - avec lesquels il a conscience d'être là-dessus en pleine communauté de pensée, - tout esprit créé est naturellement peccable. » (Surnaturel. pp. 242-3). Ce texte peut s'entendre aussi très bien dans notre thèse. Seulement pour nous le sur-naturel en jeu n'est pas lié à l'ordre de la vision béatifique.
Le P. de Blic critique longuement la position précitée du P. de Lubac (Mélanges, 1944, p. 277, note 1) en se reportant à l'étude du P. DE LUBAC, Esprit et liberté, Bulletin de litt. ecc. 1939). Sitôt la parution de Surnaturel, il écrit dans Mélanges, 1946, cahier I, p. 162: « Sans anticiper sur l'appréciation de fond de l'ouvrage pris dans son ensemble, je crois pouvoir dire du moins, qu'en ce qui concerne le point précis du débat ouvert entre nous, l'auteur n'atteint pas son but, faute de discuter les critiques que j'avais opposées à sa première rédaction, reprise ici en substance, et de faire même état de la partie positive de mon travail. Quelques phrases de mes conclusions sont citées (256-57); mais une controverse est-elle efficace, si elle n'en vient à confronter les preuves? »)

Nous n'accusons certes pas le P. de Blic de prendre à son compte deux conclusions contradictoires, mais nous cherchons à dégager la raison qui peut motiver logiquement son exégèse antinomique. Pour que cette exégèse fût valable, il faudrait démontrer que saint Thomas repousse notre thèse sur le point que voici: il est naturel à l'esprit créé de devoir se soumettre à la surnature divine, en toute hypothèse. Or nous pensons que cette thèse est bien de saint Thomas.



II. - MORALITÉ ET PECCABILITÉ


A. - Saint Thomas selon le P. de Blic.

Tout en reconnaissant les difficultés internes de la pensée qu'il juge être celle de saint Thomas (« Cela est d'autant plus surprenant que la position adoptée ainsi par le saint Docteur n'est pas sans prêter à la critique. » (Mélanges, 1944, p. 255).), le P. de Blic, croyons-nous, établirait ainsi de manière schématique certaines distinctions du Docteur en matière de tendance au Bien dans la nature angélique:


{surnaturelle (3) peccable
{morales {
TENDANCES { {infra-surnaturelle (2) }
{infra-morale: métaphysique, } impeccables
comme instinctive (1) }


La tendance (1) est le premier mouvement foncier de la nature.
La tendance (3) jouerait dans l'hypothèse de la non-élévation à l'ordre surnaturel. Mais le P. de Lubac et moi-même pensons que saint Thomas n'a jamais envisagé de tendance morale-impeccable, au titre même de la nature (Le P. de Blic souligne lui-même les difficultés de cette conception, selon nous rigoureusement contradictoire.
« L'amour de charité ou dilection gratuite aura pour objet le Dieu de la béatitude surnaturelle, tandis que l'objet de l'amour naturel - au sens de non-gratuit et de non-méritoire - ne sera que le Souverain Bien ou Être suprême des philosophes. Conception qui revient en somme à conditionner la charité par la foi, tout en reconnaissant, au-dessous de la charité, un amour de Dieu déjà honnête, quoique sans valeur pour le ciel en tant que dû au simple jeu normal de nos facultés.
« Seulement, dans cette conception, l'amour naturel est dénommé ainsi, non parce qu'il serait quelque chose de spontané et d'infra-volontaire ou infra-moral, mais parce que, tout volontaire et moral qu'il est, il reste cependant infra-surnaturel.
» C'est un trait que nous devons souligner. Quand il est mis en comparaison avec la charité, et défini alors comme s'adressant au Principium naturalis esse, plutôt qu'à l'Objectum beatitudinis supernaturalis, l'amour naturel de Dieu ne répond plus au concept d'orientation instinctive et indéfectible de l'être créé vers son Créateur, mais à celui d'une attitude morale bien volontairement prise, restant néanmoins au plan de la pure nature, c'est-à-dire non surnaturelle... » (p. 256) - (Cf. 1-63-1, 3-m...) « ... Le point DIFFICILE est cette affirmation impliquée dans notre réponse (1-63, 1, ad 3) qu'à l'égard de Dieu Principe de la nature, l'attitude naturelle et nécessaire du pur esprit, son attitude indéfectible est une attitude d'amour. - Au niveau de l'orientation spontanée et pré-morale de son être, assurément. Au niveau de l'activité personnelle et morale, pourquoi? Serait-il inconcevable qu'à l'égard de Dieu principe de sa nature, la volonté du pur esprit ne ratifiât pas sa tendance profonde? Pourquoi encore? [...]
« [...] Aimer Dieu d'un amour inférieur à la charité est pour l'ange chose naturelle et INDÉFECTIBLE. » (P. 257)
« [...] Une erreur n'est possible pour des esprit angéliques que relativement aux objets de l'ordre surnaturel. » « Omnis malus est quadammodo ignorans. » (p.258).).


B. - Saint Thomas selon le P. de Lubac.


{morale surnaturelle (2) peccable
{ (vision béatifique)
TENDANCES {
{infra-morale: métaphysique (1) impeccable
{ comme instinctive


L'ange est ordonné à la vision béatifique, en fonction de laquelle il peut pécher (Il est donné un amour naturel en vertu duquel l'ange ne peut pas ne pas se porter vers Dieu, auteur de son être naturel, et cet amour, nous l'avons vu, subsiste même dans le damné. « Ne venant pas de la volonté libre et n'étant pas encore ratifié par elle, il ne saurait le moins du monde être méritoire. » (Surnaturel, p. 248). C'est d'accord. « Le second mouvement, au contraire, est « gratuit ». Il est d'un autre ordre. Il est toujours libre et l'on peut se détourner de Dieu en péchant. » (Ibid.,). C'est d'accord, mais s'il est vrai qu'en fait historiquement cette élection ait été faite en fonction de l'offre de la vision béatifique, elle aurait pu l'être sans cette hypothèse. Il peut y avoir, en droit, pour l'ange comme pour l'homme, un amour « naturel », méritoire et défectible, de Dieu, fin dernière, règle surnaturelle de moralité.

Le P. de Lubac distingue donc sans moyen terme aucun l'amour naturel-instinctif de l'amour théologal. (Voir par ex. Surnaturel, p. 250: « D'une part, un motus naturalis, nécessaire et inamissible, qui subsiste jusque chez le damné; d'autre part, dépassant la nature, un amor gratuitus, seul méritoire, parce qu'en lui seul s'achève la moralité. ») Et il poursuit logiquement: « Or chez le sujet pur esprit, qui n'a pas à accorder entre eux les éléments d'une essence mêlée, cette distinction en recouvre exactement une autre, celle-même que développait le Contra Gentes: distinction entre la naturelle spirituelle considérée purement en soi, abstraitement pour ainsi dire et statiquement, et cette même nature concrètement rapportée à sa fin, atteignant ainsi sa béatitude et entrant en possession des biens qui la dépassent, mais pour lesquels elle était faite. » (Surnaturel, pp. 250-251) « [...] D'une part, on a la créature en tant que simplement posée dans l'être par son « Principe », et d'autre part cette même créature en tant que rapportée à sa fin et unie à l' « Objet » de sa béatitude. Si elle ne peut en aucune hypothèse rompre son lien naturel avec son Principe, elle peut, se repliant sur elle-même, refuser ou négliger délibérément de se rapporter à son Objet ou à sa Fin. » (Ibid., p. 251).

Nous n'admettons pas les prémisses qui conduisent logiquement le P. de Lubac à cette interprétation. C'est d'accord, saint Thomas n'a jamais admis « un amour déjà proprement volontaire, c'est-à-dire vraiment libre, quoique non « gratuit » ni méritoire [...] Cette évolution n'est point encore chose accomplie. » (p. 254). C'est d'accord, saint Thomas n'a jamais envisagé que « la béatitude naturelle qui, dans le cas de l'homme aurait été obtenue grâce à une activité comportant encore le risque du péché aurait dû résulter aussitôt, dans le cas de l'ange, d'une activité infaillible, impeccable » (pp. 254-55), mais nous ne faisons pas nôtre pour autant le jugement suivant relatif aux rapports nature-surnature: « Toute la pointe, si l'on peut dire, de la distinction faite ici par saint Thomas réside (au contraire) dans l'opposition ou le croisement des deux mots principium et objectum. » (p. 255). C'est vrai, « pour saint Thomas la « béatitude », sans autre détermination, est toujours surnaturelle et ne peut-être que surnaturelle. Elle n'est autre que la vision de Dieu... » (Surnaturel, p. 255), car elle est la béatitude par excellence. C'est vrai, nous sommes de fait orientés vers cette béatitude, devenue le terme effectif de notre nature, par la grâce. Toutefois, selon nous, une nature spirituelle non orientée historiquement à la vision béatifique ne serait pas pour autant une nature statique, non finalisée; elle ne le serait ni du point de vue de son bonheur ultime connaturel, ni du point de vue de la règle surnaturelle de moralité. L'ordre des agents correspond à l'ordre des fins. La distinction principium-objectum ne recouvre pas de soi la distinction nature-surnature. S'il en était ainsi c'en serait fini, pensons-nous, et du principe de la spécification par l'objet, - et d'une distinction irréductible entre nature et surnature, - et du concept même de nature, comme de celui de surnature ou grâce sanctifiante.). - Selon nous, l'appel effectif à la vision béatifique n'est pas impliqué de soi dans la moralité.



IV. - CONCLUSION


Il est donc donné une seule et unique règle de moralité, une seule et unique fin dernière sur-naturelle, dans l'alternative de deux bonheurs ultimes possibles: ou bien une félicité connaturelle à la créature, et de chef, relative et déviée, - ou bien, avec cette félicité, la béatitude surnaturelle, absolue, parce que divine quant à son objet propre.

A notre connaissance, saint Thomas ne parle jamais de deux fins dernières, - duplex finis ultimus (Nous lisons sous la plume de Mgr Bruno de Solages, à propos de cette controverse: « Je ne dis pas que saint Thomas n'emploie pas l'expression finis naturalis ultimus, je dis qu'il ne l'emploie pas dans les textes cités. Je serais d'ailleurs très reconnaissant au P. Garrigou-Lagrange de m'indiquer des textes où elle se trouve. » (Bulletin de littérature ecclésisatique, Toulouse, avril-juin 1947, p. 71, note 10.) - Saint Thomas affirme bien dans les Sentences (livre II, d. 41, q. I, a. I): « Finis communis et ultimus est duplex » (cité par le P. DE BLIC, Mélanges, 1947, cahier I, p. 104), mais dans le contexte il ne s'agit nullement d'une double règle ultime de moralité, il s'agit seulement d'un double bonheur possible: « [...] Quia vel excedit facultatem naturae, sicut felicitas futura in patria [...] In finem autem communem proportionatum humanae facultati dirigit ratio, ostendendo, perfecta per habitum sapientiae acquisitae, cuius actus est felicitas contemplativa [...] vel perfecta per habitum prudentiae, cuius actus est felicitas civilis [...] ».), tandis qu'il parle de deux béatitudes dernières, - duplex beatitudo ultima, ou, sans autre qualificatif, de deux fins, - duplex finis (Se reporter à la première partie de cette étude.). Et ce n'est pas par hasard. Cette précision de vocabulaire est très révélatrice. La règle de moralité objective, finis ultimus, est unique.

Il nous reste à préciser quel est, dans l'élection de l'ange, pour ou contre Dieu, le rôle respectif du bonheur ultime connaturel et du bonheur ultime surnaturel.



1° La félicité naturelle ultime

Cette félicité est essentielle à la psychologie du péché de l'ange.
La créature qui n'exigerait rien en fait de bonheur n'aurait aucun dynamisme et serait impeccable par défaut. Celle qui n'exigerait que la vision béatifique serait impeccable par excès. Ni l'une ni l'autre ne pourrait se révolter. Il faut comme un moyen terme entre ces deux extrêmes.

Le péché est possible si et dans la mesure où le bonheur est possible au niveau même de la nature, dans un ordre moral humblement et amoureusement accepté. La révolte de l'ange n'aurait aucun sens, elle serait métaphysiquement absurde si l'ange était métaphysiquement incapable, au niveau de sa nature, d'une félicité dernière. Le levier de son orgueil manquerait de point d'appui.

Comme l'ange se fixe à jamais, en un seul acte d'élection, il ne peut pas ne pas avoir l'évidence d'une félicité ultime naturelle possible en soi pour lui, en accord du moins avec l'unique fin dernière de la moralité (Je dis bien: ultime, naturelle et possible.
Ultime: il s'agit d'une décision irrévocable.
Naturelle: il s'agit par hypothèse d'un bien qui n'est pas Dieu Lui-même, et qui correspond aux exigences de l'ange lui-même.
Possible: réalisable par les propres forces de la nature, qui, incorruptible chez l'ange ne peut pas ne pas être parfaite dans son ordre. L'ange ne miserait pas son éternelle destinée sur une absurdité métaphysique encore que son péché soit une absurdité morale.).

« Puisque, sauf Dieu, tout sujet doué de volonté peut pécher, au titre de sa nature, il a été possible qu'un des anges supérieurs, ou même le plus noble de tous, tombât dans le péché. Et c'est même assez probable. L'ange pécheur ne se serait pas reposé dans son bien (propre) comme dans sa fin, si son bien n'avait pas été très parfait » (Contra Gentes, III, 109).

« Nous ne sommes pas acculés à dire que, dans son péché, l'ange se soit trompé, en jugeant bien ce qui ne l'était pas: il n'a pas pris en considération le bien supérieur auquel il devait subordonner son bien propre. La raison explicative a pu en être la volonté de l'ange tournée intensément vers son bien propre; il est, en effet, loisible à la volonté de se tourner librement plus ou moins, ici ou là. » (Contra Gentes, III, 110). « Le démon s'est donné à lui-même plus qu'il ne devait, il a donné à Dieu moins qu'il ne lui devait, alors que tout doit être soumis à Dieu comme à la règle qui ordonne tout au premier chef. » (Ibid.) (« Le démon n'a désiré qu'un bien, son propre bien. » (Contra Gentes, livre III, chap. 110). « L'ange a péché en se tournant librement vers son bien propre, sans se référer à la règle de la divine volonté. » (Ia pars, qu. 63, art. I, ad. 4-m).).

Dans la première hypothèse qu'il fait au sujet du péché historique du démon, saint Thomas écrit ces mots révélateurs:

« Le démon a désiré être semblable à Dieu de manière indue en désirant comme fin dernière de béatitude (ut finem ultimum beatitudinis) ce à quoi il pouvait parvenir par sa nature même, en détournant son désir de la béatitude surnaturelle qui est (le fruit) de la grâce de Dieu. » (Ia pars, qu. 63 art, 3, c.) (« Le démon par son péché n'a pas perdu la liberté de se tourner vers son bien connaturel... (De Malo, qu. 16, art. 5, ad. 15-m).).

La béatitude naturelle ultime n'est donc pas un mythe, pour saint Thomas, au regard même du pur esprit « qui a naturellement l'intelligence de sa propre substance. » (De Malo, qu. 16, art. 3, c) Et de toute manière, elle a donc joué un rôle indispensable dans la psychologie du péché de l'ange (L'éternelle damnation, punition du crime éternel, ne s'expliquerait pas davantage sans un certain bien de la nature.
Compendium theologiae, chap. 174. En quoi consiste la misère de l'homme dans la peine du dam. « ... En quoi consiste l'ultime félicité de l'homme? Du point de vue de l'intelligence, elle consiste dans la pleine vision de Dieu; du point de vue affectif, elle consiste en ce que la volonté de l'homme soit fixée de manière immobile en la Bonté première. L'extrême misère de l'homme consistera donc, pour l'intelligence, dans la privation totale de la lumière divine, et, pour l'affectivité, dans l'aversion obstinée à l'égard de la bonté divine, et c'est la principale misère des damnés qu'on appelle la peine du dam. »
« Il faut cependant considérer que le mal ne peut pas expulser le bien de manière totale, car le mal se greffe toujours sur un bien. En conséquence, bien qu'elle s'oppose à la félicité qui ne connaît aucun mal, la misère du damné est cependant fondée sur le bien de la nature. Or, le bien de la nature intellectuelle consiste en ce que l'intelligence se tourne vers le vrai et en ce que la volonté tende au bien. Et toute vérité, toute bonté, dérivent du Premier et Souverain Bien qui est Dieu. Il faut donc que dans l'extrême misère de la damnation, l'homme ait une certaine connaissance et un certain amour de Dieu. Dieu est ici envisagé comme le principe des perfections naturelles, ce qui fonde un amour d'ordre naturel et non pas envisagé tel qu'Il est en soi, ni comme principe des vertus, ou grâces, ou bien de toutes sortes, dont la nature intellectuelle peut être enrichie par Dieu, dans les perspectives de la perfection du mérite et de la gloire.
« ... Quelle que soit la fin dernière en laquelle une âme se trouve s'être fixée d'elle-même au moment de la mort, elle y demeurera fixée pour toujours, en désirant cette fin comme la meilleure pour elle, que ce soit en bien, ou que ce soit en mal, selon le mot de l'Écriture (Eccli. XI, 3): « Que l'arbre tombe au sud ou au nord, quel que soit le lieu de sa chute, il y restera. » Ceux qui sont trouvés au bon moment de la mort, auront pour toujours, après cette vie, leur volonté affermie dans le bien; ceux qui alors seront trouvés mauvais, seront perpétuellement obstinés dans le mal. »).


2° Rôle de la béatitude surnaturelle

Elle ne peut pas entrer dans l'explication de la règle de moralité (Ce point a déjà été expliqué. - On relira utilement dans cette perspective finale les textes du Compendium theologiae cités au début de la première partie de ce travail. On en saisira mieux les nuances et la portée.). Elle n'entre pas nécessairement dans l'explication des contingences qui occasionnent mérite ou démérite, mais elle peut y entrer, et c'est de fait ce qui est arrivé. L'ange s'est tourné contre Dieu « objet de béatitude surnaturelle » (Ia pars, qu. 63, art. I ad 3m).

La vocation gratuite de l'ange ne fait qu'éclater davantage la malice de celui-ci. La soumission qu'il devait consentir, en toute hypothèse, avec amour, se présentait à lui dans la perspective la plus bienveillante, du point de vue de son Dieu, comme aussi la plus favorable du point de vue de son bonheur. Si mystérieuse soit-elle, son iniquité n'en est que plus évidente.

Les anges révoltés, consommant sans cesse et librement leur péché d'orgueil (« Comme le démon a une volonté obstinément perverse, il ne regrette pas le mal de sa faute » (Ia pars, qu. 64, art. 3, ad 3-m).), ne sont pas punis dans toute la mesure où la justice l'exigerait, mais en-deçà de cette mesure que, pourtant, ils mériteraient (« ... In damnatione reproborum apparet misericordia, non quidem totaliter relaxans, sed aliqualiter allevians, dum punit citra condignum. » (Ia pars, qu. 21, art. 4, ad 1-m)).

Quant aux saints anges, ils possèdent la vision de Dieu face à face dans le joie la plus grande qui se puisse concevoir pour une créature, au-delà de toutes ses exigences. « In aeternum exultabunt. »

Le dernier mot est ainsi, toujours, à la miséricorde.


Le P. de Blic et le P. de Lubac, - celui-ci en prenant le contre-pied de commentateurs notoires de l'école thomiste, celui-là en soulignant la complexité de l'enseignement de saint Thomas, - nous ont donné de bénéficier très largement de leur documentation et de leurs réflexions. Nous nous devons en toute justice de souligner tout particulièrement l'intérêt de leurs travaux.

Surnaturel, études historiques, est un « beau livre, exceptionnel par la richesse de son information et par sa densité [...] De larges avenues ont été tracées par (l'auteur) dans l'épaisseur d'une histoire particulièrement broussailleuse; plusieurs sont définitives; on ne saurait trop lui en savoir gré » (L. MALEVEZ, S. I., L'esprit et le désir de Dieu, in Nouvelle Revue Théologique, Janvier 1947, p. 23. - Le P. Malevez poursuit d'ailleurs immédiatement (Ibid.,) au sujet du P. de Lubac: « Mais le système qu'il esquisse pourrait-il se faire valoir jusqu'au bout? Il rencontre une double difficulté, nous semble-t-il, l'une qui porte sur ses appuis et l'autre sur la consistance intrinsèque de sa formation actuelle. » Le P. Malevez s'en explique pp. 24-31.). C'est exact.

Il est possible, certes, de discuter certaines positions et appréciations du P. de Lubac, mais il n'est permis de méconnaître le prix d'un tel travail, massif et personnel, érudit et vivant, qui fait grand honneur à la pensée théologique contemporaine. Nous en avons retenu, malgré nos critiques, plus d'une affirmation capitale.


Collège de Théologie d'Avon-Fontainebleau.


P. PHILIPPE DE LA TRINITÉ, o. c. d.



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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Archange le Sam 13 Déc - 17:47

 

Satan
dans l'oeuvre de saint Jean de la Croix




La plupart des ouvrages de Saint Jean de la Croix dont il est question ci-après peuvent être librement téléchargés depuis la Bibliothèque. http://sosparanormal.free.fr/bibliotheque.php


« Il n'y a pas de démon qui, pour son
honneur, ne souffre quelque chose. »


     Dieu seul est. Rien ne peut nous donner une idée même lointaine de son infinie Perfection. Dans l'oeuvre de saint Jean de la Croix on glanerait sans peine toute une litanie d'attributs de Dieu et pourtant on n'aboutirait ainsi qu'à une suite morcelée de vues qui en réalité on un unique Objet. Car Dieu, dans on Être simple, est la plénitude dont un jour notre âme sera rassasiée. D'ici là, quelles que soient les heures de joie que nous puissions connaître, aucun objet créé ne peut combler le vide essentiel de notre être. Une insatisfaction demeurera toujours au fond des joies humaines les plus comblantes. Il n'y a là aucun mépris pour la qualité parfois très enrichissante et pure de ces joies. Ni aucun pessimisme comme si toute joie était marquée d'une malédiction. C'est la simple reconnaissance de notre qualité de créature, obligées de mendier la plénitude que nous sentons bien ne pas être en nous. Or, cette plénitude que nulle créature ne peut nous donner de façon absolue, Dieu nous la propose par pure grâce en nous appelant à l'union avec Lui. La joie qui naîtra de la vision face à face et de l'amour enfin comblé, Dieu nous la propose dès ici-bas dans l'obscurité de la foi et dans la réalité d'un amour identique à celui qui fera notre joie éternelle.

      Le démon, privé par sa faute de cette espérance, ne peut supporter sans jalousie que l'homme doué d'une nature si inférieure à la sienne soit comblé par la plénitude de l'Être de Dieu.

      Comme d'autres l'ont déjà fait, (Cf. P. Bruno de J. M., Saint Jean de la Croix (Plon) p. 236: « Il nous est bien permis de confronter l'enseignement et la vie, et de comprendre l'un en l'éclairant de l'autre ».), il faut ici souligner un contraste assez marqué entre les biographies de saint Jean de la Croix et ses oeuvres (Les quelques pages que nous publions ici n'ont nullement la prétention de constituer une étude exhaustive. Quiconque désire une documentation complète se reportera avec fruit à l'article si parfaitement objectif du R. P. NIL DE SAINT-BROCARD, O. C. D., publié dans Sanjuanistica, Rome 1943. L'auteur qui a conçu son étude sous la forme scolastique ne laisse passer aucun texte du Docteur Mystique concernant le démon sans le citer.): les premières abondent en récits circonstanciés et combien imagés où le démon joue le rôle quasi légendaire, récits basés toutefois sur les dépositions des témoins aux Procès de Béatification (Cf. Saint Jean de la Croix, par le R. P. BRUNO DE J. M. pp. 137, 140-141); les secondes ont une conception nette du démon qui repose avant tout sur l'affirmation qu'il est un esprit et que son but est d'empêcher l'âme d'atteindre la pure union avec Celui qui est Esprit. Les biographies abondent en « diableries » et mettent l'accent sur les phénomènes d'apparitions extérieures avec une insistance que n'eût peut-être pas faite sienne saint Jean de la Croix. Les oeuvres, qui n'ignorent pas ces diableries mais leur donnent la place qui leur revient exactement dans l'action du démon, mettent en lumière une conception plus fine de cette action, dans laquelle l'enjeu est bien plus tragique.

      Le démon rivalise avec Dieu auprès de l'âme et, à sa manière, joue le jeu de Dieu. Mais en face de la plénitude de l'Être de Dieu et de sa Réalité infinie, que peut-il proposer? Une seule chose qui revêt des aspects multiples: la simulation, l'apparence de l'Être de Dieu. Il est le ruiné qui se pare des vêtements du riche. Il est le relatif qui joue à l'absolu. Tous les masques lui sont bon qui lui permettent de faire croire à l'âme qu'elle trouvera en lui le rassasiement total dont elle est affamée. Et comme il ne peut, comme Dieu, agir en maître et souverain de l'âme, il se servira de la suggestion comme de son arme préférée; et au service de cette arme tous les moyens, même les plus éloignés de la nature spirituelle, lui sont bons.

      Le plus grand mal que puisse faire le démon n'est pas d'apeurer une âme en lui apparaissant sous une forme hideuse, mais bien de l'empêcher d'adhérer à Dieu. Priver une âme de Dieu, même temporairement; l'arrêter sur la route de l'union sous n'importe quel prétexte; la maintenir dans le relatif alors qu'elle est appelée à l'Absolu; la duper par une apparence même pieuse, afin de la distraire de la Réalité de Dieu: voilà ce que le démon recherche, et ce que l'âme doit craindre de sa part.

      Toutes les tentations du démon visent à détruire deux points essentiels de la forteresse de l'âme: la foi, d'une part, qui est la base de toute vie théologale; l'humilité, de l'autre, qui joue le même rôle fondamental dans le domaine moral. En attendant de montrer la causalité intime et parfois réciproque qui unit la foi et l'humilité, il semble bien que sans aucune systématisation artificielle on découvre un parallélisme essentiel entre ces deux vertus.

      La foi nous livre la réalité même de Dieu. Tout l'effort du démon vise donc à nous faire manquer à la foi et à nous nourrir d'apparences dont notre sensibilité n'est que trop affriandée. L'humilité est la juste appréciation de notre valeur réelle de créatures mendiantes. C'est ici notre propre réalité que le démon nous dérobe, en nous faisant nous complaire dans un masque qui cache notre vrai visage. Ainsi, dans le culte de toute ce qui est autre que Dieu saisi par la foi, comme dans la complaisance en ce qui est autre que nous-mêmes justement appréciés par l'humilité, le démon nous empêche d'adhérer à la réalité, à la vérité, à l'Être, pour nous nourrir d'apparence, de simulation, d'artificiel. Tout peut se résumer en une seule phrase: le point précis de la lutte que le démon entreprend contre l'âme consiste à l'empêcher d'arriver à posséder la plénitude de l'Être de Dieu dans une foi lumineuse et une humilité aimante.


     La lumière de la foi qui nous livre Dieu dans sa réalité quoique obscurément est plus que des ténèbres pour le démon (Montée du Carmel, II, ch. 1, cf. p. 120, dans les Oeuvres spirituelles du Bienheureux Père Jean de la Croix, édition nouvelle par le P. LUCIEN-MARIE DE SAINT-JOSEPH, Desclée, De Brouwer, 1942.) L'hymne à la foi qui se poursuite dans toute l'oeuvre de saint Jean de la Croix nous montre en elle une vertu qui nous met en contact avec Dieu même, sans aucun intermédiaire créé. Le démon n'entre pas dans ce domaine réservé à Dieu seul. Et l'âme qui vit de foi est pour lui totalement insaisissable (Montée, III, ch. 4, op. cit. p. 321.) . La tunique blanche de la foi éblouit le démon au point qu'il ne peut même pas voir l'âme qui en est parée (N. O., II, ch. 21, op. cit. P. 626).

      Aussi est-ce un un enseignement constant du Docteur mystique - et combien consolant! - que dans sécheresse de la nuit, quand l'âme n'a plus rien d'autre que la foi pour se guider, elle marche parfaitement en sécurité à l'égard des embûches et des ruses du démon (N. O., I, ch. 13, pp. 535. 536). En ces heures douloureuses où le mécanisme psychologique habituel est paralysé, le démon ne sait pas où atteindre l'âme. (N. O., II, ch. 16. p. 600). Dans le silence de la nuit, toutes portes étant closes, Dieu entre en l'âme - mais Lui seul peut le faire. Le démon ne peut même pas savoir ce qui se passe alors en l'âme. (N. O., II, ch. 23. p. 632).

      On comprend l'importance pour le démon de barrer la route à l'âme et de l'empêcher d'arriver à cette vie de foi devant laquelle il sera réduit à l'impuissance. Les deux pages les plus importantes de toute l'oeuvre de saint Jean de la Croix à l'égard du démon sont celles où il le montre, pareil à un détrousseur de grands chemins, se mettant en embuscade au point précis où l'âme, quittant peu à peu une manière de traiter avec Dieu encore trop humaine, accède à ce chemin direct de l'union qui est la contemplation. Ce méchant se met ici fort subtilement en embuscade sur le passage qu'il y a du sens à l'esprit (Vive Flamme, str. III, vers 3, p. 1066, dans Oeuvres spirituelles du Bienheureux Père Jean de la Croix, édition nouvelle par le P. LUCIEN-MARIE DE SAINT-JOSEPH, Desclée, De Brouwer, 1947). L'enjeu est considérable et le démon y attache une importance bien plus grande qu'à faire trébucher bien d'autres âmes dans des tentations grossières. Si l'âme lui échappe au moment où elle commence cette vie de pure foi, il ne pourra plus l'atteindre et elle lui sera, au contraire, redoutable comme Dieu même (Maxime 177. op. cit., p. 1319). Comment ne pas être impressionné par la véhémence des expressions du Saint? L'âme qui se laisse appâter par le démon fait une perte immense et subit - sans même trop le savoir - de très grands dommages. Et c'est chose digne de grande compassion que l'âme, faute de se connaître, afin de manger un petit morceau de connaissance particulière et de douceur, se prive du bonheur qu'elle aurait que Dieu la dévorât toute entière - parce que c'est ce que Dieu fait en cette solitude en laquelle Il la met, l'absorbant toute en Soi par le moyen de ces onctions spirituelles solitaires (V. Fl. str. III, vers 3, p. 1065).

      Il y a quelque chose de dramatique dans la description que fait saint Jean de la Croix de la tactique du démon. Tandis que l'âme tente de pénétrer toujours plus à l'intérieur d'elle-même, en ce centre où Dieu réside, en passant par les sept demeures, le démon se met en travers de sa route, à chaque passage important, mais surtout au moment où l'âme va entrer dans la vie de pure foi (Montée, II, ch. 11, p. 168).


     C'est ici seulement que l'on peut comprendre l'importance des tentations qui relèvent de la sensibilité. Le Saint affirme toujours que le démon ne peut avoir d'influence directe sur les facultés spirituelles de l'âme, encore moins pénétrer jusqu'à sa substance, ce qui est le propre de Dieu seul. C'est uniquement par l'intermédiaire des facultés sensibles que le démon peut agir sur l'âme. Là, il est dans son domaine propre. Il ne peut même pas connaître ce qui se passe dans l'âme: seules les réactions de la sensibilité lui permettent de déduire les grâces intérieures dont l'âme est favorisée (N. O., II, ch. 23, p. 632). Le monde de nos facultés sensibles extérieures, et peut être surtout intérieures (imagination, mémoire sensible), voilà son port à lui, la place du marché ( Montée, II, ch. 16, p. 196) où il vient aussi bien vendre qu'acheter. Bien téméraire serait celui qui prétendrait échapper toujours aux habiletés d'un pareil brocanteur! L'Écriture Sainte abonde en récits où l'on voit combien il lui est facile de duper les âmes par l'intermédiaire de tout ce qui est sensible (Montée, II, ch. 16, p. 196).

