Le Martinisme - la voie du coeur

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Le Martinisme - la voie du coeur

Message par Archange le Lun 26 Jan - 13:34






La voie du cœur




1. Les Martinistes



Qui sont les Martinistes ? Pour certains, ce sont les disciples de Louis-Claude de Saint-Martin, pour d'autres, ceux de Martinès de Pasqually. La polysémie du terme « Martiniste » engendrée par l'homonymie de Saint-Martin avec Martinès est à l'origine de bien des malentendus. Sébastien Mercier, nous dit que « cette secte tire son nom de son chef, auteur du livre intitulé : Des erreurs et de la vérité, c'est-à-dire Saint-Martin. Joseph de Maistre nous précise que les Martinistes « tirent leur nom d'un certain Martino Pasqualis... ». L'ancien évêque de Blois, M. Grégoire, hésite : « Mais quel est le fondateur de cette secte ? car on peut choisir entre Saint-Martin et Martinez, par lequel il fut initié aux mystères théurgiques... ».

Robert Amadou s'est appliqué à exposer toutes les significations que l'on peut donner au terme Martiniste. Pour lui, sa signification première désigne « le système théosophique composé par Louis-Claude de Saint-Martin et exposé dans ses ouvrages. Un martiniste est celui qui reçoit ce système afin de l'étudier et de le pratiquer ». A cette signification générale s'ajoutent de nombreuses variantes car, indirectement, les Martinistes sont aussi les descendants spirituels de Martinès de Pasqually. En effet, Saint-Martin fut élève de Martinès, et fut initié dans l'Ordre des Elus-Cohen. Même si, par la suite, il s'en écarta, il conserva malgré tout l'essentiel des théories de son premier Maître. On peut dire, d'ailleurs, que la pénétration des grandes lignes de la philosophie de Martinès est indispensable à la bonne compréhension du message de Saint-Martin. Vers 1889 est né un Ordre initiatique, portant le nom d'Ordre Martiniste. Depuis cette époque, le terme Martinistes désigne plus particulièrement les membres de cet Ordre et leurs descendants depuis la fin de la première guerre mondiale.


2. L'interne préserve de tout



Si les théories de Saint-Martin sont proches de celles de Martinès de Pasqually, la différence entre le Martinisme de Saint-Martin et celui de Martinès de Pasqually se réduit en grande partie à leur manière d'envisager la pratique de la spiritualité. En effet, pour Martinès, c'est par la théurgie que l'homme doit opérer son ascension vers le Divin. Pour lui, c'est la seule méthode dont l'homme dispose depuis sa chute de l'Eden. Cette théurgie, à laquelle l'étymologie attache la signification d'« œuvre divine », ou « opération divine », consiste en un ensemble complexe de pratiques rituelles, visant à obtenir progressivement l'union mystique avec la Divinité par le secours des anges. Saint-Martin, quant à lui, juge ces pratiques dépassées et dangereuses. Il pense que depuis la venue du Christ, le « Réparateur », une porte s'est ouverte et que l'homme peut maintenant accéder directement au monde divin sans utiliser les agents intermédiaires. A l'évocation, il préfère l'invocation. Sa pratique est une ascèse intérieure et pour lui c'est au centre de l'être, dans le cœur de l'homme, que l'union doit se réaliser. L'interne « apprend tout et préserve de tout » confie-t-il à son ami Kirchberger, qui lui demande conseil sur la pratique de la spiritualité.

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Message par Archange le Lun 26 Jan - 13:41

Le Martinisme des origines à nos jours from Rose-Croix-AMORC on Vimeo.



Parrainé par l'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix depuis le début du XXe siècle, l'Ordre Martiniste Traditionnel (O.M.T.) se définit comme un mouvement philosophique, initiatique et traditionnel qui remonte à Louis-Claude de Saint-Martin, éminent philosophe français du XVIIIe siècle. Dans cette vidéo Philippe Deschamp évoque les fondements historiques de l'O.M.T. et parle de ses enseignements.


Le Martinisme, une voie initiatique from Rose-Croix-AMORC on Vimeo.



Parrainé par l'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix depuis le début du XXe siècle, l'Ordre Martiniste Traditionnel (O.M.T.) se définit comme un mouvement philosophique, initiatique et traditionnel qui remonte à Louis-Claude de Saint-Martin, éminent philosophe français du XVIIIe siècle. Dans cette vidéo Philippe Deschamp évoque les fondements historiques de l'O.M.T. et parle de ses enseignements.

Le Martinisne, une voie cardiaque from Rose-Croix-AMORC on Vimeo.




