La responsabilité... que pouvons-nous faire?

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La responsabilité... que pouvons-nous faire?

Message par Archange le Mar 27 Jan - 0:45






Krishnamurti: la reponsabilité




"Si l'on perd le contact avec la nature, on perd le contact avec l'humanité.


Coupé de tout rapport avec la nature, on devient un tueur. On peut alors massacrer les bébés phoques, des baleines, des dauphins ou des hommes, pour le profit, pour le "sport", pour sa nourriture ou au nom de la science.


La nature se sent alors menacée par vous et vous prive de sa beauté. Vous pourrez effectuer de longues promenades dans les bois ou camper dans des endroits merveilleux, vous resterez un tueur et tout rapport d'amitié avec ces lieux vous sera refusé. Vous n'êtes probablement proche de rien ni de quiconque, qu'il s'agisse de votre femme ou de votre mari. Vous êtes bien trop occupé, pris dans la course des profits et des pertes et dans le cycle de votre propre pensée, de vos plaisirs et de vos douleurs. Vous vivez dans les ténèbres de votre propre isolement et vouloir le fuir vous plonge dans des ténèbres encore plus profondes. Vous ne vous préoccupez que d'une survie à court terme, irréfléchie, que vous soyez accommodant ou violent. Et des milliers d'êtres meurent de faim ou sont massacrés à cause de votre irresponsabilité.


Vous abandonnez la marche de ce monde aux politiciens corrompus et menteurs, aux intellectuels, aux spécialistes. Etant vous-même dépourvu d'intégrité, vous édifiez une société immorale, malhonnête, qui repose sur l'égoïsme absolu. Et quand vous tentez de fuir cette univers dont vous êtes seul responsable, c'est pour aller sur les plages ou faire du "sport" avec un fusil. Il est possible que vous sachiez tout cela, mais la connaissance ne peut nullement vous transformer. Ce n'est qu'en éprouvant le sentiment de faire partie intégrante du tout que vous serez relié à l'univers."





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Re: La responsabilité... que pouvons-nous faire?

Message par Archange le Mar 27 Jan - 0:52




Question :


Nous vivons avec la peur de la guerre, la peur de perdre un emploi (pour autant que nous en ayons un) la peur du terrorisme, de la violence de nos enfants, la peur d'être à la merci de politiciens incapables. Comment affronter la vie telle qu'elle est aujourd'hui ?


Krishnamurti :


Comment l'affrontez-vous ? Nous devons accepter comme tel le fait que le monde devient de plus en plus violent - c'est évident. Les menaces de guerre sont elles aussi très évidentes - Afrique du Sud, Moyen Orient - de même que cet étrange phénomène de la violence de nos enfants. L'orateur se souvient d'avoir rencontré une mère, il y a quelque temps en Inde. La tradition indienne veut que l'on ait un très grand respect pour les mères, et celle-ci était horrifiée parce que, disait-elle, ses enfants l'avaient battue - chose jamais vue en Inde. Ainsi, cette violence s'étend partout dans le monde. Et l'on rencontre aussi cette peur de perdre un emploi dont parle l'auditeur.


Face à tout cela, sachant tout cela, comment affrontons-nous la vie telle qu'elle est aujourd'hui ? En ce qui me concerne, je sais comment l'affronter, mais j'ignore comment vous, vous allez l'affronter. Tout d'abord, qu'est-ce que la vie ? Qu'est-ce que cette chose que nous appelons l'existence, faite de souffrance, de surpopulation, de politiciens incapables, de toutes les tricheries, de malhonnêteté, de corruption que l'on rencontre partout dans le monde ? Comment l'affrontons-nous ?


Bien entendu, il faut commencer par se demander ce que vivre signifie. Qu'est-ce que vivre dans le monde tel qu'il est ? Demandons-nous comment nous vivons notre vie quotidienne, pas théoriquement, philosophiquement ou idéalement, mais effectivement, comment menons-nous notre vie quotidienne ? Si nous examinons cela, ou si nous en avons sérieusement conscience, nous voyons que c'est une bataille perpétuelle, un combat perpétuel, une succession d'efforts. (Etre obligé de se lever le matin est un effort). Que faire ? On ne peut l'esquiver. L'orateur connaît plusieurs personnes qui se retirèrent définitivement dans l'Himalaya et disparurent pour de bon, estimant qu'il était impossible de vivre en ce monde. Ceci est tout simplement un refus, une fuite devant la réalité, tout comme se perdre dans une communauté ou suivre un gourou fortuné et s'y immerger.


De toute évidence, ces gens ne résolvent pas les problèmes de la vie quotidienne, pas plus qu'ils n'explorent la possibilité d'un changement, d'une révolution psychologique de la société. Ils fuient tout simplement. En ce qui nous concerne, si nous ne fuyons pas et vivons réellement dans ce monde tel qu'il est, que devons-nous faire ?


Pouvons-nous changer notre vie, afin de n'avoir absolument aucun conflit - le conflit faisant partie de la violence. Est-ce possible ? Ce combat continuel pour devenir quelque chose est le fondement de notre vie - le combat pour le combat. Les êtres humains que nous sommes, vivant dans ce monde, peuvent-ils se changer - c'est vraiment la question - afin de se transformer radicalement, psychologiquement, mais non pas à la longue en donnant libre cours au temps ? Il n'y a pas de demain pour l'homme sérieux, pour l'homme vraiment religieux. Il est dur d'affirmer qu'il n'y a pas de demain, que seule existe la plénitude du présent. Pouvons-nous vivre cette vie pleinement, réellement afin de transformer nos relations réciproques ? C'est là le véritable problème, et non l'état du monde, car le monde est nous. Voyez cela je vous prie : le monde est vous et vous êtes le monde. C'est une terrible évidence, un défi qu'il faut affronter complètement, c'est-à-dire que nous sommes le monde avec toute sa laideur, que nous y avons contribué, que nous sommes responsables de tout cela, de tout ce qui arrive au Moyen Orient, en Afrique, de toute la folie qui se déroule dans le monde - nous en sommes responsables. Peut-être ne sommes-nous pas responsables des actes de nos grands parents et arrières grands parents - de l'esclavage, des milliers de guerres, des empires avec leur brutalité, mais nous en faisons néanmoins partie.