      Avoir la maîtrise de la sensibilité et tout spécialement posséder un contrôle parfait de la mémoire imaginaire, c'est garder la porte et l'entrée de l'âme (Ibid. et Montée, III, ch. 4, p. 321). Avec une insistance qui doit retenir l'attention: Bref, toutes les plus grandes tromperies du diable, et les plus grands maux qu'il fait à l'âme, entrent par les notices et les discours de la mémoire (Montée, III, ch. 4, p. 321).

      Quand on sait à quel point notre nature est affriandée par les choses sensibles, quand on ajoute la fécondité d'inventions du démon (jamais à court de ruses ni d'embûches), quand on y met le coefficient redoutable de la suggestion avec laquelle si facilement il plante les choses dans l'imagination de façon que les fausses paraissent vraies et les vraies fausses (Ibid), on devine le pourquoi de l'insistance du Saint.

      Mais on devine aussi pourquoi, en un sens, les tentations les plus redoutables de la sensibilité ne sont pas les plus grossières. Il convient ici de reléguer à sa place le cochon de saint Antoine au désert. Certes, saint Jean de la Croix sait que le démon est capable de tenter brutalement les âmes et de les tourmenter par l'esprit de fornication (N. O., I, ch. 14, p. 537) au point que ce tourment leur est plus dur que la mort même. Il a écrit une page étrangement sombre où, parlant sans doute d'expérience, il déclare que les ravages causés par l'amour de tout ce qui est sensible - et même brutalement sensible - sont incalculables et qu'il s'en trouvera fort peu, même des plus saints, qui n'aient été quelque peu charmés et séduits du breuvage de la joie et goût de la beauté et des grâces naturelles (Montée, III, ch. 22, p. 374). Et pourtant ce n'est pas le côté le plus dangereux de l'action du démon. S'en prenant à des âmes généreusement en marche vers Dieu, il sait fort bien qu'elles consentiraient rarement au mal manifeste (Précautions, cf. Opuscules, op. cit. p. 1341). Aussi sa ruse la plus ordinaire (Ibid) consiste-t-elle à les engager dans ses filets sous prétexte de bien. De là le danger d'accepter témérairement les visions extérieures, les imaginations intérieures, les émotions sensibles, dans les rapports avec Dieu. Il est si facile au démon de couler ses erreurs (Montée, II, ch. 27, p. 282) et surtout d'amener ainsi l'âme à s'appuyer sur autre chose que la foi pure. C'est le premier et principal dommage que causent toutes ces visions sensibles (Montée, II, ch. 11, p. 165). Fussent-elles bonnes dans leur objet ou même dans leurs conséquences immédiate, le seul fait de déroger à la foi (Montée, II, ch. 11, p. 169) est déjà un grand dommage. Rien qu'à désirer ces visions et ces impressions sensibles, l'âme devient fort rude (Ibid). L'obstination de certaines âmes devient parfois effrayante, car parallèlement la complaisance en soi et l'orgueil se développent à souhait, au point qu'il devient impossible de les détromper (Montée, II, ch. 21, p. 241). Force nous est déjà de supposer ce que nous allons dire de l'orgueil. Mais comment ne pas être bouleversé par l'affirmation du Saint nous montrant certaines âmes déjà avancées séduites par ce démon des visions extérieures ou des expériences sensibles au point que leur retour au chemin pur de la vertu et du vrai esprit est fort difficile? (N. O., II, ch. 2, p. 545). Certains, partis sincèrement vers Dieu, se sont laissés gloutonnement nourrir d'imaginations intérieures. L'orgueil s'en mêle. Ils deviennent méprisants pour autrui. Il y en a quelques-uns qui deviennent si superbes qu'ils sont pires que le diable (Montée, III, ch. 9, p. 330). Comme nous sommes loin du démon grimaçant et des vacarmes nocturnes, dont pourtant nous retrouvons le sens, quand on les considère comme une manière de barrer la route de la pure foi par crainte, comme d'autres tentations plus dangereuses le font par attrait!


     Le démon est l'ennemi juré de l'humilité (Précuations, op. cit. p. 1343) et cela se conçoit puisque son péché fut un péché d'orgueil et qu'il demeure fixé dans cette même attitude. Sur le plan du comportement moral de l'âme il met la même obstination à combattre l'humilité qu'il le fait à combattre la foi. Quitte à ce que bientôt nous constations que souvent les deux choses se font en même temps et à propos de la même tentation.

      Le danger est tel que peu d'âmes y échappent. Le moindre manque d'humilité, la moindre complaisance en soi suffisent pour entr'ouvrir la porte au démon. A tout propos saint Jean de la Croix signale la perpétuelle invitation du démon à l'orgueil - surtout à l'occasion de ce qui touche aux rapports avec Dieu. On dirait la pression de l'eau sur un barrage: à la moindre fissure elle fait irruption. Non seulement - c'est chose évidente - il faut craindre de se complaire dans les dons naturels, fussent-ils les plus fragiles, mais encore dans les oeuvres bonnes accomplies pour Dieu. Le démon pareil à certains animaux dangereux, dort à l'ombre des bonnes oeuvres grâce auxquelles on nourrit une secrète admiration pour soi-même (Montée, III, ch. 29, p. 398). Combien il est sage de se faire pauvre d'esprit (Montée, III, ch. 29, p. 399) pour le déjouer! Si Dieu a en telle horreur de voir les âmes enclines aux grandeurs (Montée, II, ch. 30, p. 295), le démon, lui, facilite aux âmes l'accès à tout ce qui doit les mettre en vedette, même et surtout au plan surnaturel. Il est si habile à emmieller et éblouir l'âme (Montée, III, ch. 10, p. 332) que, secrètement en admiration devant elle-même, l'âme est prête à glisser à toutes les absurdités... Une âme humble et justement défiante d'elle-même doit résister aux révélations et aux autres visions avec autant de force et de soin qu'aux plus dangereuses tentations (Montée, II, ch. 27, p. 283). Même et surtout quand une âme est favorisée de dons extraordinaires comme le don de prophétie ou le don des miracles, il faut qu'elle soit très prudente pour éviter de tomber dans la complaisance en ses dons et d'en arriver même à une hardiesse effrontée (Montée, III, ch. 31, p. 405). D'où vient que le Christ dira un jour à beaucoup qui auront en cette façon fait cas de leurs oeuvres, pour lesquelles ils Lui demanderont sa gloire: Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé en votre nom et fait de nombreux miracles? Il leur dira: Retirez-vous de moi, ouvriers d'iniquité (Montée, III, ch. 30, p. 402). Thérèse de l'Enfant-Jésus nous le rappelle explicitement. Tout ce qui n'est pas bâti sur la foi pure et n'aide pas à mieux aimer peut devenir une richesse d'iniquité qui rend injuste. Et ce n'est pas les seuls débutants dans la vie spirituelle qui sont exposés à un tel danger. En un sens, plus on reçoit plus on risque de succomber à l'orgueil (N. O., II, ch. 2, p. 545).

      D'où vient l'immense bienfait de la direction spirituelle - geste de foi autant que d'humilité - et la sécurité qu'elle donne contre le démon (Montée, II, ch. 22, p. 251). Comment découvrir seul certaines fausses humilités - car c'est là le fin du fin - et certaines ferveurs, fondées sur l'amour-propre il est vrai, mais si émouvantes, voire même des larmes très douces d'humble dévotion?... Qui découvrira seul le fond de complaisance qui se cache là encore? (Montée, II, ch. 29, p. 292).

      Comment ne pas être dupe d'une envie - canonisée aussitôt, cela va de soi - de faire plus et mieux que les autres, et d'une sainte ardeur qui fait mépriser les tentations brutales... et ceux qui y succombent! (N.O., I, ch. 2, p. 487) Étonnant chapitre que celui que le Saint consacre en entier à l'orgueil, et peut-être plus encore à l'humilité (N. O., I, ch. 2, pp. 487-492).


     Comme souvent, le caractère concret de l'oeuvre de saint Jean de la Croix permet des exposés vivants qu'un traité spéculatif n'aurait pas comporté. Non seulement le démon, maître en illusions, attaque la foi et l'humilité comme étant les deux points essentiels à conquérir, mais les manquements de foi proviennent presque toujours d'un défaut d'humilité. Par ailleurs une vie spirituelle reposant sur autre chose que la foi pure, se repaissant de sentiments savoureux ou de paroles intérieures, augmente l'orgueil et la complaisance de l'âme en elle-même. Le point de départ semble bien être dans le manque d'humilité. Celui-là perd son âme qui l'aime mal. Mais ensuite il y a une causalité réciproque manifeste et Dieu seul sait où peut aboutir ce cycle infernal.

      Très vite (Montée, II, ch. 6, p. 142) le Saint enseigne que c'est l'amour-propre qui trombe très subtilement les âmes et les empêche de s'appuyer uniquement sur les vertus théologales.

      La tactique diabolique est plusieurs fois décrite par le Saint. Presque toujours le démon se glisse dans l'oeuvre de Dieu: paroles intérieures, sentiments savoureux, visions imaginatives. Une secrète opinion favorable de soi-même ne paraît pas d'abord chose si monstrueuse. Mais aussitôt, on désire connaître davantage d'expériences sensibles. Le démon ne manque pas de glisser sa marchandise. Et du même coup il entame la foi (à laquelle on déroge en s'appuyant sur la sensibilité) et l'humilité (fort mise à mal par cette silencieuse adoration de la propre vertu) (Montée, II, ch. 11, p. 163). Le mécanisme est le même à l'égard des âmes beaucoup plus avancées (N. O., II, ch. 2, p. 545). A la racine il y a toujours une confiance en soi, une sûreté téméraire dans sa propre voie, le refus de la soumettre au jugement de qui tient la place de Dieu, ou simplement la douce ivresse d'orgueil de se sentir plus favorisée que d'autres par Dieu. A partir de ce moment tous les déraillements intellectuels sont possibles - et ils ne feront qu'accroître le désordre affectif.

      Que dire alors quand la pauvre âme trouve un obstacle là où elle devrait trouver de l'aide? Certains directeurs spirituels (et le présent confirme parfois éloquemment le passé) ne cachent pas à leurs dirigés l'admiration où les plongent leurs relations avec Dieu. Comment l'âme résisterait-elle à la pensée qu'elle est en effet une âme « d'élite »? Et voilà que le directeur demande à l'âme de questionner Dieu et de lui servir d'intermédiaire... (Montée, II, ch. 18, p. 215) Sans doute une âme foncièrement humble éviterait ce piège. Mais si elle est déjà affectionnée à ce genre de mystérieuses relations avec Dieu, elle succombe à la tentation d'orgueil. Comme l'illusion et le démon - l'un utilisant l'autre - peuvent avoir une bonne part en tout cela, il arrive fatalement que parfois la réponse est erronée. Il n'en faut pas plus pour que certaines âmes en arrivent à perdre la foi, qu'elles avaient identifiées avec ces imprudentes et flatteuses manières de traiter avec Dieu. On peut tout résumer en disant que le rythme du démon s'appelle sensibilité-orgueil, tandis que celui de Dieu se nomme foi-humilité.


     Saint Jean de la Croix ne sous-estime pas le rôle du démon dans la vie intérieure. Il rappelle que le démon est esprit (Montée, II, ch. 26, p. 276) et à ce titre beaucoup plus doué que nous pour pressentir l'avenir. Il sait que son intelligence est vive (Montée, II, ch. 21, p. 238) et que ses intuitions sont bien plus clairvoyantes que les nôtres. La subtilité de cet esprit mauvais se voit encore renforcée par l'expérience qu'il a, soit de la conduite habituelle de Dieu, soit des réactions ordinaires de l'immense majorité des hommes (Ibid., p. 240). Ce jaloux conteste avec Dieu même comme dans la scène qui ouvre le livre de Job, et que saint Jean de la Croix rappelle plusieurs fois (N. O., II, ch. 23, p. 635, et V. Fl., str. II, vers 5, pp. 1009-1010). Un principe semble dominer toute sa tactique habituelle: POUR MIEUX CONTRARIER L'OEUVRE DE DIEU DANS L'ÂME IL COMMENCE TOUJOURS PAR LA CONTREFAIRE. Car le diable artificieux, en les même moyens que nous employons pour nous remédier et aider, s'y fourre pour nous surprendre au dépourvu (Montée, III, ch. 37, p. 422). Avec insistance le saint revient sur cette affirmation essentielle: Ordinairement il se comporte envers l'âme avec le même vêtement que Dieu, lui proposant des choses si vraisemblables à celles que Dieu lui communique - pour s'ingérer en rôdant comme le loup dans le troupeau sous la peau de brebis - qu'à peine peut-on les discerner (Montée, II, ch. 21, p. 238). Étranges expressions que celles qui nous montrent le démon contestant avec Dieu et répliquant de son droit! (N. O., II, ch. 23, p. 635). Où il faut faire remarquer que c'est la cause pour laquelle à la même mesure et avec les même moyens avec lesquels Dieu conduit l'âme et se comporte avec elle, Il permet au diable de se comporter avec elle de cette même manière (N.O., II, ch. 23, p. 625). De nombreux exemples du livre de l'Exode, illustrent la pensée du Saint.

      Saint Paul nous affirme d'ailleurs que le démon se transfigure en ange de lumière (Montée, II, ch. 11, p. 166), et plusieurs fois le Saint nous rappelle cette déclaration de l'Apôtre (Montée, III, ch. 10, p. 332, et ch. 37, p. 422). Oh! Combien ne devrions-nous pas nous souvenir de l'humble comparaison que voici: pour coudre le cuir, on colle le fil à une soie dure qui sert d'aiguille. Ainsi le diable, pour piper et couler des mensonges, appâte premièrement avec des vérités et des choses vraisemblables, afin de l'assurer et bientôt de la tromper. C'est comme la soie pour coudre la cuir. Parce que premièrement la soie, étant ferme, passe, et incontinent après le fil - lequel, étant faible, ne pourrait entrer si la soie dure ne le conduisait (Montée, II, ch. 27, p. 282).

      Il y a ainsi à certaines heures de bons démons assez bienfaisants pour tranquilliser les âmes trop peu prudentes. Mais il faut toujours veiller car il n'y a pas de démon qui, pour son honneur, ne souffre quelque chose (Cf. Censure et jugement donnés par la Saint, op. cit. p. 1355). La marque du démon est cette perpétuelle collusion d'où résulte un vrai malaise et une impossibilité de voir clair. Il est le père du mensonge et est maître dans l'art de mêler le faux au vrai. Insaisissable, il règne dans le mélange et les compromissions. C'est une vraie miséricorde de Dieu quand on le sent attaquer brutalement. L'histoire de la tentation du Christ au désert se renouvelle chaque jour: le démon tente à coup de textes fort pieux de l'Écriture Sainte. Sur la scène du monde la vie des âmes peut paraître enveloppée de banalité. En réalité cette vie est commandée par une invisible et grandiose altercation entre Dieu et le démon. La confiance domine pourtant car la redoutable manière que le démon adopte, par permission expresse, de singer l'oeuvre de Dieu, n'ira pas jusqu'à atteindre des résultats qui laissent l'âme désarmée ou impuissante. En fin de compte toutes ces tentations et simulations entrent dans un plan tracé et conduit par la Sagesse de Dieu. Dieu ne mortifie jamais que pour vivifier, et n'humilie que pour exalter (N. O., II, ch. 23, p. 637). Dieu sait pourquoi Il permet ces dangereuses tromperies et l'âme, si elle est fidèle, s'en trouvera grandement enrichie en amour. C'est la loi normale (V. Fl., str. II, vers 5, p. 1010 et Opuscules, op. cit. pp. 1341, 1350).

      Car voici que les remèdes que saint Jean de la Croix propose contre le démon viennent confirmer la conception qu'il nous donne de sa nature et de sa tactique. Les trois précautions que le Saint conseille pour éviter les tromperies du démon se résument en trois mots: esprit de foi (c'est la deuxième précaution) (Précautions, op. cit. pp. 1342, 1343). - humilité (Ibid., p. 1344) - et obéissance, qui, en réalité, est une manière concrète de vivre en esprit de foi par humilité (Ibid., p. 1342). Les vrais humbles n'ont aucune difficulté à vivre ainsi en parfait esprit de foi et donc à obéir en tout à ceux qui tiennent la place de Dieu auprès d'eux. Faut-il souligner le caractère purement spirituel de ces remèdes? Oui, Dieu est Esprit et Il cherche des adorateurs en esprit et en vérité (Montée, III, ch. 39, p. 428 et ch. 40, p. 430). C'est par les armes de l'esprit que les enfants de Dieu doivent vaincre l'esprit malin.


     Comment ne pas être inquiet du silence que garde la spiritualité dite moderne vis-à-vis du démon? Le plus simple est de n'en pas parler. Que si on en parle on se croit fort d'en sourire et de laisser à qui écoute l'impression pénible qu'on ne croit guère au démon que par un conformisme qui n'engage pas l'être profond. Et c'est sans doute le triomphe de ce maître en illusion que de se faire passer pour inexistant en ce monde où avec tant de facilité il mène les âmes comme il l'entend, sans avoir besoin de se montrer: il a tout intérêt à ne pas le faire.

      Saint Jean de la Croix, lui, croit au démon. Il sait qu'il est l'ennemi le plus fort et le plus rusé (N. O., II, ch. 21, p. 626), le plus difficile à découvrir (Précautions, op. cit. p. 1337). Avec habileté ce malin utilise le monde et la chair, comme ses deux acolytes les plus fidèles (Cantique spirituel, str. III, vers 5, op. cit. p. 722). Le Saint ne crains pas de dire que le démon cause la ruine d'une grande multitude de religieux dans le chemin de la perfection (Précautions, p. 1343). Non pas certes, espérons-le qu'il les perd pour toujours, mais qu'il les empêche de réaliser leur idéal de sainteté. Sourira qui voudra: Il n'y a pas de pouvoir humain approchant du sien et ainsi le seul pouvoir divin est capable de le vaincre, et la seule lumière divine capable de découvrir ses menées (Cantique spirituel, str. III, vers 5, p. 722).

      Mais le Docteur Mystique eut pleinement approuvé sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus disant que les petits enfants ne se damnent pas (Novissima verba, p. 58): car ils se savent faibles - et c'est leur force - et ils croient d'un foi totale à leur Père du Ciel si puissant et si bon. Les petits enfants ont raison. Le démon ne peut rien contre eux. Ils vont droit à Dieu et c'est Dieu qui les guide. Et ceux-là seulement ont la Sagesse de Dieu, lesquels comme des enfants et des ignorants déposent leur savoir et marchent avec amour à son service (Montée, I, ch. 4, p. 70).


      Lille
P. LUCIEN-MARIE DE SAINT-JOSEPH, o. c. d.      


Thérèse d'Avila et le démon



      On peut faire, d'après sainte Thérèse, un portrait du démon.
      Un portrait physique d'abord. Disons tout de suite qu'il n'a rien d'original. Sainte Thérèse n'a pas la fantaisie d'un Jérôme Bosch. Pour imaginer son ennemi, elle ne s'est pas mise en frais et il le lui a rendu dans ses propres apparitions. Il a une « forme hideuse »; sa bouche est « épouvantable », sa voix est « terrible ». De tout son corps sort une « grande flamme entièrement claire, sans mélange d'ombre » (Vida, XXXI, - Trad. Des Carmélites de Paris, I, p. 399). Il prend comme Protée, plus d'une apparence. Un jour, c'est « un affreux petit nègre » (Ibidem, p. 400), qui grince des dents. Un autre jour, « deux démons d'une figure abominable » semblent « entourer de leurs cornes la gorge » (Vida, XXXVIII. - Carm., II, p. 115) d'un malheureux prêtre. Un grand nombre de démons saisissent devant les yeux de la sainte le corps d'un damné, s'en font un jouet, le traînent « de côté et d'autre à l'aide de grands crocs » (Ibidem, p. 117).

      Mais ce monstre à la peau noire, au front cornu, sans doute aussi aux pieds fourchus, qui vomit le feu, qui fait tenailler par ses diablotins les âmes condamnées à l'enfer (Vida, XXXII. - Carm., II, p. 4), n'est qu'un symbole; sainte Thérèse, qui n'a jamais attribué plus de réalité qu'il ne fallait à l'imagerie de ses visions, ne l'ignorait pas. C'est sans image d'ailleurs, en lui imposant seulement le sentiment de sa présence, que le démon se manifestait pour elle d'ordinaire. « Rarement, dit-elle, il s'est présenté à moi sous une forme sensible, mais bien souvent sans qu'il en eût aucune, comme dans ce genre de vision que j'ai déjà rapportée et où, sans percevoir aucune forme, on voit quelqu'un présent (Vida, XXXI. - Carm., I, p. 405). »

     Beaucoup plus intéressant par suite que le portrait physique du démon est son portrait moral. Ce n'est pas, on s'en doute, un portrait flatté. Menteur (Vida, XV. - Carm., I, p. 196: « Es todo mentira ». Cf. Ibidem, XXV, Carm., I, p. 327: « Ami du mensonge et le mensonge même ».), hypocrite (Passim, Fondations, V. - Carm., III, p. 103: « Pone tantos desgustos y dificultades debajo de color de bien ». Cf. Lettre à Simon Ruiz, 19 oct. 1569: « En tout ce qui plaît au Seigneur, le démon veut montrer son pouvoir sous les plus belles apparences », et Cast., Ves Dem., ch. IV), ténébreux (Castillo, Ies Dem., ch. II. - Carm., VI, p. 50: « Es las meamas tinieblas ») cruel envers ceux qu'il a soumis à son empire, le démon, pour achever le plat, est aussi lâche quand on sait lui résister qu'impudent si on lui cède (Chemin de Perfection, XXIII. - Carm., V, p. 179: « Es muy chobarde ». Vida, Passim. Cf. SAINT JEAN DE LA CROIX, Cantique, str. XV: « Teme mucho el demonio al alma que tiene perfeccion »). En somme, c'est un triste individu, un mauvais tyran. Il ne doit rien à la poésie qui a paré de séductions l'ange rebelle et en a fait le type du génie coupable ou simplement malheureux. Malgré certains traits (le mensonge, les ténèbres), il n'a pas été pensé avec des prétentions métaphysiques. Sainte Thérèse voit en lui un être concret, un être réel, aussi réel et concret que vous et moi. Cet être est l'ennemi de Dieu, donc l'ennemi de tout bien, et, spécialement, de ce bien primordial qu'est le salut d'une âme. Elle se le représente avec simplicité, sans détours ni recherche, résumant en lui tout ce qui est foncièrement contraire à la perfection morale et hostile à la volonté de Dieu.

      On pourrait soutenir, partant de là, que dans les apparitions démoniaques, Thérèse, en s'inspirant de la foi et des croyances populaires, n'a fait que personnifier hors d'elle les tendances et les impulsions qui s'opposaient, chez elle comme chez tous, à l'unification loyale de sa vie intérieure et à son élan courageux vers Dieu. Elle veut vivre selon la vérité; si elle se sent attirée vers le mensonge, et surtout vers ce mensonge secret qui se donne des airs de vérité, c'est qu'un menteur veut la séduire: c'est le démon. Elle est ardente, elle est résolue, elle est généreuse: si elle se fatigue, si elle est angoissée, si elle se sent lâche et trop préoccupée de soi, l'image du démon va surgir pour symboliser de si périlleux états d'âme.

      Or il est bien vrai que la sainte a établi un rapport entre le démon et les mouvements indociles et pervers de la vie intérieure. Ces mouvements sont les meilleurs alliés du démon: mieux encore, ils sont issus de ce qu'on pourrait appeler ses points d'appui. Il est tapi au fond de nos erreurs, de nos illusions, de nos faiblesses, de notre orgueil, et met à profit tout ce qui en sort pour avancer ses affaires. Malheur à l'âme qui a trop de confiance dans ses vertus (Chemin, XXXVIII., - Carm. V, p. 276. - Castillo, Ves Dem., ch. III. - Carm., VI, p. 155), qui s'hypnotise sur ses malaises (Ididem, XI. -Carm., v, p. 100), qui entretient lâchement quelque habitude blâmable (Chemin, XIII. - Carm., V, p. 112), qui ne se méfie pas des occasions (Castillo, Ves Dem., ch. IV. - Carm., VI, p. 164), qui, triste et troublée, néglige l'oraison et la pénitence (Avisos, Édition Silverio, VI, p. 53. - Carm., V, p. 482). Malheur à la religieuse qui se laisse aller dans les choses qui, en soi, n'ont que peu d'importance (Conceptos, II. - Carm., V, p. 404). En pareil cas, une offensive se prépare et se déclenche; le démon s'agite, il affleure, et le voilà, avec sa fourche et ses mensonges.

      Mais une réflexion puissante de sainte Thérèse, un de ses mots étonnants que son génie jette sous sa plume, invite à se méfier à son sujet d'une hypothèse naturelle, mais trop simple. Parlant des paroles qui viennent du démon, cette psychologue à qui rien n'échappe, remarque d'abord qu'elle ne produisent que sécheresse et inquiétude. Puis elle ajoute: « C'est une inquiétude dont on n'arrive pas à découvrir la cause: on dirait que l'âme résiste, se trouble, se désole, et cela, sans savoir pourquoi, car ce qui lui est dit n'a rien de mauvais, et semble plutôt bon. Je me demande si ce n'est pas qu'un esprit en sent un autre (Vida, XXV. - Carm., I, p. 318). »

     « Un esprit en sent un autre. » Ne cherchons pas ailleurs, chez Thérèse, l'expérience du démon. Au cours d'une vie qui fut loin d'être rectiligne, où elle a connu bien des tentations, rencontré bien des dangers, heurté du pied bien des obstacles, où, méfiante et d'ailleurs mise en garde, elle a dû soupçonner bien des pièges, elle a fort bien distingué ce qui, venant de nous-mêmes prend en nous sa propre force, et ce qui s'y ajoute, ce qui tend à infléchir même d'excellents mouvements dans un sens funeste et donne à des mouvements pernicieux et dissimulés une étrange puissance, en bref, ce qui vient d'un autre. Son esprit tend vers Dieu, un autre esprit veut le détourner de lui, et l'âme, de même qu'elle frémit tout entière quand retentit l'appel divin, tremble aussi tout entière à ce hideux contact.

      Au fond, dans la mesure où elle peut se démontrer directement, la valeur objective de son expérience du démon se prouve par rapport à la valeur objective de son expérience de Dieu. Quand de pauvres âmes contradictoires, désemparées, désarticulées, dont les morceaux seuls sont vivants, croient subir l'action du Tout-Puissant ou celle de son ennemi, elles attribuent vraisemblablement à autrui ce qui grouille en elles sans qu'elles aient assez d'énergie pour le maîtriser (Sainte Thérèse le sait bien. Elle écrit (Fondations, IV, Carm., III, p. 90): « Il nous fait [le démon] bien moins de mal que notre imagination et nos humeurs mauvaises, surtout s'il y a mélancolie »). Mais Thérèse n'est pas de ces âmes-là. Par une héroïque ascension, elle s'instaure, et Dieu lui-même l'établit, dans l'Absolu, libre, dominatrice du monde, maîtresse d'elle-même. Du haut de cette tour d'où « le regard porte loin » (Vida, XX. - Carm., I, p. 257), son propre domaine spirituel apparaît clairement à ses yeux; elle peut donc en tracer les limites et déceler avec précision la présence des autres esprits (Cf. M. LÉPÉE, Sainte Thérèse d'Avila, IIIè partie, ch. X. (Desclée De Brouwer, 1947) ). Du moment qu'il se dégage franchement de tout ce qui n'est pas lui-même, l'esprit est en droit d'affirmer qu'en certains cas il « sent » un autre esprit.


Entre sainte Thérèse et le démon, même au temps de la tiédeur frivole, il n'y eut jamais cette paix redoutable dont on peut lire les conditions dans les Conceptos (Conceptos, II. - Carm., V, p. 403: Il est une paix que « goûte l'esclave du monde, lorqu'enfoncé dans des péchés graves, il mène une vie si paisible et jouit d'un si grand repos au milieu de ses vices, qu'il n'éprouve aucun remords de conscience. Cette paix, vous l'avez lu sans doute, est un signe que le démon et lui sont amis; aussi le démon se garde bien de lui faire la guerre en cette vie »), paix où l'âme vendue oublie son destin et à la faveur de quoi l'ennemi, feignant d'être ami ou, mieux encore, soigneusement camouflé, attend l'heure de dévorer sa proie. Mais la lutte entre eux a pris des formes diverses; elle a évolué, semble-t-il, en trois temps.

      Quand une âme reçoit de Dieu des grâces dans l'oraison, le démon, pour la perdre, se donne plus de peine que pour en perdre un grand nombre à qui de telles faveurs ne sont pas faites. En entraînant les autres à sa suite, elle peut lui faire bien du mal et d'ailleurs, pour qu'il s'acharne, il lui suffit de voir l'amour que Dieu a pour elle (Castillo, IVes Dem., ch. III. - Carm., VI, p. 123). De fait, c'est du jour où Thérèse résolut de vivre sous le regard de Dieu avec le souci de Dieu seul, que le démon la remarqua. Il se fit d'abord insidieux. Il essaya de la fausse humilité: n'étais-ce pas orgueil que d'avoir d'aussi grands désirs et de vouloir imiter les saints? (Vida, XIII. - Carm., I, p. 165) et quelle dérision que de faire oraison quand on est, comme elle, couvert de fautes? (Vida, VII. - Carm., I, p. 105) Il exagérait ses craintes: toutes ces austérités n'allaient-elles pas ruiner sa santé? Toutes ces larmes, la rendre aveugle? (Vida, XIII. - Carm., I, p. 167-168) Il dressait aussi le piège du désespoir: elle était en cause, par ses péchés, de toutes les calamités du monde (Vida, XXX. - Carm., I, p. 387); le piège de certaines visions où le plaisir n'a pas le caractère d'un amour pur et chaste (Vida, XXVIII. - Carm., I, p. 361); enfin le piège des quiétudes molles ou trop passionnées qui ne laissent ni paix ni véritable amour (M. LEPEE, Sainte Thérèse d'Avila, IIIè partie, ch. VII).

      Thérèse, qui craint tant d'être trompée, connaît de durs moments. Lorsque, après avoir épluché sa confession écrite, des conseillers qui voient partout de l'illuminisme et dont la psychologie est superficielle, l'assurent que le démon est l'auteur de ce qui se passe dans sa vie intérieure, sa frayeur et son affliction sont si « vives » qu'elle ne sait « que devenir ». Elle ne fait « que pleurer » (Vida, XXIII. - Carm., I, p. 299). L'esprit malin cependant ne réussit guère. Thérèse est trop bien défendue par son parti pris héroïque d'être à Dieu (Chemin, XXIII. - Carm., V, p. 179: « Ha gran miedo a ànimas determinadas ».) par la fermeté de sa foi (Vida, XXV. - Carm., I, p. 319), par la pureté de sa conscience (Fondations, IV. - Carm., III, p. 90). Elle l'est par une lucidité avertie, rarement en défaut, et qui, lorsqu'elle doute, se réfugie dans l'obéissance (Fondations, Prologue. - Carm., III, p. 47). Elle l'est enfin et surtout par l'amour et la crainte de Dieu (Chemin, XI. - Carm., V, p. 289) qu'entretiens l'oraison (Passim.).