Dans les écrits de Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803), on trouve de fréquentes allusions suggérant l'existence d'un mystérieux guide intérieur, ami et conseiller privilégié de l'âme : sa nature angélique n'oeuvre-t-elle pas sans relâche pour la régénération de l'être ?

Le Philosophe Inconnu conçoit la rencontre avec ce guide intérieur comme l'un des événements initiatiques majeurs de la vie mystique de l'homme.

L'Ange dans la pensée de Louis-Claude de Saint-Martin from Rose-Croix-AMORC on Vimeo.


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Message par Archange le Lun 26 Jan - 13:43






Le Nouvel homme


   



Le texte ci-dessous est extrait de la préface de la réédition par la Diffusion Rosicrucienne du livre Le Nouvel homme de Louis-Claude de Saint-Martin, composée à partir d'un exemplaire de l'édition originale figurant dans la bibliothèque de l’A.M.O.R.C.

La réédition de ce livre constitue un événement majeur pour tous ceux qui s'intéressent à la pensée saint-martinienne et en premier chef pour les Martinistes. C'est à Paris, chez les directeurs de l'imprimerie du Cercle Social, pendant l'an IV de la liberté (1795-96) que ce livre connut sa première édition.

Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803) a composé cet ouvrage à Strasbourg en 1790. Ce livre, tout comme celui qu'il publia en 1790, L'Homme de désir, souligne la nouvelle orientation de Saint-Martin. En effet, depuis 1775, il a pris ses distances avec l'Ordre des Elus-Cohen. La voie externe, celle de la théurgie, que préconisait Martinès de Pasqually aux Elus-Cohen, lui semble inutile et dangereuse. Cette voie, celle des manifestations sensibles, il la suivait depuis 1768. Elle ne l'avait pas séduit totalement, ses penchants naturels l'entraînaient vers la voie interne, celle du cœur. Saint-Martin va prendre « ailleurs que chez Martinès le chemin du réparateur ».

Afin de prendre du recul, il voyage en Angleterre, en Italie et en Allemagne, pour « étudier l'homme et la nature et pour confronter le témoignage des autres avec le sien ». A Londres, il visite les Temples de la Jérusalem Nouvelle et juge durement cette voie dont il estime qu'elle ne « mène pas loin ». C'est également une déception qui l'attend à son arrivée à Strasbourg. Il y constate les succès de ceux qui ne s'intéressent qu'au spectaculaire, des « professeurs de sciences occultes, auxquels le vulgaire ignorant donne indifféremment le nom d'illuminés ». C'est à Strasbourg également, qu'il prendra connaissance des ouvrages de celui qui deviendra son second Maître, Jacob Bœhme (1575-1724).

Dans la vieille ville impériale du Rhin, devenue française, il rencontre aussi le chevalier Silverhielm, ancien aumônier du roi de Suède et neveu de Swedenborg. Le chevalier Silverhielm pensait convertir Saint-Martin à son maître Swedenborg. Il est guère probable qu'il parvint à ses fins, d'ailleurs Saint-Martin dans son Homme de désir semble réservé par rapport aux théories du visionnaire suédois :

« Mille preuves dans ses ouvrages, qu'il a été souvent et grandement favorisé ! Mille preuves qu'il a été souvent et grandement trompé ! Mille preuves qu'il n'a vu que le milieu de l'œuvre et qu'il n'en a connu ni le commencement ni la fin ! »
Sur les conseils du neveu de Swedenborg, Saint-Martin écrit Le Nouvel Homme. Dans cet ouvrage, le Philosophe Inconnu ne développe pas de grandes théories sur les nombres, le livre de l'homme ou l'origine des langues comme il l'a fait dans ses deux premiers livres (Des erreurs et de la vérité, 1775 ; Le Tableau Naturel, 1782). Cet ouvrage, selon J.B.M Gence, est « plutôt une exhortation qu'un enseignement ».

L'idée centrale est que Dieu ne demande qu'à faire alliance avec l'homme, mais Il veut que ce soit avec l'homme seul, et sans mélange de tout ce qui n'est pas fixe et éternel comme Lui. L'homme doit donc travailler à supprimer en lui toutes les impuretés qui obstruent cette mystérieuse porte par laquelle l'éternelle Parole de la Divinité désire entrer pour s'unir à lui. L'homme doit subir une cure, pour parvenir à cette guérison, pour cela il dispose d'un « médicament réel » qui peut l'aider à se débarrasser de son vieil homme et à sortir du torrent de l'iniquité. Celui qui s'emploie à cette tâche est l'homme de Désir. Cette purification est une véritable grossesse spirituelle par laquelle l'Homme de Désir fera naître en lui un Nouvel Homme.