Il serait assez désespérant que nous ne réalisions pas notre responsabilité, c'est-à-dire le fait d'être totalement responsables de nous-mêmes, de nos actes, de nos pensées, de nos comportements, au regard de ce qu'est le monde - sachant bien entendu qu'il ne nous est pas possible de résoudre individuellement, séparément le problème du terrorisme, par exemple. Cela relève des gouvernements auxquels il incombe de veiller à la sécurité et à la protection de leurs citoyens, mais ils ne paraissent pas s'en préoccuper. Si chaque gouvernement se souciait réellement de protéger ses citoyens, il n'y aurait pas de guerre. Mais apparemment les gouvernements aussi ont perdu la raison, ils se préoccupent uniquement de leurs partis politiques, de leur pouvoir, leur situation, leur prestige - vous connaissez tout cela.


Donc, pouvons-nous vivre de telle façon qu'aujourd'hui soit primordial, sans faire intervenir le temps, c'est-à-dire le lendemain, le futur ? Cela signifie qu'il nous faut devenir extraordinairement attentifs à nos réactions, à notre confusion, qu'il nous faut travailler d'arrache pied sur nous-mêmes. C'est apparemment tout ce que nous pouvons faire, et si nous ne le faisons pas, il n'y a pas vraiment d'avenir pour l'homme. Je ne sais si vous avez lu certains titres dans les journaux. Tous se préparent à la guerre. Et si vous vous préparez à quelque chose, vous l'aurez - c'est comme préparer un bon plat. Les gens du commun ne semblent apparemment pas s'en soucier. Ceux qui, intellectuellement, scientifiquement, participent à la production d'armements ne semblent pas s'en soucier davantage. Ils ne s'intéressent qu'à leur carrière, à leur travail, à leur recherche et si l'homme de la rue que nous sommes, la prétendue classe moyenne ne s'en préoccupe pas, cela équivaut à jeter l'éponge. Le drame est que nous ne semblons pas nous en soucier outre mesure. Nous ne nous entendons pas ensemble, nous ne pensons pas ensemble, nous ne travaillons pas ensemble. Nous acceptons bien trop facilement d'adhérer à des institutions, à des organisations, espérant que celles-ci arrêteront les guerres, nous empêcheront de nous massacrer. Elles n'y ont jamais réussi. Les institutions, les organisations n'empêcheront jamais rien de tout cela. Ceci relève du coeur humain, de l'esprit humain. Je vous en prie, nous ne faisons pas ici de rhétorique, nous sommes confrontés à un véritable, à un très grand danger. Nous avons rencontré d'éminentes personnalités impliquées dans tout cela : elles ne s'en soucient pas. Mais pour notre part, si nous nous en préoccupons, si notre vie quotidienne est vécue de façon juste, si chacun d'entre nous est conscient de ce qu'il fait chaque jour, je pense qu'il y a alors de l'espoir pour l'avenir.

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Re: La responsabilité... que pouvons-nous faire?

Message par Archange le Mer 18 Fév - 20:25




La paix: supprimer d'abord en soi les causes de la guerre



Combien de gens disent qu'ils travaillent pour la paix dans le monde! Pour le moment, ce travail consiste surtout à s'accuser mutuellement d'être des fauteurs de guerre. Pour les uns, c'est les riches qui sont coupables; pour les autres, ce sont les intellectuels, les hommes politiques, ou les savants. Les croyants accusent les incroyants de conduire l'humanité à sa perte, les incroyants accusent les croyants de fanatisme, et ainsi de suite...


Observez et vous verrez que c'est toujours en supprimant telles ou telles personnes que les humains croient pouvoir installer la paix. Et c'est là qu'ils se trompent: même si on supprimait les armées et les canons, le lendemain les gens auraient inventé d'autres moyens de se combattre. La paix est en réalité un état intérieur et on ne l'obtiendra jamais en supprimant quelqu'un ou quelque chose à l'extérieur. C'est au-dedans de soi d'abord qu'il faut supprimer les causes de la guerre.


Sous prétexte qu'ils créent des associations ou militent pour des mouvements pacifistes, beaucoup de gens s'imaginent travailler pour la paix. Non, car leur vie n'est pas une vie pour la paix: ils n'ont jamais pensée que c'est d'abord toutes les cellules de leur corps, toutes les particules de leur être physique et psychique qui doivent vivre d'après les lois de la paix et de l'harmonie, afin d'émaner cette paix pour laquelle ils prétendent travailler.


Pendant qu'ils parlent de la paix, qu'ils écrivent sur la paix, ils continuent à alimenter la guerre en eux et autour d'eux, car ils sont sans arrêt en train de lutter contre une chose ou une autre... La paix, l'homme doit d'abord l'installer en lui-même, dans les pensées, les sentiments et les actes de sa vie quotidienne. C'est à ce moment là seulement qu'il travailler véritablement pour la paix.



Omraam Mickhaël Aïvanhof

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Re: La responsabilité... que pouvons-nous faire?

Message par tchektuf le Mer 18 Fév - 21:25

avec tout les desastres millénaires mémorisés sur differents plans ,on peut rêver d'avoir une humanité en paix.

quand les humains auront la volonté de penser que ce ce systéme d'évolution basé sur la passion et le désir instillé par les lucifers pour que l'homme descende sur terre, n'est pas le fait des humains et doit être rectifié par ceux qui ont foutu ce bordel en route, alors il y aura un espoir qu'une conscience s'éveille en haut sur ce qui a été fait en bas.

R.S précise que si nous n'avions pas de sensations notre corps etherique resterais transparent et le corps éthérique ne ferait pas miroir pour que nous puissions avoir une conscience .

tant que l'homme ne contesteras pas ce systéme d'évolution il n'y aura pas d'effet miroir pour les apprentis sorciers d'en haut.

c'est pas pour demain.
Il faudrait les attrapper par les chakras et les enfermer
dans un cerveau reptilien sur terre pourqu'ils comprennent ce que cela veut dire la perfection de la création
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Re: La responsabilité... que pouvons-nous faire?