      Ainsi repoussé par une âme qui voit clairement le sentier et les sommets et n'a d'autre intention que de le suivre, le démon ne l'abandonne pas. Il se démasque, non plus sournois, mais rageur. Il semble que n'ayant rien obtenu par la ruse, il ne puisse désormais que haïr. C'est le temps des apparitions odieuses et des tourments physiques. « Une autre fois, raconte la Vida, il fut cinq heures à me tourmenter par des douleurs si terribles et un trouble intérieur et extérieur si violent, qu'il me semblait ne pouvoir plus les soutenir. » La torture est excessive. Autour d'elle, on s'épouvante. Mais la sainte n'a plus peur. Elle sait que le démon n'a d'action sur l'âme que par le corps et les facultés sensibles (Castillo, Ves Dem., chap. III. Carm., p. 157: « C'est dans l'imagination que le démon joue ses tours.). Au réduit spirituel il ne peut atteindre à moins que l'âme ne s'abandonne. Qu'importent donc après tout les vilains petits nègres et les souffrances du corps! Thérèse se réfugie en Dieu: les démons sont les esclaves du Seigneur; à une servante de Dieu, ils ne peuvent faire aucun mal; ils sont même incapables de bouger sans la permission de Dieu. Alors pour se débarrasser de ces « mouches » importunes, comme elle dit, ou, si l'on préfère, de ces frelons fort désagréables à sa nature hyper-sensible, elle prend l'offensive. Elle saisit une croix: aussitôt les démons s'enfuient. Mais ils reviennent. Cette fois, elle les asperge d'eau bénite. Le moyen est plus efficace encore. Ils ne se contentent pas de fuir: dûment corrigés, on ne les voit plus. Et Thérèse rit (Pour tout ce passage, voir Vida, XXXI. - Carm., I, p. 400). Maintenant c'est par le mépris qu'elle triomphe.

      Et le triomphe est complet. Certes l'épouse de Dieu reste sur ses gardes. Il faut toujours être prudent; il faut toujours veiller, car le démon ne s'endort pas; il s'endort même d'autant moins qu'on est plus parfait (Chemin, VII. - Carm., V, p. 81-82). L'âme ne peut être en assurance que si la divine Majesté la tient dans sa main et que si elle-même ne l'offense pas (Castillo, VIIes Dem., ch. II. - Carm., VI, p. 291). Chez sainte Thérèse, pourtant le corps et l'âme sont tellement spiritualisés et l'esprit est si étroitement uni à Dieu que le démon n'y peut plus rien. Il ne se montre pas dans les dernières années de la vie. Il n'est plus question de lui à l'heure de la mort. Comme le chante saint Jean de la Croix: « Aminadab ne paraît plus »; l'embrassement divin donne tant de force victorieuse que le démon « s'enfuit au loin, saisi d'effroi » (Cantique spirituel, strophe XXXIX ou XL). Thérèse murmure en paix sa dernière oraison: « Il est temps de nous voir, mon bien-Aimé, mon Maître »! (Déposition de Maria de San Francisco pour le procès de béatification. Cité par Silverio, II, p. 242).


Marcel LÉPÉE.      

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Message par Archange le Mar 16 Déc - 15:01





LE CODE DÉMIURGIQUE

 
   Cet adjectif (démiurgique) est relatif au démiurge, ce mot se rencontre pour la première fois dans la philosophie platonicienne. Il y désigne Dieu, en tant qu’ordonnateur suprême du monde. Le Dieu qui, dans la Timée, sépare la lumière des ténèbres est le même qui, dans le Parménide, est le soleil des intelligences. Le mot de « démiurge » réapparaît dans le néoplatonisme ; mais il y désigne un principe distinct de l’Un et du Noûs (intelligence), et qui, sous le nom d’âme universelle, organise le monde des créatures sensibles. Le démiurge se retrouve chez les gnostiques. Selon Valentin, il est la dernière émanation de l’Être primordial, Bythos (ou l’Abîme) ; il n’est par sa nature, ni esprit ni matière, mais tient de l’un et de l’autre. Tous les gnostiques regardent la Divinité de l’Ancien Testament comme le démiurge, et envisagent le judaïsme comme sa révélation ; mais les uns considèrent le démiurge comme un être bon, et les autres comme un être malfaisant.
    Le Verbe ne modèle pas le monde sensible, il en sépare les éléments jusqu’à les soudés ou mélangés (voir étude : http://www.kristos.online.fr/lebienetlemal.html)
    Le Verbe Grand Architecte de l’univers agit comme un séparateur d’énergies et pour maintenir la cohésion de son plan universel, il suscite un Législateur, un grand maître bâtisseur c’est-à-dire le Chef Modeleur du monde sensible : le Bon démiurge.
    Ce Chef Modeleur est chargé d’organiser la vie sur la surface de la terre, il imprime sa direction au mouvement cyclique et assure la juste évolution des espèces. Il est Modeleur parce qu’il préside à la manifestation sub-céleste (4 éléments) ; mais il est aussi Législateur par le fait qu’il maintient le code primordial des lois sur lesquels le monde est fondé, métaphysiquement cette force se nomme « Le code démiurgique ». Le Chef Modeleur va confier certaines fonctions démiurgiques aux deux entités sorties du tohu-bohu, ils seront structurés à son image en tant que Modeleurs spécialistes de la matière ; mais d’une façon opposée.

    Le code démiurgique est basé sur l’existence d’un principe divin associé à la Lumière céleste en contraposition à un principe divin associé aux ténèbres du cosmos. Ce code signale le bon démiurge comme étant le Dieu responsable de la création avec son dualisme (tohu-bohu), tandis que deux forces sorties des entrailles du tohu-bohu sont attribués à un démiurge malfaisant : le Diable.

    Les deux principes suprêmes de la création sont à la charge du mauvais démiurge, en ce sens que nous pouvons les nommer par deux notions « le bien et le mal terrestre ».

    Dans ces deux principes, la philosophie chinoise fait appel à la notion du yin et du yang pour résumer la dualité de tout ce qui existe dans l’univers. Cette idée peut être appliquée à toute sorte de situation ou d’objet, il suffit de voir par la prémisse qui défend que tout le bien englobe le mal et vice-versa.

    Voici en image le code démiurgique, principe de la lumière céleste et des ténèbres structuré pour œuvrer dans le monde sensible :


    Ce Chef Modeleur (tête blanche) par rapport au monde sensible est Dieu même, il conserve la pureté originelle au principe divin. En tant que Dieu, perfection des perfections, il n’est pas responsable des imperfections mille fois relevées dans le contexte de la création universelle, tout ce qui est imparfait peut-être attribué au mauvais côté du code démiurgique, le Diable (tête noire).

    Cette tête magique représente le Démiurge dont l’activité est de contrôler les essences corrompues du zodiaque.

    Le Bon démiurge symbolise l’Esprit universel de notre système solaire, il est ce Soleil qui conditionne la vie à tous les êtres de la terre c’est « L’ÂME UNIVERSELLE ».

    Le Mauvais démiurge symbolise le stratège du Bien et du Mal terrestre (énergies corrompues d’anciennes créations) dont le pouvoir est d’éblouir par l’illusion qu’il est Dieu même, il tend, par orgueil, à obscurcir la création divine en voilant pour nous le vrai visage de Dieu.

    L’Esprit Divin (Dieu Maître des âmes et des désirs célestes) s’oppose à la matière (le Diable Maître des anges rebelles et des désirs terrestres).

    Le mauvais démiurge est incontournable, il a à sa suite des myriades et des myriades d’anges empêtrés dans les ténèbres du tohu-bohu. Le Bon Démiurge est le fin stratège qui prépare un mode opératoire pour accomplir les Desseins du Grand Architecte de l’Univers. Ainsi nous pouvons comprendre que le Bon Démiurge se délimite un espace, une matrice (zodiaque) pour encercler le mauvais démiurge afin d’exercer son pouvoir créateur afin que le Verbe réalise son œuvre alchimique de réintégration des brebis perdues (voir étude : http://www.kristos.online.fr/pourquoisommesnoussurterre.html)

    Lorsque nous parlons du Démiurge, nous devons faire une distinction importante avec l’Être Suprême, le Démiurge est en faîte le Dieu de notre système Solaire en tant que bâtisseur du monde sensible.

    L’Être Suprême n’a pas de commencement et il n’aura pas de fin. C’est l’Être éternellement existant. Bien que le Démiurge soit Dieu et semblable à l’Être Suprême, il doit son existence à l’Être Suprême le Père de tous les dieux ou démiurges des sphères cosmiques. Tous les démiurges sont des petites émanations de l’Être Suprême et agissent dans un certain contexte comme des Dieux bâtisseurs toujours dans un espace délimité.

    Cabalistiquement le mot "Démiurge" signifie : « la Voie de communication entre la Lumière (Dieu) et les Ténèbres (Diable) »

    Il y a bien un pont cabalistique entre le mot « Dieu » et le mot « démiurge », l’Ancien Testament révèle à travers les patriarches, les noms qu’ils lui donnent. Cet Être Divin est aussi bien « le rocher d’Israël » (Gn. 49), que « mon rocher » (Ps 18.32), et «  notre bouclier » (Ps 84), « le pasteur de son peuple » (Mi 7,14), ces termes signifient qu’il y a bien une rencontre personnelle et vivante avec Dieu. Le Dieu d’Israël est infiniment grand, mais il est toujours à portée de la main et de la voix ; il est le Très-Haut (Elyôn), l’Eternel (Olam), le Saint (Qadôs), mais aussi le Dieu qui me voit (El Rôï, Gn 16.13). Presque tous les noms le définissent par sa relation avec les siens : « La terreur d’Isaac », « Le Fort de Jacob », le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Dans cette possession réciproque apparaît le mystère de l’alliance et l’annonce qui unit Dieu le Bon démiurge (Notre Seigneur) par rapport à l’Être Suprême (l’Eternel, l’Être éternellement existant).

    A travers le bon démiurge, l’homme et les anges connaissent le vrai visage de l’Être Suprême dans son aspect triple (Père, Fils et Esprit).
    En effet le démiurge à un aspect triple comme l’Être Suprême, (Père, Verbe et Esprit).

    Il existe une méthode cabalistique pour décoder le mot « DIEU », c’est la gématrie en serpentin. Il faut faire serpenter les lettres du mot DIEU dans son ordre chronologique les unes par rapport aux autres (voir tableau pour la compréhension).

    L’adjectif « serpentin » évoque le serpent par sa forme sinueuse, son mouvement ondulant et par sa flexibilité. Cet animal est porteur de profonds symbolismes. Dans le Paradis Terrestre, le Diable est apparu à Adam et Eve, sous la forme d’un Serpent. En termes cabalistiques le serpent est le fluide (la sève) qui circule tout au long de la colonne vertébrale, et qui met en rapport les organes de la création intellectuelle (le cerveau) avec ceux de la procréation physique.

    Une seule et unique force alimente ces deux organes. C’est pour cette raison que les religions conseillent la chasteté (ou bonne maîtrise de la sexualité) ; ce qui permet aux organes de création intellectuelle, de fonctionner à plein régime, avec un rendement utile. La gématrie en serpentin est donc, le symbole de la connaissance intellectuelle, philosophique, humaine et on découvre les secrets cabalistiques de la création.

    Voici la table en serpentin du mot DIEU avec les nombres en base de neuf :



[b][b][b][b][b]D
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[b][b][b][b][b]I
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[b][b][b][b][b]E
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[b][b][b][b][b]U
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[b][b][b][b][b]36
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[b][b][b][b][b]45
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[b][b][b][b][b]54
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[b][b][b][b][b]63
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[b][b][b][b][b]72
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[b][b][b][b][b]81
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[b][b][b][b][b]72
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[b][b][b][b][b]63
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[b][b][b][b][b]54
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]45
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]54
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]63
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]72
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]81
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]90
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]99
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]108
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]117
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]126
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]135
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]144
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]153
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]162
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]171
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]180
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]189
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[b][b][b][b][b]A
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[b][b][b][b][b]B
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[b][b][b][b][b]C
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[b][b][b][b][b]D
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[b][b][b][b][b]E
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[b][b][b][b][b]F
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[b][b][b][b][b]G
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[b][b][b][b][b]H
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[b][b][b][b][b]I
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[b][b][b][b][b]J
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[b][b][b][b][b]K
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[b][b][b][b][b]L
[/b][/b][/b][/b][/b]
[b][b][b][b][b]M
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[b][b][b][b][b]N
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[b][b][b][b][b]O
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[b][b][b][b][b]P
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[b][b][b][b][b]Q
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[b][b][b][b][b]R
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[b][b][b][b][b]S
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[b][b][b][b][b]T
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[b][b][b][b][b]U
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[b][b][b][b][b]V
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[b][b][b][b][b]W
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[b][b][b][b][b]X
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[b][b][b][b][b]Y
[/b][/b][/b][/b][/b]
Z
    On peut s’apercevoir que cette table en serpentin comporte vingt-six nombres en relation avec les quatre lettres du mot DIEU, c’est une table parfaite pour la révélation cabalistique.
    L’APÔTRE JEAN DÉVOILE LE NOM DU DIÉMURGE = 2664 (4x666) : le nombre cabalistique de l’évangéliste nous facilite nos recherches, car le 666 est un nombre de révélations.
    L’APÔTRE JEAN DÉVOILE LE NOM DU DIEU DÉMIURGE = 2997 (3x999) : confirmation cabalistique par la magie des trois.

    L’APÔTRE JEAN DÉVOILE LE NOM DU DIABLE DÉMIURGE = 2997 (3x999) : confirmation cabalistique par la magie des trois.

    DÉMIURGE = 666 : la magie des trois confirme le principe fondamental du mot DIEU, démiurge et dieu ont le même sens cabalistique.

    INFAILLIBLE = 666 : seulement pour le Bon Démiurge, un Esprit semblable à l’Être Suprême.

    EXPERT = 666 : le Démiurge à des connaissances sur le plan de la formation d’une œuvre terrestre, c’est l’expert du cosmos.

    DIEU = 333 : fonction lumineuse du Démiurge.

    DIABLE = 333 = BELIAL : fonction ténébreuse du Démiurge, l’entité qui caricature le Bon Démiurge. Le mot Diable est un terme caricatural, une véritable singerie cosmique.

    DIEU/DIABLE = 666 = DEMIURGE : cette définition reflète totalement le symbole de la tête magique du Sohar ou Zohar.

    LA DUALITÉ = 666 : la Lumière et les ténèbres en un seul Démiurge.

    SÉPARABLE = 666 : Dieu est tout ce qui est. Cette proposition est universelle et absolue. Elle n’admet pas d’exception. Ceux donc qui regardent le diable comme un être réel doivent croire que Dieu est dans le diable et, par conséquent, que le diable est une des formes de Dieu. Ils doivent donc admettre que Dieu est cruel dans le diable, qu’il est laid, qu’il est cornu, etc. Un Dieu qui tolère le diable en est le gérant responsable. (Source philosophique d’Eliphas Levi). En effet il faut séparer les deux fonctions, le Bon démiurge est le garant du bon fonctionnement des Desseins du Verbe Eternel, c’est le fidèle esprit de l’Être Suprême ; par contre le mauvais démiurge est l’esprit rebelle du cosmos, Dieu n’est pas le diable et vice versa. Tout être qui devient infidèle aux lois universelles de l’Être Suprême devient diable ou démon, c’est ainsi que l’Être Suprême suscite un expert du monde angélique pour réintégrer ceux qui semblaient perdus pour l’éternité c’est-à-dire un Bon Démiurge.

    FONCTION = 666 : le Démiurge est l’ouvrier bâtisseur du cosmos.

    L’OUVRIER BÂTISSEUR = 1665 : confirmation cabalistique.

    L’UNIQUE DIEU = 999 : pouvoir triple sur les strates célestes.

    L’UNIQUE DIABLE = 999 : pouvoir triple sur les strates infernales.

    DIVINITÉ = 666  : le Démiurge est bien un Dieu.

    INNOMMABLE = 666 : il est conseillé de ne pas nommer le Démiurge par son nom cabalistique, car en Lui se concentre toutes les énergies célestes et infernales du Cosmos.

    Voici révélé le nom kabbalistique du Démiurge de notre système Solaire :

    KHELELOHIM = 666 : les deux lettres H symbolisent deux échelles dont le pouvoir s’exerce sur les anges célestes et les anges infernaux, il est conseillé d’invoquer ce Nom Saint uniquement lorsque la personne exerce une bonne maitrise sexuelle, en général la chasteté est de rigueur pour prononcer le Nom de Dieu.

    IDENTIFIÉ = 666 : le nom est maintenant révélé par la gématrie en serpentin.

    L’ÊTRE TRIPLE = 999 : à la fois Père, Fils et Esprit, également triple aspect pour le Diable.

    KHELELOHIM L’ÊTRE TRIPLE = 1665 : ce nom représente la trinité chrétienne de notre système solaire.

    LE VERBE DIVIN = 999 : le Saint-Esprit du Cosmos, Créateur et Architecte de notre système Solaire.

    LE VERBE INFINI = 999 = LE VERBE SACRÉ : le Démiurge a un pouvoir sans fin.

    L’ÊTRE TRIPLE DES ABÎMES = 1665 = LA BÊTE BAHAL-SATAN-LUCIFER : c’est la trinité infernale.

    L’ÊTRE TRIPLE DES ABÎMES : LA BÊTE BAHAL-SATAN-LUCIFER = 3330 : la magie des trois confirme.

    SATAN / LUCIFER = 999 = LA KABBALE DE MORT : pouvoir triple et démiurgique sur les anges infernaux et sur certaines fonctions terrestres, l’union de ces deux stratèges est  destructeur et apporte la mort sur terre. Cette association permet aux deux entités de caricaturer le vrai Dieu.

    LUMIÈRE MORTELLE DE LUCIFER = 1998 : la signature géométrique de Lucifer indique la chute de la connaissance des Dieux dans les Abîmes ou logent les esprits infernaux de Satan.
   

    BELIAL- SATAN / LUCIFER = 1332 : association triple du pouvoir démiurgique infernal sur les œuvres terrestres.

    LA BÊTE BAHAL = 666 : Un dieu au pouvoir triple sur le bien terrestre et le mal terrestre, dont la faculté est le mélange de ces deux énergies comme au temps du tohu-bohu, Bahal est le premier intendant des Serpents Lucifers.

    Dans son acception originelle et la plus large, ce mot BAAL avait pour l'Orient syro-phénicien le sens de possesseur, maître ; s'appliquant à quiconque exerce un droit de propriété, d'autorité ou de contrôle, il désignait le propriétaire d'un esclave, d'une bête, un chef et même les citoyens d'une ville (Ex 21:28,Jug 19:22 9:2,Esa 16:8), et par extension l'époux, «maître et seigneur» de sa femme (2Sa 11:26). Enfin, il fut couramment attribué aux nombreuses divinités cananéennes, sous le nom générique de Baal au singulier ou Baalim au pluriel (Jug. 2:11 3:7 8:33 10:10,1Sa 12:10,1Ro 18:18). Les Baalim étaient des dieux locaux associés aux destinées des cités et des bourgades. Chaque ville, chaque sanctuaire avait son baal particulier qui se distinguait des autres par un titre spécial (Baal-Zébub, Baal-Péor, etc...), et qui se doublait ordinairement d'une déesse ou baalat (voir Achéra, Astarté).

    Le baalisme était une religion essentiellement agricole. Les Baals étaient, en effet, les époux et seigneurs du sol ; d'eux dépendaient la croissance des récoltes, la maturité des fruits, la prospérité : du bétail ; ils étaient associés à toutes les entreprises rurales, et le cultivateur, le vigneron, le berger leur vouaient une dévotion fervente. L'inspiration animiste de leur culte n'est donc guère contestable ; ils personnifiaient des forces naturelles (fertilité, germination), et on les adorait sur les hauts-lieux et dans les bocages sacrés. Les Arabes appellent encore terres de Bahal les régions rendues fertiles par une nappe d'eau souterraine.

    Sur les hauts-lieux et dans leurs bosquets, les Baalim avaient à leur service des prêtres (kemarini), chargés de présider aux rites (Soph. 1:4). Ces rites, très sensuels et très cruels, comprenaient des incantations prophétiques (1Ro 18:25 et suivants) et une grande variété d'offrandes (Jer. 7:9). Les Baals, d'un «tempérament farouche et envieux, réclamaient impérieusement le sang, non seulement des animaux, mais de l'homme. En temps ordinaire, celui-ci se rachetait en se mutilant; dans les circonstances graves, cette substitution légère ne suffisait plus et le dieu voulait la mort des premiers-nés. Même, dans les cas de danger public, le roi et les nobles présentaient non plus une seule victime, mais tous ceux de leurs enfants que le dieu choisissait. On les brûlait vifs devant lui et l'odeur de leurs chairs apaisait sa colère : le chant des flûtes et le fracas des trompettes couvraient leurs cris de douleur et, pour que l'offrande fût efficace, la mère devait être là, impassible et vêtue de fête» (Maspero, Hist. Anc., p. 401. Cf. 1Ro 18:28, Jer. 19:5).

    Par suite de circonstances mal définies et de la prépondérance de certaines villes ou de certains sanctuaires, il arriva que les Baals locaux prirent le pas sur les autres (Baal-Péor, No 25:3; Baal-Zébub, 2Ro 1:2). On leur accorda même des pouvoirs plus abstraits, moins directement utilitaires (Baal-Bérith: Dieu du pacte, Jug. 8:33) ; dans la Syrie du Nord, on trouve l'expression Baal des cieux (Baal-Chamaïm). Quelques-uns, étendant l'action de leur culte, devinrent des Baals types et souverains, tel le Baal ou Melkart de Tyr (1Ro 16:31-32 18:26 19:18), introduit à Samarie. Il semble donc bien que la multitude des Baalim ait graduellement tendu à se hiérarchiser et à se fondre dans une unité supérieure.

    Mais cette ascension vers le monothéisme ne fut jamais consommée et les Baals locaux subsistèrent à côté de Baals supérieurs, comme l'atteste ce reproche de Jérémie (VI e siècle av. J.-C.): «Tu as autant de dieux que de villes, ô Juda !» (Jer. 11:13).

    Lorsque les Hébreux pénétrèrent en Canaan, le baalisme y était fortement et depuis longtemps établi, comme le prouvent les innombrables noms propres où entre le nom de Baal. (Noms de villes et de lieux: Baal-Hermon, Jug. 3:3,1Ch 5:23; Baal-Thamar, Jug. 20:33; Baal-Gad, Jos 11:17 12 7 13:5; Baalah, Kirjatch-baal ou Baalé de Juda, Jos 15:9 15:60,2Sa 6:2; Baal-Pératsim, 2 Sam 5:20,1Ch 14:11; Baal-Hatsor, 2Sa 13:23: Baal-Salisa, 2Ro 4:42. Noms de personnes: Baal-Hanan, Ge 36:38; Baalis, Jer. 40:14).
    Le baalisme était incorporé à l'existence et aux usages des populations rurales. En s'adaptant eux-mêmes à la vie agricole, les Israélites, jusqu'alors nomades, eurent tendance à s'approprier telles quelles les institutions et les coutumes imprégnées de baalisme cananéen et à admettre l'ingérence des Baals, divinités spécifiques de la culture du sol, en un domaine où ils n'avaient pas encore eu l'occasion de voir s'exercer l'empire de YHVH. A cette tendance naturelle, l'attrait sensualiste de leur culte ajoutait une tentation. Aussi des noms baalistes sont-ils bientôt adoptés par les Hébreux, soit pour leurs villes, (Baal-Méon, No 32:38) soit pour des personnes (Jérubbaal ou Gédéon, Jug. 6:32 8:35; Esbaal, fils de Saül, 1Ch 8:33; Mérib-Baal, fils de Jonathan, 1Ch 9:40; Béeljada, fils de David, 1Ch 14:7; Béaliah, soldat de David, 1Ch 12:5). Jéhovah même, leur Dieu, est appelé Baal (Os 2:16). Mais dans une telle ambiance païenne, la religion du peuple élu risquait de se corrompre et de sombrer. Ses chefs spirituels, comprenant l'extrême gravité des compromissions baalistes, dénoncèrent le péril sans relâche. De là, entre YHVH et les Baalim, un conflit qui ne prit fin qu'avec la chute de Jérusalem et l'exil (voir L. Gautier, Études, pp. 112SS). Dès la mort de Josué (Jug 2:11-13), au temps de Gédéon (Jug 6:25) et de Jephté (Jug 10:6), les Hébreux sont attirés par l'idolâtrie des Baals et reçoivent de sévères avertissements de leurs guides religieux. Au lendemain du schisme, le baalisme phénicien est introduit dans le royaume du Nord par Jézabel, femme d'Achab (1Ro 16:31-33) et combattu par Élie le Thisbite (1Ro 18) et par Jéhu (2Ro 10:18-28); il n'en relève pas moins la tête et se maintient à Samarie malgré les objurgations et les menaces d’Osée (Os 2 8:13 11:2). Dans le royaume de Juda, il est favorisé par Athalie, fille de Jézabel, supprimé par Jéhojada, tuteur de Joas (2Ro 11:18). Les rois Achaz (2Ro 16,2Ch 28:1-4) et Manassé (2Ro 21:2 ss) l'y restaurent. Josias l'abolit en réalisant la réforme deutéronomique (2Ro 23:1-20), mais ses successeurs le rétablissent dans toute sa vigueur.

    Les livres d’Osée et de Jérémie nous apportent l'écho de cette lutte dramatique entre le spiritualisme jéhoviste et le paganisme baaliste. Si les efforts des prophètes échouèrent à provoquer un redressement collectif de leur peuple, ils déterminèrent néanmoins la naissance d'une élite et d'une minorité fidèles. Après le VIII° siècle av. J.-C., le terme même de Baal fut à ce point odieux aux Israélites pieux que non seulement il cessa d'être appliqué à YHVH, mais qu'il fut encore éliminé des noms composés et remplacé par la particule hochet (=honte); c'est ce qui ressort de certaines corrections apportées aux textes sacrés par les copistes de cette époque: Jérubbaal devient Jérubbéseth (2Sa 11:21); Esbaal, Isboseth (2Sa 2:8); Mérib-Baal, Méphi-boseth.--Voir (2Sa 9:6) Berthollet, < Hist. Civ. Isr., pp. 120ss. Jean R.

    LE SEUL VERBE = 999 : il existe un Nom au-dessus de tous noms, le Christ-Jésus.

    JESUS-CHRIST LE SEUL VERBE DÉMIURGIQUE = 3033 : le Christ Grand Alchimiste de notre Univers.

    LE PÈRE ABSOLU = 999 : la gématrie en serpentin dévoile le Père démiurge de notre cosmos.

    ELIE L’ARTISTE = 999 : C’est le mystérieux Elie dont parle Paracelse, le Père absolu du monde sensible. Selon l’écriture Elie n’a pas subi l’épreuve de la mort physique. Au terme de sa mission terrestre il a été enlevé sur un char de feu et ravi dans les cieux. On sait cependant que le char joue un rôle de tout premier plan dans la symbolique hébraïque ; les visions d’Ezéchiel nous ont familiarisés avec cette image et la Kabbale a fait du livre Maassé Merkabah (le Livre du Char) l’ouvrage clef des mystères du monde divin. Autre caractéristique importante : le char est, comme nul ne l’ignore, un symbole solaire presque universel. Tiré par des coursiers de feu, il parcourt chaque jour le firmament et entretient la vie sur terre en la fécondant par la chaleur vivifiante de ses rayons. Le Soleil est pour ainsi dire le Démiurge stellaire et naturel de la manifestation terrestre. Il la conditionne et la soumet aux lois de son mouvement inter-cosmique. L’Homme dans le Soleil, Elie, figure le gardien, le grand législateur démiurgique qui règne sur notre aire cosmique.

   

 
    LE DIEU SÉMITE = 999 : c’est le Démiurge de notre système solaire, cité dans la bible au nom de Yahvé-Sabaoth.

    JUDAÏQUE = 666 : le Démiurge à bien trait à la religion juive, à la Bible hébraïque.

    DÉCALOGUE = 666 : les dix règles du Démiurge transmises à Moïse.

    ANGE METATRON = 999 : cette entité à une fonction démiurgique en tant que Maître dans le monde des formations, c’est l’archétype même de l’Homme cosmique en tant que Chef des milices célestes.

    ANGE SANDALPHON = 999 : cette entité à une fonction démiurgique en tant que Moteur de la vie terrestre, le chef des âmes humaines et des esprits terrestres, il est la première porte du Ciel, c’est la présence du vrai Dieu pour le monde des humains et singulièrement pour le démon.

    METATRON / ELIE = 999 : ils ont la même fonction en tant que démiurge dans notre système solaire, ils s’opposent à l’association infernale de Lucifer/Satan.

    TRINITÉ CÉLÈSTE - JESUS-CHRIST - ELIE - METATRON = 3303 : les trois fonctions démiurgiques sont attribués à Elie, à Jésus le Christ et à Métatron dans notre univers, ils sont semblables à l’Être Suprême.

    LE DÉMIURGE : JESUS LE CHRIST = 1998 (3x666) : trois fonctions démiurgiques dans l’Homme Dieu : Mon Père et moi, nous sommes un, Jean 10, 22-30.

    EAU-DE-VIE = 666 : le Bon démiurge est la source de vie et fait revivre tous les esprits perdus.

    JEU DIVIN = 666 :  Immortel dans tous les sens du mot, Elie-Solaire a traversé victorieusement l’épreuve du temps pour venir jusqu’à nous. Notre soleil jaune est préposé à l’assimilation des fonctions vitales. Un autre soleil, le soleil rouge, a pour office la construction des corps terrestres ; il régit la morphologie, les affinités physiques, chimiques, intellectuelles, sociales. Ce soleil rouge est la résidence de l’être que Paracelse, le premier ici-bas, a nommé Elias-Artista. Il est invisible, il est seul à posséder le moyen de lire à livre ouvert le plan primordial de la création. Il est en possession de l’art, de l’œuvre cosmique et détient les clefs du jeu artistique pour transmuter les atomes corrompus des anges rebelles.

    SANDALPHON LE SPECIALISTE DU CORPS ALCHIMIQUE = 3033 : Cette entité est le spécialiste des fonctions alchimiques du corps humain, il a créé un vrai laboratoire pour piéger les atomes corrompus du mauvais démiurge.

    METATRON LE SPECIALISTE DU CORPS ALCHIMIQUE = 3033 : idem pour ce grand esprit cosmique, Métatron et Sandalphon sont indissociables pour réaliser le projet du Verbe Divin « la réintégration des brebis perdues ».


    Pour synthétiser cette étude nous allons élaborer une symétrie miroir du titre de notre étude : « LE CODE DEMIURGIQUE »

    Cette table va permettre d’identifier le mauvais démiurge dans son aspect double dans le monde des ténèbres et le véritable code démiurgique de Jésus-Christ.

    Voici la table avec notre logiciel :
   

    DÉMIURGE = 666 : la magie des trois identifie l’entité de notre monde.

    DOUBLE = 666 = DUELLE : la tête blanche (Lucifer) et la tête noire (Satan).

    BÂTISSEUR = 666 : c’est le rôle du Démiurge.

    DIVINITÉ = 666 : le démiurge est élevé au rang de Dieu.

    TÊTE MAGIQUE = 666 : confirmation de la tête du Sohar, ce symbole est en action dans la matrice des démons, relire l’étude : http://www.kristos.online.fr/lebienetlemal.html
   

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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Archange le Mar 16 Déc - 15:05

  

    LA TÊTE MAGIQUE DU SOHAR = 1665 : évidence claire de l’héritage cabalistique des mystiques du Zohar.

    CODE AMER = 666 : le nombre six cent soixante-six est un code d’action, il est amer parce que la mort est entré dans le monde de formation ou l’Expert doit agir pour transmuter les atomes corrompus de l’entité malfaisante.

    LE DÉMON = 666 = LE CRUEL : le mauvais démiurge, entité rebelle.

    LE MONDE = 666 : le démon en action dans notre univers.