Saint-Martin nous montre ce qu'il en est de cette cure que doit subir l'homme temporel pour retrouver l'état de pureté qui était le sien au sortir de son émanation. Il affirme : « Car la naissance de ce fils spirituel en l'homme, n'est autre chose que le développement et la manifestation de ce qu'était l'homme primitif ». Nul besoin de théurgie, d'adhésion à un culte extérieur pour cette régénération. Le creuset de cette transmutation réside à l'intérieur de l'homme, c'est son cœur. La voie que propose Saint-Martin est une voie cardiaque.

Cette transformation s'opère par étapes et suit un processus dont le schéma nous a été fourni par la vie du Réparateur. Ce « Réparateur » c'est le Christ. Saint-Martin préfère employer ce terme, suivant en cela son premier Maître Martinès de Pasqually, comme pour marquer une distance avec le personnage historique de Jésus et souligner ainsi son aspect intemporel.

Pour notre auteur, le Christ est le nouvel Adam, celui qui a ouvert à nouveau la voie qui depuis la chute du père de l'humanité était fermée. Le Réparateur a non seulement rouvert la porte, mais a montré le chemin. Saint-Martin dit : « Si l'homme est mort dans toutes ses facultés, il n'y a pas un seul mouvement de son être qui puisse se faire sans que l'on prononce en lui cette phrase : Lazare levez-vous, c'est en l'homme que le réparateur profère continuellement cette parole ».

Cette voie que décrit Saint-Martin dans son livre est celle de l'imitation du Christ. Mais que l'on ne s'y trompe pas, le Philosophe Inconnu ne prône pas l'adhésion à un culte extérieur, car cette adoration vers le dehors empêche l'imitation d'agir dans les profondeurs de l'âme « de transformer cette dernière en une totalité correspondant à l'exemple idéal ».

Les étapes de la vie du Réparateur, l'annonciation par l'ange, la naissance, la présentation au temple, le baptême, le sacrifice de l'agneau, la résurrection, l'ascension, sont autant de signes pour qui sait regarder au-delà de la simple histoire. La vie du Réparateur fournit un archétype dont le sens est inscrit dans l'éternité. Cette imitation va permettre au cœur de devenir le miroir de la Divinité et par analogie, la Divinité deviendra, elle, un miroir pour le Nouvel Homme. Cette transformation doit s'opérer dans les profondeurs de l'être : « Aussi longtemps que la religion n'est que croyance et forme extérieure, et que la fonction religieuse n'est pas une expérience de l'âme de chacun, rien d'essentiel ne s'est produit. Il reste encore à comprendre que le mysterium magnum (grand mystère) n'est pas seulement une réalité en soi, mais qu'il est aussi et avant tout enraciné dans l'âme humaine. »

Pour le Philosophe Inconnu, le Dieu unique s'est choisi un sanctuaire unique : le cœur de l'homme. Voilà le temple où il doit L'adorer, les temples extérieurs ne sont que les avenues de ce temple invisible. C'est au fond de lui-même que se trouve la base fondamentale du temple. « L'homme doit tailler, polir par l'esprit la pierre fondamentale de son temple. » Dans ce temple, il trouvera les sept sources sacramentelles qui fertiliseront toutes les régions de son être. Ce sont les sept colonnes produites par cette pierre innée en nous et sur laquelle le Réparateur a dit qu'il voulait bâtir son église.

C'est dans ce temple impérissable que l'homme doit entretenir son feu sacré, la flamme, une fois allumée par le baptême de l'esprit, devant être veillée avec soin. En effet, le Philosophe Inconnu indique que le cœur possède deux portes, l'une inférieure par laquelle il peut donner à l'ennemi l'accès à la lumière élémentaire et l'autre supérieure par laquelle il peut donner à l'Ange qui est son guide, son ami fidèle, l'accès à la lumière divine. Le texte de Saint-Martin apprend à son lecteur avec quelle vigilance le nouvel homme doit avancer, car son être extérieur est entre deux piliers qui cherchent, l'un et l'autre, à l'attirer, et c'est sur la frontière de ces deux mondes que doit se manifester « la Sagesse, la Force et la Magnificence des habitants du royaume ».

Cette tâche serait pour lui moins périlleuse s'il avait su garder la robe dont était revêtu le premier homme parce qu'alors « elle pouvait répandre l'éclat de sa céleste lumière dans les quatre régions du monde ». Aujourd'hui, l'homme doit revêtir le manteau de la prudence, symbole de cette robe primitive, pour accomplir son œuvre de régénération .