Message par Archange le Mar 24 Fév - 19:36

Pas pour demain non, à moins d'un - improbable?! - réveil radical et global

des millions dans la rue pour les 17 morts des attentats de Paris mais combien pour arrêter la marche vers la World War 3......




______________






Krishnamurti : "Nous n'avons jamais manifesté contre la guerre"





Bien que nous manifestions contre des formes de guerre particulières, nucléaire ou autre, nous n’avons jamais manifesté contre la guerre. Nous n’avons jamais dit que tuer un autre être humain est le plus grand péché de la terre.




Si nous pouvions établir une relation profonde et durable avec la nature, nous ne tuerions jamais d’animaux pour nous nourrir, nous ne ferions jamais de mal aux singes, aux chiens ou aux cochons d’Inde en pratiquant la vivisection dans notre seul intérêt. Nous trouverions d’autres moyens de soigner nos blessures et de guérir nos maladies.


Mais la guérison de l’esprit est tout autre chose. Cette guérison s’opère peu à peu au contact de la nature, de l’orange sur sa branche, du brin d’herbe qui se fraie un passage dans le ciment, et des collines couvertes, cachées par les nuages. Ce n’est pas le produit d’une imagination sentimentale ou romantique, c’est la réalité de celui qui est en relation avec tous les êtres vivants et animés de la terre. L’homme a massacré des millions de baleines et il en tue encore. Il y a d’autres moyens d’obtenir tout ce pourquoi il les massacre. Mais apparemment il adore tuer le cerf fuyant, la merveilleuse gazelle et le grand éléphant. Nous aimons aussi nous tuer les uns les autres. Depuis le début de leur histoire sur la terre, les êtres humains n’ont jamais cessé de s’entre-tuer.


Si nous parvenions, et nous le devons, à établir une relation immuable avec la nature, avec les arbres, les buissons, les fleurs, l’herbe et les nuages - alors nous ne tuerions jamais un être humain pour quelque raison que ce soit. La tuerie organisée, c’est la guerre. Bien que nous manifestions contre des formes de guerre particulières, nucléaire ou autre, nous n’avons jamais manifesté contre la guerre. Nous n’avons jamais dit que tuer un autre être humain est le plus grand péché de la terre.




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Re: La responsabilité... que pouvons-nous faire?

Message par Archange le Mer 18 Mar - 20:40






Comment remédier à la misère humaine ?




« Le salut est dans l’affaiblissement du sens de séparation entre les unités qui composent le tout social: or ce résultat ne peut être accompli que par un procédé d’éclairement intérieur. La violence n’assurera jamais le pain et le confort pour tous  et ce n’est pas non plus par une froide politique de raisonnement diplomatique que sera conquis le royaume de paix et d’amour, d’aide mutuelle et de charité universelle, la terre promise où il y aura «du pain pour tout le monde».


Quand on commencera à comprendre que c’est précisément l’égoïsme personnel et féroce, grand ressort de la lutte pour l’existence, qui est au fond la seule cause de la misère humaine. [ … ] Alors seulement l’humanité essayera de remédier au mal universel par un changement radical. C’est par l’union étroite et fraternelle des Soi supérieurs des hommes, par la croissance de la solidarité d’âme, par le développement de ce sentiment qui nous fait souffrir en pensant aux souffrances d’autrui, que pourra être inauguré le règne de l’égalité et de la justice pour tous, et que s’établira le culte de l’Amour, de la Science et de la Vertu, défini dans cet admirable axiome: « II n’y a pas de religion au-dessus de la Vérité ». »




~ H.P.BLAVATSKY.
Cahier Théosophique

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Re: La responsabilité... que pouvons-nous faire?

Message par Archange le Jeu 19 Mar - 19:04






Que faut-il faire ? Une chronique de Daniel Meurois




Oui, que faut-il faire ? Continuer à creuser du côté des prophéties comme certains le font inlassablement ? Où cela mène-t-il ? Cette recherche me semble nourrir davantage le jeu de nos méninges et de nos émotions que les vrais battements de notre cœur. Quel mouvement vers le haut inspire-t-elle ? Je réfléchis différemment…

Je préfère observer avec une attention soutenue le quotidien de notre monde car ce qui s’y passe est suffisamment éloquent pour interpeler en profondeur toute personne dotée d’un minimum de bons sens.

Pas besoin d’être bien cultivé pour comprendre clairement que les Institutions financières mondiales s’étouffent d’elles-mêmes et sont sur le bord du gouffre. Tant de choses sont évidemment truquées.

Pas besoin d’être économiste pour s’apercevoir qu’ici et là les populations pauvres et opprimées n’en peuvent plus et se soulèvent, que les nantis que nous sommes encore globalement en Occident voient leur équilibre de plus en plus précaire et commencent à paniquer.

Nul besoin non plus d’être géologue ou climatologue pour constater que notre activité industrielle a dangereusement abimé la planète, que celle-ci se rebelle et est à la veille de se réorganiser.

Sans aucun doute, tout cela correspond aussi à des rythmes naturels. Les modifications géologiques et climatiques ainsi que l’apogée puis le déclin des civilisations font incontestablement partie de ces épisodes qui ont toujours ponctué l’histoire des sociétés humaines. L’activité solaire est notamment parlante à ce propos. Pas question de le nier.

Mais est-ce alors dire qu’il n’y a rien à faire et que nous sommes appelés à toujours revivre le même scénario ainsi que l’affirment nombre d’analystes ? Serions-nous ainsi inéluctablement coincés dans la mécanique de l’Éternel Recommencement ?


Ce n’est pas mon opinion. Le Principe de l’Évolution n’est pas celui qui fait tourner inlassablement l’âne autour de l’axe d’une meule jusqu’à creuser un sillon dans le sol qu’il foule.

« Que faut-il donc faire ? » continue de me demander le message reçu comme si son auteur attendait de moi une solution toute faite et des directives à suivre.

Bien évidemment, je n’ai pas le mode d’emploi d’une opération de sauvetage de notre monde ! Qui pourrait prétendre l’avoir, d’ailleurs, hormis quelques pseudos-messagers auto-proclamés de l’Apocalypse ?