ANTÉCHRISTS = 666 : le mauvais démiurge dans son triple aspect qui lutte contre l’Agneau de Dieu.

    SATAN / LUCIFER = 999 : le pouvoir triple des deux stratèges du bien et du mal terrestre, le porteur de lumière et l’ouvrier des ténèbres s’associent pour devenir le Dieu unique, un dieu d’illusion.

    SATAN EST SAMA’EL = 999 : l’ancien nom de l’entité maudite est bien Samaël qui signifie punition de Dieu.

    LUCIFER C’EST AKHATRI’EL = 1665 : l’ancien nom du porteur de lumière est bien AKATRI’EL, AKHATRI’EL, ACHATRI’EL ou ACATRI’EL qui signifie la couronne de Dieu.

    SATANPAPALEPPE / LUCIFER ROFOCALE = 2997 (3x999) : le nom du pape infernal et le nom de l’empereur des démons. Lorsque l’Esprit de Dieu détourne son regard des méchants et des impurs, le dieu cruel prend le relais pour officier son code démiurgique selon Satan et Lucifer. L’être humain ne peut pas être coupé des influences du Démiurge, c’est une source d’eau vive pour ceux qui suivent le saint code démiurgique et pour les impurs et les méchants c’est une source d’eaux amères pour ceux qui suivent l’infernal code démiurgique.

    SATAN / LUCIFER LE CRUEL CODE AMER = 2331 : tous ceux qui n’ont pas transmuté les atomes corrompus seront soumis au terrible jugement des anges infernaux.

  TROIS PERSONNES DIVINES CONTRÔLENT LE COSMOS = 3330 : c’est le Dieu de notre système solaire, le Grand Législateur cosmique dans son triple aspect, Père, Fils et Esprit qui contrôle les actions du mauvais démiurge incarné par deux stratèges Lucifer et Satan.

   JESUS-CHRIST, ELIE, METATRON = 1665 : ce sont les trois personnes divines qui contrôlent le cosmos sous un seul nom unique DIEU.

   LE CODE ANCIEN = 999 : il est à l’origine de la création des univers.

    AVALE LE CODE = 999 : avaler les eaux amères, en les transmutant en eau vive, telle est la mission de l’homme.

   LA TRANSMUTATION DES ATOMES = 1998 : c’est le code démiurgique.

  LA MISSION ALCHIMIQUE DU CODE DÉMIURGIQUE = 3330 : transmuter en or le plomb des brebis perdues.

   LE CÉLÈBRE CODE = 999 : un code connu par les anges célestes comme par les anges infernaux, nul n’est censé ignoré la règle divine du Verbe céleste, l’humanité, les anges célestes et les anges infernaux seront jugés selon ce code.

   Attention, pour tous ceux qui haïssent le dieu cruel, car il a été dit : Mathieu 5 : 43-48

    "Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n'agissent-ils pas de même ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens aussi n'agissent-ils pas de même ? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait."

    L’AMOUR EST LE CODE DÉMIURGIQUE DU CHRIST-JESUS = 3330 : c’est la règle d’or de Notre Seigneur.

   Marc 12 : 28/31

   Un des scribes, qui les avait entendus discuter, sachant que Jésus avait bien répondu aux sadducéens, s’approcha, et lui demanda : "Quel est le premier de tous les commandements ?" Jésus répondit : "Voici le premier : Écoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l’unique Seigneur ; et : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là".


    Résumons cabalistiquement la notion du mot « démiurge » en créant une symétrie miroir en désignant l’entité à étudier : «  LE DEMIURGE »

   Voici la table :
 


      DIEU = 333 : le démiurge est bien un Dieu, un Créateur qui délimite un espace pour créer, tel un artiste qui travaille pour sortir une œuvre sublime du tohu-bohu (désordre des matériaux corrompus).

   DIEU ELIA = 666 : ce nom signifie « Mon Dieu est Seigneur ».

  ANCIEN DU COSMOS = 999 : Elie est la première manifestation de l’Être Suprême au niveau de notre matrice zodiacale.

   ELIE EST LE PORTEUR DE LUMIÈRE = 2331 : le Soleil qui éclaire les êtres du système solaire.

   ELIA LE GRAND LÉGISLATEUR DÉMIURGIQUE = 3303 : confirmation cabalistique.

   UN TRIPLE DIEU = 999 : le démiurge est une trinité qui œuvre dans une matrice, un cercle bien délimité, ce sont trois personnes identifiées par le mot DÉMIURGE.

  LE DÉMIURGE = 999 : effectivement c’est une trinité divine.

   ARTISTES = 666 : il y a effectivement trois artistes qui œuvrent dans le monde sensible, infernal et céleste.

  AFFINITÉS = 666 : il y a bien un rapport trinitaire de ressemblances et de forces qui se combinent entre eux pour créer une œuvre extraordinaire.

    HYPOSTASIES = 999 : trois personnes divines distinctes pour former un seul Seigneur du système Solaire à l’image de l’Être Suprême, c’est une relation divine : Père, Fils et Esprit.

  LA CABALE DE VIE = 999 : le démiurge est la source de la connaissance qui apporte la jeunesse et l’éternité.

  LA SANTÉ DE L’ÂME = 999 : Le Bon Démiurge est le médecin des âmes corrompues par le mal et le bien terrestre causés par les artifices du mauvais démiurge.

GÉRANT = 666 : le démiurge est bien un législateur, un administrateur, un chef, un gouvernant qui officie un espace délimité pour rendre gloire à l’Être Suprême origine de toutes vies dans les multiples univers.

   ŒUVRE = 666 : le démiurge utilise le nombre de l’action (666) pour œuvrer dans le monde.

  INFERNAL = 666 : ce nombre transmutera les atomes corrompus du monde infernal et singulièrement du démon.

  SATAN LE DÉMIURGE DES TOURMENTS = 2331 : c’est l’entité responsable des grandes douleurs physiques, sentimentales, émotionnelles, morales, mentales et spirituelles enfin de tous les maux terrestres.

   LUCIFER LE DÉMIURGE DES JOUISSANCES = 2664 : c’est l’entité responsable du bien-être, des joies, de la possession de biens, des délices, des orgasmes ou les plaisirs sexuels enfin de tous les plaisirs terrestres.

   TROIS MAUVAIS DÉMIURGES, SATAN, LUCIFER, BAHAL = 3330 : c’est la trinité infernale.

BAHAL MÉLANGE LES DEUX FORCES LUCIFERIENNES = 3303 : Bahal mélange le bien et le mal en créant le chaos dans un cercle familial, dans nos demeures spirituelles et physiques, dans les nations en les divisant etc...

    TRANSMUTERA = 999 : tout arrivera à son terme à l’oméga de la création.

  PLASTICIEN = 666 : le démiurge est le modeleur du monde sensible, il œuvre dans le monde de formation.

   ARBITRAGE = 999 : le démiurge à un pouvoir de juger tous les êtres du cercle qu’il administre.

  INDESTRUCTIBLE = 999 = MAGNIFIQUE : tous les attributs de l’Être Suprême sont leurs parures pour l’éternité, une lumière extraordinaire dans les cieux.
   

    HEXAGRAMME DE JÉSUS LE CHRIST = 2331 : un nom kabbalistique pour le Christ : KL (Kelelohim, un nom pour trois êtres divins).
   JÉSUS LE CHRIST EST LE NOM DU DÉMIURGE = 2664 : Jésus-Christ est la quintessence mystérieuse de la sainte trinité, identifié sous le nom du Bon Démiurge.

  KL LE GUIDE DE L’HUMANITÉ, DU CIEL ET DE L’ENFER = 3033 : KL un nom pour trois personnes qui élève dans la lumière tous les êtres de la matrice cosmique.

    KL : L’HOMME DIEU = 999 : le démiurge est l’Homme Céleste qui porte le Nom au-dessus de tous les noms Jésus-Christ.

[   JESUS-CHRIST : LE BON DÉMIURGE EST IDENTIFIÉ = 2997 (3x999)  : un Nom au-dessus de tous les noms.
  


    CRUCIFIÉ = 666 : Jésus a versé son sang pour l’amour de l’humanité.

    LE DÉMIURGE CRUCIFIÉ = 1665 : Jésus-Christ.
     


    JÉSUS LE CHRIST LE NOM DE L’HOMME CÉLÈSTE = 2664 : confirmation cabalistique.

   LA SAINTE FAMILLE : ELIE, JESUS-CHRIST, METATRON = 3033 : c’est la trinité de notre système solaire.
  


    LES TROIS HUMAINS ADOMBRÉS PAR LE DÉMIURGE = 3303 : manifestation de l’esprit démiurgique à travers les incarnations de trois personnages bibliques dont l’aboutissement est l’avènement du Rédempteur.

    LES TROIS NOMS HUMAINS SONT HENOCH, ELIE ET JESUS = 3330 : Lorsque Jésus-Christ se transfigura sur le mont Thabor, il apparut placé entre Métatron et Sandalphon qui était alors Moïse et Elie, bien que la bonne traduction est entre Hénoch et Elie, parce que le Christ résume en lui la vertu des Élohim. Aussi Hénoch et Elie ont été élevés vivants au ciel, symbolisant les deux principes équilibrants de la Lumière et des Ténèbres (monde de la matière) permettant à Jésus de pouvoir rendre son corps glorieux visible et palpable aux sens corporels, en raison de sa puissance sur les deux forces équilibrantes par sa résurrection, Métatron (l’alpha) et Sandalphon (l’oméga) permettent au Christ de briller de sa puissance à travers tout le cosmos et de la hiérarchie céleste, sa présence glorieuse résume en lui les personnages élevés au ciel en se nommant KELELOHIM.

  Voici l’Arbre de la Kabbale qui résume la puissance démiurgique sur les forces cosmiques :
 


    LES DIX SPHERES DE L’ARBRE DE VIE = 2331 = ELIE EST LE PORTEUR DE LUMIÈRE

    ARBRE KABBALISTIQUE DU DÉMIURGE ELIE = 3033

    LA CABALE DE VIE = 999 : l’Arbre de vie est l’Alpha et l’Omega de la manifestation Christique.

  ARBRE HEBRAÏQUE = 1665 : confirmation cabalistique, ce sont les dix sphères du Bon Démiurge.

   L’ARBRE DE VIE DE KELELOHIM = 1998 : c’est l’équilibre entre deux principes de vie, la sévérité et la tolérance.


    La symétrie miroir doit apporter une réponse définitive en désignant le mauvais démiurge.

    Voici la table :
   

    LE MANUEL = 999 : la magie des trois un moyen de décrypter les mystères cabalistiques.

   CLEFS = 666 : il y a deux noms qui ouvrent la porte de la vérité.

    SECRÈTES = 999 : tohu-bohu les deux clefs secrètes.

    TOHU-BOHU = 666 : c’est la double clef du mauvais démiurge, le désordre tumultueux dans la matrice zodiacale.

   TUMULTUEUX = 666 : confirmation cabalistique.

   GEÔLE = 666 : c’est le tohu-bohu des deux entités.

   MUTABLE = 666 : l’entité est changeante et aussi transformable en Bien ou en Mal.

   LE FLUIDE MUTABLE = 1665 : le bien ou le mal.

  LES DEUX ARCHANGES LUCIFER ET SATAN = 3303 : les deux anges rebelles du cosmos qui officient alternativement le rôle du mauvais démiurge.

   SÉRAPHINS = 999 : Les séraphins sont des créatures célestes ailées (trois paires d'ailes), que l'on trouve dans la Bible autour du trône de Dieu. Le mot hébreu seraphim est un nom pluriel dérivé du verbe saraph, qui signifie « brûler ». (Lev 4:12.) Le terme hébreu seraphim veut donc dire littéralement « les brûlants ». D'autres sens possibles du mot saraf peuvent être « venimeux », « qui cause une inflammation » et « serpent ». Ce qui indique que Lucifer et Satan sont des êtres de très haut rangs et indestructibles.

    DEUX SÉRAPHINS LUCIFER ET SATAN = 2997 (3x999) : la magie des trois confirme.

  LE NOM UNIQUE DE SATAN ET LUCIFER = 3330 : ils sont identifiés sous un seul nom cabalistique.

  MALIN = 666 : c’est le nom commun. Ils sont dangereux car ils sont mutables.

   LE MALIN ONDULEUX = 1665 : c’est le mouvement reptilien du mauvais démiurge.

  LE PYTHON = 999 : le serpent monstrueux de la kabbale (cet animal représente l’ensemble des stratèges infernaux gouvernés par Lucifer et Satan)
   

    LE SULFUREUX = 999 : le Diable Serpent.

   LE MALHEUR = 999 : une association tumultueuse qui a créé le chaos.

    CHAOTIQUE = 999 : le tohu-bohu.
    COMPLICITÉ DIABOLIQUE = 2331 : Satan est au service de Lucifer et vice versa.

   MYSTERIEUX = 999 = MÉLANGEUR : l’intendant Bahal est le fameux diable qui mélange les énergies terrestres, il est mystérieux car il est à la fois porteur de lumière (Lucifer) un dieu de richesses, de jouissances et de prospérité et un porteur de ténèbres ou de destructions (Satan) un dieu de douleur.

  BAPHOMET C’EST L’IDOLE MYSTÈRIEUSE = 3303 : Baphomet (Bahal) c’est l’entité qui gouverne le bien (la main droite levée vers le ciel) et le mal la main gauche baissée vers  les abîmes. On peut remarquer que ce personnage à la fois homme et bête officie un pouvoir lunaire qui est opposé au vrai pouvoir du Bon Démiurge solaire. Voir l’image symbolique.
   



   BAPHOMET C’EST LE DIEU MÉLANGEUR = 2997 (3x999) : la magie des trois confirme.

    BAPHOMET EST LE DIEU DES OCCULTISTES = 3330 : tous ceux qui pratiquent la magie évocatoire pour convoiter les richesses et les pouvoirs de la terre ou tout simplement pour faire le mal par des rites occultes sont les artisans et esclaves du mauvais démiurge, l’histoire des Templiers est un exemple. Baphomet est la connaissance du dieu cornu (les deux cornes symbolisent le pouvoir sur le bien et le mal terrestre).

    LE MAUVAIS DÉMIURGE EST UN BOUC HUMANOÏDE = 3663 (11x333) : Baphomet incarne les secrets occultes de la kabbale, mais aussi un dieu incarnant le pouvoir matérialiste sur les hommes et les femmes de notre terre, c’est-à-dire un homme bête.

   LE CODE DÉMIURGIQUE DE LA BÊTE AMHAN = 3303 : c’est mélanger le bien terrestre et le mal terrestre.

    BAPHOMET EST LE GÉNÉRATEUR SYMBOLIQUE DE LA RÉALISATION ALCHIMIQUE = 6660 : Cet être monstrueux représente la nature animale et pécheresse de l’homme, ses tendances égoïstes et ses bas instincts. Ce côté animal (l’énergie de la matière) et du spirituel (incarnation de l’âme) doivent s’unir dans l’harmonie. La réalisation alchimique est de générer de la Lumière dans le monde des ténèbres qui vise à transformer le plomb en or, en termes cabalistiques, transformer un profane en être illuminé, singulièrement transformer un être des ténèbres en être de lumière, tout ce qui a été abaissé à cause du péché des deux stratèges du monde sensible doit être élevé dans la Lumière de l’Être Suprême. Tout être humain qui s’élève dans la lumière entraîne dans son sillage les mauvaises tendances (les démons tentateurs) transformées en or pur ou en être de lumière grâce l’œuvre alchimique du Bon Démiurge.

    REPTILES = 999 : Satan et Lucifer les deux serpents du tohu-bohu.

    LE BUTÉ = 666 : le mauvais démiurge est réputé irascible, obstiné et têtu.

    LES DEUX ÊTRES IRASCIBLES = 2331 (3x777) : confirmation cabalistique.

    LE FURIEUX = 999 = LE FÜHRER : Hitler a incarné la puissance du mauvais démiurge, le fléau de Bahal.

  UN ESPRIT LUCIFERIEN SATANIQUE = 3330 : Bahal est la représentation exacte du mauvais démiurge.


   Et pour terminer la symétrie à étudier « LE BON DEMIURGE »

    Voici la table :
  


    TROIS = 333 : la magie des trois est à l’œuvre pour décrypter le secret.

    BON DÉMIURGE = 999 : le Démiurge a un esprit triple.

  LE SAINT ESPRIT = 999 : l’Esprit du Dieu démiurge manifeste la Trinité céleste.

COLOMBE DIVINE = 999 : le Saint Esprit.
    

 
    TETAGRAMMATON = 999 : ce nom signifie le petit Dieu ou petit visage de Dieu, le démiurge est semblable à l’Être Suprême (Grand Visage, Tétragrammaton).

  Quelle est la différence entre Tétragrammaton et Tétagrammaton ?

    Décomposons le Nom : 
   - Téta : signifie tête, volonté, vie, cerveau et représente le Père.
    - Gamma : signifie gamme, sons, systèmes, degrés, verbe et représente le Fils.
    - Ton : signifie qualité, intensité, style, tonalité, langage, voix et représente le St Esprit.

   - R est la Lettre des sentiers, des chemins ou des voies de la Connaissance.

    L’Eternel Illimité a comme Nom Tétragrammaton, dans ce nom il y a 2 R, cela signifie que l’Eternel utilise les 32 Sentiers Kabbalistiques en Descente et 32 en Montée en parfait équilibre.

    Le Fils a comme Nom Tétagrammaton, dans ce Nom il y a 1 R, cela signifie que le Créateur du Système Solaire utilise 16 sentiers en Aller et 16 Sentiers en Retour, ce qui confirme vu de l’Eternel Illimité cette Création est perfectible.

    JEHOVA = 666 : Tétagrammaton, le petit Dieu en action dans le monde.

  MOÏSE = 333 : le révélateur du Bon Démiurge.

   LE PETIT YAHVE = 999 : le Nom de l’Eternel est en lui.
  YHVH LE TETRAGRAMME DIVIN = 1998 : le Dieu Hébreu révélé à Moïse.
YOD-HE-VAV-HE = 999 : le Saint Esprit tétra grammatique, Dieu de Moïse.
   AGNEAU DE DIEU = 1332 : Jésus le Christ.

GRAND ARCHITECTE = 1332 : le Christ.

    GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS = 2331 : le Bon Démiurge.

   LE SAINT ESPRIT GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS = 3330

[    BON DÉMIURGE GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS = 3330

   BON DÉMIURGE : ELIE, JESUS LE CHRIST ET METATRON = 3330 : un esprit en trois personnes.

   LE SAINT ESPRIT : ELIE, JESUS LE CHRIST ET METATRON = 3330

    YOD-HE-VAV-HE LE DIEU JALOUX = 2331 : Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux ni ne les serviras. Car moi, Yahvé, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis la faute des pères sur les enfants, les petits-enfants et les arrière-petits-enfants, pour ceux qui me haïssent, mais qui fais grâce à des milliers, pour ceux qui m'aiment et gardent mes commandements. « Je suis un Dieu jaloux ». Cette déclaration, stupéfiante, voire choquante, de Dieu lui-même (Ex 20,5) retentit pourtant dans une des scènes les plus solennelles de l'Ancien Testament, la théophanie du Sinaï, où fut conclue l'alliance entre Dieu et Israël. Plus précisément, dans la proclamation du décalogue, base légale de cette alliance, elle fonde d'une certaine manière le premier commandement dont on sait l'importance centrale pour la foi d'Israël et des chrétiens. Quelques chapitres plus loin, lors du renouvellement de l'alliance après la trahison du veau d'or (Ex 34,14), Dieu va jusqu'à déclarer : « Le nom de Yahweh est "jaloux"... ». Il insiste : « ...Il est un Dieu jaloux » (Dt. 34,14). On a là une sorte de définition divine. Impossible de passer par pertes et profits de telles proclamations qui appellent pour le moins une élucidation. On y soupçonne déjà que la signification ne recouvre pas exactement le sens habituel de « jaloux » et « jalousie » quand nous parlons de personnes humaines.

   Il est important d’expliquer ce passage avec la symétrie miroir :

    GUERRE = 666 : Pourquoi le Bon Démiurge fait-il la guerre et pour quelle raison est-il jaloux ?

  LA GUERRE SPIRITUELLE CONTRE SATAN ET LUCIFER = 3330 : c’est une guerre alchimique contre les spécialistes de la matière corrompue ; transmutation des matériaux corrompus d’anciennes créations en or pur, c’est-à-dire destruction de tout ce qui est nocif pour la santé de l’âme et élévation de tout ce qui peut être sauvé vers le ciel, le Jardin de Dieu.

  Le Dieu des hébreux éclaire son peuple « soyez un peuple saint et spirituel et non un peuple qui convoite les richesses de la terre, soyez le peuple alchimiste de mon programme de réintégration et non les ouvriers des jouissances terrestres » le Bon démiurge est en quelque sorte méfiant ou soupçonneux envers son concurrent le mauvais démiurge car les énergies qu’il soumet à l’homme sont remplis de puissances, de désirs et de gloires terrestres. Il sait très bien que son peuple se prosternera face aux jouissances terrestres. Lucifer est le dieu qui prosterne les peuples qui réclament la richesse, la gloire, la puissance et les jouissances. Satan est le démiurge qui demande le remboursement de tous les biens terrestres en créant des tourments pour les peuples qui se sont prosternés. C’est le plan machiavélique du mauvais démiurge, l’alternance des pouvoirs.

   - Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux ni ne les serviras : prier un dieu pour convoiter les richesses et les plaisirs de la terre est une façon de se prosterner face au dieu des jouissances, abuser de ces plaisirs acquis est une façon originale de servir le démon.

  - Car moi, Yahvé, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux : Le Saint-Esprit connait les artifices du démon, les deux énergies qui sont à la disposition du mauvais démiurge appauvrissent la santé de l’âme humaine et ainsi les hommes et les femmes deviennent les ouvriers, les soldats, les enfants, les esclaves et les moutons de Satan et Lucifer. Les trésors du Bon démiurge sont les âmes ouvrières qui missionnent dans la nature humaine pour œuvrer pour la transmutation finale et Yahvé se désole de les voir se corrompre à la séduction du Serpent Lucifer. Dans l’Exode (III, 14), il semblerait que Yahvé dérive de la racine hébraïque HâYâh qui signifie être (je suis) et devenir (je serai). Or la lettre racine du nom Yahvé est en réalité le W qui signifie « désirer ». Dès lors, Yahvé (YAHWEH)  serait une forme verbale, causative et voudrait dire « Je désire être » ou « je désirerai être », ce qui confère le mot « Jaloux » un caractère possessif et passionnel qui se manifeste comme une force qui agit positivement comme un Amour dévorant, elle devient une force constructive à l’œuvre travaillant pour l’avènement du messie Jésus le Rédempteur et en même temps cette force le fait réagir contre les ennemis d’Israël. On peut identifier le mot « Jaloux » comme Amour qui sauve ceux qui se réfugient en Lui et se retourne contre les ennemis de Yahvé. L'Amour, c'est la paix ; là où est l'Amour, là est la Lumière ; là où est la Lumière, se tient le Bon Démiurge et non le Diable. L’Amour dévorant c’est la présence et la grâce de Notre Seigneur Jésus le Christ.

    - qui punis la faute des pères sur les enfants, les petits-enfants et les arrière-petits-enfants, pour ceux qui me haïssent : Lorsque l’Esprit de Dieu  détourne son regard des méchants et des impurs, le dieu des tourments prend le pouvoir sur plusieurs générations. YAHWEH serait une forme verbale causative ce qui signifie que l’Eternel n’agit pas par lui-même parce qu’il est source d’Amour et ne peut en aucun cas punir, il laisse cette action au mauvais démiurge le douloureux qui demande des comptes à tous ceux qui ont adulé le dieu des jouissances. La punition divine est simplement le regard détourné du Saint-Esprit en laissant faire le serpent des douleurs. Les générations sont un programme de réincarnation dans des lieux, des peuples, des familles bien spécifiques par rapport aux fautes des âmes corrompues aux énergies du mauvais démiurge.

   - mais qui fais grâce à des milliers, pour ceux qui m'aiment et gardent mes commandements : il existe un programme de bénédiction sur plusieurs générations pour les âmes qui ont observé scrupuleusement le programme de transmutation. Nous devons tous remplir notre filet alchimique.


   Telle est la définition du code cabalistique du mot « DÉMIURGE ».

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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Archange le Sam 3 Jan - 12:46


La Pyramide de Lumière

Le combat entre la Loge Blanche et la Loge Noire




« Les Anges ne peuvent voir que ce qui est lumineux. Ils ne nous voient pas lorsque nous sommes dans un état "ordinaire", car ils sont aveugles pour tout ce qui n'appartient pas au monde de la Lumière, au monde spirituel.

Il leur arrive cependant d'utiliser les yeux d'autres créatures, comme ceux des animaux, pour étudier les humains. Vous pouviez vous croire absolument seul au moment où vous alliez commettre une faute, un crime, ou, au contraire, accomplir un acte généreux, mais un chat, un chien, un oiseau se trouvait là, et vous ignoriez qu'un être, à travers lui, vous observait…


Chez l'homme, tous les mondes coexistent, mais ils sont soumis aux limitations du plan physique. Ce n'est que lorsque le monde des sentiments entre en ébullition et s'agite en nous, que les habitants du plan astral commencent à nous voir. Et ce n'est que lorsque notre corps mental s'anime et s'éclaire, lorsque nous commençons à penser, que les habitants du plan mental peuvent s'apercevoir de notre activité.

 Donc, si nos corps spirituels ne sont pas encore éveillés, les êtres des régions spirituelles ne nous voient pas, ils ne nous connaissent pas ; nous ne sommes pas encore des citoyens de leur monde, nous ne figurons pas sur leurs registres et nous ne pouvons recevoir d'eux ni nourriture ni paiement quelconque. Ceux qui ne reçoivent ni nourritures spirituelles, ni joies, ni bonheur ont la preuve mathématique qu'ils sont des ignorants. Ils sont restés dans les régions inférieures, cramponnés à l'argent et aux plaisirs matériels, ils se sont coupés de la Lumière, et, comme les habitants des mondes supérieurs ne les ont pas aperçus, ils ne les ont pas aidés, et ils n'ont rien pu recevoir de sublime, de céleste, de divin.

De même que, pour être vu, connu, enregistré quelque part dans la société, il faut satisfaire à certaines conditions, de la même manière, pour être vu, connu et enregistré dans les mondes supérieurs, il faut mener une vie déterminée, il faut être éveillé aux choses subtiles et posséder en soi des germes spirituels. On peut éveiller ces états grâce à la méditation, à la poésie, à la musique mystique, grâce à tout ce qui est beau, lumineux, divin. Une fois éveillés en nous, ces centres nous mettent en communication avec d'autres mondes d'où l'on commence dès lors à nous apercevoir, à nous prendre en considération. On prend sur nous des renseignements, on nous inscrit parmi les êtres évolués, et on fait en sorte que des "vivres" nous soient expédiés.

 Travailler à l'éveil de ces centres, c'est décider de devenir vivant, conscient, c'est accepter de nous lier avec tous ceux qui nous ont dépassés et qui cherchent à nous aider, c'est franchir le premier pas vers la vie éternelle.

Les êtres qui habitent les régions supérieures ne voient pas et ne veulent pas voir ce qui se passe dans les régions inférieures. Il y a cependant une exception : s'ils sont chargés d'une mission, d'une exploration, ils descendent pour se renseigner, pour examiner la situation ou pour aider certaines personnes. Dans toute autre circonstance, ils restent très haut au-dessus des faiblesses et des tribulations des humains.

N'allez pas imaginer que les êtres de Lumière vont rester là à observer le triste spectacle que donnent les humains depuis la Terre ! Non, ils sont trop loin, trop haut, cela ne présente aucun intérêt pour eux. Donc, pour attirer leur attention, pour être vus d'eux, il faut faire des signes, il faut projeter dans l'espace des signaux lumineux. Les signaux lumineux lancés par les humains sont comme des étincelles que les sentinelles d'En-Haut ont pour mission de guetter. Dès qu'elles les ont aperçues, elles se précipitent pour vous aider. Sans cette projection de Lumière, elles sont incapables de vous voir et, bien-sûr, toutes vos demandes seront ignorées. Oui, mes chers frères et sœurs, retenez bien ceci : dans les mondes supérieurs, il n'existe qu'un langage ; c'est celui de la Lumière.

Et maintenant, comment les choses se passent-elles dans le monde des démons ? Les démons sont dérangés par la Lumière. Ils la fuient et vont vers ceux qui ont des couleurs sombres. Ils entrent en eux, ils les ligotent et ravagent leurs maisons. Je vous ai dit que les démons étaient comme les hiboux ; oui, parce que dans la Lumière, ils sont aveugles. Pour pouvoir s'introduire en nous, ils sont donc obligés d'attendre que cesse cette force terrible qu'est pour eux la Lumière. Pour les esprits des ténèbres, il n'existe qu'une seule forteresse imprenable : c'est la Lumière.

Je vous parle constamment de la Lumière, parce qu'elle représente ce qu'il y a de plus précieux, de plus important dans la Création. C'est la quintessence la plus sublime et la plus rare, l'arme protectrice et défensive absolue. C'est "la Force forte de toutes les forces" dont parlait Hermès Trismégiste dans la Table d'Émeraude. Elle est capable de repousser tous vos ennemis et de vous libérer d'eux.

 Quand vous priez, ne demandez que la Lumière, la Lumière, et encore la Lumière. Vous éviterez toutes les tragédies de la vie. Essayez, sans jamais douter. La nuit, si vous entendez un bruit bizarre, que faites-vous ? Vous vous dépêchez d'allumer, vous faites jaillir la Lumière, et ensuite vous vous débrouillez. En dehors de la Lumière, il n'est rien sur quoi vous puissiez compter. Pour être aperçus des Êtres sublimes, il n'y a qu'un moyen : devenez lumineux. Pour échapper aux démons qui vous harcèlent, il n'y a qu'un moyen : devenez lumineux ; ils seront incapables de vous faire du mal.

Les êtres obscurs, harcelés et gênés par la Lumière des âmes rayonnantes, cherchent à détruire la source de leur trouble et de leur malaise. Mais ils ne voient pas cette Lumière qui les trouble et les perturbe, ils la sentent seulement. S'ils réussissent parfois à la voir, c'est qu'ils se sont servis, en les trompant, d'êtres qui leurs sont supérieurs, pour regarder à travers leurs yeux. Autrement, ils sont incapables de distinguer la Lumière.

D'ailleurs, je vous ai dit que la réciproque existe également : les êtres qui habitent les plans supérieurs se servent parfois des yeux de ceux qui vivent plus bas, des animaux par exemple. En utilisant ce même procédé, les êtres inférieurs tentent de gagner du terrain, de pénétrer dans l'organisme humain pour se servir de ces organes comme d'appareils pour voir des choses placées au-dessus d'eux. Il y a ainsi une guerre extraordinaire entre les habitants des plans inférieurs et ceux des plans supérieurs.
 Dans le monde physique, lorsque deux pays sont en guerre, chacun essaye d'envoyer chez l'autre des espions camouflés et bien entraînés. Ils adoptent le langage du pays dans lequel ils sont envoyés, le comportement de ses habitants, ils sont munis de papiers et de références et ils connaissent tout ce qu'il faut savoir pour que les ennemis pensent qu'ils sont des leurs. Ces espions voient tout, observent tout et communiquent à leurs chefs ce qu'ils ont vu et entendu. En outre, ils s'efforcent de détruire et de saboter. Et bien entendu, c'est réciproque. Cette façon de procéder est courante et bien connue. Mais ce qu'on ignore généralement, c'est que les choses se passent exactement de la même façon dans le monde occulte entre la Loge Blanche et la Loge Noire, au moins pour ce qui concerne la région de la Terre.