Le processus de cette régénération, s'il se déroule au cœur de l'homme, n'en est pas moins universel. En effet, si le Nouvel Homme est le seul qui puisse recevoir dans toute leur mesure les eaux divines, il va les employer à cette végétation universelle qui dès avant les siècles était l'objet de son existence.

Pour arriver à ce but, Louis-Claude de Saint-Martin nous indique quel chemin doit suivre ce Nouvel Homme pour redevenir le quaternaire actif qu'il était à l'origine de son émanation. L'homme doit travailler sans relâche pour rétablir en lui la Jérusalem Céleste, y construire patiemment son sanctuaire intérieur où Dieu se plaît d'être honoré. Le Philosophe Inconnu termine ce magnifique traité en précisant que toutes ces merveilles se trouvent « encore aujourd'hui dans le cœur du Nouvel Homme, puisqu'elles y ont existé dès l'origine ».


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Re: Le Martinisme - la voie du coeur

Message par Archange le Lun 26 Jan - 13:53






Comment chercher ce que nous avons perdu ?

   



Jacob Boehme


1.   Il nous est particulièrement imposé à nous autres hommes dans ce monde, de chercher de nouveau ce que nous avons perdu. Maintenant si nous voulons trouver, il ne nous faut pas chercher hors de nous.

2.  Nous n'avons pas besoin d'aucuns flatteurs ni d'aucuns jongleurs qui nous encouragent et nous promettent des monts d'or pour que nous veuillions seulement les suivre et les faire briller.

3.   Et quand j'aurais toute ma vie assisté et écouté des sermons, et entendu toujours chanter et raisonner sur le ciel et sur la nouvelle renaissance, et que je fusse ainsi resté à côté, je n'aurais pas été plus avancé une fois que l'autre.


4.  Quand on jette une pierre dans l'eau et qu'on la retire, elle est aussi bien une pierre dure après comme avant, et elle garde sa forme ; mais si on la jette dans le feu, alors elle acquiert une nouvelle forme en soi-même.

5.  Ainsi il en est de même de toi, homme, quand même tu courrais à l'église, et que tu voudrais être vu comme un ministre du Christ ; cela n'est point assez. Si tu es resté à côté, tu es après comme avant.

6.  Ce n'est point non plus assez que tu apprennes tous les livres par cœur, et quand tu resterais les jours et les années à lire toutes les écritures, et quand tu saurais la Bible par cœur, tu n'en es pas meilleur devant Dieu qu'un gardeur de pourceaux, qui, pendant tout ce temps-là, a gardé les pourceaux, et qu'un pauvre prisonnier dans les ténèbres, qui, pendant tout ce temps-là, n'a pas vu la lumière du jour.

7.  Il ne te sert de rien de jaser, ni que tu saches beaucoup parler de Dieu, si tu dédaignes la simplicité, comme font les hypocrites sur la bête de l'Antéchrist, qui défendent la lumière à ceux qui voient, comme cela est arrivé à cette main. Ici s'applique ce que dit le Christ : à moins que vous ne vous convertissiez et que vous ne deveniez comme des enfants, vous ne verrez point éternellement le royaume du ciel. Vous devez être engendrés de nouveau, si vous voulez voir le royaume de Dieu. Voilà le vrai but.


8.  L'art et l'éloquence ne servent à rien ici, tu n'as pas besoin non plus de livres ni d'industrie ; en ceci un berger est aussi savant qu'un docteur, et souvent beaucoup plus. Car il se jette plutôt de sa propre raison dans la miséricorde de Dieu, il n'a pas une grande dose de sage raison ; c'est pourquoi il ne se consulte point par cette voie, mais il va simplement avec le pauvre publicain dans le temple du Christ, tandis que le savant place encore devant soi d'abord une académie, et examine premièrement dans quel esprit il entrera dans le temple du Christ. Il consulte avant tout l'opinion des hommes ; veux-tu chercher Dieu avec telle ou telle opinion ? L'un est de l'opinion du Pape, un autre de celle de Luther, un troisième de celle de Calvin, un quatrième de celle de Schwenckfelds, ainsi de suite. Il n'y a point de fin aux opinions.

9.  Ainsi la pauvre âme demeure dans le doute hors du temple de Christ ; elle frappe, elle cherche, et doute toujours de plus en plus que ce soit là le vrai chemin.