Ce qui me paraît certain, par contre, c’est que tous ceux et toutes celles qui sont un peu intelligents, conséquents et qui sont dotés d’un minimum de courage doivent cesser de faire l’autruche en maintenant la tête dans les sables de leur tranquillité quotidienne. Ce temps est révolu.

Lorsqu’il est de notoriété publique que les auteurs des escroqueries de grande envergure, des mensonges mondiaux, des injustices, des détournements de fonds colossaux, des gâchis et des massacres sans nom tiennent les rènes d’un grand nombre des postes-clés de nos sociétés, comment se taire et ne pas réagir sans se rendre complice de cet état de fait ? Le « Je ne le savais pas » n’est plus de mise; il est une hypocrisie.

Que faut-il faire alors ? Prier ? Méditer ? Se retirer dans un coin de campagne si les circonstances de notre vie nous le permettent ?

Je serais tenté de vous dire oui, bien sûr, car renforcer notre âme est capital tandis qu’offrir le meilleur à notre corps est légitime… et puis parce que, ultimement, on peut sans peine se répéter que tout ceci fait partie du jeu illusoire de la Maya.

Cependant, je serais encore plus tenté de vous dire que ce n’est pas suffisant, que c’est un détour, une fuite de plus.

Je crois que - même au cœur de la Maya - la situation actuelle est telle qu’elle demande urgemment une implication très concrète de tous ceux qui ont pris conscience que chacun de nous est responsable de l’état de notre monde.

Cette implication doit mener sans tergiverser à un « NON » massif à tous les asservissements qu’a engendrés notre société via notre lâcheté et notre égoïsme.

Comment ? Par ce qu’on appelle la désobéissance civile, c’est-à-dire par le refus de se soumettre à l’absurde, au vol organisé, légalisé, au pillage, au mensonge, à la tricherie et à toutes les sortes d’iniquités doublées de cynisme érigés en systèmes de fonctionnement.

Comprenez-moi bien, je ne prône ni une révolution ni l’anarchie car ceux-ci vont toujours de pair avec la violence. Nous avons assez ¨donné¨ - ou plutôt perdu - dans cette direction…

Je plaide seulement pour une véritable et irréversible Évolution - un saut quantique volontaire, dirions-nous - une mutation radicale et rapide de nos mentalités et de nos comportements.

Bernard Benson, l’auteur du ¨Livre de la Paix¨, un homme que j’ai assez bien connu il y a une trentaine d'années, attirait déjà notre attention sur le fait qu’il est totalement absurde que quelques tout petits milliers d’individus, voire moins, décident à eux seuls de la vie de quelques milliards de personnes.

Aujourd’hui que nous sommes au nombre de sept milliards, cette vérité devient encore plus éclatante.

Je ne suis pas de ceux qui prétendent, à l’instar de certains ¨prévisionnistes¨ mondiaux, que notre espèce trouvera bien le moyen de se débrouiller, de se réorganiser puis de repartir ¨comme avant¨ aidée par de nouveaux progrès technologiques. Ce n’est pas la technique qui nous sortira de notre impasse mais l’expression du cœur humain, son ¨Amour-Intelligence¨.

Je suis de ceux qui disent haut et fort qu’il ne faut surtout pas que cela continue ¨comme avant¨ car seule une refonte de toutes nos valeurs peut nous faire sortir de notre hypnose et de notre ornière.

Voilà pourquoi désobéir autant qu’on le peut à nos réflexes de consommateurs, de gaspilleurs, à nos habitudes d’assujettissement aveugle aux pouvoirs abusifs politiques et religieux, aux lois perverses et au Principe de la Peur me paraît être aujourd’hui un devoir de conscience impérieux.


Cela vous étonne de la part de quelqu’un qui se définit comme un mystique ?

Quant à moi, je ne peux concevoir une Voie d’Intériorité ou de recherche du Divin qui ignorerait la densité enseignante de ce monde, le respect puis l’amour de l’Humain.


Je l’ai souvent écrit : « Tous les mondes ne font qu’Un ». La quête de l’Esprit ne doit jamais signifier la fuite des réalités de la Matière. L’un des aspects majeurs de l’Initiation, autrement dit de la révélation de l’être à lui-même, se situe là…

Avez-vous jamais remarqué à quel point la plupart des grands guides spirituels de notre Humanité ont été parallèlement des hommes de terrain et d’action ? Tous ont été confrontés à des situations sociales et politiques très concrètes.

Ils ne sont pas enfuis sur les sommets des montagnes, ni cachés dans des grottes pour se retrouver à l’abri, face au Divin. Ils se sont impliqués, ils ont participé très activement - et de façon parfois musclée – au remodelage de leur société.

Alors finalement, que faire ?

Mon opinion ne sera jamais que mon opinion. C’est assurément à chacun de décider de ce qu’il doit faire, en conscience, avec ses moyens personnels, sa force, son audace,… en faisant en sorte que son âme et son corps vivent en cohérence. À ce niveau-là, ¨faire¨, signifiera commencer à ¨être¨.

Ce qu’il faut surtout ne pas faire ? C’est nier qu’il se passe quelque chose de majeur aujourd’hui sur Terre et s’en moquer complètement. C’est continuer à courber l’échine face aux iniquités et à la volonté de manipulation croissante des consciences, c’est ne rien oser, c’est la tiédeur.

Que l’on ne se demande pas pourquoi le Christ a affirmé : « Dieu vomira les tièdes… ». En termes actuels cela veut dire que le Mouvement naturel de la Vie n’alimente jamais les timorés et les indécis, que la Vie ne fait pas de sur-place ni ne tourne indéfiniment en rond mais que c’est à nous de participer à son invention.

Toute démarche spirituelle qui ne se prolonge pas en sa contrepartie terrestre ne peut être qu’incomplète.

Voilà pourquoi je ne crains pas de vous écrire aujourd’hui :

"N’ayons pas peur de dire Non à la ¨zombification¨ planifiée de notre espèce. N’ayons pas peur de désobéir à ce qui n’est visiblement pas de l’ordre du juste. N’ayons pas peur de faire se rencontrer le Vertical et l’Horizontal et de tout faire pour nous tenir en leur point de jonction.