Aucun espion ne peut pénétrer dans les régions supérieures où il serait immédiatement dévoilé. Sur Terre, par contre, tout est mêlé. Ici-bas se croisent le pur et l'impur, le vrai et le faux, le ciel et l'enfer. Il y a dans la sphère blanche des espions noirs bien camouflés qui prétendent passer pour des disciples de l'amour. Ils parlent leur langage, ils sont vêtus comme des esprits d'En-Haut. Ce sont des loups déguisés en brebis. Et à l'inverse, dans les endroits où la Loge Noire tient ses réunions pour élaborer ses projets d'intoxication et de destruction de l'humanité, il y a des frères blancs camouflés, qui se font passer pour noirs et qui sont armés pour saboter et détruire les plans infernaux. Sous leur apparence de loups, ce sont des brebis.

La Terre est un carrefour où se croisent les forces blanches et les forces noires. Aucun film, aucune pièce de théâtre n'a encore présenté correctement leur lutte terrible. Il faudrait des écrivains et des metteurs en scène extraordinaires pour décrire la diplomatie, les artifices, la rivalité de ces deux forces tellement enchevêtrées et soudées l'une à l'autre dans la vie du plan physique, qu'il semble que rien ne pourra les séparer.
Pour le moment, les choses en sont là. Alors, vous vous demandez sans doute pourquoi Notre Père ne sépare pas les forces noires des forces blanches, pourquoi Il ne brûle pas les premières afin que les secondes puissent s'épanouir en toute sérénité ? Eh bien, tout simplement parce que le Seigneur, dans Sa patience sublime, espère un jour transformer même les diables en anges qui Le serviront.

Quoi qu'il arrive et quelles que soient les circonstances extérieures, restez fidèles à la Fraternité Blanche : si vous vous retrouvez un beau jour aux prises avec des êtres qui cherchent à vous attirer vers le bas, n'ayez pas peur, liez-vous à la Grande Fraternité Blanche Universelle. Vous passerez pour des traîtres aux yeux de la Fraternité Noire, mais tant mieux ! Il n'y a que de cette manière que vous pourrez sortir des tribulations. Autrement, vos difficultés dureront éternellement. Tous ceux qui coupent le lien avec la Fraternité Blanche et s'engagent au service du mal, de l'injustice, du crime, se coupent de la Source de la vie. Tôt ou tard, ils se retrouveront dans les difficultés et les complications.

 Vous pensez sans doute que je suis en train de vous parler de choses qui ne vous concernent pas. Vous vous dites : "Qu'est-ce donc que cette histoire d'engagement avec une Fraternité Blanche ou avec une Fraternité Noire ?" Pourtant, cela se passe tous les jours autour de vous : quelqu'un, par exemple, pour satisfaire un désir ou une ambition, a besoin d'argent. Il se présente quelque part où on lui dit : "Voulez-vous écrire ceci ou faire cela, voulez-vous jouer tel rôle ? Vous êtes physicien, chimiste ; voulez-vous travailler à telle découverte ?"
Avant d'accepter ou refuser, chacun devrait prendre conscience que toutes les propositions qui lui seront faites de contribuer à des projets destinés à éteindre la Lumière, à détruire, à tuer, à manipuler viennent de la Fraternité Noire, sous des formes qui peuvent être multiples. Tous ceux qui acceptent de travailler dans ce sens, signent sans le savoir un pacte avec elle.

Quelle que soit leur réputation aux yeux du monde, quelle que soit l'image qu'ils parviennent à donner d'eux-mêmes, qu'ils soient écrivains, artistes, patrons, savants, ouvriers ou chefs d'État, tous ceux qui décident de s'engager sans discernement au service de la Loge Noire, se retrouvent ligotés par le Prince de ce monde. Une fois séduits, ils tombent dans son piège et deviennent ses esclaves.




Les programmes scientifiques, les discours politiques ne sont bien souvent que des incitations déguisées à faire le mal. Seule compte la cause que vous servez réellement. Les faits sont là, patents : dès que l'on a accepté de pactiser avec un démon, que ce soit pour de l'argent, pour une femme, pour la gloire ou pour le plaisir, c'est inscrit au Livre Noir. Par contre, un acte en apparence insignifiant peut suffire à vous faire entrer dans la Fraternité Blanche, dès lors qu'il est inspiré par un noble idéal.

Travailler pour le mal, cela se paye toujours très cher. Un jour ou l'autre, les malheurs et les catastrophes atteignent impitoyablement tous ceux qui ont contribué à mettre à la disposition de l'humanité des moyens pour faire le mal, pour réaliser des projets ténébreux. C'est une vérité absolue, qu'on le reconnaisse ou non.
Un disciple de la Fraternité Blanche est un être conscient qui sait discerner et démêler les deux forces, et qui apprend à maîtriser la force noire pour la mettre au service de l'humanité, pour le bien. Dans la vie consciente, tout peut être utilisé pour le bien, même les forces inférieures, mais il faut savoir comment s'y prendre. Et comment faire ? La Lumière et la prière, voilà le secret qui peut vous sauver.

 Lorsque vous aimez une personne, regardez-la de loin avec Lumière. Elle sera heureuse sans même que vous ne la touchiez, et elle ressentira des choses bien meilleures que pendant un baiser. Les disciples de la Fraternité Blanche doivent enfin se décider à se servir de la Lumière, à travailler avec la Lumière. Ceux qui s'y refusent n'appartiennent pas à la Fraternité Blanche, puisqu'ils s'obstinent à utiliser d'autres méthodes.
Que faire pour ces obstinés, tous ceux qui ont la tête un peu "dure" ? Le Seigneur, dans Sa clémence et Sa miséricorde, leur laisse toujours un délai pour changer, pour se décider à faire des efforts. Mais une fois le délai écoulé vient l'heure où il faut payer. Il y a des Êtres En-Haut, qui veillent sur notre évolution et qui ne permettront pas que l'on persiste à troubler la marche en avant de la Grande Fraternité Blanche Universelle vers l'Unité.

 À l'inverse, ces habitants des régions supérieures se réjouissent de voir sur la Terre, ici et là, des foyers de Lumière ; c'est toute leur joie, c'est leur bonheur. Les petits foyers de Lumière sont le lien entre le Royaume de Dieu et la Terre. Sans ce lien, sans ces centres, la Terre serait envahie et anéantie par les forces noires. Ce sont les centres lumineux parsemés partout dans le monde qui soutiennent les âmes des hommes, leur donnent l'alimentation, la nourriture, la joie, le bonheur. Je vais vous révéler ce qu'est en réalité un centre initiatique plein de vie et de Lumière : c'est le sommet d'une montagne qui lie la Terre au Ciel.





Vous, les disciples de la Lumière, devez réussir à former tous ensemble une pyramide lumineuse, gigantesque, pareille à celle qui s'élève au-dessus de l'Agartha depuis des temps immémoriaux. Oui, car, de même que les pyramides construites par les Égyptiens étaient à l'image de la Pyramide de l'Agartha, de la même manière, au-dessus de tous les sanctuaires, au-dessus de tous les lieux où se déroulent des méditations et des prières, il y a une semblable pyramide, formée de particules subtiles à partir des auras des participants à ces réunions.

 Bientôt vous comprendrez mieux. Votre conscience s'éclairera et s'élargira. Vous formerez et dresserez une Pyramide qui sera vue de nombreuses régions de l'Univers.

En dehors de cette Pyramide, il n'y a pas de salut possible pour l'humanité.

Chers frères et sœurs, occupez-vous désormais de la Lumière. Devenez des enfants de la Lumière ! Que la Lumière et la Paix soient avec vous ! »


Omraam Mikhaël Aïvanhov
La Pyramide de Lumière - 8 avril 1947
Transcription initiale : OdR - Janvier 2008 / L’Avènement de l’Ère Nouvelle - Mai 2011

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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Archange le Mar 13 Jan - 21:11




"La réintégration du Cosmos tout entier, de toutes les Créatures spirituelles ou matérielles, est le but ultime de l'Alchimie véritable.

Selon la tradition rosicrucienne authentique, en effet, l'Univers tout entier s'est dégradé avec l'Homme, son gardien initial.

Au jardin de lumière, situé dans un "plan" supérieur, succède un univers matériel, ténébreux, dont tous les éléments s'alourdissent et se matérialisent."



Robert Ambelain, l'Alchimie spirituelle



"Homme, le mal est encore plus grand. Ne dis plus que l'Univers est sur son lit de douleurs, dis: l'Univers est sur son lit de mort. Et c'est à toi de lui rendre les derniers devoirs; c'est à toi à le réconcilier avec cette Source Pure dont il descend, cette Source qui n'est pas Dieu, mais un des éternels organes de Sa Puissance, et dont l'Univers n'eut jamais dû être séparé. C'est à toi, dis-je, de le réconcilier avec elle, en le purgeant de toutes les substances de mensonge dont il ne cesse de s'imprégner depuis la Chute, et à le laver d'avoir passé tous ses jours dans la vanité..."



Louis Claude de Saint-Martin: "Ministère de l'Homme-Esprit".




"Apprenez ici un secret immense et terrible. Coeur de l'Homme, tu es la seule issue par où le Fleuve du Mensonge et de la Mort s'introduit journellement sur la Terre... Coeur de l'Homme, quels siècles suffiront pour arracher de toi ce levain étranger qui t'infecte? Entendez-vous les efforts douloureux et déchirants que font les mortels pour vomir cette semence de mort? Pleurons, puisque le Coeur de l'Homme, qui devait être l'obstacle des Ténèbres et du Mal est devenu la lumière de l'abomination et le guide de l'Erreur... Pleurons, pour que le Mal trouve fermées toutes les issues, et qu'il soit réduit à errer en aveugle dans l'épaisse nuit de ses ténébreuses Cavernes..."



Louis Claude de Saint-Martin: "L'Homme de désir".



Cité dans l'ouvrage L'Alchimie spirituelle (Robert Ambelain)

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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Archange le Mar 20 Oct - 21:15









Qu’est-ce que le mal : le Diable





Parmi les questions que se posent les humains, il en est une qui les obsède, qui les tourmente, et à laquelle ils arrivent très difficilement à trouver une réponse satisfaisante, c’st la question du mal : qu’est-ce que le mal ? Pourquoi existe-t-il ?



La vérité, c’est que cette question restera insoluble tant qu’ils s’obstineront à considérer le mal indépendamment du bien, coupé du bien.



Ce que nous appelons le mal, ou le Diable, n’est que le reflet, l’ombre de Dieu dans la matière. C’est pourquoi lorsque certaines religions présentent le Diable comme l’adversaire de Dieu, et un adversaire contre lequel Il doit sans cesse lutter, elles sont dans l’erreur. Dieu ne lutte pas contre le Diable, cela voudrait dire qu’Il lutte contre lui-même.



Cette mauvaise compréhension a eu pour conséquences que beaucoup de gens ont finit par prêter au Diable des pouvoirs que Dieu n’avait pas. Si quelqu’un manifestait des dons exceptionnels, s’il faisait des miracles, c’était le Diable qui lui en fournissait les moyens, pas Dieu ; Dieu ne peut que maintenir les humains dans la faiblesse et la médiocrité ! Il ne faut donc pas s’étonner que les hommes et les femmes aient signé des pactes avec Satan. C’est logique.



Lorsqu’un être se complaît réellement dans le mal, lorsqu’il s’obstine à travailler consciemment contre les projets de Dieu, contre la lumière, il se charge tellement, il s’obscurcit tellement qu’à la fin il se produit une séparation entre son âme humaine et son âme divine ; l’âme divine, sous la forme d’une étincelle, le quitte pour retourner dans l’océan de la lumière originelle, et privée de cette étincelle, l’âme humaine se désagrège et disparaît. C’est cela la vraie mort. Sinon, quelles que soient les fautes et les transgressions commises, l’âme humaine (mais ce que nous appelons « âme » est composé en réalité de plusieurs âmes) peut toujours se purifier grâce à l’âme divine qui est liée à elle et qui cherche toujours à l’entraîner vers la lumière.



Quant à ceux qui persécutent les autres sous prétexte de prendre le parti du Seigneur, ils se font en réalité les auxiliaires du Diable qu’ils ne cessent de renforcer. Pourquoi partir en guerre contre  le Diable ? le Diable est un serviteur de Dieu, il a un rôle à jouer ; Dieu se sert de lui pour aiguillonner les humains, les pousser à avancer, il n’a pas besoin que les humains l’aident à le combattre, Il sait très bien se débrouiller tout seul, Il l’utilise.



On n’aura jamais d’idées claires sur la question du mal tant qu’on n’aura pas compris que le Diable est en réalité un serviteur de Dieu.



Dans la campagne, près d’un village, une petite fille est occupée à garder des vaches. Elle est assise et elle tricote ou lit. A ses pieds est couché un gros chien noir qui la regarde avec amour, prêt à faire tout ce qu’elle lui demandera. Les vaches sont en train de paître tranquillement et tout va bien. Mais voilà qu’une vache se dirige vers le champ du voisin. Aïe, ça va mal, il y aura des complications ! Alors la petite file envoie le chien : « Vas-y, mords-la ! » Le chien, obéissant, se lève en aboyant et se précipite sur la vache pour lui mordre un peu les pattes ; évidemment la vache qui a peur du chien revient immédiatement dans le champ de son maître, et le chien, tout content, retourner se coucher auprès de la petite fille. Un moment après une autre vache s’éloigne, et de nouveau la petite fille envoie le chien… Parce qu’évidemment les vaches n’ont pas le droit de transgresser les règles et de sortie de la prairie, même si l’herbe du voisin leur paraît plus appétissante ; si elles sortent, on leur envoie le chien.



C’est exactement la même chose avec ce monsieur-là, le Diable. Quand les humains commencent à transgresser certaines règles, il leur arrive ce qui arrive aux vaches qui vont dans le pré du voisin ; le Diable se précipite sur eux, car il a l’ordre de les poursuivre pour les ramener dans les prairies du Seigneur. Dès qu’ils retournent dans la bonne voie, ils ne sont plus poursuivis ; le chien est encore là, mais il ne les mord plus ; eh oui, sachez-le les diables et tous les esprits infernaux sont des serviteurs de Dieu chargés de « garder » les humains. Vous croyez que ce sont les anges qui s’occupent de nous mettre à l’épreuve ou de nous poursuivre ? Ils ont bien d’autres choses à faire !



En dehors d’un Dieu unique, tout devient insensé, tout s’écroule. Rien ne s’explique en dehors de l’Unité. Nulle part le 2 n’est séparé du 1. N’importe quel objet, n’importe quel être a deux extrémités, deux pôles, mais il est toujours un. Le nombre 1 est le premier et le seul nombre ; c’est parce qu’on n’a pas compris cela qu’on croit que le 1 et le 2 existent séparément, c'est-à-dire que Dieu et le Diable existent comme deux entités opposées mais d’égale puissance. Non, c’est faux, le Diable n’existe pas séparément pour tenir tête à Dieu. Le Diable est un aspect de l’unité ; il est loin quelque part dans le Tout, mais il en fait partie, il reste lié à l’unité. Il est impossible de sortir de Dieu, du 1.





On peut dire aussi que le Diable est une partie de l’homme lui-même, son moi inférieur. C’est l’homme qui, au cours de ses incarnations, n’a cessé de l’alimenter par ses faiblesses et ses vices, s’obstruant ainsi la route du Ciel. Mais il existe aussi en l’homme une entité lumineuse, son Moi supérieur, qu’il a formée grâce à des pensées, des sentiments et des actes inspirés par la bonté, l’amour, le sacrifice. Si les humains s’efforçaient de mettre de l’ordre dans leur vie intérieure, ce qu’ils appellent le Diable disparaîtrait, il ne resterait que les deux forces antagonistes avec lesquelles ils doivent apprendre à travailler, comme Dieu travaille avec les puissances des ténèbres aussi bien qu’avec les puissances de la lumière.

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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Archange le Mer 25 Nov - 20:14




Paul Levy – Les Maîtres de l’Illusion : Une vision jungienne des parasites de l’esprit dans le chamanisme hawaïen



Note :
Pour plus d’informations sur le « Virus Wetiko », vous voudrez peut-être lire l’article précédent du même auteur : « La plus grande maladie épidémique de l’humanité«  (non traduit).




© Justin Ornellas




Quelques jours avant mon interview sur l’émission de radio sur internet 

Why Shamanism Now ?
 , j’ai reçu un email d’un anthropologue bien connu, auteur et praticien chamanique, Hank Wesselman. Il m’a indiqué que ce que j’appelais « wetiko » se retrouvait aussi dans la [url=http://www.keola.com/esprit de hawaii/hawaiichamanisme.html]tradition hawaïenne kahuna[/url], qui appelait ces parasites de l’esprit les « e‘epa« .


Il m’a dit qu’il évoquait ces entités de type archontes dans son dernier livre, The Bowl of Light Ancestral Wisdom from a Hawaiian Shaman, que je me suis empressé d’acheter. Quand j’ai découvert la section sur les ‘e‘epa, les yeux m’en sont presque tombés de la tête, car la description des ‘e‘epa par un chaman kahuna hawaïen réputé correspondait presque mot pour mot à ce que j’avais écrit dans mon dernier livre Dispelling Wetiko : Breaking the Curse of Evil.

En approfondissant mes recherches, j’ai peu à peu réalisé que toutes les traditions de sagesse de l’histoire de notre planète ont leurs propres termes et systèmes de symboles pour décrire ce que les Amérindiens appelaient wetiko. Ayant juste terminé un article sur la manière unique dont la Kabbale décrit le mal du wetiko, j’ai récemment commencé à faire des recherches pour écrire un nouvel article sur une pratique particulièrement puissante de la tradition islamique, spécialement conçue pour dissoudre les effets pernicieux du wetiko.

Après avoir pris connaissance des ‘e‘epa, j’avais le sentiment d’être destiné à découvrir un nombre croissant de traditions de sagesse qui expriment à leur manière la psychose du wetiko, chacune avec leur propre vocabulaire. Quel que soit le nom qu’on lui donne, le wetiko est sans aucun doute la plus grande découverte jamais faite.

Pour preuve de l’importance extrême d’en savoir plus sur l’action du prédateur de l’esprit, Don Juan, dans les livres de Carlos Castaneda affirme qu’il s’agit du « sujet des sujets. » Wetiko signifie littéralement « au fond », c’est-à-dire à la racine même de la destruction encore et encore recommencée que nous infligeons aux autres et à la biosphère même dont nous dépendons pour notre survie en tant qu’espèce. Il est très utile de trouver d’autres lignages et traditions qui expliquent à leur manière la maladie du wetiko, car des perspectives multiples nous permettent d’y voir plus clair, augmentant par-là même notre portée et notre capacité à identifier ce qu’aucun modèle ou carte ne peut révéler.






The Bowl of Light: Ancestral Wisdom from a Hawaiian Shaman,

 disponible sur Amazon

Le livre de Wesselmann est une introduction aux enseignements de la sagesse profonde d’un Ancien des kahuna d’Hawaï, Hale Makua. Pour citer la discussion de Makua avec Wesselman, « Les‘e‘epa sont des trompeurs. Certains les appellent les maîtres de la tromperie. » [1]

Fait intéressant, étymologiquement parlant, l’une des significations profondes de « diable » est « le trompeur » (séducteur). Makua, gardien de sagesse d’une lignée polynésienne ancienne, poursuit : « Ce sont des entités psychiques qui circulent librement, des êtres invisibles qui agissent comme des parasites de l’esprit. En tant que tels, ils s’en prennent à ceux qui sont vulnérables à leur influence. »

Le génie de notre esprit, qui permet de créer notre propre réalité, est une tendance que nous partageons tous, il fait que nous pouvons tous nous illusionner; et les ‘e‘epa incitent et amplifient notre propension apparemment innée à nous illusionner nous-mêmes. En raison de notre capacité quasi illimitée à nous voiler la face, le psychiatre R. D. Laing a écrit que notre espèce s’est « piégée elle-même par son propre esprit » [2], un état que je dirais secrètement inspiré par les ‘e‘epa. Les gens qui ne sont pas en contact avec la réalité vivante et auto-authentifiante de leur propre expérience sont des proies faciles pour ces « maîtres de l’illusion ». Comme ils connaissent mal la nature de leurs propres esprits et qu’ils sont excessivement influençables, ils adoptent le regard que les autres portent sur le monde et sur eux. Ils sont donc vulnérables à la pensée unique dominante du troupeau et aux parasites ‘e‘epa.

Certaines personnes « sensibles », comme les médiums et les channels, ont une frontière perméable entre le conscient et l’inconscient. Elles peuvent, même avec les meilleures intentions du monde, devenir les instruments inconscients des maîtres incorporels de l’illusion, et détruire la vie d’autres personnes. Makua explique que c’est parce que : « les imposteurs résident dans la même réalité que les médiums ─ les niveaux de conscience et d’expérience du mental/émotionnel. » Makua poursuit en disant qu’ils adoptent une certaine apparence pour avoir le plus d’impact sur la personne : « ils peuvent tout simplement extraire les images de l’esprit du médium, pour lui apparaître sous cette forme… Les ‘e‘epa disent simplement aux médiums ce qu’ils veulent entendre. » Quand nous sommes inspirés par les « esprits, » c’est toujours une bonne idée de vérifier nos sources, de discerner s’ils sont de la voie de la main droite ou gauche.

Makua note que : « Les ‘e‘epa savent à perfection changer de forme et sont de très bon imitateurs. Ils peuvent prendre les formes qui ont un sens pour ceux qu’ils choisissent de tromper…  ils sont sournois, et leur but est de tromper. Ils se servent de l’illusion, et ce sont les maîtres de cet exercice. » Les ‘e‘epa, autre nom du virus du wetiko, ont pour très dérangeante caractéristique, comme les « tricksters« , d’apparaître sous une forme humaine. Ils se font passer pour nous et enfilent un camouflage « humain », ils nous imitent pour nous tromper. En devenant la proie de leur intelligence factice, bien que surnaturelle, nous perdons notre sincérité. Embobinés et bernés par cet imposteur et imitateur, nous nous mimons nous-mêmes, devenons une simple copie, un duplicata qui se substitue à nos individualités originales et authentiques. Dépossédés de nous-mêmes, nous ne nous appartenons plus, nous nous identifions alors à ce que nous ne sommes pas, tout en nous oubliant, et nous dissociant de ce que nous sommes réellement. Ce faisant, nous avons effectivement « perdu notre âme ».


Le livre de Paul Levy, voir son site.

D’un point de vue « absolu », ultime [3], le virus du‘e‘epa/wetiko n’a pas d’existence objective et indépendante en dehors de notre propre esprit, mais comme il est « relativement » réel, il doit bien évidemment être traité et confronté dans ce niveau de réalité relative.

On peut le comparer à un vampire incapable d’être autonome, de vivre indépendamment. Un vampire ne peut exister que par rapport à nous, en se nourrissant de nous. Aucune entité extérieure ne peut voler notre âme; le phénomène « rêvé » du virus du ‘e‘epa/wetiko, apparaissant dans la sphère de notre esprit, se joue de nous pour que nous la lui cédions nous-mêmes. L’aspect le plus pervers de ce tour de passe-passe du virus du ‘e‘epa/wetiko est qu’en fin de compte il implique l’assentiment de notre propre libre-arbitre, car nous avons choisi, même inconsciemment, d’adhérer à notre condition d’esclave; ce qui veut dire qu’au final nous sommes les seuls responsables de notre situation.

En effet, l’infection du ‘e‘epa/wetiko n’est pas due à une entité qui existe objectivement, indépendamment ou concrètement, c’est pourquoi il n’y a en réalité rien dont nous devrions avoir peur en dehors de nous-mêmes.

Si nous réifions le parasite ‘e‘epa/wetiko en le considérant comme réel, « étranger », doté d’une existence indépendante, et donc comme une grande menace, ce virus de l’esprit alimentera, amplifiera et se nourrira de notre peur. A l’inverse, si nous pensons que le virus ‘e‘epa/wetiko n’existe qu’en fonction de notre imagination, qu’il est « irréel » et qu’il doit être ignoré, nous sommes aussi tombés sous son charme. Il peut alors agir librement en nous, sous le seuil de la conscience.

Ce sont des points très importants, extrêmement paradoxaux, que nous devons embrasser en nous-mêmes pour appréhender les forces de type « trickster ». Le virus du ‘e‘epa/wetiko existe dans une réalité intermédiaire dans laquelle il est à la fois réel et irréel (j’utilise souvent ce paradoxe dans mon livre). Bien que n’existant pas objectivement dans un sens absolu, le pathogène du ‘e‘epa/wetiko se meut dans cette « réalité virtuelle » qui lui permet de détruire non seulement des individus, mais peut-être aussi toute notre espèce. Le fait est que quelque chose qui n’existe qu’en fonction de nous et qui peut libérer des forces destructrices colossales dans le monde jusqu’à peut-être nous détruire, signale et nous introduit à notre puissance créatrice latente, incroyablement vaste, invisible et généralement inexploitée, qui est un droit de naissance inhérent aux humains.

Jung fait référence à cet esprit séducteur sous le nom d’Antimimos, qu’il décrit comme étant « l’esprit malin et imitateur. »

Antithétique à la lumière, Antimimos fait référence à un type de tromperie qui pourrait être considéré comme un  »contre-mimétisme ». Nommé antimimon pneuma dans l’Apocryphe de Jean (Apoc. Jean III, 36:17), cet esprit de la contrefaçon imite quelque chose ─ nous, en l’occurrence ─ mais avec l’intention que la copie, une fausse version, serve un objectif opposé à celui de l’original. En tombant dans le panneau de ce charlatan de l’esprit, nous perdons notre orientation, notre sentiment de vocation spirituelle, notre mission dans la vie, et même notre propre individualité.

L’écrivain et poète Max Pulver, lors de la Conférence Eranos en 1943, a déclaré que l’antimimon pneuma color=#ff0000] le virus du ‘e‘epa/wetiko] est « la racine profonde de tous les maux qui assaillent l’âme humaine. » [4] Le célèbre texte gnostique de la Pistis Sophia explique que l’antimimon pneuma s’est attaché à l’humanité comme une « maladie ».

Makua dit que les ‘e‘epa pourraient être appelés des  »démons ─  des démons interdimensionnels. » Les forces psychiques inconscientes, les « démons » (voyez s’il vous plaît mon article « Sommes-nous possédés? ») ont une réalité psychologique, parce qu’ils affectent et modifient notre expérience de nous-mêmes.

Dans mon livre, j’explique que le démon wetiko a pour origine les parties séparées de notre psyché, ce que Jung appelait des « complexes autonomes« . En raison d’un trauma ou d’une autre sorte de transgression de nos frontières psychiques, une partie de la totalité de notre psyché se dissocie et développe d’elle-même une vie apparemment indépendante et autonome.

Les peuples autochtones du monde entier appellent ces complexes autonomes des « démons ». Ces démons vivent dans les mondes supérieurs (et inférieurs) de l’esprit, de telle sorte que, comme le souligne Makua, ils sont vraiment « interdimensionnels ». Ils circulent librement, ont une grande marge de manœuvre, et traversent les frontières apparemment solides de l’esprit et de la matière, du monde intérieur et extérieur, du rêve et de la réalité. Comme ils n’ont pas les contraintes des lois conventionnelles de l’espace et du temps, ces « démons
interdimensionels » non locaux se manifestent – et se révèlent – par des événements qu’ils forment et qu’ils configurent de façon synchrone dans le monde « extérieur », qui leur permet de s’exprimer.


Tout comme dans un rêve, les événements du monde extérieur reflètent symboliquement un état plus profond de chacune de nos psychés. Les « pouvoirs en place » (terrestres) – les individus et les institutions au pouvoir qui influencent la perception et trompent les masses – sont eux-mêmes des reflets à un niveau inférieur, des instruments de ces « maîtres de l’illusion » des dimensions supérieures qui en définitive forment et guident une grande partie de l’illusion placée en nous, entre nous et parmi nous.

Si nous ne comprenons pas que la crise mondiale actuelle vient de l’intérieur et qu’elle est une expression de la psyché humaine, et qu’à la place nous croyons dur comme fer que les nombreux problèmes auxquels nous sommes confrontés en tant qu’espèce ont une origine concrète, objective et extra-psychique, nous sommes condamnés à répéter inconsciemment et à recréer une souffrance interminable, une destruction de plus en plus grande, comme si nous faisions le même cauchemar encore et encore.

Le virus du mal s’insinue dans l’âme progressivement, de manière inaperçue et insidieuse, mais à un certain point cette leucémie de l’âme est apparemment irréversible, conduisant à la destruction de son hôte. Makua clarifie que : « Les ‘e‘epa encouragent les êtres humains à se polariser négativement… et plus nous nous polarisons de la sorte, plus nous arrivons à un point où nous ne pouvons plus nous corriger nous-mêmes. C’est à ce moment là que les imposteurs nous encouragent à poursuivre dans cette direction. »

Une fois que nous avons chuté dans notre inconscient, et que nous agissons à partir d’un point de vue irréfléchi auquel nous nous sommes identifiés, cette erreur non corrigée est une porte ouverte pour le virus du ‘e‘epa/wetiko qui en nous prêtant sa force déviante nous égare de plus en plus, nous emmenant de plus en plus bas sur une spirale de mort. Nous inspirant une logique inversée, la tête en bas, un illogisme parfait et vraiment mortel (ce que j’appelle dans mon livre une « logique wetiko »), le virus du ‘e‘epa/wetiko influence ceux qui sont sous son emprise pour qu’ils utilisent des déductions fallacieuses leur permettant d’inconsciemment sélectionner les données qui les conduiront invariablement aux conclusions qui ne font que perpétuer l’évitement chronique du nœud du problème.





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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Archange le Mer 25 Nov - 20:22

Suite :

Tout comme les virus ou logiciels malveillants infectent un ordinateur ou un programme pour qu’il s’auto-détruise, les virus de l’esprit comme le pathogène du ‘e‘epa/wetiko programment le bio-ordinateur humain à penser, à croire et à agir de manière à s’auto-détruire. Les personnes qui en souffrent, comme par exemple les personnes en proie à une addiction ou à un trauma, créent involontairement le problème qu’ils tentent de résoudre, s’accrochant désespérément à une fausse conviction, celle-même qui les égare en les torturant et les détruisant.

Makua conclut ce qu’il vient de dire par un avertissement, « C’est là que nous franchissons le seuil et entrons dans le royaume du mal. »

Le mal est simplement l’anti-vie, la vie qui se retourne contre elle. En anglais, « live » (vie) épelé à l’envers donne « evil » (le mal) [NdT : Paul Levy fait aussi un jeu de mot avec "épelé" (spell) qui en anglais signifie aussi un sortilège]. Dans l’âme traumatisée (et dans une certaine mesure, nous sommes tous dans un état de trauma, le trauma de ne pas être nous-mêmes), Freud et Jung ont reconnu qu’il y avait un facteur dans la psyché qui, une fois qu’il était assez puissant et en apparence autonome, maintenait en permanence la souffrance improductive et névrotique. Il y a en nous une autorité agressive, anti-intégrité, comme « fabriquée » par l’agression inversée, réprimée, inexprimée, reniée, retournée contre soi, qui cultive et engendre activement la dissociation dans la psyché.

Le processus fluide, intarissable, auto-réfléchi/réfléchissant, de la psyché sans cesse en évolution, se déployant/s’enrichissant toujours est alors suspendu, rigidifié et gelé dans le temps, dans une boucle de rétroaction apparemment sans fin et auto-générée.