10.  O toi âme égarée dans Babel, que fais-tu ? éloigne-toi de toutes les opinions, quelque nom qu'elles portent dans ce monde. Elles ne sont toutes qu'un combat de la raison.

11.  On ne trouve point la nouvelle renaissance ni la noble pierre dans le combat, ni dans aucune sagesse de la raison ; tu dois laisser aller tout ce qui est dans ce monde, quelque brillant que cela puisse être, et entrer en toi-même, ne faire autre chose que d'amasser en un tas tes péchés dans lesquels tu es empoisonné et les jeter dans la miséricorde de Dieu et t'envoler vers Dieu, lui demander qu'il les oublie et qu'il t'illumine de son esprit.

12.  Il n'y a pas besoin de disputer longtemps, mais seulement d'être ferme ; car le ciel doit se fendre et l'enfer trembler, et cela arrive aussi. Tu dois jeter là-dedans toutes tes pensées avec ta raison, et tout ce qui se présente à toi sur ton chemin, afin que tu ne veuilles pas le laisser (Dieu), à moins qu'il ne te bénisse comme Jacob, qui combattit ainsi avec Dieu toute la nuit. Quand même ta conscience dirait non, Dieu ne veut point de toi. (Dis) : Je veux être sien, je ne te lâcherai point, quand on me traînerait dans le tombeau. Que ma volonté soit la tienne, je veux ce que tu voudras, Seigneur ; et quand même tous les démons t'environneraient et diraient, arrête, c'est assez pour une fois, il faut que tu dises : Non, ma pensée et ma volonté ne se sépareront point de Dieu, elles doivent être éternellement dans Dieu ; son amour est plus grand que tous mes péchés. Si vous, diable et monde, avez le corps mortel en votre prison, j'ai, moi, mon Sauveur et mon Régénérateur dans mon âme ; il me donnera un corps céleste qui demeurera éternellement.


13.  Essaie ainsi cela seulement, et tu trouveras des merveilles, tu en recevras bientôt un en toi qui t'aidera à lutter, à combattre et à prier ; et quand même tu ne pourrais pas dire beaucoup de paroles, ce n'est pas en cela que la chose consiste, pourvu que tu puisses seulement dire la simple parole du publicain : Ah ! Dieu, ayez pitié de moi, pauvre pécheur. Mais quand ta volonté avec toute ta raison et tes pensées seront déposées en Dieu, ne te sépare pas de lui, quand même l'âme devrait se séparer du corps ; alors tu possèdes Dieu, tu perces au travers de la mort, de l'enfer et du ciel, et tu entres dans le temple de Christ en dépit de tous les démons. La colère de Dieu ne peut pas t'arrêter, quelque grande et puissante qu'elle soit en toi ; et quand le corps et l'âme brûleraient dans la colère, et seraient au milieu de l'enfer parmi tous les démons. Tu peux cependant sortir de là, et venir dans le temple du Christ, où tu reçois la couronne de perle alliée à la noble et digne pierre, la pierre angulaire des philosophes.


14.  Mais sache que le royaume du ciel est aussi semé en toi, et est petit comme un grain de moutarde. Tu reçois une bien grande joie de la couronne angélique, mais fais attention, ne la pose pas sur le vieil Adam, ou bien il en sera de toi comme d'Adam. Garde ce que tu as. Souffrir du besoin est un vilain hôte.

15.  D'une petite branche vient enfin un arbre, si elle est plantée dans un beau champ. Plusieurs vents froids et rudes vont se ruer sur la branche, jusqu'à ce qu'il en croisse un arbre, elle est chancelante. Tu dois être exposé à l'arbre de la tentation, et aussi au mépris dans le désert de ce monde ; si tu ne le soutiens pas, tu n'obtiens pas. Si tu déracines ta branche, tu fais comme Adam, tu rendras la chose plus difficile que la première fois, cependant elle croît dans le jardin de roses, à l'insu du vieil Adam. Car il y a eu un temps long depuis Adam jusqu'à l'humanité du Christ, dans lequel l'arbre des perles a poussé secrètement sous le voile de Moïse, et cependant il est devenu un arbre en son temps, avec de beaux fruits.


16.  Ainsi si tu es tombé, et que tu aies perdu la belle couronne, ne te désespère point ; cherche, frappe, reviens, et fais comme auparavant, et tu éprouveras de quel esprit cette main a écrit. Tu recevras ensuite un arbre en place d'une branche, et tu diras : Ma branche est-elle donc devenue un arbre pendant mon sommeil ? Alors tu reconnaîtras d'abord la pierre des philosophes. Remarque cela.

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