Au-delà de la diversité des fois et des croyances, l’archétype d’une telle Rencontre en dit beaucoup, ne croyez-vous pas ?"





Daniel Meurois


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Re: La responsabilité... que pouvons-nous faire?

Message par Archange le Dim 22 Mar - 19:23






Une manière d’agir totalement différente






Il ne s’agit pas ici d’une propagande idéologique, ni d’une forme de croyance, ni de conclusions d’ordre philosophique, ni d’une religion dans l’acception communément admise du terme. Nous observons ce qui se passe dans le monde. Il ne s’agit pas d’un point de vue personnel mis en avant par l’orateur ; c’est ensemble que nous observons lucidement — sans aucun préjugé, sans nous identifier à une portion spécifique de l’univers, ni à aucune croyance, à aucun dogme religieux — nous observons donc l’extrême violence à l’oeuvre dans le monde : les guerres, la menace de la bombe atomique, les dissensions religieuses, les divisions nationalistes avec leur panoplie d’armements. L’univers dans lequel nous vivons est un univers dangereux, et la plupart des gens ne se rendent pas compte, je le crains, de l’immense dégradation, de l’immense dégénérescence en marche dans le monde entier. Et nous nous efforçons d’appliquer à ces problèmes des solutions politiques, économiques, sociales ou évangéliques — ce qui, bien entendu, ne fait qu’accroître encore la confusion, la séparation, la division et donc le confit.


Ce ne sont ni la politique, ni les religions en place, ni l’accumulation de connaissances scientifiques qui vont résoudre nos problèmes — pas plus que les psychologues, les prêtres, les spécialistes. La crise, elle est dans notre conscience, c’est-à-dire dans notre esprit, dans la manière que nous avons de considérer le monde sous un angle étriqué et limité . C’est là qu’est la crise. L’esprit humain a évolué sur des millions et des millions d’années, il est conditionné par le temps et l’évolution. Un esprit conditionné de la sorte, avec la conscience étroite, limitée, exclusive qui est la sienne — considérant la crise qu’il traverse dans le monde actuel — peut-il jamais être changé ? Peut-il amener un changement radical au sein de ce conditionnement ?


Identifier cette conscience comme étant la mienne et la vôtre, est une erreur totale, car notre conscience est la conscience de l’humanité. L’homme, la femme, où qu’ils se trouvent dans l’univers, sont en perpétuel effort, en perpétuel conflit, sans jamais résoudre aucun des problèmes tels que la peur, la souffrance, la solitude, mais toujours en quête de plaisir. Cette solitude, ce chagrin, cette douleur,cette souffrance, ponctués d’éclairs occasionnels de joie et d’amour, sont le lot commun de l’humanité. C’est une réalité psychologique patente, mais la plupart d’entre nous répugnent à la voir, tant nous nous identifions à notre conscience spécifique, à notre chagrin spécifique, à notre félicité spécifique. Mais la réalité psychologique — pour peu que l’on observe attentivement, avec toute la finesse d’une conscience aiguisée — le fait, donc c’est que partout dans l’univers, aux quatre points cardinaux, les êtres humains passent par des épreuves, des expériences rigoureusement identiques aux vôtres.


Cette conscience est donc commune à l’humanité toute entière. Ceci doit être clairement compris. Il n’y a là nulle contradiction ; il ne s’agit pas d’un point de vue, de quelque invention de l’auteur. Si nous examinons les choses très à fond, d’une manière objective et non personnelle, nous constatons que, psychologiquement, tel est bien le fond commun de l’humanité toute entière. Cette nouvelle ne nous réjouit pas forcément, car nous croyons tous êtres des individus, distincts de tous les autres, et nous nous efforçons de nous identifier à quelque chose, de nous réaliser, de devenir. Nous sommes tous individualistes, étriqués, limités. Mais la réalité, sur le plan psychologique, c’est que nous ne sommes pas des individus. Vous êtes le collectif. Nous sommes le résultat de ces millions et millions d’années. Notre conscience est la conscience commune de toute l’humanité. Et si nous ne comprenons pas cela très clairement, nous ne serons pas en mesure de poursuivre cette investigation de manière lucide.


Où que l’on vive dans le monde, ce sentiment d’individualité a toujours été mis en valeur. Les religions l’ont soutenu, l’éducation l’a maintenu. Et cette liberté, censément individuelle, a suscité dans l’univers un formidable chaos. La constatation est claire. Nous nous croyons libres parce que nous pouvons choisir ; mais le choix implique l’incertitude, le manque de clarté. La clarté ne peut apparaître qu’en l’absence de conflit, et cette clarté-là ne relève pas du choix. Seul un esprit obscur, confus, incertain entreprend de choisir.





Je vous en prie, menez votre propre enquête à mesure que nous avançons. Nous n’édictons pas la loi ; nous ne vous menons nulle part ; il ne s’agit ici ni d’acceptation ni de soumission ; il s’agit en fait d’une réflexion commune que nous menons ensemble. En matière d’esprit, en matière d’investigation psychologique approfondie, il faut être libre de tout sentiment d’allégeance envers qui que ce soit. Car c’est un royaume où il n’y a ni chef ni guide. Il faut observer, constater, voir de soi-même avec lucidité qui l’on est vraiment — sans suivre les vues d’aucun philosophe, psychothérapeute ou psychologue. Eux aussi sont des êtres humains, eux aussi connaissent la souffrance, l’angoisse, le désespoir de la solitude. Ils contribuent donc eux aussi à cette confusion. Eux aussi partagent cette conscience commune.