Ce facteur d’inertie, entropique et thanatique semble résister activement à la guérison, nous empêchant de récupérer, redécouvrir et atteindre notre plénitude intrinsèque. Jung explique que ce facteur de dés-intégration est un fragment « morbide » de la personnalité qui inspire une « volonté d’être malade ». C’est comme s’il y avait un contrepoids inconscient à la faculté de la volonté, une « ombre de la volonté », pour ainsi dire, qui interdit la synthèse des fragments de notre expérience dans des constructions et des perceptions significatives qui forment une psyché saine, complète et cohérente.

Dans la mesure où nous sommes inconsciemment possédés et gouvernés par les impulsions inspirées par le virus du ‘e‘epa/wetiko virus, avec lesquelles nous nous identifions, c’est comme si un parasite ou un ténia psychique avait réquisitionné notre cerveau, en trompant son hôte, lui faisant croire que nous nous alimentons et renforçons, alors qu’en fait nous nourrissons le parasite. Ce virus de l’esprit est un pathogène psychique virulent qui insinue des formes-pensées et des croyances dans notre esprit qui, lorsque inconsciemment adoptées, vont le nourrir et finalement tuer son hôte – c’est-à-dire nous.

Comme nous ne sommes pas conscients du virus du ‘e‘epa/wetiko, il colonise littéralement notre esprit et instaure un régime apparemment autonome, un « gouvernement de l’ombre » dans notre psyché (reflété à l’extérieur par un « gouvernement de l’ombre » dans le monde) de telle sorte que nous sommes opprimés dans l’espace souverain de notre propre être. Le virus du ‘e‘epa/wetiko paralyse et bloque l’ego dans un état d’impuissance, d’immobilité, de non-vie, qui vampirise littéralement notre force de vie et notre potentiel énergétique.

Imperceptiblement, des forces psychiques impersonnelles vont peu à peu prendre le contrôle de notre psyché. Un joueur invisible nous pousse comme un pion sur un échiquier, nous sommes animés et manipulés comme des marionnettes. Nous sommes alors constamment « tenus en échec » par ces forces intangibles, qui à notre insu, « jouent » de nous depuis une zone d’ombre de notre psyché non-illuminée. Par rapport à quelque chose dont l’existence est « en vertu de… », le parasite ‘e‘epa/wetiko ne peut exister que par le « manque de vertu » de nos esprits obscurs et mal connus.

Cette partie pathologique de la psyché peut absorber toutes les parties saines de telle sorte qu’elles soient dominées par la maladie, qu’elles soient à son service, comme des esclaves. Pour citer Jung, cette partie morbide et perverse de la personnalité « dévore ce qu’il reste de l’ego normal et l’oblige à prendre le rôle d’un complexe secondaire (opprimé). » [5]

C’est comme si un coup d’État invisible avait eu lieu dans la psyché, pour nous destituer nous, les gouvernants légitimes de notre propre paysage psychique. Nous vivons alors sous une « occupation étrangère » (ce que Don Juan appelle une « installation étrangère« ), nous ne sommes plus les maîtres dans notre propre maison. C’est comme si, coupés en deux, notre main gauche ne savait pas ce que faisait notre main droite.

Quand cette partie pathologique scindée et rebelle « s’incorpore » dans notre psyché, elle prend le pouvoir sur l’organisme vivant et « dicte » ses volontés à l’ego de telle sorte que l’ego croit qu’il se dirige lui-même. Nous avons accès à une liberté apparente et pouvons vivre des vies « normales », tant que cela ne conteste pas, ne menace pas et ne contrarier pas ces forces sinistres qui cherchent secrètement à centraliser le pouvoir et le contrôle. Ce processus interne se manifeste extérieurement, dans le gouvernement des États-Unis et le monde en général, par une tendance incontrôlée vers le fascisme.

Curieusement, lors de la rédaction de cet article, la NSA a fait les titres des journaux du monde entier. Il a été révélé qu’elle surveillait les citoyens américains mais aussi les peuples et gouvernements du monde entier, 24h/24 et 7j/7. C’est un total abus de pouvoir, et un exemple de la logique inversée du wetiko, car le gouvernement prétend « protéger » ses citoyens en les espionnant ─ en les mettant sur « écoute » ─ c’est ridicule.

C’est tout le contraire d’une société libre – avec un gouvernement transparent et une protection de la vie privée des habitants – car le gouvernement américain exige pour lui le secret, tout en détruisant la vie privée de tout le monde. L’espionnage est une caractéristique archétypale classique du modus operandi d’un esprit infecté par la logique de la peur et de la séparation, la condition sine qua non du système d’exploitation du virus du ‘e‘epa/wetiko.

Lorsque ceux qui espionnent se retrouvent à leur tour espionnés, ils considèrent cela comme un outrage inacceptable. Lorsque leurs actions infâmes sont mises en lumière, la NSA se comporte en victime, alors qu’en vérité c’est elle qui a violé les droits humains fondamentaux, c’est elle la coupable/traître, le « bourreau déguisé en victime. »

Les traces de l’action du virus du ‘e‘epa/wetiko se retrouvent dans ce deux poids deux mesures aussi flagrant, cette contradiction logique, cette hypocrisie et cette logique inversée. En violation illégale et criminelle de nos droits souverains de liberté et de vie privée, cette surveillance complète de nos vies, présentée au public comme une chose nécessaire pour notre sécurité, est un exemple de contre-mimétisme en action, car elle recouvre une volonté silencieuse et sous-jacente de pouvoir, de domination et de contrôle qui produit exactement le contraire de son intention publiquement déclarée. Difficile d’imaginer un plus bel exemple vivant de la manière par laquelle opère le parasite du ‘e‘epa/wetiko dans le théâtre du monde.

Le parasite du ‘e‘epa/wetiko ne reconnaît pas et ne respecte pas la fausse dichotomie sujet/objet, agissant en dehors de ces contraintes. Le subterfuge principal du virus du ‘e‘epa/wetiko consiste à tirer parti de l’inexistence d’une réelle frontière entre le monde intérieur et extérieur. Le scandale de l’espionnage de la NSA renvoie à un processus « interdimensionel » qui se déroule dans les profondeurs de l’âme de l’humanité. Ce processus s’est « échappé de nos crânes » et s’est répercuté dans des événements et circonstances extérieures. Le virus du ‘e‘epa/wetiko, se manifeste à l’extérieur mais vient pourtant de l’intérieur. Il utilise le support du monde extérieur comme une toile pour se révéler dans toute son ampleur.

Le processus intérieur du parasite ‘e‘epa/wetiko, opérant secrètement dans notre psyché, est double. Il se trouve à la fois dans notre imaginaire et dans la réalité où il apparaît concrètement. Tous ceux qui ont des yeux pour voir, se rendent compte que la scène internationale est le reflet d’une dynamique qui existe en nous.

Makua poursuit à propos des ‘e‘epa : « Si nous regardons l’état actuel du monde, nous voyons leur influence partout, et à tous les niveaux… Ils s’attachent surtout à nos chefs politiques, économiques, et religieux ─ tous les principaux acteurs du jeu ─ et en toute équité, ces braves gens sont bien conscients de leur influence négative. »

Les gens qui sont contrôlés par le parasite du ‘e‘epa/wetiko ne savent pas qu’ils sont en leur pouvoir, car ce « coup d’Etat psychique » se déroule dans les zones d’ombre de leur inconscient. Par définition, si nous sommes contrôlés par des forces psychiques puissantes, nous ne savons pas que nous sommes possédés par quelque chose qui nous dépasse, et c’est précisément ce que veut le virus du ‘e‘epa/wetiko.

Ceux qui sont attirés par le pouvoir sont particulièrement susceptibles de passer sous le contrôle de ces imposteurs, qui se nourrissent de leur attrait et addiction au pouvoir. Une prédilection pour le pouvoir conduit à un aveuglement égoïste qui peut facilement être repéré, manipulé et amplifié à l’extrême par le virus du ‘e‘epa/wetiko. Les gens qui se trouvent dans des positions de pouvoir matériel et d’influence dans le monde peuvent facilement propager leur pathologie dans le monde entier, contribuant ainsi de manière significative à étendre la portée et la puissance de ce fléau psychique.

Wesselman indique que : « Ce que le chef a dit est tout à fait logique ─ un grand imposteur s’est servi de nos principaux systèmes religieux et politiques depuis des centaines ou même des milliers d’années, semant le chaos, car les ‘e‘epa nous ont poussé de plus en plus loin dans la polarité négative. »

Il semble que nous soyons nombreux à ne pas vouloir voir et affronter consciemment ces forces obscures qui se sont insinuées dans le grand corps politique et qui opèrent à tous les niveaux de notre société. Pour citer Makua : « Une telle résistance culturelle est en partie due à la programmation obscure des imposteurs. » Cette « programmation obscure » est un lavage de cerveau culturel, un sortilège hypnotique entremêlé à la chaîne et la trame de tous les aspects de notre civilisation. Les organes de la propagande massive du virus du ‘e‘epa/wetiko sont les grands médias et l’industrie du divertissement, cette « l’industrie pour nous entraîner » contrôlée par de grands groupes [NdT : jeu de mot avec "entertain" (divertir)]. Nous détournons le regard par crainte d’entrer en relation avec une partie de nous-mêmes. Notre politique de l’autruche, qui consiste à fermer les yeux sur des événements d’une importance collective négative énorme, révèle l’action du virus du ‘e‘epa/wetiko.

Le wetiko est une forme de cécité psychique qui non seulement pense voir, mais croit avec arrogance mieux voir que tout le monde. Le virus du ‘e‘epa/wetiko colore et gère secrètement nos perceptions dans l’obscurité de notre inconscient, de sorte qu’il agit à travers nous tout en passant inaperçu. Le virus du ‘e‘epa/wetiko éblouit, envoûte, et tourmente la conscience de telle manière à ce que nous ne puissions pas voir les points de vue tacites, sous-jacents, par lesquels nous percevons, produisons et donnons du sens à notre expérience habituelle du monde et de nous-même. Une fois infiltré et insinué dans le corps politique, que ce soit celui d’un individu ou d’une société, le virus du ‘e‘epa/wetiko s’imagine perversement être lui-même l’anticorps curatif. Ironiquement, il se fait passer pour une partie réellement saine du système global tout entier (le réel anticorps), à la manière d’une tumeur cancéreuse.

Le virus du ‘e‘epa/wetiko utilise subversivement contre nous notre « génie », celui-là même qui nous permet de créer des réalités. Il peut ainsi littéralement nous ensorceler grâce aux tendances projectives de notre propre esprit. Nous sommes alors fascinés par nos dons et talents intrinsèques qui nous permettent de rêver notre monde. Notre pouvoir divin et créateur de manifester la réalité nous a hypnotisé, et il revient nous frapper comme un boomerang, sapant notre potentiel individuel et l’évolution collective.

Évoquant les ‘e‘epa, Makua dit avec raison que : « Si nous regardons l’état actuel du monde, nous voyons leur influence partout, et à tous les niveaux. Nous pourrions dire que ce sont des vampires psychiques. Ce sont eux les vrais vampires. » En lisant Makua, je ressentais une excitation palpable, c’était comme si je lisais mes propres mots dans le livre de quelqu’un d’autre.

Les légendes et mythes de vampires depuis la nuit des temps décrivent et renvoient symboliquement au virus du ‘e‘epa/wetiko. Tout comme les vampires, le virus du ‘e‘epa/wetiko a soif de ce qui lui manque ─ l’essence mystique de la vie ─ le « sang » de notre âme, notre force vitale. Comme un « mort-vivant », le virus vampirique du ‘e‘epa/wetiko est fondamentalement de la matière « morte » qui « revêt » l’apparence de la vie; c’est seulement à l’intérieur et au-travers d’un être vivant qu’il acquiert un semblant de vie.

Ces vampires psychiques ne peuvent pas se reproduire par leur propre énergie, ils doivent obligatoirement se propager par nous pour que nous puissions les dissimuler, nous « sacrifier » et transmettre à d’autres ce parasite.

Le virus du ‘e‘epa/wetiko anime une forme virulente de psychose, très contagieuse, qui se propage par le canal de notre inconscience partagée. Quand ce virus de l’esprit nous atteint, il a une logique ou un code alién-ant qui affecte/infecte la conscience, tout comme l’ADN d’un virus se transmet à une cellule et l’infecte. Cependant, ses vecteurs d’infection ne voyagent pas comme des pathogènes physiques. Ce parasite errant, fluide et nomade, se propage de manière non-locale dans le champ en se renforçant mutuellement et en se nourrissant de toutes les zones d’ombres de nos inconscients.

Comme Jung nous l’a rappelé, le plus grand danger qui menace l’humanité à notre époque est la possibilité que des millions de personnes (peut-être même des milliards ?) cèdent ensemble aux influences de l’inconscient, renforçant mutuellement leur folie, comme si par une peste psychique qui reste invisible parce que justement sa nature est de rendre aveugle, nous soyons involontairement complices de notre propre auto-destruction.

Makua poursuit : « Les ‘e‘epa sont des forces mentales qui peuvent s’immiscer dans l’esprit humain… à tout instant. Ils utilisent la ruse et la furtivité psychique. Ce sont des adversaires qui sont attirés par les humains car ils veulent acquérir la capacité humaine de l’imagination créatrice. Vous voyez… c’est ce qui leur manque cruellement. Les humains sont des créateurs, eux ne le sont pas. »

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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Archange le Mer 25 Nov - 20:59


Note :



Commentaire de SOTT : Une meilleure façon de le formuler serait de dire que les humains ont la possibilité d’être des transducteurs des forces créatrices, tandis que les psychopathes et les humains infectés par le virus transduisent les forces de l’entropie. Comme ces forces mentales adverses convoitent l’imagination créatrice qui leur manque, si nous ne mettons pas au service de la vie le don divin de notre imagination créatrice, elles utiliseront notre imagination à notre place (et contre nous), avec des conséquences mortelles. Ces prédateurs sont en concurrence avec nous, ils souhaitent que nous leur « partagions » notre propre esprit, pour « s’asseoir dans notre siège. »

Comme ces forces adverses pensent littéralement à notre place, nous ne sommes plus des êtres souverains créant consciemment par la pensée. Nous sommes leurs créations. Il est intéressant de noter que le mot « Satan » signifie « l’adversaire ». Comme un vampire, le virus du ‘e‘epa/wetiko ne supporte pas la lumière, car si nous le voyons agir secrètement dans notre conscience, il perd son autonomie apparente et son pouvoir sur nous. Nous nous élevant en le neutralisant.

Makua déclare à propos des ‘e‘epa que : « Nous devons affronter nos impulsions inférieures sans cesse encouragées par les imposteurs. Nous nous heurtons tous à eux, jour après jour. Ils sont ici depuis longtemps, et ils connaissent intimement l’esprit humain, car c’est là qu’ils résident. »

C’est comme si le virus du ‘e‘epa/wetiko connaissait mieux notre esprit que nous, étant donné que nous ne sommes pas éveillés. C’est comme si, avec le virus du ‘e‘epa/wetiko, un étranger, un « autre » métaphysique, introduisait de façon subliminale des formes-pensées et des croyances dans notre propre esprit, qui si l’on s’y identifie, nous obligent à agir contre nos propres intérêts. De même, les « gnostiques » (ceux « qui savent ») dénoncent le virus du ‘e‘epa/wetiko quand ils évoquent les parasites de l’esprit nommés « archontes », qui infiltrent et subvertissent le fonctionnement de notre propre esprit.

Note :


Voir aussi l’article « Un scientifique mourant de la Nasa dévoile la vérité sur la vie sur Mars » : « C’est important de comprendre que ces êtres peuvent exister à l’intérieur de vous sous la forme de forme-pensées, sous la forme de formes-pensées négatives, et ils se reproduisent eux-mêmes par la langage, et par les choses que vous dites tous les jours. Je sais que c’est très difficile à imaginer, c’est l’une des choses les plus compliquées pour moi à comprendre, nous avons été tellement conditionnés à penser que les aliens sont des créatures vertes qui atterrissent en vaisseaux avec des pistolets pour nous tuer, mais la réalité est bien plus sinistre et horrifiante. Ces êtres existent dans notre propre langage, dans nos propres pensées, et nos propres modèles de pensées. » 

Se référant aux ‘e‘epa, Makua poursuit : « Les affronter et savoir qui ils sont et ce qu’ils sont est la première étape d’un processus de transformation ─ un processus qui peut nous amener à traverser l’horizon des événements que vous avez mentionné, au-delà duquel plus rien n’est jamais pareil. » Pour citer Makua, une fois que nous savons « qui sont et ce que sont » les ‘e‘epa, « notre potentiel de croissance spirituelle et évolutionnaire est infinie. »


Le virus du ‘e‘epa/wetiko ne peut être perçu que lorsque nous réalisons la nature onirique de notre univers, que nous abandonnons l’idée d’un moi séparé, et reconnaissons le champ sous-jacent et profond dont nous sommes tous l’expression, qui nous contient tous, et dans lequel nous sommes tous interconnectés. L’expression énergétique de cette réalisation, le dissolvant par excellence du virus du ‘e‘epa/wetiko, est la compassion.

Makua explique que les « gardiens hautement spirituels qui nous amenèrent dans ce monde » savaient que « l’humanité existait déjà sous la forme d’un rêve. En tant qu’individus, nous sommes les aspects manifestés de ce rêve ─ des aspects qui ont désormais grandi au point de devenir des êtres créateurs comme jamais il n’y en a eu dans ce monde. » En tant que créateurs, nous sommes des organismes autopoïétiques en co-évolution réciproque avec nous et avec l’univers dans son ensemble [NdT : autopoïèse = propriété d'un système de se produire lui-même, en permanence et en interaction avec son environnement, et ainsi de maintenir sa structure malgré le changement de composants]. Pour citer Makua, une fois que nous reconnaissons le virus du ‘e‘epa/wetiko, « nous pouvons participer à notre propre évolution et forger notre destinée personnelle et collective. » En me familiarisant avec les enseignants stimulants et éclairants de Makua, j’ai éprouvé une immense gratitude à l’égard de son incroyable travail.

L’origine du virus du ‘e‘epa/wetiko est la psyché humaine [6] (voir mon article « Le Monde est Psyché » – non traduit), et c’est en identifiant le fonctionnement de ce virus de l’esprit dans notre inconscient que nous pouvons tout changer – voilà le véritable remède. Notre avenir commun dépend principalement des changements qui auront lieu dans la psyché de l’humanité, parce qu’elle est le pivot du monde. Le virus du ‘e‘epa/wetiko exige littéralement que nous prêtions attention au rôle fondamental que le psychisme joue dans la création de l’expérience que nous avons de nous-mêmes et du monde.

Moins nous identifions ce virus du ‘e‘epa/wetiko, plus il paraît puissant et dangereux. Pour citer le texte gnostique de 
L’Évangile de Philippe
, « tant que la racine du mal est cachée, elle est forte, mais si on la reconnaît, elle est détruite, si elle est exposée, elle périt. » [7]

Pour une personne séduite par le charme de la réalité consensuelle convenue collectivement, un tel discours sur les démons, vampires, virus de l’esprit et parasites psychiques, etc, fait penser à tous ces dogmes superstitieux, au new age, à des absurdités spirituelles et à du charabia, ou aux divagations d’une imagination enfiévrée et paranoïaque qui croit en d’étranges théories du complot.

Il convient de souligner que chacun de nous fait l’expérience du virus du ‘e‘epa/wetiko à sa façon, indépendamment des concepts ou des mots que nous utilisons pour décrire l’expérience, ou de notre croyance en ces choses. Nous devrions cependant noter, et cela mérite notre plus grande attention que certains des plus grands penseurs, philosophes, visionnaires et maîtres ont témoigné à leur manière du virus ‘e‘epa/wetiko depuis des millénaires.

La mystique, philosophe et activiste sociale Simone Weil, évoquant l’état de l’humanité, écrit : « C’est comme si le malheur était installé en lui à la manière d’un parasite et le dirigeait à ses propres fins. » [8]

Le maître spirituel révolutionnaire
Gurdjieff dit qu’en observant attentivement, « Vous verrez que vous êtes différent de que ce que vous croyez être. Vous verrez que vous êtes deux. Un qui n’est pas, mais qui prend la place et joue le rôle de l’autre. »
 [9]

Le physicien David Bohm, un des penseurs les plus originaux, radicaux et importants de la seconde moitié du XXe siècle, parle du parasite ‘e‘epa/wetiko à sa façon, quand il écrit : « Semblable à un virus ─ c’est en quelque sorte une maladie de la pensée, de la connaissance, de l’information, qui se répand dans le monde entier… Elle se répand comme un virus et chacun de nous alimente ce virus. » [10] Bohm a réalisé que comme nous n’étions pas conscients de ce virus de la pensée, nous étions tous complices de sa propagation. Il a reconnu que ce virus de l’esprit était la chose même qui « empêchait l’humanité de travailler ensemble pour le bien commun, et donc, pour notre survie. » Il a réalisé que cette « maladie de la pensée » contagieuse s’était introduite subrepticement dans le champ de l’esprit lui-même, lui permettant ainsi de profiter de notre ignorance pour vaquer à sa magie noire.

Bohm se demande alors : « Avons-nous une sorte de système immunitaire pouvant l’arrêter ? La seule manière de l’arrêter est de l’identifier, de le reconnaître, pour voir ce dont il s’agit. Dès que nous le regardons, nous nous penchons sur la source du problème. » [11]

Dans le processus de l’illumination de Bouddha, le fait de voir et de reconnaître la présence et l’activité du virus du ‘e‘epa/wetiko sont des éléments importants. La tradition bouddhiste appelle ce virus « Māra » – le Malin, ou le Ténébreux. Les enseignements du Bouddha soulignent que c’est l’ignorance et l’obscurité, de pair avec la capacité de rendre l’humanité « aveugle » – caractéristiques d’une infection par le virus du ‘e‘epa/wetiko - qui ont été dissipées au moment de l’illumination.

On compare souvent l’image de Bouddha déroutant les armées de Māra au soleil qui dissipe l’obscurité. Après l’illumination, le Bouddha a toujours reconnu l’instant où Māra était apparu; car reconnaître pleinement Māra c’est le vaincre instantanément. C’est pourquoi Māra s’exclame avec consternation et désespoir, « L’Exalté me connait ! » (L’Exalté est le Bouddha, celui qui s’est éveillé à sa nature onirique).

Rappelez-vous aussi de ce que dit l’Évangile Gnostique de Philippe à propos du mal :  »si on le reconnaît, il est détruit. » Bien que Māra (le virus du ‘e‘epa/wetiko) paraissait à un certain niveau en opposition à l’illumination de Bouddha, c’était en fait son allié secret, un aspect projeté de la propre conscience de Bouddha, car Bouddha n’aurait pas pu développer le « muscle » de sa réalisation sans le défi de Māra.

Makua conclut : « Tôt ou tard, nous prenons tous conscience de la présence d’une noirceur en nous ─ l’obscurité dans laquelle nos adversaires – les imposteurs - nous ont entraîné. » Je dirais que plus vite nous faisons la lumière sur « l’obscurité qui est en nous » et en prenons conscience, mieux c’est. Une « illumination » ne change rien si elle ne nous aide pas à illuminer notre propre obscurité.

Comme Jung nous le rappelle, « On ne devient pas éclairé en imaginant des figures de lumière, mais en rendant l’obscurité consciente. » [12] La lumière est finalement révélée par l’obscurité; elle a besoin de l’obscurité, car autrement, comment pourrait-elle être la lumière ? Les ombres sont à la fois l’expression d’une absence et d’une présence de lumière, car il n’y a pas d’ombre sans lumière. Plus l’ombre est noire, plus la lumière qui produit la projection est forte. Nous pensons d’habitude que « l’illumination » est de « voir la lumière », mais « voir l’obscurité » est aussi une forme d’illumination. Il existe une forme supérieure de lumière, encodée et cachée dans l’obscurité, qui transcende la dualité de la lumière VS l’obscurité : c’est la lumière de la conscience elle-même. Cette lumière sans forme a la propriété d’être non seulement invulnérable aux forces négatives de l’ombre, mais de toucher et transfigurer quiconque la « voit ». La lumière de la conscience primordiale, lucide, auto-réflexive, nous éveille à la nature onirique de la réalité.

Wesselman parle de cette lumière dans sa discussion avec Makua :  »Les vibrations des états d’être supérieurs sont connectés à la Lumière qui émane de la Source. Cela révèle sans équivoque que notre être de lumière, notre Âme [notre Soi Supérieur], est un fragment de la grande Lumière spirituelle qui n’est pas soumise à la distorsion des forces obscures. » La meilleure protection contre les influences négatives, et dans certains cas la possession, par les aspects malins du virus ‘e‘epa/wetiko est d’être en contact avec son intégrité intrinsèque, c’est-à-dire être « maître de soi » – en possession de la partie de soi qui ne peut pas être possédée, c’est-à-dire le Soi, la totalité de son être.

Être en contact avec sa vraie nature agit comme une amulette ou un talisman sacré, nous protégeant et nous blindant des effets pernicieux du mal. Nous ne « vainquons » pas le mal en luttant contre lui (dans ce cas, si nous jouons son jeu, nous avons déjà perdu), mais en contactant la partie de soi qui est invulnérable à ses effets. Il est très important de contempler les multiples façons par lesquelles le virus du ‘e‘epa/wetiko dévie la psyché, car ce faisant, nous pouvons découvrir et faire l’expérience directe de la partie de nous qui est incorruptible, qui est l’endroit même depuis lequel nous pouvons apporter des changements réels et durables à notre monde. Ces forces vampiriques non-locales semblent être les gardiens du seuil de notre évolution consciente, en testant l’humanité.

En illuminant l’obscurité, nous devons compter sur une « puissance supérieure » (la « sur-âme » de Wesselman, ou Soi Supérieur), une force en nous qui dépasse et transcende notre propre ego, c’est-à-dire le Soi, notre totalité intrinsèque. Paradoxalement, nous ne nous serions pas reliés avec la totalité du Soi sans l’intervention du virus du ‘e‘epa/wetiko.

Sans une rupture dans sa symétrie, l’ordre supérieur et la vraie nature de notre Être n’aurait pas pu se rencontrer et prendre conscience d’elle-même. S’il n’y avait pas les obstacles du virus du ‘e‘epa/wetiko, nous aurions dû les inventer intentionnellement, car c’est en surmontant les obstacles que nous développons les qualités supérieures dont nous avons besoin pour libérer notre potentiel inexploité. D’ailleurs, le mot « Satan » signifie aussi celui qui crée des « obstacles ».

Tout comme un virus normal mute pour résister aux tentatives de guérison, le virus ‘e‘epa/wetiko, polymorphe et mercuriel, nous oblige à muter ─ et évoluer ─ par rapport à lui. D’une manière très concrète, le virus ‘e‘epa/wetiko nous « soigne » de notre attitude erronée envers lui et envers nous-mêmes. C’est comme si le mal du virus ‘e‘epa/wetiko était lui-même l’instrument d’une intelligence supérieure conçue pour nous relier à une source sacrée, créatrice, en nous-mêmes. Le virus du ‘e‘epa
/wetiko exige littéralement que nous trouvions notre pouvoir et devenions insensibles à son oppression, de manière à mettre un terme à la servitude et nous affranchir. Le parasite du ‘e‘epa/wetiko est à la fois la cause de l’inhumanité de l’humanité, et à la fois la plus grande force catalytique de l’évolution que l’humanité connaisse (ou ne connaisse pas). Il nous confronte à un choix difficile : évoluer ou s’auto-détruire.

Bien qu’apparemment en opposition à notre vraie nature, d’un point de vue plus large le virus du ‘e‘epa/wetiko nous introduit à elle, et est lui-même son expression déguisée. Quand nous en prenons conscience, la question se pose : comme le virus du ‘e‘epa/wetiko nous introduit à une plus grande unité et une perfection que nous ne soupçonnions pas, est-il le plus grand mal, ou au contraire l’instrument du plus grand bien ?

Ce point de vue intérieur où coïncident et se mélangent les opposés ─ la « coincidentia oppositorum » ─ est le point de vue transpersonnel du Soi. Voir à travers la lentille « transpersonnalisante » du Soi nous permet de ne pas nous personnaliser, de ne pas nous figer dans un individu séparé et a priori concret.

Véritable phénomène quantique, [13] le virus du ‘e‘epa/wetiko est simultanément le pire poison et le meilleur des remèdes. Le virus du ‘e‘epa/wetiko fera-t-il chuter notre espèce, continuera-t-il à inspirer notre auto-destruction, ou va-t-il nous éveiller ? Sommes-nous prêts à accepter ce qu’il révèle sur nous ? En tant que phénomène « rêvé », la manifestation du virus du ‘e‘epa/wetiko dépendra de la façon dont nous le rêverons à l’avenir.

Notes




1. Toutes les citations du livre de Wesselman The Bowl of Light (Boulder: Sounds True, 2011) sont extraites des pp. 224 – 237.
2. R. D. Laing, The Politics of Experience (New York: Pantheon, 1971), 73.
3. Les points de vue relatifs et absolus s’interpénètrent tant et si bien qu’ils ne devraient pas être considérés comme séparés. Par exemple, ce serait une erreur de s’identifier uniquement au point de vue absolu (dans lequel le virus ‘e‘epa/wetiko est perçu comme virus « irréel », et où donc il n’existe pas) et de ce fait marginaliser le point de vue relatif; les deux doivent être simultanément honorés.
4. Joseph Campbell, ed. Spiritual Disciplines: Papers from the Eranos Yearbooks, Vol. 4 (Princeton: Princeton University Press, 1985). p. 254.
5. Citation tirée de Minder, « Sabina Speilbrein, Jung’s patient in the Burgholzli, » Journal of Analytical Psychology, 46 (1): 45.
6. J’emploie le terme « psyché » comme Jung, dans le sens où elle inclut la totalité des processus psychiques, conscients comme inconscients. La psyché, comme elle est non-locale, n’est pas juste contenue dans notre crâne; nous sommes entourés, et contenus dans la psyché.
7. II, 3, 83.5-30.
8. Simone Weil, « The Love of God and Affliction, » in Simone Weil Reader, ed. G. Panichas (Mt. Kisco, NY; Moyer Bell Limited, 1977), 441.
9. Extrait d’un texte de Jeanne de Salzmann publié à l’origine dans Gurdjieff: Essays and Reflections on the Man and His Teaching (New York: Continuum, 1996), ed. Jacob Needleman and George Baker; en anglais ici.
10. Bohm, Sur le dialogue, 58.
11. Ibid., p. 58-59.
12. Jung, Alchemical Studies, CW 13, par. 335.
13. Par phénomène quantique, je fais référence à la nature de la lumière – onde ou particule ? La réponse : cela dépend de la façon dont elle est observée (ou comme je le dis, de la façon dont nous la « rêvons »).



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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Archange le Mer 25 Nov - 21:09





Les gnostiques sur les archontes et l’emprisonnement de l’âme


Des extraits remarquables de la Bibliothèque de Nag Hammadi : sur la création de l’homme de chair par les archontes, sur leur culte antique (par des sacrifices), et sur l’esclavage de l’âme au profit de ces puissances ténébreuses.




Alors l’Homme devint visible à cause de l’ombre de la lumière qui est en lui. Et sa pensée fut supérieure à (celle de) tous ses créateurs. Lorsqu’ils regardèrent, ils virent que sa pensée était supérieure.


Et ils tinrent conseil avec toute l’armée archontique et angélique. Ils prirent du feu, de la terre et de l’eau, les mélangèrent ensemble avec les quatre vents de feu, les associèrent ensemble et provoquèrent une grande confusion. Et ils entraînèrent Adam à l’ombre de la mort afin de remodeler à partir de la terre, de l’eau, du feu et du souffle, celui qui provient de la la matière, c’est-à-dire de l’ignorance ténébreuse, du désir et de leur esprit contrefait.

« Voilà ce qu’est le tombeau du remodelage du corps ! Ce que les voleurs ont imposé à l’homme, c’est le lien de l’oubli; et celui-ci est devenu un homme mortel. Telle est la descente primordiale et la séparation primordiale ! Mais Epinoia de la lumière qui est en lui, c’est elle qui éveillera sa pensée !

[Livre des secrets de Jean]

Ils avaient pris beaucoup de peine à façonner le corps de cette âme, voulant y faire déchoir l’âme invisible. Or, ils ont retiré honte à présent de leur ouvrage. Ils ont subi la perte de ce pour quoi ils avaient peiné. Ils ne se sont pas avisés qu’elle a un corps spirituel invisible; ils pensaient « Nous sommes le pasteur qui la paît ».Mais ils ne se sont pas avisés qu’elle connaît un autre chemin qui leur est caché, celui que son pasteur véritable lui a enseigné par la connaissance.

[Enseignement d'autorité]

Revenons aux archontes dont nous avons parlé afin d’en fournir la démonstration : c’est qu’ayant été expulsés hors de leurs cieux en bas sur la terre, les sept archontes se créèrent des anges, nombreux démons, pour qu’ils les assistent. Et ceux-ci apprirent aux hommes force erreurs, magies et sortilèges, cultes d’idoles et effusions de sang, autels et temples, sacrifices et libations pour tous les démons de la terre, ayant comme collaboratrice la Fatalité, qui advint conformément à l’accord intervenu entre les dieux de l’Injustice et de la Justice. Et dès lors que le monde fut ainsi distrait, il erra pendant toute la durée du temps. Tous les hommes de la terre, en effet, ont servi les démons depuis le commencement jusqu’à la fin, les anges, la Justice, et les hommes, l’Injustice. Ainsi le monde fut dans la distraction, dans l’ignorance et l’oubli, et tous ont erré jusqu’à l’avènement de l’Homme véritable. [...]

[« l’Écrit sans titre » (NH II, 5)]

Vous n’êtes pas venus pour souffrir, au contraire, vous êtes venus vous défaire de votre lien. Déliez-vous ! Et ce qui vous a lié vous déliera. Sauvez-vous pour que l’âme soit sauvée ! (…) Ne vous laissez pas réduire en esclavage ! Grand est l’éon de l’éon des vivants, de même que le châtiment des infidèles ! De nombreux liens et des bourreaux vous entourent; fuyez rapidement, avant que la mort ne vous gagne ! Regardez la lumière ! Fuyez la ténèbre ! Ne vous laissez pas réduire en esclavage au profit de la mort !

[Zostrien]

Or voici la vie parfaite : que l’homme se reconnaisse lui-même grâce au Tout.

[Témoignage véritable]

Et ces commentaires p.944 (édition de la Pléiade) :

Sur le contenu vécu d’une telle expérience, le Discours sur la régénération est plus explicite quel’Ogdoade et l’Ennéade. On ne se voit pas soi-même dans l’Intellect comme on s’aperçoit dans un miroir : la vision intellectuelle de soi qui provoque la régénération consiste « à ne plus former ses représentations sous la figure du corps à trois dimensions » (CH, XIII, 13). Cela implique unemutation de la conscience. Il faut s’abstraire de l’environnement des objets visibles, afin de « se rendre étranger au monde » (CH XIII, 1) Il faut aussi rejeter l’évidence illusoire que le moi des autres est contenu dans leur corps : « tu me vois, mon enfant, avec les yeux, mais ce que je suis, tu ne peux pas le comprendre en me regardant avec les yeux du corps et par la vue sensible » (CH XIII, 3). Aussi bien on ne se voit plus soi-même dans son corps, on n’est plus un corps pour soi, c’est comme si l’on était « sorti de soi-même » (CH XIII, 3, 4), non point comme en rêve, mais tout éveillé. Pour cela, il faut « arrêter l’activité des sens corporels » (CH, XIII, 7), attirer ou aspirer vers son moi le plus intime toute l’âme et la conscience dispersée à travers la chair, comme dans la Clef (CH X, 6), où « l’âme étant attirée à travers le corps, l’homme est tout entier transformé dans l’Essence ». On abolit ainsi la différence entre « l’homme matériel », composé des quatre éléments, et « l’homme essentiel » (CH, I, 15), à l’image du Dieu Intellect; on revient au moment où l’homme n’était pas encore incarné ni affecté par les sensations ou par les passions des sept planètes mais demeurait encore dans l’Ogdoade. A ce moment-là, on se sent une faculté euphorique d’ubiquité, on s’élève au-dessus du temps, on devient Eon comme Dieu. La vision de soi-même se change ainsi en vision du Tout. »

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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Archange le Dim 13 Déc - 18:31






Le Rêve Extra-Terrestre : l’Enigme des Archontes

John Lamb Lash



Traduction par Dominique Guillet de l’essai « Alien Dream ».


“Les êtres humains sont dans une quête de conscience qui a été momentanément interrompue par des forces étrangères”. Carlos Castaneda. Magical Passes



De tous les sujets très étranges abordés par les écrits Gnostiques, le plus étrange est sans nul doute la présence des Archontes. Nous sommes ici confrontés à une véritable énigme. Où situons-nous ces entités mystérieuses dans l’histoire du Mythe de Gaïa? Devons-nous les considérer comme des entités réelles, une espèce à part entière, fût-elle extra-terrestre? Quelle est leur relation avec Gaïa, l’intelligence de la biosphère? Et quels sont également leurs rapports avec l’humanité?



Une raison non-ordinaire

Les Gnostiques ont exploré ces questions de manière sobre et conséquente mais si nous voulons les suivre dans leur raisonnement, il nous faut tout d’abord accepter que l’étude du sujet des Archontes ne soit pas rationnelle. Tout du moins, pas dans le sens ordinaire de la rationalité.

Aristote observa que le propre d’un esprit mature est la capacité de concevoir une idée sans la faire sienne. Mon propos n’est pas de pousser quiconque à accepter la théorie Gnostique des Archontes. Tout ce que je propose, c’est que nous l’examinions et que nous l’explorions. L’équanimité est indispensable dans l’approche de l’énigme des Archontes. Cette investigation requiert de faire appel à une capacité que l’on pourrait appeler la raison non-ordinaire.

Ce qu’elle est peut être illustrée par une scène comique de Woody Allen dans son film Manhattan: Un homme rend visite à un psychiatre de la part de son frère qui souffre de l’illusion qu’il est une poule et qui agit en conséquence. “C’est terrible à voir, Docteur. Cette façon qu’il a de glousser et de gratter. Notre famille vit l’enfer. Que pouvons-nous faire? La psychiatrie peut-elle soulager mon frère ?”

Le docteur répond par l’affirmative. “Même dans des illusions aussi extrêmes que celle-ci, la thérapie peut souvent ramener le patient à la réalité”, lui affirme-t-il. “J’accepte de travailler avec votre frère, de faire tout mon possible, mais cela va être long, cependant.” Pensant que son visiteur a repris courage, le psychiatre consulte son agenda. “Quand pouvez-vous m’amener votre frère pour la première session ?” demande-t-il ? Son visiteur fronce soudainement les sourcils: “Désolé, Docteur, j’aimerais bien, mais je ne peux pas. Nous avons besoin des oeufs.”… La réponse de l’homme est complètement rationnelle dans le contexte de son imagination.

Lorsque les Trekkies (les fans de la série télévisée Star Trek) échangent avec passion sur les personnages et les épisodes de cette série télévisée, ils font appel à une raison non rationnelle. Le phénomène d’échange des cartes Pokeman déclencha une explosion de raison non rationnelle chez les enfants qui devaient décliner, avec les détails les plus rigoureux, les caractéristiques et les comportements spécifiques de plus d’une centaine de personnages. Sur internet, les joueurs des MMORPG (Jeux de Rôle en Ligne Massivement Multi-joueurs) assument des identités fictives qui doivent se comporter logiquement, en faisant preuve d’une sorte de rationalité virtuelle.

Le raisonnement impliqué dans de tels jeux de rôles est rigoureux car les joueurs ne peuvent pas laisser leurs “avatars” faire ce qu’ils veulent. Les avatars doivent se conformer à des codes déterminés de comportement. Le développement et le maintien de tels codes fait appel à une raison non ordinaire.

En fait, la raison non-ordinaire est similaire à la raison ordinaire, si ce n’est que son sujet est imaginé plutôt que perçu. Les Gnostiques se devaient de développer leur raison non-ordinaire afin d’interpréter les expériences qu’ils faisaient durant leurs états de perception accrue. On ne peut pas, bien sûr, tout réduire, dans le cosmos ou dans la psyché humaine, à des critères rationnels et ce n’est pas, en tout cas, le but du raisonnement non-ordinaire. L’objectif est d’accéder à une compréhension claire et précise des aspects de l’expérience humaine qui sortent du cadre de la perception sensorielle ordinaire.

Cet essai traite des Archontes dans le contexte de l’exercice imaginal proposé dans mon essai “Coco de Mer”, à savoir de notre participation au rêve de Gaïa. Ce que nous allons apprendre de ces entités, et de nos relations avec elles, va faire appel à une raison non-ordinaire, sans tomber cependant dans du non-sens irrationnel. La contemplation des Archontes n’est pas un exercice de fantaisie ou un jeu de faire-semblant. Loin s’en faut. Si les Gnostiques avaient raison, c’est essentiellement en décelant comment les Archontes fonctionnent que nous pourrons découvrir comment notre mental fonctionne et que nous pourrons revendiquer la puissance souveraine de l’intelligence dont nous a dotés Gaïa.


Visions fractales

Nous pouvons considérer les Archontes comme la progéniture de Sophia mais pas dans le même sens que les espèces nées et nourries dans le sein de Gaïa, à savoir la biosphère terrestre. Ils sont, en fait, appelés Archontes (du Grec, archai “primordial, premier, antérieur”) parce qu’ils émergèrent dans le système planétaire avant que la Terre ne fût formée en un habitat propre à la vie.

Le Rêve unilatéral de Sophia produisit une explosion de puissance du coeur cosmique et la Déesse, jaillissant tel un torrent tumultueux, entra en collision avec les champs inertes de la matière primordiale d’une manière inhabituelle.

Les Gnostiques utilisent le terme “foetus avorté” pour décrire les résultats de cet impact…“Un voile existe entre le monde du dessus et les royaumes du dessous; et les ténèbres vinrent à l’existence en-dessous du voile. Une partie des ténèbres devint matière et se répandit. Et ce que Sophia engendra devint une créature de la matière, tel un foetus avorté”. (L’Hypostase des Archontes, 94:5-15).

Nous pouvons maintenant ajouter une modification graphique à l’icone du Coco de Mer afin de suggérer comment les Archontes émergent du Rêve de Sophia, telle une fuite placentaire. Comme nous l’avons expliqué dans l’essai précédent de cette trilogie, le Coco de Mer, avec ses détails cosmiques, représente la “protennoïa trimorphe”, le monde corporel primordial tripartite du Rêve de Sophia. Notre monde, à savoir la biosphère terrestre couplée avec le soleil et la lune, est la manifestation de ce Rêve.

De par l’émergence des Archontes, un autre Rêve entre en jeu à l’extérieur de l’ordre de notre monde tripartite. Je propose de l’appeler le Rêve Extra-Terrestre. (Ce choix de langage va s’éclairer au fil de l’exposé).

Cet autre Rêve est un produit dérivé du pouvoir de manifestation de Sophia, un débordement exotique qui ne contrecarre pas, cependant, Son Rêve originel. Le Mythe de Gaïa décrit comment la collision entre l’Eon Sophia et la densité de la matière atomique produisit une fracture massive, à l’image du schéma d’éclatement de la glace d’un lac gelé.

Le schéma a un centre où se trouve Sophia (identifié par l’Ensemble de Mandelbrot) et un réseau, en toile d’araignée, de lignes de fracture qui courent en tous sens (la mer gelée de vagues fractales). L’épisode 9 décrit comment Sophia, située au centre de la zone d’impact, perçoit autour d’Elle quelque chose de semblable à une mer de vagues extensibles et, chevauchant les vagues, ou plutôt composant les vagues qu’ils semblent chevaucher, apparaissent des formes qui se répètent et qui ressemblent à des hippocampes. Ces hippocampes sont semblables aux formes qui apparaissent avec une valeur élevée d’itération de l’équation de l’Ensemble de Mandelbrot.

Ces formes correspondent au type anatomique spontanément généré, à partir de la matière atomique amorphe, par l’impact de Sophia, un type appelé “le corps d’ombre”, “Haibes” en Copte.

Quelques mots sur les fractales: bien que des structures de type fractal apparaissent dans la nature (dans les fougères, par exemple, la disposition des feuilles sur la tige se répète dans la forme des branches), les formes auto-similaires produites par un nombre d’itérations élevé ne sont pas naturelles, à strictement parler.

Les fractales, telles que celles qui sont présentées ici, résultent d’une formule mathématique entrée dans un ordinateur et qui se reproduit à l’infini. Il est vrai, cependant, que les formes ainsi produites ressemblent aux célèbres “tissus cachemire” perçus par de nombreuses personnes prenant du LSD dans les années 1960. Je voudrais préciser, tout d’abord, que les fractales sont communément perçues dans des états altérés de conscience et qu’ensuite il se peut que les images ainsi perçues représentent des processus réels, bien que surnaturels, à l’oeuvre dans tout le cosmos.

Les formations fractales décrites dans le Mythe de Gaïa (épisodes 9 et 10) sont des phénomènes physiques réels qui se manifestent spontanément lorsqu’un Eon (un flux de plasma stellaire sans masse) jaillit dans les champs denses de la matière élémentaire.

Ces “hippocampes fractals” semblent tout d’abord être des structures inanimées, rigides et de nature quasi cristalline mais elles s’animent ensuite de par le fait même que Sophia les contemple. Dans la seconde phase de développement décrite dans la Protennoïa Trimorphe, l’Eon Sophia “descend pour animer ses membres déchus en leur conférant l’esprit ou le souffle”. Les formes extensibles se métamorphosent donc d’hippocampes semi-rigides en formes foetales arrondies avec des queues mais ces queues, semble-t-il, ne cessent de tomber et de se transformer en d’autres embryons. Au travers de ce processus bizarre d’auto-génération permanente, la horde foetale des Archontes voit le jour.


Le chef des Archontes

L’Hypostase des Archontes décrit ensuite un développement subséquent à l’émergence initiale des entités foetales Archontiques.

Dans le passage cité, j’ai recours à des concepts issus de l’astronomie moderne afin de dresser un tableau plus vivant d’événements que l’on peut supposer avoir été observés par les initiés Gnostiques dans le cosmos:“ Un voile existe entre le monde du dessus (au coeur de la galaxie) et les royaumes du dessous (l’extérieur, les bras de la galaxie); et les ténèbres vinrent à l’existence en-dessous du voile. Une partie des ténèbres (matière noire) devint matière (atomique) et se répandit (se forma partiellement en champs élémentaires, le dema).

Et ce que Sophia engendra (par son impact) devint une créature de la matière, (une forme foetale) tel un foetus avorté. Et (une fois créée) cette créature assuma une forme plastique façonnée à partir des ténèbres et devint une bête arrogante ressemblant à un lion. Elle était androgyne, car issue de la matière (neutre, inorganique).” (Hypostase des Archontes. 93:30. , avec mes commentaires entre parenthèses).

Une lecture attentive révèle un détail crucial: après la formation initiale des types Archontiques embryonnaires, une seconde variation de “corps d’ombres” émerge avec des caractéristiques qui lui sont propres. L’Hypostase des Archontes la décrit comme “une bête arrogante ressemblant à un lion” mais cette créature est également décrite (dans un autre texte cosmologique, l’Apocryphe de Jean, 10:5) comme un “corps de serpent (drakon) avec une tête de lion”.

Il existe donc deux types distincts d’Archontes: un type embryonnaire ou foetal et un type reptilien ou draconique.

Dans l’Hypostase des Archontes, (93:30 – 94:5), Noréa demande au grand ange Eleleth “Instruis-moi sur les facultés des Archontes, comment vinrent-ils au monde, et par quel type d’enfantement, de quel matériau et qui les a créés et qui a généré leur force”. Les enseignements donnés en réponse à cette question sont précis et détaillés. Deux variantes distinctes du type Archonte sont mentionnées et leurs comportements sont également spécifiés.

Un autre traité cosmologique, le Tractate Tripartite, affirme que “deux ordres (d’Archontes) se combattirent, luttant pour le contrôle en raison de leur manière d’être” (84:5-15). De par les deux phases distinctes de leur création, les Archontes sont dotés d’une nature agressive et prône aux divisions et ils se combattent entre eux. Le problème est momentanément résolu, cependant, lorsque le type reptilien établit sa maîtrise sur les hordes massives de type foetal et en fait sur la totalité du champ élémentaire affecté par la descente de Sophia.“Ouvrant ses yeux, il (l’Archonte Dragon) vit une vaste quantité de matière sans limite (disséminée dans les bras galactiques) et il devint arrogant et dit: ‘C’est moi qui suis Dieu (le seul Dieu de ces régions) et il n’en existe pas d’autres’”. (Hypostase des Archontes. 94:20).

Alors que les Archons de type foetal sont inertes, leurs formes ayant été figées lors d’une phase immature de développement, le leader reptilien est agressif, il défend son territoire et il possède des pouvoirs diaboliques. Avant toute chose, il fait preuve d’une capacité formidable de changer de formes:

“Ialdabaoth possédait un nombre de visages plus grand que tous les autres et il pouvait se montrer devant tous les autres avec le visage qu’il souhaitait … Il partageait son feu avec eux, et il devint ainsi leur souverain. A cause du pouvoir de gloire qu’il avait acquis de la lumière de sa mère, il s’appela lui-même Dieu. Et il ne prêta pas allégeance au royaume dont il venait”. (Apocryphe de Jean. 11:35 – 12:10).

La déclaration du souverain Archonte selon laquelle il est le seul dieu dans le cosmos est, nul besoin de le préciser, un épisode clé de la cosmologie Gnostique – si ce n’est même de toute l’évolution humaine.

Tous les textes cosmologiques décrivent cet événement, avec de légères variations. Les Gnostiques insistaient sur le fait que Yaldabaoth ne fait qu’un avec Yahvé ou Jéhovah, le dieu tribal des Hébreux. Cette déité est non seulement aveugle, elle est stupide et démente. (Hypostasis des Archontes. 89:24-25).

Pour les Gnostiques, la démence n’est pas tant le déséquilibre du mental que la conséquence de l’incapacité de corriger les erreurs mentales. La mentalité des Archontes “ne peut pas être amendée” et ce qui est pire, “la nature archontique est incapable de développement” (Gilhus. La Nature des Archontes, page 40).

En raison de la façon dont ils ont été engendrés, les Archontes ne possèdent pas d’Ennoïa, de volonté intrinsèque. Ils ont, à sa place, un Rêve Extra-terrestre qui est dissocié de la sphère de vie intelligente de Gaïa, à savoir la biosphère.

Le concept d’une divinité qui est à la fois démente et dépourvue de volonté est apparemment unique au Gnosticisme. Il va sans dire que lorsqu’ils exprimaient leur vision quant à l’identité de Jéhovah, les Gnostiques ne suscitaient pas beaucoup d’approbations de la part des Juifs dévots ou des Chrétiens qui révéraient également le Dieu paternel des Juifs.

L’Apocryphe de Jean ajoute des éléments cruciaux au scénario des Archontes. C’est, en fait, le seul texte qui appelle Sophia, la mère des Archontes. Il est également dit du souverain des Archontes “qu’il ne prêta pas allégeance au royaume dont il venait.” C’est un élément essentiel. Le fait que le chef des Archontes ne reste pas dans les sphères dont il est issu représente pour les Gnostiques une préoccupation essentielle: les Archontes sont enclins à ne pas respecter les limites de leurs territoires. Dès l’origine, les Archontes constituent une espèce envahissante.

Il est dit que l’Archonte Dragon est aveugle (en Copte Bille), il ne peut donc percevoir ni le Plérome, ni Sophia. “Les Archontes se caractérisent par une incapacité à percevoir le monde spirituel”. (Gilhus, La Nature des Archontes. Page 17). Il est appelé Samael et Saklas. Samael est un terme Hébraïque et Saklas est un terme Araméen pour “celui qui est aveugle”. Il est excessivement important d’appréhender la cécité des Archontes afin de déceler comment ils influent sur l’humanité.


Alias Jéhovah

Le chef des Archontes est aussi nommé le Seigneur des Archontes. On lui donne aussi parfois le nom étrange Yaldabaoth. Les érudits ne peuvent se mettre d’accord quant à la signification et à l’origine de ce nom. Selon une traduction, il signifie “l’enfant qui traverse l’espace”. Selon une autre, il signifie “le chef de la horde” (Jarl Egil Fossum. The Name of God and the Angel of the Lord. Pages 332/336). Ce nom semble ainsi suggérer des allusions aux deux types d’Archontes.

Dans l’Ancien Testament, le nom yhwh seba’ot, Yahvé Sebaoth, est utilisé 276 fois pour désigner le titre du dieu paternel. (Dictionnary of Deities and Demons in the Bible. Page 155).

Gershom Sholem, érudit prééminent de la Cabale et du mysticisme Juif, expliqua le nom Ialdabaoth comme “un composé entre le participe actif Araméen yaled (engendrer) et le nom Abaoth, qui représente une forme abrégée du nom Sabaoth. Ainsi, ‘Ialdabaoth signifie celui qui engendre Sabaoth’.” (Nathaniel Deutsch. The Gnostic Imagination. Page 55).

Et il existe encore une demi-douzaine d’autres interprétations. Il est vraisemblable que le nom Ialdabaoth soit simplement une variante du nom Jéhovah, le dieu paternel des Hébreux.

Les Gnostiques identifiaient Jéhovah avec le Seigneur des Archontes et rejetaient l’Ancien Testament et tout le plan Judaïque de rédemption comme un subterfuge des Archontes.

Il fait ainsi du sens qu’ils aient utilisé le terme même utilisé par les Juifs afin de dénoncer la vraie nature de la déité Juive. Lorsqu’était en jeu une connaissance qu’ils estimaient essentielle à la survie humaine et à la co-évolution de l’humanité avec Sophia, les Gnostiques pouvaient être très conflictuels et ne pas se soucier du tout de ceux qu’ils pouvaient offenser. Leur attitude intransigeante, et parfois même méprisante, en sus de leur incapacité à prévoir l’intensité de violence physique déclenchée par leur remise en question des croyances Judéo-Chrétiennes, attisa sans nul doute le fanatisme vicieux qui détruisit les Mystères.

Le grossissement de l’engendrement fractal des Archontes présente une image graphique qui semble correspondre au scénario décrit par les voyants Gnostiques.

Le type embryonnaire, ou Archonte foetal, est clairement défini de même qu’une autre entité, l’Archonte reptilien avec sa mâchoire avide et sa longue queue spermique. Cette “bête arrogante” semble se précipiter sur les entrailles du type embryonnaire. Juste à l’endroit où l’Archonte embryonnaire aurait un cordon ombilical nourricier, les reptiliens l’envahissent.

L’Archonte foetal reste passif, suçant apparemment son doigt ou son pouce. Quelque chose de bizarre se passe dans la partie inférieure du corps foetal car sa queue d’hippocampe est jointe au tronc de façon précaire. Le type embryonnaire reste absorbé en lui-même mais il réagit cependant à l’agression du type archontique en abandonnant sa queue, comme le font les reptiles effrayés. On peut se demander si la queue dissociée va se métamorphoser en un autre type foetal ou en un autre type reptilien.

La forme reptilienne semble bien se répéter de façon fractale dans la structure caudale du type embryonnaire comme si la queue dissociée devenait une entité indépendante, plutôt qu’un autre embryon.

L’élément de peur est très présent dans le comportement des Archontes et dans leur influence sur l’humanité. Dans l’Ancien Testament, la peur de Dieu est considérée comme une des manifestations les plus élémentaires de l’expérience religieuse.

La possibilité que la peur humaine soit une sorte de nourriture pour certaines espèces extra-terrestres envahissantes a été largement évoquée dans les débats sur les ET/OVNI. Le Second Traité du Grand Seth affirme que le programme des Archontes est “la peur et l’esclavage”. Les Archontes veulent maintenir l’humanité “sous la pression de la peur et des tracas”. D’autres passages mettent en garde contre le fait que les Archontes utilisent la peur comme une arme psychologique.

Un autre détail frappant révèle que le type reptilien semble tenir une sphère dans ses mâchoires, ce qui rappelle l’image mythique d’un serpent qui offre le fruit défendu: ainsi, le Serpent dans le Jardin d’Hyperborée avec une pomme d’or dans la bouche. L’Archonte embryonnaire consomme-t-il de ce fruit rond?

Les Gnostiques avaient leur propre version de ce qui se passa réellement dans le Jardin de l’Eden et des événements dans lesquels les Archontes étaient profondément impliqués et il n’est peut-être pas surprenant de déceler des indices du scénario du Paradis à ce stade primaire d’activité cosmique.

Tout ce processus de génération fractale des Archontes est imaginal mais ce n’est pas imaginaire, à savoir ce n’est pas une création pure et simple de notre mental. Recréer ce que les initiés Gnostiques ont observé fait appel à un usage sobre de l’imagination, ce n’est pas une fuite dans un monde illusoire. La raison non-ordinaire est nécessaire pour décrire ce qui arrive ici mais le scénario qui se déroule est entièrement raisonnable et cohérent en fonction de ses propres critères.


Conflit foetal

Quelle que soit la manière dont les voyant Gnostiques des Mystères en vinrent à imaginer la naissance des Archontes, les fractales à itération élevée de l’Ensemble de Mandelbrot s’appliquent à ce scénario de façon mystérieuse. Et ce d’autant plus, que les fractales embryonnaires et reptiliennes imitent les processus de gestation humaine (ou vice-versa).

Dans la conception humaine, l’ensemble embryonnaire est constitué de deux parties: le sac amniotique et le foetus qui lui est attaché et qui est suspendu dans le liquide amniotique. Au moment où l’embryon commence à pouvoir être déterminé de façon anatomique, il ressemble à un poisson ( un fait que la science médicale aime à souligner pour nous rappeler nos origines pré-humaines). Il possède distinctement une tête et une queue et un troisième élément qui est le cordon ombilical qui le connecte au sac amniotique au travers duquel il est alimenté.

La procréation fractale des Archontes exhibe toutes ces caractéristiques de façon claire et précise. Lorsque l’embryon croît, le sac amniotique se contracte et une phase de développement secondaire se met en place. Le cordon ombilical est également connecté à l’allantois, une vésicule qui emplit l’espace entre l’amnion et le chorion, à savoir l’enveloppe extérieure du sac placentaire. Une sorte de tension morphologique se manifeste entre toutes ces structures en évolution: pour que la vésicule allantoise puisse se développer, elle doit comprimer le sac amniotique qui alimente le foetus en croissance. Ce n’est que lorsque la vésicule allantoise se développe ainsi que le placenta protecteur peut arriver à pleine maturité.

Une tension similaire existe entre les Archontes embryonnaires et les Archontes reptiliens. De la même façon que le développement embryonnaire chez les humains se partage entre la croissance du foetus alimenté par le sac amniotique et la contraction de ce sac amniotique pour permettre le plein développement du placenta à partir de la vésicule allantoise, de même le pouvoir des Archontes est divisé par la nature de leur conception (“à cause de leur manière d’être”, cité ci-dessus).

Ce conflit est partiellement résolu lorsque le type reptilien établit sa domination sur la horde massive des Archontes foetaux.Les Gnostiques savaient certainement à quoi ressemble un foetus. Moralement opposés à la procréation biologique par les humains, ils étaient connus pour pratiquer le contrôle des naissances et il se peut qu’ils aient aidé autrui en cela. Ils avaient dû observer, par expérience directe, qu’un foetus avorté à un stade avancé ne ressemble pas à une omelette à moitié-cuite; il possède déjà les caractéristiques d’une forme anatomique.

Leur choix de cette métaphore étrange doit avoir été intentionnel et doit avoir été un reflet de leur perception occulte selon laquelle l’anatomie Archontique mime la forme foetale des humains. Une telle métaphore est extrêmement précieuse non seulement parce qu’elle nous permet de visualiser ce que les voyants Gnostiques avaient découvert par la perception extra-sensorielle mais aussi parce qu’elle établit une corrélation étroite entre l’espèce humaine sur terre et les Archontes pré-terriens.Pour un développement de cette corrélation, nous invitons le lecteur à se reporter au paragraphe en conclusion de cet essai “Cosmic Cousins”.


Le Pouvoir du Serpent

La description de Yaldaboath en “serpent à tête de lion” est saisissante. Pour les Gnostiques, le lion représentait la force aveugle de la procréation (une association qui tire probablement son origine des Centres de Mystères Egyptiens, sans même parler de la force et du bruit propres à l’accouplement des lions dans le désert), et donc l’image du corps en forme de sperme des reptiliens à tête de lion est encore plus appropriée.

Le type draconique de l’Archonte apparaît sur les bijoux gnostiques, non pas parce que les Gnostiques rendaient un culte aux reptiliens – loin s’en faut – mais parce qu’ils considéraient ce symbole comme un antidote magique à l’influence Archontique.

Tout comme un crâne sur une étiquette indique un liquide toxique, afin de le différencier d’un liquide propre à la consommation, l’image du lion-serpent était représentée sur les amulettes Gnostiques pour se prévaloir contre l’intrusion Archontique.

Le serpent à tête de lion des Gnostiques est appelé par des noms magiques tels qu’Ophis, Knuphis et Abrasax.

Dans l’anatomie occulte du mysticisme Asiatique et du Yoga, ce reptile est connu comme la Kundalini, le pouvoir du serpent.

Les Gnostiques qui pratiquaient le yoga de la Kundalini étaient appelés des Ophites, du Grec ophis qui signifie serpent. Ce culte fut condamné par les premiers Chrétiens comme un culte païen “d’adorateurs de serpents”.

Pour le commun des mortels non initiés, le serpent de la Kundalini ne peut être conçu que de façon primaire. Pour les Gnostiques, le serpent à tête de lion couronnée de rayons du soleil était non seulement le symbole du Seigneur des Archontes mais également la source du pouvoir spirituel qui permet aux êtres humains de résister à ces entités.

Les experts en Gnosticisme qui ne sortent pas du cadre du Gnosticisme pour le comprendre ne mentionnent jamais la Kundalini alors que les érudits ésotériques et non conventionnels tels que G. R. S. Mead, Helena Blavatsky et C. W. King (Gnostic and their Remains) établissent cette corrélation de façon routinière tout comme les érudits en mythologie comparée tels qu’Alain Daniélou et Joseph Campbell.

Dans l’ouvrage “The Inner Reaches of Outer Space”, Joseph Campbell montre comment l’image de la Kundalini, le “serpent de pouvoir” apparaît dans l’art en partant de la vallée de l’Indus, aux alentours de 2300 avant notre ère, en passant par toutes les cultures antiques pour arriver à l’ère moderne.

Aussi tardivement qu’au 16 ème siècle, les thalers en or en Allemagne (Campbell, figure 8) montraient la crucifixion sur une face et un serpent drapé sur la croix sur l’autre face.

A cette époque tardive, le Christ pouvait être identifié avec la Kundalini – sans qu’on ait la moindre idée du pourquoi, cependant – mais pour les Gnostiques, le serpent sur la croix annulait le pouvoir de rédemption attribué à la crucifixion (à savoir la glorification de la souffrance comme une force de rédemption).

L’éveil de la Kundalini génère l’extase, éveille la supraconscience, développe les facultés occultes et libère des vagues d’énergie de guérison qui suscitent des flux de sécrétions hormonales et physiologiques au travers de tout le corps.

En tant que serpent mythique gardien de l’Arbre de Connaissance dans la Genèse, la Kundalini était le “messager de la rédemption” pour les Gnostiques.