Sans vous laisser imposer quoi que ce soit par un tiers, ou par l’orateur, observez vous-même, en toute lucidité, en toute objectivité, observez les faits, d’une manière qui ne soit ni personnelle ni émotionnelle. Nous ne sommes pas identiques physiquement — on peut être homme ou femme, plus ou moins clair ou foncé de peau, avoir des yeux de couleur différente, et ainsi de suite, mais intérieurement, tout au fond de nous, nous sommes exposés aux mêmes phénomènes que le reste de l’humanité. C’est une constatation logique, raisonnable, sensée. Et si l’on comprend, si l’on perçoit en profondeur ce fait, alors nous sommes totalement responsables de tout ce qui se passe dans le monde. Nous abordons là une situation extrêmement sérieuse ; car en effet les êtres humains sont en voie de dégénérescence, en passe de se détruire.


Cette conscience, où la crise a son siège — et nulle part ailleurs — est une élaboration de la pensée. Notre conscience, avec tout son contenu, est le produit de la pensée. En Occident, la pensée a accepté une propagande religieuse vieille de deux mille ans. En Orient, tout comme à l’Ouest, la pensée a créé des images, des rituels, des symboles, des superstitions religieuses, des croyances dogmatiques, une foi, etc. C’est irréfutable, la raison en prend note. On peut constater les limites de la raison, mais il faut être capable de raisonner de manière très claire.


C’est donc la pensée qui a bâti cet univers, tant dans sa dimension psychologique que technologique. C’est la pensée qui a suscité la relation homme-femme. Cette relation est très conflictuelle. Ensemble, vous explorez, en compagnie de l’orateur, les raisons pour lesquelles l’homme, qui est censé être éduqué, sophistiqué, habile à résoudre les problèmes, en est arrivé là après tous ces millions d’années. Il est en perpétuel conflit intérieur et extérieur. Il est en proie à la confusion, à la névrose, il croit en quelque chose qui est dénué de réalité, il s’accroche à certains concepts et à certains idéaux pour lesquels il est prêt à tuer. Il se peut que ce soit le processus du temps, de l’évolution, qui l’ait amené jusqu’à ce stade. Les philosophes, parmi tant d’autres, disent qu’il faut accepter ce conditionnement de l’homme, qu’il faut vous accepter tels que vous êtes. Ils disent que vous pouvez modifier ce conditionnement, que vous pouvez le changer quelque peu, superficiellement ; mais tout au fond, au tréfonds même de notre existence, il est impossible de modifier radicalement ce conditionnement. Ils vous disent, en conséquence, de le modifier, et de vivre de votre mieux, en tirant le meilleur parti de ce monde ; aussi malheureux soit-il, acceptez-le, et efforcez-vous d’y vivre sans trop de conflit. Mais nous, nous affirmons que ce conditionnement, que cette crise au sein de la conscience, peuvent être à l’origine d’une transformation radicale.


Je vous en prie, ne vous contentez pas d’acquiescer aux propos de l’orateur, mais menez votre investigation, réfléchissez, observez. Ne soyez le disciple de personne — surtout dans le domaine de l’esprit — pas plus des gourous de l’Inde que des gourous à l’occidentale, ne vous fiez pas non plus aux soi-disant méditations que ces gens-là ont inventées. Ils se sont inspirés de bases anciennes qu’ils ont reformulées ; et les gens, qui sont généralement crédules et cherchent à être sécurisés d’une manière ou d’une autre, gobent facilement toutes ces fadaises. Ne vous laissez donc pas influencer par l’orateur, je vous en conjure, n’adhérez pas à ses propos. Mais observez le monde tel qu’il est. Observez-le en dehors de toute directive, de tout mobile, de toute idée préconçue. Regardez-le.


La conscience, comme nous l’avons dit, est élaborée par la pensée. Or, la pensée est un processus matériel. C’est la pensée qui a construit les édifices magnifiques à l’architecture superbe ; c’est elle qui est l’auteur des peintures, des poèmes, des statues. La pensée peut détruire la nature, mais ce n’est pas la pensée qui a créé ce bel animal dynamique qu’est le tigre. La pensée n’a pas fait les fleuves, les montagnes, le ciel, et pourtant la pensée peut les dévaster. Il est essentiel de comprendre clairement la nature de la pensée, car c’est la pensée qui a élaboré le contenu de notre conscience et comme c’est en elle que réside la crise, la pensée doit faire l’objet d’une investigation approfondie.


En quoi consiste l’activité de la pensée ? Toute notre action est basée sur cette activité de la pensée. En d’autres termes, notre action naît de l’expérience, du savoir accumulé et de la mémoire stockés dans le cerveau. Et la pensée est partie intégrante de cette mémoire, de ce savoir, de cette expérience. Mais puisque l’expérience et le savoir, quelles que soient les circonstances, ne peuvent jamais être complets, la pensée, inévitablement, et quelles que soient les conditions, reste limitée.
La pensée n’est pas non plus sacrée. Toutes ces émanations de la pensée qu’abritent les temples, les mosquées, les églises, n’étant rien d’autre que le résultat de la pensée, n’ont aucun caractère sacré. Existe-t-il quoi que ce soit dans la vie qui soit sacré, qui n’émane pas de la pensée ? La pensée est un processus matériel — les savants eux-mêmes commencent à l’admettre, mais, bien entendu, les gens de religion s’y refusent.



Seul un esprit religieux peut découvrir ce qui est sacré ; et ce qu’il faut pour le découvrir, c’est la méditation. Mais la méditation, si elle ne va pas de pair avec la compréhension du monde et de soi-même, n’a pas de sens. Car cette méditation n’est alors qu’une fuite devant « ce qui est ». Et s’il n’y a point d’ordre dans notre vie — un ordre total, absolu — la méditation n’est qu’un penchant à se complaire dans les délices d’une activité névrotique.





Il faut donc tout d’abord découvrir de nous-mêmes s’il existe une action qui soit juste, correcte en toutes circonstances. La pensée peut-elle être à l’origine d’une telle action juste ? Ce que nous entendons par « juste », c’est une action précise, objective, ni personnelle ni romantique, une action qui ne contribue pas à l’aggravation du conflit. Nous allons enquêter ensemble, afin de découvrir si une telle action juste existe. Car à l’heure actuelle, dans notre civilisation contemporaine, chacun est persuadé que l’accomplissement de son désir, de ses plaisirs, sans aucune restriction, sans aucune notion de compréhension, constitue l’action juste. Mais ce type d’action mène à des conflits accrus, à un chaos accru - c’est ce qui se passe de nos jours sur cette malheureuse terre.