Dans un renversement complet de l’interprétation conventionnelle de la Chute, les Gnostiques considéraient le serpent comme un allié spirituel pour l’humanité originelle, “les premiers à tenter de libérer l’humanité de l’esclavage à un dieu inconscient qui s’était identifié avec l’Absolu et avait ainsi entravé le chemin vers l’arbre de la vie éternelle”. (Campbell. Page 78).

Le “dieu inconscient” qui s’identifie faussement avec l’Absolu est bien sûr Yaldabaoth, alias Jéhovah.

Les Gnostiques enseignèrent que le noos, à savoir l’intelligence spirituelle conférée à l’humanité, pouvait être bloqué par les Archontes. Ce blocage se manifeste au travers de l’intrusion Archontique (qui sera le sujet d’un essai ultérieur d’accompagnement “How we are Deviated”) impliquant une sorte d’invasion subliminale au niveau de la pensée et du langage (c’est à dire de la syntaxe mentale).

Mais le noos pourrait être renforcé en accédant au pouvoir de la Kundalini, un courant d’extase qui reste normalement dormant dans le corps humain. Dans sa monographie sur les Archontes, I. S. Gilhus note que “la stratégie érotique est le moyen le plus important utilisé par les Pneumatiques pour préserver la lumière perdue” (page 51).

Pneumatique est le terme Gnostique qui désigne les humains qui suivent le chemin de l’illumination psychosomatique, la technique fondamentale de la religion Gnostique. Pneuma, la “force spirituelle” est développée en cultivant le noos, “l’intelligence supérieure”. Mais les Archontes dressent une résistance aveugle à ce processus: en bref, ils escomptent que les humains restent ignorants de leur potentiel spirituel inné.

Lorsque la Kundalini s’éveille de son état de dormance, l’intelligence supérieure s’épanouit et d’autres effets se font également sentir. Certains groupes Gnostiques, tels que les Ophites, pratiquaient l’éveil collectif de la Kundalini afin de générer une enveloppe protectrice contre l’intrusion Archontique.

Ils voyaient, en effet, dans la Kundalini, l’énergie spirituelle et sexuelle bloquée dans la structure du corps, l’instrument principal de défense contre les Archontes. Le Dialogue du Sauveur (NHC III, 5.85) contient cet échange:

“Judas dit, ‘Regardez, les Autorités (Archontes) demeurent au-dessus de nous et c’est donc eux qui nous domineront’.

Le Sauveur répondit, ‘C’est toi qui les gouvernera. Mais seulement lorsque tu te seras débarrassé de la jalousie, que tu accepteras la protection de la Lumière et que tu auras pénétré dans le nymphion (la chambre nuptiale)’”.

L’enseignant-sauveur insiste fortement sur le fait que nous pouvons contrôler les Archontes mais il dit clairement aussi que certains défauts humains invalident l’usage de ce pouvoir.

Le mot Grec phthonos peut être traduit par “jalousie” ou “envie”. Les Gnostiques considéraient que la jalousie est la signature des Archontes et le défaut humain clé qui nous rend vulnérable à leur intrusion. “La protection de la Lumière” émane de l’activation de la Kundalini, souvent décrite comme une vague de lumière électrique à l’image de l’éclair qui se déverse dans le corps.

“Nymphion” est un terme codé désignant une cellule ambiante de protection psychosomatique générée par des activations intenses de la Kundalini. Sir John Woodruffe, le célèbre transmetteur de la sagesse Hindoue Tantrique en Occident, identifia pleinement la pratique du yoga de la Kundalini (l’éveil du pouvoir du serpent au travers des canaux de la colonne vertébrale) avec les rites Gnostiques de “culte du serpent”. (Shakti and Shakta. Page 191).

Les érudits Bouddhistes, tels que E. A. Evans-Wentz, J. M. Reynolds et H. V. Guenther ont fait des observations similaires alors que les érudits Gnostiques ne leur ont pas rendu la pareille car ils ne cherchent pas en dehors de leur genre afin de comprendre la théorie et la pratique du Gnosticisme.

Le symbole du lion-serpent est dépeint à maintes reprises sous forme de hiéroglyphe sur les murs du Temple d’Horus à Edfu, à 60 km au sud de Nag Hammadi.

Dans le culte d’Hathor qui y fut célébré, le lion-serpent représentait la “semence royale” des pharaons. L’enfant royal Horus est souvent dépeint suçant son doigt et cela nous rappelle très concrètement la posture des Archontes embryonnaires.

Les prêtres Egyptiens, qui contrôlaient les accouplements dans les familles dynastiques, possédaient-ils une connaissance intime de la Kundalini tout autant que des Archontes ?

Le serpent de la Kundalini est dépeint dans l’art sacré Egyptien par un cobra érigé ou un couple de cobras, lovés parfois autour d’un bâton, et par l’uraeus, la coiffure de cobra de la puissance divine. La tresse cérémoniale, sur le côté de la tête d’Horus, était également un symbole du pouvoir du serpent.

La tresse pharaonique, traditionnellement portée sur le côté droit de la tête, est une répétition visuelle des cobras spermatiques d’Edfu. L’iconographie sacrée véhicule des connaissances explicites mais hautement occultes.

Horus est l’enfant dont les fonctions cérébrales du cerveau droit sont accrues par le pouvoir du serpent. L’imagerie “ésotérique” du pouvoir du serpent est à l’oeuvre sur plusieurs plans simultanément. Nous allons voir que le symbolisme biologique complexe du mythe Gnostique a beaucoup à nous apprendre quant à la nature des Archontes et quant à la façon dont nous pouvons leur résister.


Le Viol d’Eve

Ialdabaoth est également nommé l’Archigéniteur, le “maître géniteur” (Apocryphe de Jean II, 12.25). Les Gnostiques, chez lesquels l’éthique devait être en harmonie avec la cosmologie, considéraient la procréation biologique, pour autant qu’elle est un acte involontaire, comme un mécanisme inconscient qui fait des humains les instruments du Seigneur des Archontes.

Les informations concernant la procréation par Ialdabaoth de son propre type, son contrôle de la procréation des types embryonnaires, et peut-être même son implication dans des croisements avec les êtres humains, sont parmi les éléments les plus déconcertants du mythe de Sophia.

Plusieurs textes des Codex de Nag Hammadi décrivent la tentative des Archontes de “violer Eve”: c’est à dire d’inséminer l’espèce humaine.

Il est clair, cependant, selon le texte, qu’ils échouent dans leur entreprise. L’Hypostase des Archontes décrit cet épisode:“Les Archontes s’approchèrent alors d’Adam et lorsqu’ils aperçurent sa contrepartie femelle parlant avec lui, ils devinrent très agités et ils furent attirés par elle. Ils se dirent l’un à l’autre ‘Allons, semons notre semence en elle’ et ils la poursuivirent. Et elle, la mère du vivant, se moqua de leur stupidité et de leur aveuglement; et au moment de tomber dans leurs griffes, elle se transforma en arbre et laissa, devant eux, un reflet d’ombre d’elle-même.” (89:15-25).

Ce passage met en valeur la sophistication imaginale de la vision Gnostique. Les voyants Gnostiques perçurent la tentative des Archontes d’inséminer Eve – d’interférer avec la génétique de l’espèce humaine, pour ainsi dire – mais ils observèrent également que cette tentative fut un échec. La métamorphose d’Eve en arbre est réminiscente du mythe Grec de Daphné qui se transforma en laurier. (Ce parallèle prouve que la cosmo-mythologie Gnostique ne fut pas le fruit du hasard mais un système de connaissance visionnaire profondément enraciné dans la vie mentale indigène de l’Europe pré-Chrétienne).

Pour les Gnostiques, les visions qu’ils contemplaient, lors d’états altérés de conscience, étaient empiriquement réelles et pouvaient être expérimentées. Grâce à ces visions, ils étaient capables d’accéder à une perception extraordinaire des mondes supra-humains, des activités des divinités, des relations de l’humanité avec des espèces extra-terrestres et de l’aventure à long terme de l’espèce humaine.

L’épisode ci-dessus décrit comment les Archontes échouent dans leur tentative de capturer Eve mais ils arrivent, cependant, à pénétrer son ombre, un simple reflet. Cela implique que, bien qu’ils ne puissent pas avoir accès à notre structure génétique, les Archontes, cependant, peuvent affecter ou dénaturer notre image de la femme, du Féminin, et dans une certaine mesure, ils peuvent ainsi arriver à profaner Eve. Il se peut qu’ils dénaturent notre perception de notre propre structure génétique.

La vision Gnostique de l’ordre cosmique nous incite, comme elle le fait souvent, à comprendre ce qui se passe dans notre mental. Nous, les humains, avons-nous, d’une quelconque manière, profané l’image de la femme? En imposant, par exemple, aux femmes une notion artificielle de leur identité, une falsification de leur nature réelle? S’il en est ainsi, les Gnostiques considéreraient que nous avons été instrumentalisés dans le viol d’Eve par les Archontes.

Dans le monde d’aujourd’hui, n’est-il pas évident que nous avons une vue dénaturée de la génétique? S’il en est ainsi, cette dénaturation, et tout ce qui en découle, mériterait pleinement d’être considéré comme les conséquences de l’influence dénaturante des Archontes sur le comportement humain.


Les Annunakis entrent en scène

Le passage ci-dessus de l’Hypostase des Archontes évoque les débats actuels sur l’intervention extra-terrestre dans la génétique humaine. La plupart des théories concernant le programme d’hybridation génétique des ET assument que quoi que les extra-terrestres (généralement les types foetaux de Gris sont les plus soupçonnés) choisissent de faire, ils peuvent le réaliser.

Cependant, les voyants Gnostiques, qui appliquaient un raisonnement non-ordinaire à leurs observations des Archontes, arrivèrent à une conclusion différente. Selon la vision Gnostique, ce serait une erreur monumentale d’assumer que les Archontes peuvent réaliser des choses qu’en fait ils ne peuvent pas car ce serait leur conférer du pouvoir sur nous.

Les Gnostiques enseignèrent que le principal danger que nous ayons à confronter avec les Archontes se situe moins dans ce qu’ils peuvent réellement faire que dans ce que nous croyons, à tort, qu’ils puissent faire.

Leur carte maîtresse est la tromperie (en Grec, apaton et plane), et plus particulièrement la tromperie quant à la nature et à l’étendue de leurs pouvoirs. “Car leur plaisir est amer, et leur beauté est dépravée. Leur plaisir est dans la tromperie.” (L’Apocryphe de Jean. 56:3-7).

Tout étranges qu’ils soient, certains éléments du mythe Gnostique de notre espèce commencent maintenant à paraître familiers.

Le thème de l’insémination extra-terrestre de la race humaine se retrouve également dans les écrits archaïques de l’ancien Sumer, qui datent du troisième millénaire avant notre ère, et il foisonne dans les débats contemporains sur les ET/OVNI.

Les narrations Sumériennes décrivent une espèce extra-terrestre, les Annunakis, auxquels on attribue la création de l’espèce humaine par génie génétique et aussi l’avènement de la civilisation.

Ces narrations se trouvent sur les tablettes cunéiformes datant d’environ 1800 avant notre ère, mais elles présentent des rédactions tardives de versions bien antérieures. L’histoire de l’intervention extra-terrestre est, apparemment, un des scénarios les plus anciens de notre espèce.

La plupart des gens qui suivent les débats sur les ET/OVNI connaissent les histoires Sumériennes des Annunakis qui sont aisément identifiés avec les ETs de nos jours; cependant, à ce jour, aucun de ces débats n’a jamais fait référence au scénario Gnostique des Archontes.

La description Gnostique des activités des Archontes/Annunakis diffère, sur de nombreux point essentiels, par rapport à celle que l’on trouve dans les narrations Sumériennes.

Tout d’abord, les Gnostiques ne considéraient pas les Archontes comme des êtres supérieurs qui lancent une civilisation en claquant du doigt. Ils ne considéraient pas, non plus, que les Archontes fussent capables de manipuler le génome humain (qu’ils appellent l’Anthropos) bien qu’ils accordassent quelque influence à l’activité Archontique dans notre évolution physique. Ce dernier point est extrêmement difficile à élucider, cependant…

La différence la plus frappante, et de loin, entre les descriptions Sumérienne et Gnostique réside dans le fait que la première ne contient aucune référence au mythe de Sophia et ne présente aucune explication quant à l’origine des Archontes, alias Annunakis. C’est, pour le moins, une lacune considérable.

Dans sa reconstruction élaborée du matériau Sumérien, Zecharia Sitchin, décrit les Annunakis comme une espèce non-humaine hautement évoluée qui demeure sur la planète Nibiru, une planète aux confins du système solaire avec un cycle de 3600 ans. Dans la version de Sitchin de la préhistoire, les Annunakis arrivèrent sur Terre en quête d’or afin de manufacturer une suspension colloïdale nécessaire à la stabilisation de leur atmosphère. (Pour des informations plus détaillées, voir le dernier ouvrage de Sitchin, The Lost Book of Enki).

Bien que Sitchin semble être un Sumerologiste reconnu faisant preuve d’une très grande maîtrise des langues anciennes, aucun érudit conventionnel n’approuve son scénario pour les Annunakis. Au pire, il est rejeté comme étant une histoire fantaisiste “d’anciens astronautes” parée d’un habillage scientifique. Je suis dans l’incapacité de dire si l’histoire, selon Sitchin, des Annunakis sur Nibiru est une transcription fidèle des textes cunéiformes ou une extrapolation fantaisiste de son cerveau. Il est significatif que Sitchin ne décrive jamais l’apparence physique des Annunakis ni d’un type ni de l’autre.

Un des grands avantages du scénario Gnostique des Archontes est qu’il pourvoie des descriptions concrètes de ces entités.

Est ce une coïncidence que les Archontes reptiliens et embryonnaires décrits dans les textes Gnostiques se présentent avec une apparence identique à celle des deux types d’ET les plus communément rencontrés de nos jours, à savoir les Gris et les Reptiliens? Si les Gnostiques avaient raison quant à cet épisode du scénario d’intervention, sur quoi d’autre avaient-ils raison?


Cousins Cosmiques

“Les mêmes manifestations qui ont créé nos croyances religieuses ont également créé nos croyances OVNI. Une étude sérieuse du Phénomène entrainerait une remise en question de notre perception de la religion”. John Keel. UFO: Operation Trojan Horse

Il est surprenant de retrouver des descriptions détaillées et vivantes d’extra-terrestres prédateurs dans des textes obscurs datant du 4 ème siècle avant notre ère, mais les révélations des Gnostiques ne sont en rien moins surprenantes. Il est certain que des témoignages anciens d’observation d’OVNIs existent mais le matériau Gnostique sur les Archontes ne se contente pas de présenter des “témoignages”. Il explique leurs origines dans l’ordre cosmique, leur nature (inorganique, imitative, sans volonté propre), leurs apparences et stratégies, leurs attitudes envers l’humanité et plus.

Nous aurions de la peine à imaginer une solution plus claire et cohérente du “Phénomène” (à savoir, l’énigme ET/OVNI).Il est vrai que le caractère très étrange du matériau Gnostique concernant les Archontes pose un problème de crédibilité.

Nous avons le choix entre croire que ces textes représentent une description exacte de ce que les voyants Gnostiques ont observé dans des états altérés de conscience – à savoir, une description fiable d’une recherche parapsychologique véridique réalisée par observation clairvoyante, par rêve lucide, par vision éloignée et soigneusement évaluée ensuite par la raison non-ordinaire – ou croire que les Gnostiques étaient de purs fantaisistes, des mystiques induits en erreur par leurs visions, des tout fous sectaires, ou encore pire.

Comment pouvons-nous donc déterminer si le récit Gnostique des Archontes était une pure illusion ou une description fiable de l’intervention extra-terrestre ? Dans mon essai “Les Sources du Mythe de Gaïa”, je débat sur le concept aborigène du Temps du Rêve (Dreamtime), le jeu perpétuel de la conscience créative dans l’Eternel Maintenant, et sur sa variante, le Rêve. “Lorsque le Temps du Rêve vient à s’exprimer dans un comportement ou une connaissance particulière, les Aborigènes font référence au Rêve de la créature qui incarne cette connaissance ou qui personnifie ce comportement. Le Rêve du Kangourou, par exemple, est la somme de la connaissance innée et du comportement instinctif de tous les kangourous, en remontant aux ancêtres du Temps du Rêve.

Toutes les créatures, organiques et inorganiques, humaines et non-humaines, vivent et meurent selon les Rêves qui oeuvrent au travers d’elles. Dans la vision du monde des Aborigènes, le don unique des humains à créer une culture émane de notre capacité à nous remémorer et à nous raconter le Rêve, non seulement celui de notre propre espèce mais celui aussi de toutes les autres espèces.

La croyance indigène selon laquelle le rôle de l’humanité est de se remémorer les événements du Rêve pour toutes les autres créatures est en accord avec la suggestion présentée dans mon essai “Sharing the Gaïa Mythos”: l’espèce humaine est l’activateur d’un circuit de mémoire pour Gaïa.”

Si nous voulons appliquer ces idées à la problématique des Archontes, il nous faut nous rappeler que nous, l’espèce humaine, sommes impliqués d’une manière spécifique dans le Rêve de Gaïa qui prend son origine dans la Protennoïa Trimorphe, l’intention originelle tripartie de l’Eon Sophia. Nos propres frontières sont définies par la trinité Terre-Lune-Soleil et notre sagesse, dont nous a dotés Sophia, s’épanouit au sein des conditions spécifiques de la biosphère, le ventre nourricier de Gaïa. Il y a, cependant, un autre Rêve qui s’infiltre dans le Rêve de la Terre, à l’image d’un message sans fil qui s’insinue dans une conversation qui a lieu sur une autre fréquence.

Quelque chose d’extrêmement étrange se manifeste sur terre en raison d’une fêlure dans le mental humain et cette fêlure, à son tour, émane d’une anomalie dans l’ordre cosmique. “Le monde dans lequel nous demeurons prend son origine dans une erreur” (Evangile de Philippe
. NHC II, 3, 75.1).

L’aventure magique de la conscience par laquelle nous co-évoluons avec le Rêve de Gaïa, est perturbée ou dénaturée par une influence extra-terrestre, selon les enseignements des Gnostiques.

Sur ce point ésotérique, il semble qu’ils aient été en accord avec le vieux shaman Yaqui, Don Juan, qui disait à Carlos Castaneda : “Les êtres humains sont dans une quête de conscience qui a été momentanément interrompue par des forces étrangères”.

Dans notre essai en cours de rédaction “How We are Deviated”, nous étudierons plus précisément comment les Gnostiques décrivirent l’intrusion de ces forces étrangères, les entités extra-terrestres qui sont également nos cousins cosmiques.Tout ce que nous apprenons sur les Archontes nous enseigne quelque chose de fondamental sur nous-mêmes.John Lash. Novembre 2004

Traduction de Dominique Guillet.


Source : http://www.liberterre.fr

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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par mordaxjr le Mer 27 Jan - 2:10

Admin a écrit:
4 — L'ORGANISATION NOIRE PLANÉTAIRE ET LA DIVULGATION DE L'HERMÉTISME AUTHENTIQUE[/b]

Toutefois, ce que le Groupe Noir (et ses ramifications plus ou moins conscientes) hait le plus est la divulgation à un vaste public de la Connaissance Hermétique. En effet, cette dernière révèle aux hommes une Organisation de l'Univers tout à fait autre que celle qu'il s'efforce d'inspirer : à la vision d'une Humanité désespérée et « oubliée » quelque part dans un vaste Cosmos, vide, et bâti de la seule matière dense la Tradition Ésotérique substitue la Réalité Cosmique, celle d'un Univers plein de Vie dont les Lois sont le Fondement même de toute Espérance et de toute Vie pour l'Éternité... Mais ce que ce Groupe craint le plus, et ce sur quoi il s'acharne depuis des millénaires, est l'application des Lois Universelles, car si la Théorie de la Doctrine Ésotérique le gêne, les étudiants en ignorent, pour la plupart, la pratique ; or, seule cette dernière permet non seulement d'appréhender concrètement l'existence de ce Groupe mais aussi et surtout d'anéantir progressivement leurs effets abjects sur la structure éthérique, psychique et mentale de l'être humain. Cette Sainte Application des Lois est la Théurgie ou Magie, au sens authentique de ce terme. Ceci explique pourquoi cette Auguste Science a tant été l'objet de discrédit et de mensonges... Le Groupe Noir inspire des magiciens peu évolués pour en faire des sorciers et une fois les agissements pervers de ceux-ci bien connus, le reste de l'Humanité s'en détourne — ajuste titre — mais en confondant ces pratiques avec la Science d'Origine, cette Mère blessée qu'est la Magie. C'est pourquoi, les étudiants mêmes de l'Occultisme sont, pour la plupart, victimes de cette idée pernicieuse, et rejettent, sans même vouloir comprendre, la Magie... Ils rejettent ce qui donnera corps et réalité à leurs études, faisant de leur Quête, par la Purification profonde opérée, un Sentier Brûlant. Qui saura alors la tristesse qu'éprouvent ceux qui doivent, au cours du temps, dispenser cette Science ? L'Humanité les craint et voile son regard devant eux (elle n'est qu'une adolescente...peut-on donc la blâmer ?),.. Leurs propres frères sur le Chemin de la Connaissance se détournent d'eux aussi... Mais, en réalité, qui souffre le plus de tout cela ? En conséquence, de même que la guérison d'une maladie implique la connaissance, de la part de la science médicale du moins, de son processus d'éclosion, de diffusion au sein de l'organisme et enfin, des modalités de son éviction, de même, il convient d'éclairer nos contemporains, et surtout les étudiants de l'Occultisme, sur l'origine de ce « mal » pervers qui ronge la Terre depuis des millénaires afin de « guérir » celle-ci définitivement. Contre ce « mal » endémique, des « Médecins Terrestres» oeuvrent également depuis des millénaires.[/center]

J'ai une question, tout les apprentis initiés qui sont dans des fraternités maçonniques, seront des futurs sorciers pour le Groupe Noir?

Tout les franc-maçons sont des sorciers? scratch
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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par obsidienne le Mer 27 Jan - 13:55

Les technologies nous enfoncent dans la matérialité en tissant "une toile d'araignée" invisible.  Des réseaux invisibles magnétiques.

La matière est lourde de nature et cette situation va nous endormir en quelque sorte dans nos consciences.

Si on ne développe pas des forces dans nos corps éthérique personnels on ne pourra pas s'éveiller et lutter contre cet endormissement, cette paralysie.

On voit bien déjà que les satellites empêchent les forces cosmiques de parvenir jusqu'à nous et la terre va devenir avec l'apothéose de la géo-ingénierie un dortoir humain !
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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par mordaxjr le Mer 27 Jan - 14:01

Pardon obsidienne, mais j'ai pas compris si vous répondiez à ma question... en tous cas j'avais déjà pensé à tout ces satélites et cette technologre qui nous empêche de communiquer avec des possibles êtres vénus d'ailleurs et améliorer soi même.

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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par obsidienne le Mer 27 Jan - 14:06

obsidienne a écrit:Les technologies nous enfoncent dans la matérialité en tissant "une toile d'araignée" invisible.  Des réseaux invisibles magnétiques.

La matière est lourde de nature et cette situation va nous endormir en quelque sorte dans nos consciences.

Si on ne développe pas des forces dans nos corps éthérique personnels on ne pourra pas s'éveiller et lutter contre cet endormissement, cette paralysie.

On voit bien déjà que les satellites empêchent les forces cosmiques de parvenir jusqu'à nous et la terre va devenir avec l'apothéose de la géo-ingénierie un dortoir humain !

Oui c'est une réponse !

Quand au mal tout dépend de l'humain justement dans son rapport de conscience individuelle et donc avec son propre karma.

Des magiciens noirs il n'y en aura plus ou tout au moins ce sera atténué dans le futur si et seulement si nous prenons une bonne orientation.
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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par mordaxjr le Mer 27 Jan - 14:12

Pourrais-tu me dire qu'elle est cette bonne orientation ? Je cherche et je lis beaucoup, mais je me perds un peu ici.. c'est pas très comprehensible pour moi... peut être tu pourrai me guider un peu !?

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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par obsidienne le Jeu 28 Jan - 1:02

mordaxjr a écrit:Pourrais-tu me  dire qu'elle est cette bonne orientation ?  Je cherche et je lis beaucoup, mais je me perds un peu ici.. c'est pas très comprehensible pour moi... peut être tu pourrai me guider un peu !?

C'est ça le but !  Il faut se chercher et prendre les orientations selon sa personnalité ; Perso j'ai beaucoup lu et puis je suis tombée sur Steiner qui expliquait le karma et puis je suis restée à fond sur ce clairvoyant cheers

Au fait, mordaxjr, moi aussi je m'y perds aussi ! En fait il y a beaucoup d'info sur le forum et pourtant il peut y en avoir encore tu sais.

Comment pourrais-je te guider si je ne te connais pas. Tu peux m'expliquer un peu en mp si tu veux.

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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Archange le Lun 1 Fév - 19:13

mordaxjr a écrit:
J'ai une question, tout les apprentis initiés qui sont dans des fraternités maçonniques, seront des futurs sorciers pour le Groupe Noir?

Tout les franc-maçons sont des sorciers? scratch


Epineuse question, ça doit recruter un peu partout, pas seulement dans les loges, dès lors que des individus s'intéressent à l'ésotérisme ils sont des cibles potentielles pour ce recrutement, ils éveillent fatalement l'attention de ce Groupe obscur. Il y a ceux qui tombent dans le panneau, et ceux qui poursuivent leur course vers la Lumière, la vraie Lumière, qui ne se laissent pas rattraper par les sirènes de la facilité. Je crois que tu parlais récemment des 15 tablettes de Thoth, je te conseille vivement de lire ce texte si ce n'est déjà fait, car y est entre autres expliqué et détaillé la manière dont le Groupe noir s'y prend pour faire échouer l'aspirant, pour le faire dévier dans sa quête, vers une lumière factice. Et pour le recruter pour leur prêter main forte dans leurs travaux consistant à maintenir l'humanité sous l'emprise du "voile de la nuit", en esclavage. Plus l'aspirant acquiert de pouvoirs spirituels plus il devient intéressant pour eux s'ils arrivent à le recruter il sera très utile pour cette maudite tâche.

Il y a ceux qui choisissent délibérément le chemin obscur mais aussi les recrutés malgré eux, ceux qui se leurrent, s'illusionnent facilement, ceux qui n'ont pas encore vaincu leur orgueil, contribuent malgré eux au maintien du "voile de la nuit", même s'ils pensent bien faire et se croient super spirituels. Ils répandent des choses qui n'aident pas à la libération, mais qui enchaînent les êtres. En créant ce forum, j'avais bien conscience de ce risque, de répandre peut-être sans le savoir, parfois dans certains articles, des choses erronées, n'ayant pas la science infuse c'est de toute probabilité c'est pourquoi avec admin on avait rédigé le texte de bienvenue insistant sur la nécessité de ne pas être sectaire et sur le fait de ne pas tout prendre au pied de la lettre : les infos postées ici, c'est uniquement comme base de réflexion, chacun doit se faire sa propre perception, faire appel à son discernement, et son intuition.

Sinon en ce qui concerne la franc-maçonnerie Rudolf Steiner a écrit des choses que je trouve très intéressantes :

http://portail-initiation.forumgratuit.org/t724-doc-pdf-sur-la-dualite-presente-des-les-origines-entre-abel-et-cain-entre-les-fils-des-dieux-et-les-fils-du-monde-physique-l-esprit-feminin-et-l-esprit-masculin-tire-du-livre-de-rudolf-steiner-la-legende-du-temple-et-l-essence-de-la-franc-maconnerie

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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par Archange le Lun 1 Fév - 19:27

J'oubliais : les théories, philosophies, spiritualités fumeuses inspirées par ce Groupe obscur, qui enchaînent les êtres tout en se donnant l'apparence de les libérer, il en est question dans un des ouvrages d'Alice Bailey : on y lit que le but de ces théories fumeuses est de maintenir la conscience humaine sous l'emprise des formes-pensées. Pour empêcher l'humanité d'atteindre la libération, on lui donne de quoi s'enliser à l'infini : des concepts, des abstractions, systèmes de pensée, qui ne montrent aucunement la voie vers la libération effective, vers la perception qui chasse les ténèbres, mais qui en revanche farcissent les esprits d'un savoir qui paralyse, un savoir inopérant mais qui permet à l'humanité de continuer à faire joujou avec les concepts, à perdre son temps, à rester dans les chaînes de la dualité...





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Re: Reptiliens, petits gris, flyers, démons, Archontes et compagnie... le sujet des sujets: les forces noires qui entravent l'Humanité

Message par obsidienne le Mer 3 Fév - 22:49

Ce passage extrait du 5ème évangile de Rudolf Steiner est bien précis sur le mal :

http://jeunesse-anthroposophie.fr/publications/cinquieme-evangile-rudolf-steiner/


Cinquième évangile – Rudolf Steiner
Extrait d’un carnet de note

Rudolf Steiner



Après qu’il eu achevé la conversation avec sa mère, il se sentit poussé par l’esprit dans la direction du Jourdain, vers Jean. Sur le chemin, il rencontra deux esséniens avec lesquels il avait souvent eu des conversations. Et il ne les connaissait pas. Eux, cependant, le reconnurent très bien.

« Où va ton chemin ? »

« Là où des âmes telles que les vôtres ne veulent pas regarder – Où la douleur de l’humanité peut trouver les rayons de la lumière oubliée. »



Ses yeux – ils étaient plein d’amour, mais son amour agissait comme s’ils étaient pris en faute –

« Quelles âmes êtes vous ? Où est votre monde ? – Pourquoi vous revêtez-vous d’enveloppes trompeuses ? Pourquoi brûle, à l’intérieur de vous, un feu qui n’est pas allumé dans la demeure de mon Père ? » –



Et ils ne comprenaient pas ses paroles.

Et ils remarquaient qu’il ne les reconnaissait pas.



Jesus de Nazareth, dirent-t-ils, ne nous connais-tu pas ?

« Vous êtes comme des agneaux égarés ; cependant moi, j’étais le fils du berger que vous avez fuis. Si vous me reconnaissiez vraiment, vous fuiriez à nouveau aussitôt. Cela fait si longtemps que vous vous êtes échappés dans le monde loin de moi. »



Et ils ne savaient pas ce qu’ils devaient penser de lui.

Et il poursuivit : « Vous portez sur vous la marque du tentateur. De son feu, il a rendu votre toison brillante et étincelante – le pelage de cette toison blesse mon regard. – Il vous a trouvé suite à votre fuite. Il a abreuvé vos âmes d’orgueil. »



Alors, un des esséniens prit la parole et dit :

« N’avons nous pas mis le tentateur à la porte. Il n’a plus prise sur nous. »



Et Jesus dit :

« Vous l’avez bien mis à la porte ; mais il est parti et il a rejoint les autres hommes. C’est pourquoi il vous entoure de ses ricanements. Vous ne vous élevez pas, en abaissant les autres. Si vous estimez être haut, c’est seulement du fait que vous diminuez les autres. »



Ils furent alors pris de frayeur, mais ce fut en cet instant pour eux comme si il disparaissait à leur regard : dans le lointain cependant, il virent son visage devenu gigantesque – et entendirent ces paroles :

« Votre aspiration est vaine ; car votre cœur est vide, vous vous l’êtes emplis de l’esprit qui cache la fierté sous l’enveloppe trompeuse de l’humilité. »



Et ils ne virent ensuite longtemps plus rien ; quand ils furent revenus à eux-même, il était déjà loin d’eux sur son chemin. Ils ne racontèrent pas ce qu’ils avaient perçu aux autres esséniens, mais se turent à ce sujet pour le reste de leur vie.
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