Nous posons donc la question suivante : qu’est-ce que l’action, et qu’est-ce qui est juste, précis, correct ? Qu’est-ce qu’une action qui n’entraîne pas de conflit ? Une telle action existe-t-elle ?


La matinée est splendide. Que c’est beau d’être là, sous les arbres. De contempler, dans la lumière diaprée, les montagnes, leur pureté, leur profil si délicat, si net, si pur. Et celui qui vit parmi tout cela, dans ce pays merveilleux, soumis de jour en jour à la ruine et à la dévastation, l’homme – qui devrait être l’entité la plus extraordinaire, la plus parfaite – a apporté le chaos dans le monde. C’est une immense tragédie dont vous n’avez pas conscience ; car nous n’avons pas conscience de ce que nous sommes, parce que nous n’avons pas pris conscience de nous-mêmes, nous n’avons pas conscience de nos actions. Nous nous laissons perpétuellement mener par les politiciens, les prêtres, les évangélistes, les professeurs, les spécialistes. Nous n’assurons pas nous-mêmes notre éducation ; celle-ci se fait en suivant des schémas préétablis – ce n’est donc nullement une éducation, mais rien qu’une éducation parcellaire. L’éducation en profondeur, c’est celle qu’on se donne soi-même, c’est se comprendre soi-même, c’est connaître le contenu total de ce qu’on est. Et c’est à travers la relation que l’on doit observer ce contenu global de l’ego. Dans la relation, il y a conflit, car le conflit apparaît dès lors que chaque individu se croit séparé, et manifeste son ambition, sa cupidité, sa soif de réussite, son attachement – que ce soit aux croyances, aux dogmes, ou à une personne, un idéal, une expérience. Et ce genre d’attachement engendre la corruption.


Notre question, c’est donc de savoir s’il existe une action juste. Pas quelque chose de superficiel, qui apporte une satisfaction immédiate, mais une action qui ne soit pas issue du temps. Il faut comprendre ce qu’est le temps. Pour la plupart d’entre nous, le temps a beaucoup d’importance – et pas seulement le lever et le coucher du soleil, ou la transition d’hier à aujourd’hui puis à demain, le temps des horloges, le temps solaire, mais aussi tout le concept du temps psychologique. Notre cerveau a évolué au fil du temps – depuis la cellule unique des origines jusqu’à ce jour. Ce cerveau fonctionne dans le temps, il est conditionné par le temps. C’est clair. Et nous nous servons du temps comme d’un moyen d’accomplissement personnel, moyen d’apprendre une langue, moyen d’accumuler des connaissances en vue d’agir avec compétence – ou sans. Le temps est donc dans notre vie un facteur de conditionnement fondamental. Il y a l’espoir, il y a l’avenir – qui est lui-même espoir ; et le temps sous forme de passé, avec ses souvenirs, ses expériences. Et le savoir procède du temps. Qu’il s’agisse de connaissances scientifiques, psychologiques, ou de la connaissance de soi, tout ce savoir est inclus dans le cadre du temps. Lorsqu’on dit : « Je vais devenir meilleur », « Je ne vais plus être comme ceci, mais comme cela », tout cela implique le temps.


Je vous en prie, pensons et observons ensemble. Vous n’êtes pas seulement là, à écouter un orateur exposer toute une série d’idées que vous accueillez, puis vous remémorez, en disant : « J’ai appris ». Nous sommes en train d’observer ensemble, en ce moment même, avec attention.


Le temps est donc le facteur-clé de la connaissance et de l’accomplissement personnels, du progrès individuel. Le temps est utilisé en termes de : « Je suis seul, mais je vais échapper à la solitude », ou : « Je vais la comprendre », ou : « Je vais faire en sorte que les choses changent ». Tout cela implique le temps. Et nous disons qu’après avoir accumulé des connaissances, nous agirons avec compétence. Je veux être un bon charpentier, donc je deviens l’apprenti d’un maître charpentier, et j’apprends, grâce à des années d’apprentissage, tout comme le chirurgien, l’homme d’affaires, le prêtre, etc. Le temps, c’est le savoir. C’est sur la base de ce savoir que nous agissons. Ou bien nous agissons, puis nous tirons ensuite les leçons de cette action – ce qui, là encore, se transforme en savoir. Il y a deux façons d’agir : soit en accumulant le savoir au préalable – comme le chirurgien qui passe dix ans à étudier, à apprendre, pour agir ensuite ; soit en agissant d’abord, puis cette action, une fois les leçons tirées, devient à son tour un savoir. Cela revient au même. Les deux types d’action sont basés sur l’acquisition d’un savoir à partir duquel on agit. Or le savoir est toujours incomplet, toujours entaché d’ignorance. L’action ne peut donc être que limitée, et donc toute action issue d’un idéal, qui est une projection de la pensée, toute action issue du souvenir de connaissances passées, et la mémoire elle-même, ne peuvent donc qu’être limitées et donc source de conflit et de confusion. Une fois de plus, tout cela est logique, rationnel, sensé. Ce n’est pas un point de vue personnel de l’orateur, mais un fait évident. C’est ainsi que nous agissons, que nous vivons. Nous voulons savoir s’il existe une façon d’agir totalement différente. S’il y a une action qui ne soit pas limitée et qui soit donc complète, entière, et qui ne soit donc source d’aucun conflit.


La chose est essentielle à comprendre. Je vous en prie, appliquez à cette exploration, à cette découverte, toute l’attention de votre esprit, de votre cerveau. Peut-être vous intéressez-vous à la méditation et rien d’autre ; mais ce genre de méditation n’a aucune valeur si l’on ne mène pas une vie juste, saine, rationnelle. Cette forme de méditation n’est qu’une fuite devant la réalité, une fuite face à « ce qui est », c’est-à-dire notre vie quotidienne. Notre vie quotidienne est le siège de tant de malheur, de confusion et de conflit. Et vouloir méditer pour atteindre quelque espèce d’expérience mystique n’est qu’une illusion. Vous aimez peut-être vivre dans l’illusion : c’est tellement plus flatteur à l’imagination, plus gratifiant. Mais voir « ce qui est », et ensuite voir si « ce qui est » peut être transformé – voilà qui fait partie de la méditation profonde.


Existe-t-il donc une action qui soit complète, et non limitée ? Nous ne disons pas qu’elle existe, ni qu’elle n’existe pas. Nous posons une question fondamentale ; il ne s’agit pas d’un questionnement superficiel, éphémère. Nous posons là une question extrêmement sérieuse, car voilà des millions et des millions d’années que l’homme vit dans la confusion, le conflit, le malheur, sans apporter de solution aux conflits de l’humanité, aux souffrances de l’humanité. L’homme a fui dans un foisonnement de religions, de cultes fantaisistes, de rites, de symboles et de prières.


Ensemble, nous essayons ici de découvrir s’il existe une action qui soit entière, holistique. Ce mot « holistique » signifie sensé, sain, rationnel, et le mot « entier, total » signifie aussi saint *

. C’est tout cela qu’implique l’expression « holistique ». Existe-t-elle, cette action, qui ne serait source d’aucun conflit, ne serait pas source perpétuelle de problèmes ?


Comment allons-nous le découvrir ensemble ? Comment aborde-t-on une question comme celle-ci ? Comment regarder, ou écouter une question pareille posée en votre présence ? Soit vous dites qu’une action de ce type n’existe pas, et vous vous bloquez, soit vous dites qu’elle est éventuellement possible. Mais encore une fois, la possibilité, l’éventualité, ce n’est pas la réalité. Donc, pour savoir si cette action existe, il est très important de découvrir comment vous entendez, comment vous écoutez le contenu de la question, et, lorsque la question est posée, de savoir si votre esprit, votre cerveau s’efforce de trouver une réponse, ou bien s’il est vraiment à l’écoute, attentif à la signification des mots. Le mot n’est qu’un moyen de communication : le mot n’est pas la chose, jamais il n’y a identité entre les deux ; le symbole n’est pas le réel. La façon dont vous entendez ce défi est donc capitale – ce défi dont la solution passe éventuellement par des voies intellectuelles, rationnelles, raisonnables. Si vous avez recours pour le résoudre à des méthodes de l’ordre de la raison, vous arriverez inévitablement à la conclusion que c’est impossible. Le processus logique est une activité de la pensée, toujours limitée, par conséquent votre réponse au défi sera limitée, et vous ne trouverez pas de réponse à la question.


Comment faut-il donc aborder la question ? Est-ce que vous l’abordez avec un esprit, un cerveau qui dit : « C’est une question que je ne comprends pas tout à fait. Je vais d’abord l’observer, l’entendre, sans chercher de réponse. Voyons quel est le contenu de ces mots ». C’est-à-dire : y-a-t-il une action qui ne soit pas issue de la mémoire, donc du temps ? Je sais que le temps est nécessaire, que le savoir est nécessaire, pour conduire une voiture, ou devenir charpentier, chirurgien ; quoiqu’on veuille devenir, le savoir est nécessaire. Mais est-il possible de répondre à cette question à l’aide de la pensée, qui est le mouvement de la mémoire ? Si vous cherchez à répondre en termes de vrai ou faux, de possible ou d’impossible, vous dépendez de la mémoire. C’est donc la pensée qui vous dicte la réponse. Et la pensée étant limitée, votre réponse sera invariablement limitée, et donc source de conflit. Si tout cela est bien clair, voulez-vous donc, s’il vous plaît, être ouverts à la question, l’écouter, l’observer sans le moindre mouvement de la pensée ?


Je répète la question : existe-t-il une action juste, qui ne soit pas issue du temps, c’est-à-dire de la pensée, c’est-à-dire du savoir ? Peut-être qu’une action de ce type existe, ou peut-être pas. Notre esprit, notre cerveau a donc toute liberté de regard. Notre cerveau, étant sensible, attentif, en éveil, est à l’écoute, il prête une attention extrême à la question, il n’essaie pas de la résoudre. Donc, lorsque vous agissez ainsi, en accordant votre pleine attention, en étant pleinement en éveil, alors, au sein de cette action-là, il n’est nullement question de temps. Mais si vous dites : « Il me faut du temps pour être attentif », c’est-à-dire pour apprendre à être attentif, alors vous agissez sur la base du savoir, qui consiste à apprendre à être attentif. Alors, vous n’êtes pas attentif. Je vous en prie, voyez-le.


Pouvez-vous donc écouter cette question en mettant en jeu tout votre être, toutes vos aptitudes, toute votre attention ? Lorsque vous accordez cette attention totale, c’est comme d’éclairer une chose demeurée jusqu’alors obscure, c’est comme de l’inonder de lumière. Lorsque vous mettez en jeu cette attention, la question est alors en pleine lumière. Et la question révèle alors sa propre réponse. Lorsque vous voyez clairement quelque chose, cette clarté est la réponse. Il existe donc une action – mais je vous en prie, n’acquiescez pas, ne vous laissez pas mystifier, ne dites pas oui elle existe ou non elle n’existe pas, mais trouvez par vous-même – il existe une action qui naît d’une vision lucide et immédiate. Cette vision n’est pas le souvenir du passé, elle consiste en une perception directe, pure, que rien ne dirige. En ce regard, en cette perception coïncident l’action totale et la vision pénétrante absolue. Pouvez-vous donc regarder de cette manière-là le mouvement de la pensée, c’est-à-dire le contenu de notre conscience ; autrement dit notre cupidité, notre envie, notre ambition, notre nationalisme, nos croyances, nos expériences, nos plaisirs, notre foi en Dieu, ou notre absence de foi en Dieu – cette conscience qu’a élaborée la pensée au travers de l’expérience ? Regarder, observer cette conscience dans sa globalité, c’est observer une action attentivement, complètement.




C’est saisir dans un éclair de vision pénétrante le mouvement de l’action.
Krishnamurti à Ojai le 9 mai 1981.


Traduction en français extraite du bulletin de l’ACK n° 69 - Deuxième bulletin 1995 (1996).



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